Maison du Roi

A l’occasion de la fête de Saint Henri, 

Sa Majesté le Roi Louis XX met en valeur son prédécesseur Henri V et souligne la justesse et l’actualité de son attitude.

St Henri - détail d'un vitrail de l'église Sainte Marie-Madeleine - Gennevilliers
Saint Henri
(détail d’un vitrail de l’église Sainte Marie-Madeleine de Genevilliers)

Lundi 13 juillet, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié, sur les réseaux sociaux, le message suivant, à l’occasion de la fête de Saint Henri (date à laquelle il est fêté dans le calendrier réformé, car dans le calendrier traditionnel sa fête est célébrée au 15 juillet), fête patronale de son troisième fils, Monseigneur le duc de Touraine.
Voici le texte de ce message qui va bien au-delà de simples vœux de fête à un enfant : la Saint-Henri n’est finalement ici qu’un prétexte pour délivrer un message d’une portée politique absolument remarquable, sur laquelle nous reviendrons.
Nous nous permettons de reproduire en caractères gras les passages de ce texte qui nous paraissent particulièrement importants.

Le 13 juillet, l’Eglise catholique honore Saint Henri.
Au-delà de la pensée et des vœux que la Princesse Marie-Marguerite et moi-même adressons à notre troisième fils, cette fête me ramène au souvenir des rois qui ont porté ce prénom ponctuant l’histoire capétienne depuis le XIème siècle.
Je pense notamment au grand Henri IV, le premier monarque de la branche des Bourbons, mais aussi en cette année qui est celle du bicentenaire de sa naissance, au Comte de Chambord qui aurait dû devenir Henri V.
Peu de princes sont aussi méconnus que ce dernier et voient leur pensée pareillement travestie.
Pourtant, alors que la France se défait un peu plus chaque jour, que les Français sont toujours plus mis à la peine et voient leurs libertés chaque jour plus bafouées, la pensée de ce roi apparaît dans toute sa force et son originalité.
Le Comte de Chambord a refusé avec courage et abnégation de « couronner la Révolution ». Il avait déjà largement perçu les effets néfastes des nouvelles institutions basées sur un droit dévoyé au profit des majorités changeantes et pour lesquelles la souveraineté n’est plus un absolu.
Pour Henri V il était encore temps, par la restauration de la monarchie traditionnelle, de ne pas accepter les fausses valeurs issues d’idéologies qui ne mènent qu’à la mort et à la disparition de la société.
Le drapeau blanc était le signe de cette rupture nécessaire. Sans doute moins perceptible à son époque, cette rupture nécessaire est aujourd’hui d’une profonde actualité.
 
Pour Henri V, à la suite de tous les rois de France, la fonction royale avait d’abord pour mission de contribuer au bien commun sans lequel il n’y a pas d’avenir possible. Cela est toujours vrai.

Bonne fête de Saint Henri à tous.


Henri, comte de Chambord de jure Henri V
Henri V, dit « le Comte de Chambord »

A n a l y s e

En quelques phrases concises, Sa Majesté nous a donné une grande leçon politique dont il convient de bien comprendre toute la portée…

Jeudi 16 juillet 2020,
Fête de Notre-Dame du Mont Carmel (cf. > ici).
Henri V comte de Chambord

Chers Amis,

Ainsi que je vous l’écrivais hier (cf. > ici), le communiqué de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, notre Souverain légitime, publié à l’occasion de la fête de Saint Henri est un message d’une portée politique absolument remarquable dont il convient de bien prendre la mesure et de comprendre toute la portée.
Commençons donc, si vous le voulez bien, par relire avec attention ces phrases qui ont trait au Comte de Chambord :
« (…) Peu de princes sont aussi méconnus que ce dernier et voient leur pensée pareillement travestie.
Pourtant, alors que la France se défait un peu plus chaque jour, que les Français sont toujours plus mis à la peine et voient leurs libertés chaque jour plus bafouées, la pensée de ce roi apparaît dans toute sa force et son originalité.
Le Comte de Chambord a refusé avec courage et abnégation de « couronner la Révolution ». Il avait déjà largement perçu les effets néfastes des nouvelles institutions basées sur un droit dévoyé au profit des majorités changeantes et pour lesquelles la souveraineté n’est plus un absolu.
Pour Henri V il était encore temps, par la restauration de la monarchie traditionnelle, de ne pas accepter les fausses valeurs issues d’idéologies qui ne mènent qu’à la mort et à la disparition de la société.
Le drapeau blanc était le signe de cette rupture nécessaire. Sans doute moins perceptible à son époque, cette rupture nécessaire est aujourd’hui d’une profonde actualité.
Pour Henri V, à la suite de tous les rois de France, la fonction royale avait d’abord pour mission de contribuer au bien commun sans lequel il n’y a pas d’avenir possible. Cela est toujours vrai (…). »
lys.gif

Soyons donc très attentifs aux mots et recevons ce que nous dit Sa Majesté :

1) Le Comte de Chambord est un prince « méconnu » et sa pensée est « travestie » :
« Peu de princes sont aussi méconnus que ce dernier et voient leur pensée pareillement travestie », nous dit notre Roi.
En commençant l’évocation de son prédécesseur, Louis XX ne veut-il pas nous faire comprendre qu’il est temps de cesser une bonne fois pour toutes de rabâcher les poncifs véhiculés au sujet de ce Prince dont l’histoire officielle fait un être borné et rétrograde, et que – c’est bien plus grave, hélas ! – un certain nombre de royalistes rendent responsable de l’échec de la restauration monarchique après l’écroulement du second empire et avant l’installation de la troisième république ?
Pour ces derniers, il eût importé de rétablir institutionnellement la royauté à tout prix, et plus encore à n’importe quel prix, c’est-à-dire en sacrifiant les principes mêmes de la royauté traditionnelle. Mais sacrifier les principes, c’est condamner inéluctablement à mort l’institution monarchique qui repose sur eux !
Bien souvent, ceux qui accablent de reproches le Comte de Chambord en le rendant définitivement coupable de l’échec de la restauration, s’attachent davantage au décorum et aux apparences de la royauté qu’à son essence ; ils seraient prêts à de nombreuses compromissions (en particulier en ce qui concerne le lien intrinsèque et substantiel de la monarchie française avec la Foi catholique et à ce qui en découle, spécialement la morale familiale, économique et sociale) pour sauver les apparences, et s’accommoderaient très facilement d’une forme de gouvernement comparable aux systèmes « couronnés » que l’on trouve aujourd’hui en Belgique, en Hollande, en Espagne… etc.
Ainsi, même s’ils nient de l’être, ces censeurs de l’attitude du Comte de Chambord ne sont en réalité rien moins que des libéraux qui ne font pas grand cas des principes fondamentaux de la royauté traditionnelle.
Par ces quelques mots : « Peu de princes sont aussi méconnus que ce dernier et voient leur pensée pareillement travestie », notre Roi légitime nous invite donc à approfondir notre connaissance du véritable Comte de Chambord et nous encourage, de ce fait, à étudier sa pensée, car il y a bien une pensée construite et raisonnée du Comte de Chambord : une pensée qui « apparaît dans toute sa force et son originalité », une pensée qui n’a rien à voir avec les caricatures simplistes qui en sont faites par des ignorants suffisants et satisfaits de leur crasse inculture.

lys.gif

2) L’attitude du Comte de Chambord fut toute de « courage et abnégation » :
Sa Majesté se propose en quelques mots de nous éclairer sur l’attitude du Comte de Chambord : « Le Comte de Chambord a refusé avec courage et abnégation de « couronner la Révolution »
- « Couronner la révolution », c’est ce qu’ont fait à leur manière les usurpateurs – les deux Buonaparte et Louis-Philippe d’Orléans – et l’histoire nous montre où cela les a conduits…
« Couronner la révolution », c’est ce que voudraient les insensés – combien de fois n’ai-je pas entendu pareille sornette dans la bouche de certains royalistes ! – qui aujourd’hui réclament que le Prince Louis de Bourbon se présente aux élections républicaines pour recueillir une majorité de suffrages et restaurer ensuite la royauté sur la base d’une pseudo-légitimité qui lui viendrait des urnes, consacrant le faux principe – blasphématoire et étranger à la monarchie traditionnelle – selon lequel l’autorité serait une délégation de la « nation » ou une émanation de la « souveraineté populaire » !!!
« Couronner la révolution », ce serait encore accepter une couronne sous laquelle on ne remettrait pas en question la « déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789, ni les lois contraire à la morale catholique (divorce, contraception, avortement, euthanasie, reconnaissance d’unions civiles contraires à la nature rendues équivalentes au mariage…) ni la « séparation de l’Eglise et de l’Etat » …etc.
« Couronner la révolution », c’est ce qu’accepterait sans difficulté le Prince Jean d’Orléans qui, en octobre 2018 dans un entretien accordé à un grand quotidien parisien (cf. note en bas de page), s’affirmait grand admirateur de la constitution de la cinquième république et se verrait bien à la tête de la France avec un type de gouvernement semblable, à la seule différence qu’un roi héréditaire y remplacerait un président élu.
« Couronner la révolution », c’est, cela ressort à l’évidence de la manière dont Sa Majesté énonce les choses, ce que ne veut pas Louis XX.
- Courage : En employant ce mot, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon fait ressortir que c’eût été lâcheté et trahison pour le Comte de Chambord que recevoir la couronne qui lui était due au prix de l’acceptation des faux principes issus de la philosophie du siècle des « lumières », de la révolution et du parlementarisme.
- Abnégation : parce que renonçant à l’exercice du pouvoir plutôt que de trahir les justes principes de ce pouvoir, le Comte de Chambord a en même temps renoncé à être bien vu de ses contemporains, bien vu de l’histoire officielle, et bien vu même d’une partie des légitimistes (ou prétendus tels).
Il a renoncé à une forme de gloire terrestre, et il a renoncé à quantité d’avantages personnels, pour vivre en exil, incompris du plus grand nombre et moqué de beaucoup, plutôt que de trahir sa conscience, plutôt que de trahir la doctrine royale héritée de ses prédécesseurs Hugues Capet, Saint Louis, Henri IV, Louis XIV…  plutôt que de trahir la confiance et l’espérance des authentiques légitimistes, plutôt que de trahir la pureté de l’héritage remis par la divine Providence entre ses mains !
lys.gif

3) L’attitude du Comte de Chambord est le fait d’une profonde lucidité politique :
« Il avait déjà largement perçu les effets néfastes des nouvelles institutions basées sur un droit dévoyé au profit des majorités changeantes et pour lesquelles la souveraineté n’est plus un absolu.
Pour Henri V il était encore temps, par la restauration de la monarchie traditionnelle, de ne pas accepter les fausses valeurs issues d’idéologies qui ne mènent qu’à la mort et à la disparition de la société » continue Louis XX.
Plusieurs expressions fortes émaillent ces deux phrases magnifiques :
- Parler d’ « un droit dévoyé au profit des majorités changeantes », c’est condamner les lamentables pantomimes électorales avec leurs pitoyables cortèges de flagorneries, de « promesses qui n’engagent que ceux qui y croient », et de mensonges qui tissent les courses aux mandats républicains.
Cette condamnation se fonde sur un droit pérenne, stable, immuable, fondé sur la Vérité.
La juste souveraineté, la juste autorité sont les émanations d’un droit divin, d’un droit objectif, délié (c’est le sens du mot « absolu » : qu’on pense à ce qu’est l’absolution qui délie une âme du joug de ses péchés) des fluctuations humaines qui sont les conséquences des « majorités changeantes », conséquences des troubles des passions, et conséquences du conflit entre les intérêts subjectifs.
- « La restauration de la monarchie traditionnelle » est l’unique moyen d’échapper aux « fausses valeurs issues d’idéologies qui ne mènent qu’à la mort et à la disparition de la société » : constat sans appel, puisque l’histoire même nous démontre par les faits que les idéologies mortifères des XIXe et XXe siècles (capitalisme, marxisme et ses avatars, nazisme, nationalisme, libéralisme… etc.) sont toutes filles de la révolution qui mit à bas la « monarchie traditionnelle ».
Ces paroles de notre Roi sont sans équivoque. En rendant justice à la lucidité du Comte de Chambord, elles nous rappellent qu’il ne faut point faire de concessions ni de compromissions avec la révolution mais que le combat légitimiste n’a qu’un seul but : « la restauration de la monarchie traditionnelle »

lys.gif

4) L’attitude du Comte de Chambord non seulement n’est pas dépassée mais, avec le temps, elle a gagné en pertinence et en actualité :
« Alors que la France se défait un peu plus chaque jour, que les Français sont toujours plus mis à la peine et voient leurs libertés chaque jour plus bafouées, la pensée de ce roi apparaît dans toute sa force et son originalité ».
Monseigneur le Duc d’Anjou affirme sans ambiguïté qu’il y a une solution forte et originale capable d’enrayer le processus de décadence de notre France et d’enfermement des Français dans les liens d’une dictature qui ne dit pas son nom mais s’exerce de manière de plus en plus coercitive : « la pensée de ce roi », la pensée d’Henri V. « Pour Henri V, à la suite de tous les rois de France, la fonction royale avait d’abord pour mission de contribuer au bien commun sans lequel il n’y a pas d’avenir possible. Cela est toujours vrai. »
Une autorité souveraine indépendante des « majorités changeantes », déliée (absolue) de la tyrannie d’un « droit dévoyé » et des « idéologies qui ne mènent qu’à la mort » peut seule « contribuer au bien commun » sur des principes objectifs découlant de la nature des choses voulue par Dieu.

lys.gif

5) « L’affaire du drapeau blanc » n’est pas un détail insignifiant lié à une « crispation » engendrée par une excessive étroitesse d’esprit, mais elle est le signe d’une attitude politique éclairée et « nécessaire » que Louis XX justifie pleinement :
« Le drapeau blanc était le signe de cette rupture nécessaire. Sans doute moins perceptible à son époque, cette rupture nécessaire est aujourd’hui d’une profonde actualité », ajoute encore notre Roi.
Cette phrase est tellement limpide et forte qu’elle se passe de tout commentaire : l’acceptation du drapeau tricolore repose sur l’abandon des principes de la monarchie traditionnelle, ce pourquoi le remplacement du drapeau de la république par le drapeau blanc de la Restauration s’impose aujourd’hui avec encore davantage de nécessité qu’en 1873 !

lys.gif

Ainsi, par ce message de la Saint-Henri 2020, à l’occasion de la fête patronale de son prédécesseur Henri V en l’année du bicentenaire de sa naissance, Monseigneur le duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, se place clairement dans la parfaite continuité de la ligne politique du Comte de Chambord.
Ceux donc qui, tout en affirmant la légitimité dynastique de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon et ses droits à la Couronne, critiquent la monarchie capétienne traditionnelle, et voudraient la moderniser, la transformer en royauté constitutionnelle, ou encore conserver le drapeau tricolore – sur lequel par exemple on ajouterait les armes de France au centre -, se trouvent ici totalement désavoués par quelques phrases remarquablement ciselés, puisque leur habile concision est riche d’une portée infinie.
Nous sommes donc dans une profonde gratitude à l’adresse de Sa Majesté pour ce message qui vaut un manifeste politique, qui réjouit les cœurs de tous ceux qui sont investis dans la défense et la promotion de la monarchie traditionnelle et œuvrent à sa pleine restauration, et qui les remplit d’une magnifique espérance, car « la fonction royale (a) pour mission de contribuer au bien commun sans lequel il n’y a pas d’avenir possible ».

Que Dieu bénisse et protège Sa Majesté !
Vive le Roi Louis XX !
Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Louis de Bourbon 19 janvier 2020
Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX
(à la Chapelle expiatoire en janvier 2020)
Note :
« Le Figaro » - 9 octobre 2018 : entretien accordé par le Prince Jean d’Orléans > ici, où l’on peut lire par exemple « Il faut rétablir la Constitution dans la perspective tracée par de Gaulle » ou encore « (…) notre Constitution n’est pas à abolir mais à transformer et à accomplir dans la perspective, inaboutie, que le général de Gaulle avait tracée au cours de son long dialogue avec mon grand-père« .

Maison du Roi

Remerciements de S.M. le Roi
aux vœux reçus pour son 46e anniversaire


File:Coat of arms of France 1515-1578.svg - Wikimedia Commons

J’adresse des remerciements collectifs à tous ceux qui, via les réseaux sociaux, m’ont souhaité un bon anniversaire. J’ai été très sensible à ces marques d’attention mais je sais aussi combien, au-delà de ma personne, elles s’adressent à la tradition que j’incarne. J’ai été frappé de voir dans de nombreux messages, la gravité qui s’y exprimait. La situation actuelle de nos sociétés fragilisées par des maux physiques autant que moraux, inquiète. Pourtant, avec le secours que Dieu a toujours accordé à la fille aînée de l’Église nous saurons reconstruire des lendemains meilleurs et plus justes.
Encore merci et que Saint-Louis veille sur la France.
Louis, Duc d’Anjou

V i v e   l e   R o y  !

 

46 ans de S.M. le Roi

https://static.blog4ever.com/2015/09/808010/artfichier_808010_8052857_201901071310224.jpg
      
Plus encore qu'à l'accoutumée,
en ce 25 avril,
jour anniversaire de la naissance de Sa Majesté,
les membres de la Confrérie Royale
prient avec ferveur pour leur Roi légitime
et offrent à Son intention
leur journée et leurs actions méritoires,
et ils Lui présentent leurs vœux filiaux !

VIVE LOUIS XX ! 

LONGUE VIE AU ROI !

 

Lettre du 25

Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie Royale

25 avril 2020

Charles X : le dernier de nos Rois à avoir reçu le Sacre !


« Le premier besoin de l’Europe, son plus grand intérêt était donc de bannir les doctrines de l’usurpation, et de faire revivre le principe et la légitimité, seul remède à tous les maux dont elle avait été accablée, et le seul qui fût propre à en prévenir le retour.»
                        
Ne penserait-on pas que cette phrase aurait-été prononcée par un historien authentiquement monarchiste quelques temps après la Restauration ? Elle l’a été par Talleyrand en 1814.
Dans ses mémoires, il dit encore : « La maison de Bourbon, seule, pouvait voiler aux yeux de la nation française, si jalouse de sa gloire militaire, l’empreinte des revers qui venaient de frapper son drapeau. » Et enfin : « Ce sont là les idées et les réflexions qui me déterminèrent dans la résolution que j’embrassai de faire prévaloir la restauration de la maison de Bourbon, si l’empereur Napoléon se rendait impossible, et si je pouvais exercer quelque influence sur le parti définitif qui serait pris. »
              
Devant nos yeux se dessine alors, chers confrères, l’envers du décor.
Charles X, quoique légitiment Roi parles droits de sa naissance et l'application des Lois fondamentales du Royaume, accédera au trône sous l’influence de ces gens-là, afin de contenter le peuple et de re-bâtir le pays après la folie militaire napoléonienne.
L’adolescent rebelle est, au final, bien content que son père vienne réparer les dégâts !
Ajoutez à cela le pouvoir grandissant d’une presse qui n’aura de cesse de calomnier Sa Majesté et vous avez là, avec les restes de la révolution, la véritable raison de l’échec de la Restauration.
               
sacre de Charles X.jpg
                
Gravure reproduisant le tableau du Sacre de Charles X par le baron Gérard
                                       
Face à cela et dans l’intérêt d’une Restauration véritable, Charles X a été un Roi intransigeant, pieux et vraiment légitime.
Légitime, ainsi que nous l'avons déjà dit, en raison des règles de succession tenues de la Tradition capétienne pluriséculaire, et légitime aussi par sa fidélité indéfectible aux principes de cette tradition, notamment à la Cérémonie du Sacre dont il ne pouvait évidemment être question de se passer.
« J'aimerais mieux scier du bois que de régner à la façon du roi d'Angleterre », déclarera notre bon Roy.
                                
Dans ces quelques mots, qui n’ont pas la prétention de raconter en détail ce règne, j’aimerais m’attarder sur deux témoignages de la magnanimité de Charles X lors de son exil, puis de sa mort le 6 novembre 1836 à Göritz, Autriche : le témoignage de François-René de Chateaubriand, et celui du cardinal Louis-François de Rohan-Chabot, d’heureuse mémoire.
                       
Comme vous le savez, chers confrères, Charles X trouva tout d’abord refuge à Edimbourg, puis auprès des Habsbourg en Autriche.
Là, il retrouve un ami en la personne du Cardinal de Rohan-Chabot, ami qu’il estime si bien qu’il a favorisé en 1829 son sacre épiscopal. Ce n’est pas peu dire quand on connaît la piété de Charles.
Les Rohan-Chabot, contraints par la révolution de s’exiler, offrent alors domicile au Roi en Autriche, en plus du château de Prague.
Le Roi apparaît alors comme bouleversé par la menace de mort qui pèse sur son fils (bientôt Louis XIX), la perte d’une partie du trésor royal sur les routes de France, mais gardera toute sa dignité dans l’épreuve. 
Le pieux Cardinal sortira édifié et grandi de cette rencontre.
                    
Charles X en costume de sacre.jpeg
                 
Puis il reçut la visite de l’écrivain et ministre des affaires étrangères.
Il l’accueille en disant : « Bonjour, bonjour, monsieur de Chateaubriand, je suis charmé de vous voir. Je vous attendais. Vous n’auriez pas dû venir ce soir, car vous devez être bien fatigué. Ne restez pas debout ; asseyons-nous. Comment se porte votre femme ? »
Tant d’amabilité et tant de noblesse dans un cadre qui ressemble à une gigantesque prison, finissent par bouleverser profondément le diplomate rompu, et Chateaubriand fond en larmes :
« Rien ne brise le cœur comme la simplicité des paroles dans les hautes positions de la société et les grandes catastrophes de la vie. Je me mis à pleurer comme un enfant ; j’avais peine à étouffer avec mon mouchoir le bruit de mes larmes. Toutes les choses hardies que je m’étais promis de dire, toute la vaine et impitoyable philosophie dont je comptais armer mes discours, me manqua. Moi, devenir le pédagogue du malheur ! Moi, oser en remontrer à mon Roi, à mon Roi en cheveux blancs, à mon Roi proscrit, exilé, prêt à déposer sa dépouille mortelle dans la terre étrangère. »

Quelle émotion ne suscite pas, en nous aussi, chers ami, la noble figure de ce grand Roi !
               
Les souffrances du Roi ne s’arrêteront pas pour autant, et il aura à quitter l’Autriche devant l’épidémie de choléra qui ravageait l’Europe. Il parviendra à atteindre Göritz, et le choléra le frappe à son tour. C’est alors qu’il expirera dans l’indifférence générale, gratitude de la Révolution...
Il est inhumé dans l'église de l'Annonciation du couvent de Kostanjevica, où il demeure sous la garde des franciscains.

Domine salvum fac Regem.

Abbé de Saint-Mihiel
                           
https://static.blog4ever.com/2015/09/808010/artfichier_808010_5677854_201605095953886.jpg

Maison du Roi

L e s   L y s   s e r v e n t   l e   b i e n   c o m m u n.

5e centenaire du Sacre de François Ier - L'Ami de la ... 
Message d'encouragement de S.M. le Roi
au Cercle légitimiste de Nîmes
pour son action caritative

L’image contient peut-être : intérieur
Je souhaitais, en ces temps de confinement et de difficultés, vous faire part d’une belle œuvre que je souhaiterais voir rayonner ! L’opération « la poule-au-pot d’Henri IV », à l’initiative du Cercle Saint-Louis, Roi de France réunit depuis le 1er décembre 2019, une équipe de 15 bénévoles qui accueille dans le centre-ville de Nîmes des personnes de la rue, des personnes âgées et isolées. Ils apportent réconfort aux personnes les plus fragiles en leur offrant un plat de cuisine familiale, chaud, à emporter, avec la possibilité de se recueillir en la chapelle voisine, d’être accompagnées dans les démarches administratives et d’avoir un vestiaire à disposition.
Un temps de réconfort où la charité chrétienne, inspirée par Saint Louis, et le service du bien commun ont trouvé toute leur expression. Mettons-nous ainsi à la suite d’Henri IV pour offrir aux peuples de France la fameuse poule-au-pot !
Dans la situation actuelle, avec le COVID-19, où les personnes de la rue sont encore plus dans le besoin, et avec les encouragements des autorités civiles, ils continuent leur service d’accueil des personnes les plus fragiles pendant la période de confinement, bravo pour ce dévouement !

Les Lys servent le bien commun.


Louis

Retrouvez plus de détails ici : 👉https://www.legitimite.fr/…/…/Les-lys-servent-le-bien-commun

Lettre du 25

Prions pour que la contagion épargne notre Roi et sa famille, prions les uns pour les autres.
MERCI de bien vouloir nous signaler en particulier 
s'il y a des membres de notre Confrérie qui sont touchés par la maladie.

Confrérie royale

Lettre mensuelle aux membres et amis
de la
Confrérie Royale
en la fête de
l'Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie,
patronne principale de la Confrérie
25 mars 2020
    
Philippe de Champaigne - Annonciation de 1644.jpg
     
Philippe de Champaigne : Annonciation de 1644
     
https://static.blog4ever.com/2015/09/808010/artfichier_808010_5777094_201606241035993.gif

Fiat !

                            
C’est par ces paroles qu’une humble jeune fille de Nazareth offrit au monde ce que le grand Moïse dans toute sa sagesse n’avait pu que préfigurer, ce que le roi David dans toute sa gloire n’avait pu que chanter, ce que le prêtre Melchisédech n’avait pu qu’annoncer : la victoire de l’humilité sur l’orgueil, de la femme sur le serpent, du Roi des rois sur le prince de ce monde, le Fils de Dieu fait Homme pour nous sauver.
                                 
Par ce Fiat, la Très Sainte Vierge Marie se conforma totalement à la volonté de Dieu, toute attentive à Ses voies, s’oubliant en Lui. C’est par un acte d’abandon total à la volonté divine que Notre-Dame nous a donné le Roi des rois… Ah ! Mais ne serait-ce donc pas le mode d’emploi ? Nous qui prions chaque jour pour le retour du Roy sur le trône de France, n’avons-nous pas là le plus beau, le plus adapté des exemples ? Oui bien sûr ! Et l’Histoire nous le prouve :
                      
Fiat ! Le cri de Clovis au Dieu de Clotilde et du grand saint Rémy, qui porta sur les fonts baptismaux le Royaume de France naissant, et scella ainsi l’alliance éternelle entre Dieu et nos rois.
                        
Fiat ! La victoire de Philippe-Auguste à Bouvines, seul contre tous, repoussant la perfide Albion et l’empire Germanique qui cherchaient à submerger le Fils aîné de l’Eglise.
                                 
Fiat ! L’empressement de saint Louis pour délivrer le Saint Tombeau des mains des Infidèles, y laissant la vie pour accomplir sa mission de Majesté Très Chrétienne.
                               
Fiat ! La réponse de l’humble bergère de Domrémy, boutant les Anglais hors de France, confirmant au Nom de Notre Seigneur Jésus-Christ la loi de primogéniture mâle, et établissant pour jamais, par la Triple Donation, Jésus-Christ vrai Roy de France, et le Roy pour Son lieutenant.
                           
Fiat ! La conversion, contre toute attente, du huguenot Henri de Navarre à la Vraie Religion, montrant par-là que Dieu veille à l’application exacte des lois fondamentales.
                            
Fiat ! Le vœu de Louis XIII, établissant pour jamais la Très Sainte Vierge Marie Reine de France et de Navarre, lui offrant sa couronne et ses sujets.
                                    
Fiat ! La grandeur du Roy Martyr, pardonnant à ses bourreaux sur l’échafaud, suppliant le Dieu Tout-puissant d’épargner à ses peuples les châtiments d’un tel crime.
                       
Fiat ! donc, le mot d’ordre de tous ceux qui ont fait la France. Mais est-ce à dire que tous ces serviteurs de Dieu n’ont fait qu’attendre sans rien faire l’homme providentiel ? Sont-ils restés oisifs ? Certainement pas ! Notre-Dame n’avait-elle pas anticipé la volonté divine en Lui consacrant sa virginité, bien avant la visite de l’ange ? Et lorsque celle-ci arriva, n’était-elle pas, comme nous le rapporte la Tradition, en train de prier pour l’avènement du Messie ? Du Sauveur ? Oui nous pouvons et nous devons vivre de la volonté de Dieu au point de pouvoir l’anticiper !
                     
Voici donc ce que nous pouvons faire en cette belle fête de l’Annonciation : Renouvelons avec ardeur notre engagement pour le retour de la France à son Roy, Notre Seigneur Jésus-Christ, par Son lieutenant. Demandons pour cela l’aide de notre Reine très aimante, qu’elle nous enseigne comment vivre de l’humilité et de l’obéissance qui l’ont sans cesse animée, afin qu’à sa suite, tout le Royaume de France puisse un jour avec son Roy s’agenouiller aux pieds de Son Divin Maître et redire avec foi : « Ecce ancilla Domini, fiat mihi secundum Verbum Tuum ! »

abbé de Fleury
                                

Philippe de Champaigne - Annonciation de 1645.jpg
                   
Philippe de Champaigne : Annonciation (1645)
              
Quelques avis complémentaires :
                  
Avec la crise générale engendrée par l'épidémie de coronavirus-covid 19, beaucoup - sinon la plupart - d'entre vous , chers membres de la Confrérie Royale, se trouvent privés de l'assistance à la Sainte Messe et de l'accès aux sacrements de pénitence et d'Eucharistie.
Cette situation pénible, dont il semble bien à ce jour qu'elle englobera les jours sacrés de la Semaine Sainte et de la fête de Pâques, représente un véritable sacrifice, dont il faut savoir tirer profit pour se sanctifier davantage, creuser en nous de plus grands désirs spirituels, ne rien relâcher de notre ferveur...

Concrètement, si Nos Seigneurs les évêques nous ont dispensé (c'est en leur pouvoir en cas de crises graves comme en ces jours) de l'assistance à la Sainte Messe dominicale, cela ne nous dispense en aucune manière du devoir imposé par le 3ème commandement de Dieu de sanctifier le dimanche. Vous disposez, en beaucoup d'endroits, à titre exceptionnel, d'assister "à distance" à la Sainte Messe par le moyen de nombreuses diffusions en direct sur Internet : c'est un pis aller qui permet de maintenir le lien avec nos pasteurs et avec les prêtres qui ont la charge de nos âmes.
 
Le temps du confinement est un temps privilégié pour intensifier notre vie de prière personnelle : chapelet voire rosaire quotidien, chapelet des Sept-Douleurs de Notre-Dame, chemin de la Croix, pratique de la communion spirituelle. Dans l'impossibilité de vous confesser, ayez soin de faire de nombreux et fréquents actes de contrition.

Prions pour que la contagion épargne notre Roi et sa famille, prions les uns pour les autres, prions pour les malades, demandons l'intercession des saints thaumaturges pour la cessation de l'épidémie, prions pour le personnel soignant, prions pour les âmes des défunts (un très grand nombre entre dans l'éternité sans préparation, sans avoir eu le temps de la conversion et du repentir), prions pour les familles dans le deuil, prions pour les pauvres pécheurs à l'agonie... prions ! prions ! prions !

MERCI de bien vouloir nous signaler en particulier s'il y a des membres de notre Confrérie qui sont touchés par la maladie.

Ne lâchons jamais la main de la "petite fille Espérance", comme l'appelait Charles Péguy, et soyons plus que jamais unis
           
Pour Dieu et pour le Roi !
               
Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

Lettre du 25

" Parce que tu es tiède,
Je suis prêt de te vomir de Ma bouche !"


https://static.blog4ever.com/2015/09/808010/artfichier_808010_7777024_201806232326452.jpg

 « A l'ange de l'église de Laodicée, écris : Voici ce que dit Amen, le témoin fidèle et véritable, qui est le principe des créatures de Dieu. Je sais tes œuvres : tu n'es ni froid ni chaud : plût à Dieu que tu fusses froid ou chaud ! Mais parce que tu es tiède et que tu n'es ni froid ni chaud, Je suis prêt de te vomir de Ma bouche. »
(Apocalypse III, 14-16)
                                                 
Chers membres et amis de la Confrérie Royale,
                                    
Malheur à moi si, comme ces "chiens muets - canes muti" dénoncés par l'oracle inspiré au prophète Isaïe (cf. Is. LVI, 10), je n' "aboie" pas afin de vous mettre en garde contre les dangers qui menacent de toutes parts !
Malheur à moi si je ne vous "secoue" pas pour vous empêcher de vous assoupir dans votre vie spirituelle !
Malheur à moi si je vous laisse dans un repos illusoire dont les conséquences seraient néfastes pour vos âmes, pour l'Eglise et pour la France !
                       
Souffrez donc que je vous admoneste et que, une fois encore, je vous engage avec quelque énergie à ne point vous laisser aller à la routine, à ne point vous contenter du ronron des habitudes, à ne point demeurer dans les ornières d'un pieux train-train, à raviver sans cesse en vos âmes l'ardeur, la flamme et le zèle, et à combattre sans merci la tiédeur !
                               
Et parce que une âme de feu bien plus avancée que moi dans les voies de la sainteté et de la direction spirituelle a fort judicieusement résumé ce qu'il convient de dire à ce sujet, je me contenterai de lui laisser aujourd'hui la parole.
Cette âme de feu, cet homme qui s'est avancé très loin dans les voies de la sainteté, ce prêtre qui fut un directeur spirituel extraordinaire, c'est l'abbé Henri Huvelin (1838-1910), connu en particulier pour avoir contribué à la conversion du Bienheureux Charles de Foucauld et d'Emile Littré. 
                               
confessional de l'abbé Huvelin.jpg
                     
Le confessional de l'abbé Huvelin à l'église Saint-Augustin (Paris)
                                      
1) La plus grande des menaces : la tiédeur.
                                         
« La tiédeur... Bien petit mot pour la plus redoutable des menaces et pour un état particulièrement dangereux. (...)
La tiédeur est l'état de l'âme qui se laisse aller au péché véniel, à l'infidélité (...) mais qui néanmoins reste tranquille tout en résistant à Dieu.
Des âmes arrivent au confessionnal avec le poids de fautes très lourdes (...) mais elles ont la volonté de sortir de cette mauvaise voie. D'autres âmes ont, en apparence, moins à se reprocher. Aussi facilement que de l'eau, elles boivent ce qu'il leur plaît de nommer 'fautes vénielles'. A force de résister à la Grâce, celle-ci ne devient plus qu'un petit souffle imperceptible. Voilà justement l'état dangereux : celui dont on ne souffre pas !
                   
(...) L'âme tiède n'ira pas jusqu'au péché mortel, elle s'arrêtera ; mais elle se complaît dans les infidélités et demeure dans cet état parce que, avant tout, elle craint de se gêner.
Par petitesse, mauvaise volonté ou lâcheté, absence d'ambition ou d'idée de grandeur, elle s'habitue à sa médiocrité... Elle méprisera ou négligera ce qu'elle traite de 'petites choses', comme si elle se plaçait au-dessus d'elles ; mais ces choses 'petites' forment l'ensemble des mérites de la vie !
                                
(...) De telles âmes ne s'inquiètent pas. Elles voient le mal qu'elles n'ont pas commis, mais ignorent celui qu'elles font et se targuent de n'être jamais tombées dans la faute mortelle. Elles ne cherchent pas à sortir de leur dangereuse quiétude.
Leur acte de contrition est aussi machinal que leur confession. Elles n'ont aucun regret et ne prennent aucune résolution...
(...) Il y a là quelque chose d'infiniment douloureux. Je ne parle de ce mal qu'avec la plus profonde tristesse. »
                                                       
(Abbé Henri Huvelin - récollection prêchée à Saint-Eugène, le 11 mars 1885)
                                    
2) Les causes de la tiédeur :
                                
« La tiédeur provient de différentes causes :
... de la lâcheté d'une âme qui redoute plus l'effort et la peine que la déplaisance à Dieu.
... d'une disposition à se disperser. On vit hors de chez soi. On recherche de tristes ressources dans les choses, parce que la pensée de Dieu est pénible et que l'on veut y échapper.
(...) On recherche certaines familiarités, certaines conversations frivoles. On perd le goût de la piété, on évite les personnes pieuses. On traite de haut certains devoirs comme s'ils étaient à l'usage des enfants et non à celui d'une âme qui commence à grandir.
(...) En un mot, la tiédeur vient du besoin de s'affranchir de ce qui commence à ennuyer, d'un travail trop lourd... Oui, l'âme tiède fuit la gêne, essaie de se faire une vie plus facile.
(...) Elle s'enferme dans une existence sans gêne.
L'Evangile, ce n'est pas cela ! Dieu merci ! Le sentier est plus rude, mais aussi l'horizon plus étendu ! »

(Abbé Henri Huvelin - récollection prêchée à Saint-Eugène, le 11 mars 1885)
             
3) Débusquer sa propre tiédeur :
                                             
« La tiédeur se reconnaît facilement. J'entends tous les jours : 'Ma prière m'ennuie. Je ne la fais plus'. Voilà une âme tiède...
(...) Si Jésus passait (...) et disait : 'Que voulez-vous que Je fasse ?' Cette âme ne saurait que répondre. Au moment de prier elle subit l'ennuyeuse nécessité de la prière quotidienne et ne sait rien dire à Dieu. Voilà bien la tiédeur !
(...) Une âme me dirait : 'J'essaie, je me reprends à plusieurs fois... quand je renonce à prier je suis triste de n'avoir rien su, rien pu dire' ; alors ce ne serait plus de la tiédeur : le simple regret qui exprime une douleur serait le commencement d'une excellente prière !
(...) D'autres affirment : 'Je n'ai rien fait que de très petites fautes'. (...) Elles comptent pour rien les résistances à la Grâce et toute la multitude des fautes d'omission, l'absence de tout effort, de toute pensée... Elles oublient les petites émotions malsaines recherchées, l'entraînement des sens auquel elles ont obéi... les pensées auxquelles elles n'ont pas résisté.
Elles ont joué aux abords du mal et, parce qu'elles n'ont pas été jusqu'au bout, elles comptent pour rien ce qu'elles ont fait !
(...) Certaines vies ne comptent aucun acte bienveillant, salutaire ; aucune gêne de soi-même : ces âmes-là ignorent la bonté... et elles jugent n'avoir rien fait de répréhensible parce qu'elles n'ont pas fait directement un grand mal !
(...) Les âmes qui vivent de pensées futiles, d'entrainement, de laisser-aller, perdent tant d'occasions de faire le bien ! Elles refusent si souvent la Grâce de Dieu...
(...) Le seule moyen de les réveiller de cette torpeur sera la chute qui fait du bruit, entraînant tant de choses avec elles.
Dieu peut permettre cette chute humiliante pour réveiller l'âme qui s'endort, plutôt que de la laisser aller dans ses illusions. »
                               
(Abbé Henri Huvelin - récollection prêchée à Saint-Eugène, le 11 mars 1885)
                                        
                                            
https://static.blog4ever.com/2015/09/808010/artfichier_808010_7777024_201806232326452.jpg

Bien chers Amis, ces remarques et conseils de l'abbé Huvelin, nous devons nous les appliquer loyalement à nous-mêmes, sans complaisance coupable : notre vie spirituelle en dépend, et de notre vie spirituelle dépend la qualité de notre engagement au service du Roi et de la France.
                                             
Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.