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Chevaliers chrétiens, ce sont vos frères et les nôtres, des Chrétiens comme vous, des membres du Christ, fils de Dieu et cohéritiers de son royaume, qui subissent cette tyrannie et souffrent ces outrages ! Ils se voient chassés de leurs domaines héréditaires, ils viennent mendier parmi nous le pain de la pauvreté et de l’exil. C’est du sang chrétien, racheté par le sang du Christ, qui coule par torrents sous le glaive des Infidèles ; c’est la chair des Chrétiens, unie par les sacrements à la Chair du Christ, qui sert de jouet pour de monstrueuses infamies. Des Turcs, race immonde, font courber sous la verge le front de nos frères ! Et vous cependant, vous portez le ceinturon de la Chevalerie. Êtes-vous vraiment les chevaliers du Christ ? (…)

Chevaliers chrétiens, vous avez depuis des siècles laissé les Infidèles fouler aux pieds, profaner, souiller la Terre sainte et le tombeau de Jésus-Christ. Encore quelques mois de cette fatale indifférence et vous verrez le glaive du Musulman sur vos têtes. Vos épouses et vos mères, vos fils et vos filles, arrachés à vos bras, iront réjouir de leur servitude la férocité des Turcs et des Sarrasins. Vous souvient-il d’un empereur qui se nommait Charlemagne ? Germains, il fut vôtre par l’antique origine de ses aïeux ; Français, il fut vôtre et son nom est pour vous un titre de gloire immortelle. Le bras invincible de Charlemagne faucha par milliers les Sarrasins ; il les extermina en Espagne, en Aquitaine, aux frontières de la France ; il les chassa d’Italie. Vous autres, Français, vous prétendez même sur la foi des récits populaires, ut fama vos vulgatis, qu’il alla jusqu’en Palestine les expulser de Jérusalem et des Lieux saints.

Après un tel exemple, comment oseriez-vous encore vous dire la Nation Très Chrétienne, la première nation du monde, solam esse vel primariam gentem Franciam, quam christianam veram esse liceat, si, endormis dans le sommeil de votre opulence, après avoir abandonné le Sépulcre du Seigneur aux outrages des Infidèles, vous laissiez lâchement les Sarrasins et les Turcs envahir, opprimer, égorger les derniers restes du peuple chrétien ? Réveillez-vous donc ! Debout, preux chevaliers, viri fortes ! L’univers chrétien se précipitera sur vos traces, il suivra votre héroïque exemple. Revêtez vos armures, assemblez vos légions, vos cohortes, vos compagnies. Vous aurez d’autant plus de soldats que vous montrerez plus d’ardeur et d’intrépide confiance. Le Dieu tout-puissant sera avec vous ; du haut du Ciel Il enverra Ses Anges qui marcheront devant votre face et dirigeront vos pas. Chrétiens, allez délivrer le Sépulcre de Jésus-Christ : la gloire vous attend, gloire éternelle dans les cieux, splendeur immortelle sur cette terre.

Bienheureux pape Urbain II,
au Concile de Clermont (1096).


Orat. Urban. II in concil. Clarom. habit. de expeditione Hierosol., PL, t. 151, col. 565-582, et Balder. Dol. Hist. Hieros., PL, t. 166, col. 1066-1069, passim. Cité dans DARRAS J.-E., Histoire générale de l’Église, t. 23, p. 77., in La vocation des Francs, Michel Defaye, éd. LE SEL, p. 15-16


Les armes de la Ville de Clermont-Ferrand
Armes de l'évêché et de la ville de Clermont (Auvergne).
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Communiqué du Secrétariat particulier de Monseigneur le Duc d’Anjou

Pour les Chrétiens d’Orient


25 août 2014 : fête de saint Louis.



En cette année de commémoration de la naissance du grand roi né en 1214, elle ne peut passer inaperçue, ni nous laisser indifférent car l’image du roi nous ramène immanquablement à la Terre Sainte qui a tenu une grande place dans sa vie de souverain, de souverain chrétien. Or huit siècles après, cette terre se trouve toujours en guerre, avec son lot de victimes et de drames vécus au quotidien par une des plus vieilles populations chrétiennes de la terre. Nous assistons à une véritable persécution qu’il faut dénoncer comme crime contre l’humanité. 

Les Chrétiens d’Irak, qui étaient 1,5 million il y a une trentaine d’années, sont moins de 400 000. Le combat est celui, une nouvelle fois, de David contre Goliath, des petits contre les géants. Mais les géants de nos jours sont armés puissamment et non moins puissamment fanatisés. Les moyens de résister sont faibles. Pourtant, ne faut-il pas tout faire pour que ces Chrétiens demeurent sur leur terre ? Ils y vivent depuis toujours, depuis le début de l’ère chrétienne, c’est-à-dire bien avant que l’Islam n’y soit venu. 

Saint Louis, le saint de la justice, du bien commun et de la famille, est aussi celui d’un dialogue méditerranéen. S’il est plus que connu en France, où les cérémonies organisées à l’occasion du huitième centenaire de sa naissance et de son baptême sont nombreuses, il l’est aussi de la Tunisie à l’Égypte, en passant par Chypre et il est encore largement honoré au Liban. 

Saint Louis, le premier, accorda la protection de la France aux peuples chrétiens d’Orient. Depuis de François Ier à Napoléon III, tous le souverains honorèrent cette promesse. La République n’y fut pas insensible même si, parfois, sa position manque de vigueur. Toutefois, la voix de la France n’est plus aussi forte qu’auparavant et beaucoup de « de fond » empêchent qu’elle soit bien audible. Ces peuples martyrs manquent de protecteurs. 

Pourtant, la situation des Chrétiens d’Orient demande que l’on parle en leur nom. Le pape François l’a fait fermement et courageusement il y a quelques jours. Plusieurs évêques et cardinaux français sont partis sur le terrain et ont montré par l’exemple et la prière que les Chrétiens d’Occident, que les fils de saint Louis étaient à leur côté. 

Mais cette présence, cette prière, doivent être soutenues et amplifiées. C’est à nous, nations chrétiennes dans un monde plus ou moins préservé, de rappeler qu’il y a des valeurs essentielles avec lesquelles les politiques ne peuvent transiger. Celles de la vie tout d’abord, de la vie respectée de la conception à la mort ; celles, ensuite, d’une société sachant s’élever au-dessus des seuls matérialismes et hédonismes, comme vient de le rappeler le pape François à Séoul ; celles, enfin, du respect mutuel entre croyants. 

Le message chrétien, dont la France a longtemps été le porte-parole, est celui de la primauté du droit sur la force. La force du conquérant ne peut rien contre les droits de ceux qui ont toujours été là et qui se sont toujours reconnus comme chrétiens. 

Cette présence chrétienne dans le cœur du Moyen-Orient, dans le berceau de la civilisation née en Mésopotamie, est une richesse pour toute l’humanité. Que serait celle-ci si l’uniformité régnait, si l’uniformité de la brutalité régnait ? 

Le message de saint Louis encourage à préserver cette richesse. Lui qui savait pardonner à ses ennemis, et a toujours mis toute son énergie en avant pour que la Chrétienté puisse vivre sur la Terre Sainte. C’est la vigueur de sa foi et de ses vertus de chrétien qui ont fait que, même prisonnier, ses ennemis l’ont estimé. C’est ainsi qu’il est saint et que, huit siècles après, il est toujours honoré. 

Aîné des descendants de saint Louis, je lance donc un appel en faveur des Chrétiens du Moyen-Orient afin que la paix leur soit donnée, afin qu’ils puissent vivre sur leur terre et continuer à témoigner qu’au-delà de la violence des hommes, il y a place pour la charité, la justice, le droit. C’est cela la paix de Dieu. Le message, malgré les siècles, demeure. Le pape François le prêche partout dans le monde. Il appartient à tous les hommes de bonne volonté de la diffuser et de faire vivre ces valeurs en redonnant du sens à leur vie. Pour les Chrétiens d’Orient, face aux persécutions et à l’exil forcé, il y a urgence. Telle est la prière que nous pouvons adresser à Dieu, par l’intercession de saint Louis en sa fête, le 25 août. 

Louis, duc d’Anjou

(Lien)

A ce propos, intéressante vidéo d'analyse de la situation française et mondiale par le vicomte de Villiers :

« Quand on est dans une maison qui s’effondre, au bord de l’abîme, qu’on ne voit plus rien parce que c’est la nuit, il faut chercher à tâtons les murs porteurs : le caractère sacré de la vie, la filiation comme repère, la nation comme héritage, la frontière comme ancrage et le rêve français comme fenêtre sur le monde » 
(Philippe de Villiers, à 30’).

Autant de principes et réalités dont le Roi est le garant, comme le manifestait par exemple le communiqué suivant :

Communiqué du Secrétariat particulier de Monseigneur le Duc d’Anjou

Défense de la famille et du mariage


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