Lettre du 25

 
Lettre mensuelle
aux membres et amis de la Confrérie royale
pour le 25 décembre anno Domini 2016


le 24 décembre 2016
en la vigile de la Nativité du Sauveur

Chers Amis,

Dans le Saint Évangile, Notre-Seigneur
« ayant appelé un petit enfant, le mit au milieu d’eux, et leur dit : Je vous dis en vérité, que si vous ne vous convertissez, et si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Quiconque donc s’humiliera et se rendra petit comme cet enfant, celui-là sera le plus grand dans le royaume des cieux ; et quiconque reçoit en Mon Nom un enfant tel que je viens de dire, c’est Moi-même Qu’il reçoit. Si quelqu’un scandalise un de ces petits qui croient en Moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui pendît au cou une de ces meules qu’un âne tourne, et qu’on le jetât au fond de la mer. Malheur au monde à cause des scandales ! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales ; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! […] Prenez bien garde de ne mépriser aucun de ces petits : Je vous déclare que dans le ciel leurs anges voient sans cesse la face de Mon Père Qui est dans les cieux. […] Ainsi votre Père Qui est dans les cieux, ne veut pas qu’un seul de ces petits périsse. […] Je vous dis encore que si deux d’entre vous s’unissent ensemble sur la terre, quelque chose qu’ils demandent, elle leur sera accordée par Mon Père Qui est dans les cieux. Car en quelque lieu que se trouvent deux ou trois personnes assemblées en Mon Nom, Je M’y trouve au milieu d’eux » (Matth. XVIII, 2-10, 14, 19-20[1]).

Alors que s’achève le temps liturgique de l’Avent et que Dieu Se montre aux hommes – et particulièrement à Sa Sainte Mère qui Le portait sans Le voir depuis la nuit bénie de l’Annonciation –, c’est d’une certaine manière le Christ Lui-même Qui applique Ses propres leçons, Lui « Qui est descendu du ciel » (Joann. III, 13), « ne retenant pas jalousement le rang qui L’égalait à Dieu », « Qui, ayant la forme et la nature de Dieu, n’a point cru que ce fût pour Lui une usurpation d’être égal à Dieu ; mais Il S’est anéanti Lui-même en prenant la forme et la nature de serviteur, en Se rendant semblable aux hommes, et étant reconnu pour homme par tout ce qui a paru de Lui au dehors. Il S’est rabaissé Lui-même » (Philipp. II, 6-8), pour Se faire – qui l’eût imaginé ?! – petit enfant, Fils de l’homme.


C’est ce grand mystère de l’Incarnation que, depuis Bérulle, adore l’École française de spiritualité, pierre précieuse du « génie français » (saint Pie X).
« De nous-même nous devons faire élection et de tous côtés nous rendre au silence, à la séparation, à la soumission et docilité du Saint Enfant Jésus, Qui de Verbe Dieu S’est Lui-même, remarquons Lui-même, anéanti ; et de là, sur cette base, Il S’est laissé conduire en obéissance par tous les états de Sa vie jusqu’à la mort de la Croix et en Sa gloire […]. C’est donc, ma chère Sœur, par la grâce que nous trouvons en la Sainte Enfance qu’il nous faut laisser conduire selon tous les décrets de Dieu sur nous sans discernement »[2].
« C’est de la crèche que l’on tire le chemin de tous les mystères de la Croix et de la gloire ; il n’y a qu’un Jésus-Christ, mais c’est une grâce de L’entendre et d’être des premiers avec les saints pasteurs et les saints rois à reconnaître Sa grandeur en la plus grande bassesse »[3].

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Et cette dévotion porte des fruits incontestables. En effet, comme nos ancêtres ont prié pour la naissance d’un Dauphin ! Louis-Dieudonné, quatorzième du nom, fut le fruit de la dévotion à la Sainte Enfance du Seigneur[4] : ne l’oublions pas en ce Temps de Noël qui commence, et ne soyons pas ingrats, mais reconnaissants à Dieu pour Ses grâces insignes et répétées : il n’y a pas de raison qu’elles nous manquent à l’avenir, si nous-mêmes sommes fidèles à ne pas manquer à la grâce.

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La consécration du 25e jour de chaque mois est une caractéristique de la dévotion à la Sainte Enfance. C’est d’ailleurs à cette date qu’apparaissait Notre-Dame du Rosaire aux Arroyos, en Argentine, de 1983 à 1990, comme l’évêque du lieu l’a reconnu le 22 mai dernier.


Il y a dix-neuf jours, à Nîmes, en recevant, lors d’une Messe votive de saint Michel à l’occasion du premier mardi du mois, le plus jeune membre de la Confrérie royale (8 ans et prénommé comme notre premier roi), c’était encore à la même réalisation du précepte évangélique que nous assistions, comme lorsque saint Luc, l’évangéliste de l’Enfance du Seigneur, expliquait que :
« étant venu à Nazareth, où Il avait été élevé, [Jésus] entra, selon Sa coutume, le jour du sabbat, dans la synagogue, et Il Se leva pour lire. On Lui présenta le livre du prophète Isaïe ; et l’ayant ouvert, Il trouva l’endroit où ces paroles étaient écrites : L’Esprit du Seigneur S’est reposé sur Moi ; c’est pourquoi Il M’a consacré par Son onction : Il M’a envoyé pour prêcher l’Évangile aux pauvres, pour guérir ceux qui ont le cœur brisé ; pour annoncer aux captifs leur délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue ; pour mettre en liberté ceux qui sont brisés sous leurs fers ; pour publier l’année favorable du Seigneur, et le jour où Il Se vengera de Ses ennemis. Ayant fermé le livre, Il le rendit au ministre, et S’assit. Tout le monde dans la synagogue avait les yeux arrêtés sur Lui. Et Il commença à leur dire : C’est aujourd’hui que cette Écriture que vous venez d’entendre est accomplie. Et tous Lui rendaient témoignage ; et dans l’étonnement où ils étaient des paroles pleines de grâce qui sortaient de Sa bouche, ils disaient : N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » (Luc. IV, 16-22).
   
      Attentifs au fait que Notre-Dame se manifeste comme par prédilection à de jeunes gens, sachons encourager autour de nous, voire en nos familles, l’engagement des enfants – avec l’accord de leurs parents jusqu’à leur majorité – pour la Couronne : la pureté et magnanimité de leurs prières sauront toucher le Cœur du divin Enfant Roi. N’est-ce pas justement à eux que s’adressait Notre-Dame de la Prière à L’Ile-Bouchard, en 1947 ?
Puissions-nous grâce à eux entendre prochainement notre souverain bien-aimé, le corps fraîchement oint, prononcer à Reims ces paroles de l’Écriture : « L’Esprit du Seigneur S’est reposé sur moi ; c’est pourquoi Il m’a consacré par Son onction : Il m’a envoyé pour prêcher la bonne nouvelle aux pauvres, pour guérir ceux qui ont le cœur brisé ; pour annoncer aux captifs leur délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue ; pour mettre en liberté ceux qui sont brisés sous leurs fers ; pour publier l’année favorable du Seigneur, et le jour où Il Se vengera de Ses ennemis » !
Chaque année, le beau Temps de l’Avent ravive en nous l’espérance de l’avènement du Lieu-tenant du Messie, selon le mot d’Aristote : « Qui peut le plus peut le moins »[5]. Si S’incarner n’a pas paru insensé à Dieu, en quoi la restauration de Son serviteur serait-elle impensable ? « Car rien n’est impossible à Dieu » (Luc. I, 37).
En ce Temps de la Nativité, pensons aux belles choses que nous verrons si nous savons travailler résolument à ce que Dieu attend de nous. Car notre « amour pour le Roi et la Couronne » est bien fondé surnaturellement sur Notre-Seigneur Jésus-Christ, et appuyé naturellement, philosophiquement, expérimentalement sur les bienfaits de ce régime qui a fait la France.


Si je vous dis « 1515 », vous me répondrez (normalement) « Marignan ». Du moins était-ce ce qu’apprenaient naguère les élèves. Et si je vous dis « 1520 », que me répondrez-vous ?
Non, ce n’est pas Luther et sa prétendue réforme ; lui, c’est 1517. Et comme le disait en début d’année le préfet de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la foi, « nous, les Catholiques, n’avons aucune raison de célébrer le 31 octobre 1517, la date qui marque le début de la [prétendue] Réforme et qui mena à la rupture du Christianisme occidental ».
Je ne vous parle pas là d’une année mais d’un anniversaire…



En ce grand jour de la Nativité du Sauveur a lieu la naissance de Sa fille aînée[6], la première nation chrétienne, disons-même très-chrétienne. Nous célébrons le 1520e anniversaire du baptême de Clovis. Ce fier guerrier païen a su retenir lui aussi la leçon de saint Remi et descendre au baptistère rémois, y dépouillant – fier Sicambre ! – vêtements et insignes afin de naître à nouveau par l’eau salutaire du baptême, « en la quinzième année de son règne » nous rapporte saint Grégoire de Tours, nous rappelant inévitablement l’évangile lu cet Avent[7], dans lequel commence la prédication de saint Jean-Baptiste, devant conduire au Baptême de Notre Seigneur, inaugurant Sa vie publique.

« XXXI. […] Il se rendit donc au milieu des siens, et, avant même qu’il eût pris la parole, la puissance de Dieu l’ayant devancé, tout le peuple s’écria en même temps : « Les dieux mortels nous les rejetons, pieux roi, et c’est Dieu immortel que prêche Rémi que nous sommes prêts à suivre ». Ces nouvelles sont portées au prélat qui, rempli d’une grande joie, fit préparer la piscine. Les rues sont ombragées de tentures de couleur, les églises ornées de courtines blanches ; le baptistère apprêté, des parfums sont répandus, des cierges odoriférants brillent ; tout le temple du baptistère est imprégné d’une odeur divine et Dieu y comble les assistants d’une telle grâce qu’ils se croient transportés au milieu des parfums du paradis. Ce fut le roi, qui, le premier, demanda à être baptisé par le pontife. Il s’avance, nouveau Constantin, vers la piscine, pour effacer la maladie d’une vielle lèpre et pour effacer avec une eau fraîche les sordides taches anciennement acquises. Lorsqu’il fut entré pour le baptême, le saint de Dieu l’interpella d’une voix éloquente en ces termes : « Dépose humblement tes colliers, ô Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ». […] Ainsi donc, le roi, ayant confessé le Dieu tout puissant dans Sa Trinité, fut baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit et oint du saint chrême avec le signe de la croix du Christ. Plus de trois mille hommes de son armée furent également baptisés » (saint Grégoire de Tours, Historia Francorum, II, MGH. SS. RM, éd. B. Krusch, I, Hanovre, 1885, p. 91-93 ; éd. 1951, p. 75-78).

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« A la vue de ces feux qui rendent plus splendide encore la décoration de la maison de Dieu, nous exclamerons-nous avec dom Guéranger en rejoignant ce soir, au son des cloches, l’église pour la Messe de minuit, nous nous rappelons le mot de Clovis entrant le même jour, à cette même heure, dans la Basilique de Reims où il devait être régénéré : Mon Père, […] est-ce là le royaume que vous m’avez promis ? —Non, mon Fils, répondit l’apôtre des Francs, ce n’est que l’entrée du chemin qui doit t’y conduire » !


En outre, le Normand qui vous écrit peut-il passer sous silence le 950e anniversaire – nous ne verrons peut-être pas le millénaire… –, du couronnement, toujours en ce saint jour de Noël, du duc Guillaume le Conquérant comme roi d’Angleterre, en l’abbaye de Westminster ? Nous avions évoqué en octobre la fameuse bataille de Hastings. La portée de cet événement fut considérable en Europe. Alfred, archevêque d’York, couronna roi le duc de Normandie après avoir demandé aux Anglais s’ils le reconnaissaient pour roi, tandis qu’Odon, évêque de Bayeux et demi-frère de Guillaume, le demandait aux Normands présents. Sous les voûtes du monastère, les cris de joie ayant dû paraître sauvages, les soldats normands se trouvant au-dehors crurent à une révolte et incendièrent les maisons alentour…


Tout en devant mater les révoltes locales, Guillaume réorganisa de façon impressionnante, avec l’appui de saint Grégoire VII notamment, le royaume britannique. Il fonda une société féodale exemplaire, mit en place des sheriffs chargés de maintenir l'ordre, et put, grâce à un gigantesque recensement nommé Domesday Book (1086), améliorer le rendement fiscal et les armées. L'Église bénéficia du renouveau en recevant pour archevêque de Canterbury, l'abbé Lanfranc, de Saint-Étienne de Caen. Une abbaye bénédictine fut construite sur le champ de bataille de Hastings. Notons que la devise de la monarchie anglaise actuelle, toujours en français, est due à Guillaume le Conquérant : « Dieu est mon droit ».


Son épouse Mathilde serait quant à elle solennellement couronnée reine d’Angleterre à Westminster à la Pentecôte 1068.




Enfin, dernière « naissance » que j’évoquerai aujourd’hui : celle, il y a 130 ans, de sainte Thérèse, par sa conversion à la sainteté.
Elle passait, à 13 ans et demi, de l’orgueil de l’enfance à la maturité de la petite voie d’Enfance spirituelle. Le pape Benoît XV la présentait ainsi :
« L’enfance spirituelle est formée de confiance en Dieu et d’un abandon aveugle entre Ses mains […]. Il n’est pas difficile de montrer les mérites de cette enfance spirituelle pour ce qu’elle exclut comme pour ce qu’elle suppose. Elle exclut en effet l’orgueilleuse idée de soi ; elle exclut la présomption d’atteindre par des moyens humains une fin surnaturelle ; elle exclut l’idée fausse que l’on se suffit à soi-même à l’heure du danger et de la tentation. Et par ailleurs, elle suppose une foi vive dans l’existence de Dieu ; elle suppose un hommage concret à Sa puissance et à Sa miséricorde ; elle suppose le recours confiant à la Providence de Celui Dont nous pouvons obtenir la grâce d’éviter tout mal et de parvenir à tout bien. […] Nous souhaitons que le secret de la sainteté de Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus ne reste inconnu à personne »[8].

Aussi permettez-moi, malgré sa longueur (relative...), de le citer in extenso, en guise de conclusion, tant cette conversion de « la plus grande Sainte des temps modernes »[9] est admirable, ayant su, comme le demandait saint Jean Berchmans, faire les choses ordinaires de manière extraordinaire.
Thérèse racontera elle-même sa conversion, par obéissance, un an avant de mourir (en 1897), dans ses manuscrits autobiographiques :

« J'étais vraiment insupportable par ma trop grande sensibilité... Je pleurais comme une Madeleine et lorsque je commençais à me consoler, je pleurais d'avoir pleuré... Il fallut que le Bon Dieu fasse un petit miracle pour me faire grandir en un moment et ce miracle Il le fit au jour inoubliable de Noël, en cette nuit lumineuse qui éclaire les délices de la Trinité Sainte, Jésus le doux petit Enfant d'une heure, changea la nuit de mon âme en torrents de lumière... En cette nuit où Il Se fit faible et souffrant pour mon amour, Il me rendit forte et courageuse, Il me revêtit de Ses armes et depuis cette nuit bénie, je ne fus vaincue en aucun combat, mais au contraire je marchai de victoires en victoires et commençais pour ainsi dire, 'une course de géant !...
Ce fut le 25 décembre 1886 que je reçus la grâce de sortir de lenfance, en un mot la grâce de ma complète conversion. Nous revenions de la messe de minuit où javais eu le bonheur de recevoir le Dieu fort et puissant. En arrivant aux Buissonnets, je me réjouissais d’aller prendre mes souliers dans la cheminée, cet antique usage nous avait causé tant de joie pendant notre enfance que Céline [l’une de ses quatre sœurs, NDLR] voulait continuer de me traiter comme un bébé puisque j’étais la plus petite de la famille…
Papa aimait à voir mon bonheur, à entendre mes cris de joie en tirant chaque surprise des souliers enchantés, et la gaîté de mon Roi chéri augmentait beaucoup mon bonheur, mais Jésus voulant me montrer que je devais me défaire des défauts de l’enfance m’en retira aussi les innocentes joies, il permit que Papa fatigué de la messe de minuit éprouvât de l’ennui en voyant mes souliers dans la cheminée et qu’il dît ces paroles qui me percèrent le cœur: Enfin, heureusement que cest la dernière année!
Je montais alors l’escalier pour aller défaire mon chapeau, Céline connaissant ma sensibilité et voyant des larmes briller dans mes yeux eut aussi bien envie d’en verser, car elle m’aimait beaucoup et comprenait mon chagrin: “Ô Thérèse! me dit-elle, ne descends pas, cela te ferait trop de peine de regarder tout de suite dans tes souliers”. Mais Thérèse n’était plus la même, Jésus avait changé son cœur! Refoulant mes larmes, je descendis rapidement lescalier et comprimant les battements de mon cœur, je pris mes souliers et les posant devant Papa, je tirai joyeusement tous les objets, ayant l’air heureuse comme une reine. Papa riait, il était redevenu joyeux et Céline croyait rêver!... Heureusement c’était une douce réalité, la petite Thérèse avait retrouvé la force d’âme qu’elle avait perdue à 4 ans et demi et c’était pour toujours qu’elle devait la conserver!...
En cette nuit de lumière commença la troisième période de ma vie, la plus belle de toutes, la plus remplie des grâces du Ciel… En un instant l’ouvrage que je n’avais pu faire en dix ans, Jésus le fit Se contentant de ma bonne volonté qui jamais ne me fit défaut. […] Il fit de moi un pécheur d’âmes, je sentis un grand désir de travailler à la conversion des pécheurs, désir que je n’avais [pas] senti aussi vivement… Je sentis en un mot la charité entrer dans mon cœur, le besoin de m’oublier pour faire plaisir et depuis lors je fus heureuse! ».


Que la patronne « en second » de la France obtienne à nos âmes, en cette nuit merveilleuse, cette même grâce de la conversion totale à une sainteté résolue et à une résolue sainteté.

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« Et que la ferveur de [n]os prières contribue à protéger la France ! » en son 1520e anniversaire (S.M. T.-C. le roi Louis XX).


Pro Rege et Francia
Ad pristinum Regnum restituendum

Abbé Louis de Saint-Taurin +
Grand-Prieur

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[1] Traduction en 1667 par l’abbé Louis-Isaac Lemaistre, sieur de Sacy (1613-1684).
[2] Lettre 243 à Mère Élisabeth, prieure de Beaune, du 2 octobre 1645.
[3] Lettre 267 à Mère Élisabeth de l’Enfant-Jésus (Baillou), sous-prieure des Dominicaines de Paris, du 29 décembre 1645.
[4] Lettre du 17 juin 1689 de sainte Marguerite-Marie Alacoque : « Voici les paroles que j'entendis sur ce sujet : Fais savoir au Fils aîné de mon Sacré-Cœur que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par la consécration à Mon Cœur adorable, qui veut triompher du sien, et, par son entremise, de celui des grands de la terre ».
[5] Éthique à Nicomaque.
[6] Par association (« concomitance ») de l’antique titre du roi de France, puisque nous pourrions dire, en reprenant le mot de Jehanne : « Le Roi Très-Chrétien et la France, c’est tout un »…
[7] « L'an quinze du règne de l'empereur Tibère,... » (Luc. III, 1).
[8] Décret sur les vertus héroïques de Thérèse Martin, 14 août 1921.
[9] Citation de saint Pie X.

Sermon du mardi 6 décembre 2016

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   A l'invitation du président du Cercle légitimiste de Nîmes, le grand-prieur de la Confrérie royale était ce 6 décembre à Nîmes afin de célébrer à la chapelle Sainte-Eugénie de cette cité languedocienne, à l'occasion du 1er mardi du mois, la Messe pro Rege et Francia, au cours de laquelle deux nouvelles entrées de membres étaient reçues (un associé, un plénier), avec la prononciation d'un Voeu de consécration à la Couronne, par le plus jeune membre de la Confrérie (8 ans), avec l'autorisation et encouragement de ses parents.
    Jouée par l'un des meilleurs organistes de la ville, chantée intégralement par la belle chorale de la chapelle, servie par un nombre honorable d'enfants de choeur, fleurie comme il se doit, devant une bonne trentaine de fidèles dont des représentants de l'armée, la Messe fut célébrée en présence du représentant de la Principauté de Monaco, son consul à Montpellier : soit "en présence des autorités civiles et militaires"...


X
            Monsieur le Consul,
            Monsieur le Président,
            Chers Fidèles,

Ce fut une grande joie pour moi d’accepter votre invitation à célébrer la Messe de saint Michel du 1er mardi du mois « pour le Roi et la France », comme il est de tradition en France depuis Anne d’Autriche, qui obtint ainsi, sur le conseil de M. Olier, la fin de la Fronde. C’est que le premier des Séraphins est l’ange tutélaire du royaume des Lys, reconnu comme tel par Charlemagne, par Charles VII, par Louis XV, le dernier souverain à s’être consacré à lui. Clin d’œil de la Providence : c’est au jour de sa fête que naquit le comte de Chambord.
Nous demandions au début de cette Messe à l’Ange gardien et Protecteur de la France, saint Michel : « Dans la confiance, unis les Français, protège la France, donne-nous la paix ». Désireux de retrouver dans cette douce France la tranquillité de l’ordre, nous supplions le premier des Séraphins, la première des créatures à avoir témoigné sa fidélité à Dieu, de rassembler nos compatriotes pour le bien commun de la France. Vous avez répondu ce soir à l’appel à prier pour le salut de notre Patrie, en bien triste état.
A l’heure où l’institution de la famille est si attaquée par l’ennemi du genre humain et ses actifs serviteurs, je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec notre pays. Car voyez-vous, les parents comme la Patrie sont l’objet de la vertu de piété filiale. Parce qu’on ne pourra jamais leur rendre tout ce que l’on en a reçu. Et parce que la nation est une famille de familles ; de nombreuses contrées ont ainsi adopté le régime le plus conforme à l’ordre familial voulu par Dieu. Aînée de toutes les familles, la famille royale, ou princière, incarne aux yeux de tous, autour de l’occupant du trône : l’unité, l’exemple, la pérennité, la stabilité, la légitimité dont ont tant besoin tous les membres de cette grande famille. Un roi comme Louis XVI avait conscience d’être le chef des chefs de famille de France, le père des pères de familles.
La tête du corps mystique temporel n’a pas pour seule fonction de jouer un rôle de figuration et de modèle ; le propre de la tête est de commander au corps pour son bien. Le Sacerdoce n’a pas d’autre mission, dans le Corps mystique surnaturel qu’est l’Église.
« Il y a grande pitié au royaume de France ! », s’écriait sainte Jeanne d’Arc. C’est la même chose aujourd’hui. Comme la plus grande partie des pays, il n’y a plus de vraie recherche du bien commun, but de toute politique digne de ce nom : les élections récentes et à venir manifestent bien qu’il y a aura toujours conflit, parti contre parti.
Où les enfants (je ne dis pas les mineurs, je dis les enfants, puisque même adulte, un fils demeure l’enfant de ses parents), où les enfants trouveront-ils une véritable unité, un bon gouvernement, qui mettra fin à leurs rixes et chamailleries sans fin ? Certains proposent que le frère le plus doué, ou le plus fort, prenne la direction de la famille. D’autres proposent de choisir eux-mêmes le beau-père idéal à faire épouser à leur mère, la France, si possible un homme fort. Mes Frères, à la place de tous ces plans hasardeux, la solution pour le pays comme pour nos familles, n’est-il pas de recourir directement à celui qui, de droit divin, jouit des grâces d’état nécessaires au bon gouvernement de la famille, à savoir le père ? A l’échelle nationale, au-dessus, au sommet de toutes les familles, se trouve le roi, le père de ses sujets, comme Louis XII se félicitait d’être appelé. Alors certes, le père de famille – le grand absent de notre société, pour son plus grand malheur – n’est sans doute pas parfait, il a comme chacun de nous ses défauts et ses qualités, l’histoire a pu apporter des tensions – nous connaissons tous cela dans nos foyers ; mais il occupe la place de pierre angulaire dans cet ordre divin. Et il garantit l’application de la doctrine sociale de l’Église selon le génie français, pour reprendre l’expression de saint Pie X.
Cette Confrérie royale à laquelle certains d’entre vous s’agrègent aujourd’hui, est l’union de prières de toutes les bonnes volontés, pour la personne et la mission de l’héritier et successeur de nos rois. Je m’empresse de préciser à quoi engage l’engagement dans la Confrérie :
–tout d’abord l’engagement au triple angélus quotidien, puisque si nous défendons la restauration de l’ordre dans le pays, cela commence dans notre propre vie ; puisque l’harmonie a besoin de rythme, quel meilleur rythme que l’angélus qui nous rappelle, depuis Louis XI, le merveilleux mystère de l’Incarnation auquel nous nous préparons ?
–ensuite la sanctification du 25e jour de chaque mois ;
–et pour ceux qui font le Vœu de consécration à la Couronne de France : l’offrande à l’avance de la valeur de toutes ses bonnes actions pour le Roi et la France.
L’héritier et successeur de nos rois, donc, ne se choisit pas mais se reçoit. Celui que désignent aujourd’hui les Lois fondamentales du Royaume, la Constitution non écrite de la France, forgée au fil des siècles, est Mgr le prince Louis, le Très-Chrétien, Lieutenant de Dieu, fils aîné de l’Église, défenseur-né de la Sainte Église romaine. En lui, l’État recouvre son chef-né, le royaume accueille son roi, les sujets retrouvent leur père, la France reconnaît son époux légitime.
C’est tout cela que notre premier roi, Clovis Ier, assuma lorsque coula sur son front l’eau salutaire du baptême. Dois-je vous rappeler qu’à ce moment exact, son mariage naturel légitime avec sainte Clotilde devenait ipso facto sacramentel. Cela n’est pas anodin, puisqu’au même moment, il épousait mystiquement la France.
(Et dans un instant, c’est le Vœu d’un tout jeune nouveau membre prénommé comme ce grand roi, que je recevrai à l’autel).
Lorsque le pape Jean-Paul II nous appelait à la fidélité aux promesses de notre baptême, il évoquait cette alliance entre Dieu et la France naissante, au baptistère de Reims. Y sommes-nous fidèles ? Nous proposons-nous de la redécouvrir ? La portons-nous dans nos cœurs, dans nos esprits comme dans nos âmes ? Retrouverons-nous, comme Monsieur le Consul, la grâce d’avoir un prince à aimer et servir, image terrestre du Christ Roi dans notre pays propre ?
Comme l’a admirablement rappelé Mgr le duc d’Anjou dans sa déclaration aux Français du 25 août dernier : l’idée de Patrie a essayé de remplacer « l’amour du Roi et de la Couronne ». Vous êtes aujourd’hui appelés, mes Frères, à les retrouver et à en faire votre première intention de prière, le garant du bien commun étant indispensable pour les différents biens particuliers sur lesquels il prime nécessairement.
De même que saint Louis a pu imiter le Roi des rois pour être un bon et saint roi, de même les parents doivent-ils comprendre et admirer la royauté pour l’exercer à leur place propre, à la tête du foyer, dont le père et la mère sont le roi et la reine, et où leurs enfants sont leurs sujets aimants et aimés.
Le 24 janvier dernier, le Prince déclarait : « Le fait d’avoir exécuté le monarque a coupé ce lien filial si particulier, si fondamental, qui unissait le Roi et son peuple ; qui unissait le peuple à son histoire. C’est ce lien qu’évoquent ces commémorations annuelles. Ce désir de retrouver la filiation perdue ». Car « la mort du Roi […] atteint, au plus profond, chacun d’entre nous, […] parce qu’elle est contraire aux fondements-mêmes de l’âme française ».
« On ne bâtira pas la cité autrement que Dieu ne l'a bâtie, enseignait quant à lui le grand Pie X ; on n'édifiera pas la société, si l'Église n'en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la Civilisation n'est plus à inventer ni la Cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est : c'est la Civilisation chrétienne, c'est la Cité catholique. Il ne s'agit que de l'instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l'utopie malsaine, de la révolte et de l'impiété : omnia instaurare in Christo ».
A deux jours de la fête de l’Immaculée Conception, nos pensées vont bien sûr au centenaire de Fatima. En méditant les apparitions, il est étonnant qu’au beau milieu du XXe siècle, en 1931, Notre-Dame ait prononcé ces paroles : « Ils n’ont pas voulu écouter ma demande… ! Comme le Roi de France, ils s’en repentiront et ils le feront, mais ce sera tard ». N’êtes-vous pas stupéfaits de constater que cette manifestation de notre Mère, si cruciale pour notre époque, si grave quant à ses prophéties, si admirable par ses miracles, fasse mention, près de 150 ans après la Révolution, de la non-consécration de la France au Sacré-Cœur par Louis XIV, comme le demandait Notre-Seigneur ? La France au Cœur de Jésus, la Russie au Cœur de Marie : voilà le plan du Ciel. Un plan qui, en 2016, n’est toujours pas réalisé, à cause de la faiblesse, de l’infidélité et de l’inconstance humaines.
Le lien entre les deux n’est pas qu’une allusion : Notre-Dame ne parle pas pour ne rien dire ; elle eût pu citer un autre exemple, voire ne faire aucune relation avec d’autre événement. Mais le lien est ici fondamental : aussi, après les Messes basses, êtes-vous invités, chers Français, à obéir à la demande de Pie XI d’offrir les prières léonines pour la conversion de la Russie, de même qu’actuellement, de nombreux Orientaux prient pour le roi de France, comme la Confrérie royale peut en témoigner.
Il y a 105 ans, le 27 novembre 1911, saint Pie X  déclarait :
« Que dirai-je, maintenant, à vous fils de France, qui gémissez sous le poids de la persécution? Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux fonts baptismaux de Reims se repentira et retournera à sa première vocation. Les fautes ne resteront pas impunies mais elle ne périra jamais la fille de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes. Un jour viendra, et nous espérons qu’il n’est pas éloigné, où la France, comme Saul sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une lumière céleste et entendra une Voix qui lui répétera : “Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ?” 
Et sur sa réponse : “Qui êtes-vous, Seigneur ?” La Voix répliquera : “Je suis Jésus que tu persécutes. Il t’est dur de regimber contre l’aiguillon, parce que, dans ton obstination, tu te ruines toi-même.” Et la France, frémissante et étonnée, dira : “Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? ”
Et la Voix répondra : Lave-toi de tes souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, Fille aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, mon Nom devant tous les peuples et tous les rois de la terre” ».    
La France doit regagner son Histoire interrompue, elle doit s’illustrer au service de Dieu qui lui assurera prospérité ici-bas et bonheur éternel au Ciel. « Les grands évêques et les grands monarques, qui ont créé et si glorieusement gouverné la France, ont su donner à leur peuple la vraie justice, et le vrai bonheur » écrivait saint Pie X à nos évêques, à la Saint-Louis 1910.

Et je terminerai avec les paroles du Prince en début d’année : « Ceci ne peut être simplement formel. La Royauté ce n’est pas une république couronnée. Elle est avant tout un ensemble de valeurs vécues et partagées, puisque ce sont d’elles que vient l’unité entre toutes les composantes du pays. Par le passé, ces valeurs étaient directement issues du baptême chrétien de Clovis. Actuellement elles sont à retrouver, à reconstruire et surtout pas à travestir par des slogans. La France, en renouant avec ce qui l’a animée tout au long de son histoire, pourra alors surmonter difficultés et épreuves et reprendre le cours de sa destinée ». Ainsi soit-il. X



6 décembre



À l'occasion du 1er mardi du mois, traditionnellement consacré depuis Anne d'Autriche à la prière à saint Michel pour le salut et la prospérité de l'Eglise et de la France, une Grand'Messe votive de saint Michel "pro Rege et Francia" sera célébrée :

MARDI 6 DÉCEMBRE à 19h30
Chapelle Sainte-Eugénie
7 rue Sainte-Eugénie 30000 Nîmes

Nous invitons toutes les personnes de bonne volonté à se joindre à nous, que nos prières soient, par la grâce de Dieu, une pluie de bénédictions pour la France !

***

Cette célébration sera aussi l'occasion de nouvelles intronisations dans la Confrérie Royale du Clergé de France regroupant ecclésiastiques et laïques désireux d'unir leurs prières pour la France & son roi légitime.

Les postulants doivent envoyer leur demande d'entrée à : confrerie.royale@yahoo.fr, en précisant le degré souhaité (membres associés, membres simples, membres pléniers)

Informations sur la Confrérie Royale : http://confrerieroyale.blogspot.fr/p/blog-page.html



Lettre du 25


Lettre mensuelle aux membres et sympathisants de la Confrérie
25 novembre 2016



Chers membres et sympathisants de la Confrérie Royale,

« Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rom. V, 20).
La désobéissance d'Adam a entraîné la chute du genre humain dans un abîme de misères, bien loin de l'état de grâce et de justice que le divin Créateur avait voulu pour lui.
Dès lors, pendant de longs siècles, la pauvre humanité va gémir dans l'inflation de ses péchés accumulés, incapable de se relever par elle-même, se traînant lamentablement dans la séparation et l'ignorance de Dieu...
Cependant, dans Sa miséricorde infinie, le Très-Haut n'a pas abandonné l'homme. Pour qu'il ne désespère pas, au moment même où tombe sur lui la sentence qui le châtie, lui est aussi donnée la promesse solennelle d'un Sauveur : car pour obvier à son incapacité, pour détruire son péché, et pour lui rendre la grâce, Dieu a conçu le dessein inouï de l'Incarnation et de la Rédemption par la Croix.  « Dieu a tant aimé le monde, qu'Il lui a donné Son Fils unique »(Johan. III, 16) ; « Et le Verbe S'est fait chair, et Il a habité parmi nous... et à tous ceux qui L'ont reçu, Il a donné le pouvoir d'être faits enfants de Dieu » (Johan. I, 14. 13).
Le saint temps de l'Avent dans lequel nous allons entrer nous permet de nous replonger spirituellement dans l'histoire du salut afin de mieux accueillir « Celui qui vient », afin de mieux accueillir Ses grâces, afin de mieux accueillir Son salut.

Le grand malheur - NOTRE très grand malheur - , c'est que nous savons déjà ces choses : pour la plupart d'entre nous, elles nous ont été enseignées depuis l'enfance ; nous les connaissons ; elles font partie de notre substrat de connaissances, nous y sommes habitués... et, bien souvent, nous ne voyons pas ce qu'il y a d'extraordinaire et de merveilleux dans ces mystères de notre salut par le Verbe de Dieu incarné et crucifié.
Trop souvent, notre connaissance de ces mystères inconcevables reste purement intellectuelle... et malheureusement stérile.
Le saint temps de l'Avent devrait – il faudrait que cela devienne dans les faits un DEVOIR spirituel, un impératif – nous permettre de rompre nos pieuses routines, de renouveler notre regard sur ces divins mystères par une contemplation et des approfondissements vraiment personnels, et de prendre un nouvel élan pour mieux aimer et servir le Roi du Ciel qui S'est fait le Fils de l'homme.
Ce qu'il nous faut, c'est retrouver un cœur semblable à celui du petit enfant qui, pour la première fois, entend parler de la faute d'Adam, qui vibre de tout son être navré de la chute à l'espérance des patriarches et des prophètes, et qui s'émerveille dans une gratitude éperdue devant la Crèche : « En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez, et ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux » (Matth. XVIII, 3).

Et si nous prenions les moyens, pendant ce saint temps de l'Avent, pour redevenir semblables aux petits enfants ?
De nombreux parents ou éducateurs catholiques invitent leurs enfants à préparer Noël par des efforts spirituels et des sacrifices, et il arrive qu'ils sont symbolisés par la progression des moutons vers la crèche : chaque enfant a « son mouton » et, au moment de la prière du soir, il a le droit d'avancer ce santon qui le représente proportionnellement aux efforts et sacrifices consentis dans la journée...
Mais pourquoi cela serait-il réservé aux enfants ?

Vous, membres de la Confrérie Royale, auxquels Notre-Seigneur fait l'obligation de vous convertir pour devenir comme les petits enfants si vous voulez vraiment entrer dans le Royaume des Cieux, pourquoi, à l'occasion de cette préparation spirituelle à Noël, ne reprendriez-vous pas à votre compte cette tradition qui n'est naïve qu'en apparence ?
Si vous ne voulez pas ou ne pouvez pas avoir un santon-mouton à faire avancer vers la crèche, vous pouvez toujours néanmoins trouver quelque autre symbole concret (ne serait-ce qu'un que de petites croix cochées sur un calepin ad hoc) pour matérialiser votre progression vers « le Roi qui vient ».
Ce qui importe, ce qui compte, c'est qu'il n'y ait pas un seul jour de cet avent 2016 où vous ne fassiez un effort, où vous n'ayez la générosité d'au moins un sacrifice.
Car il est absolument illusoire et vain de vouloir s'approcher du Christ Sauveur sans efforts et sans sacrifices !

Ce qui est vrai pour la vie chrétienne authentique, l'est tout autant pour la cause royale : la restauration du Roi légitime sur le Trône de France ne se fera pas sans les sacrifices, généreux et nombreux, de ceux qui ne se contentent pas de « souhaiter » une vraie monarchie chrétienne, mais qui ont le désir d'un engagement concret pour que la France revienne dans les voies de la fidélité à Dieu et à son lieu-tenant en terre, le Roi Très Chrétien.
Pas un seul jour de cet avent où je ne doive offrir à Dieu au moins un sacrifice, en plus de mon devoir d'état et de mes obligations ordinaires, pour Monseigneur le Prince Louis de Bourbon et pour la France : un vrai sacrifice - c'est-à-dire un sacrifice qui coûte, un sacrifice qui mortifie ma nature toujours prompte à se ménager – généreusement présenté au Roi du Ciel, pour que le Roi de la terre reçoive toutes les grâces qui lui sont nécessaires en vue du rétablissement de l'Alliance qui fut scellée dans les fonts baptismaux de Reims en la nuit de Noël 496, et pour qu'en cette France où le péché abonde la grâce de Dieu surabonde.

Faites donc avancer vos petits moutons vers la crèche du Sauveur en leur donnant pour cela chaque jour - et même plusieurs fois par jour - de vrais efforts généreux, de vrais sacrifices, afin que le Prince que nous servons soit un Roi selon le cœur de Dieu, comme jadis le fut David, comparaison que nous pouvons nous autoriser puisque le pape Grégoire IX a déclaré que le Royaume de France était la tribu de Juda du Nouveau Testament.
Et qu'advienne sur nous et sur la France ce que le Très-Haut prophétisait par Ezéchiel : « Je sauverai Mon troupeau, et il ne sera plus en proie (…) Et Moi, le Seigneur, Je serai leur Dieu, et Mon serviteur David sera prince au milieu d'eux (…). Et Je ferai avec eux une alliance de paix (…). Et ils seront dans leur terre sans crainte ; et ils sauront que Je suis le Seigneur lorsque J'aurai brisé les chaînes de leur joug, et que Je les aurai arrachés de la main de ceux qui les tenaient sous leur empire. Et ils ne seront plus en proie aux nations, et les bêtes de la terre ne les dévoreront pas ; mais ils habiteront avec confiance sans aucune crainte. Et Je leur susciterai un germe renommé, ils ne seront plus détruits par la famine sur la terre, et ils ne porteront plus l'opprobre des nations. Et ils sauront que Moi, le Seigneur leur Dieu, Je suis avec eux, et qu'eux-mêmes sont Mon peuple (…). Mais vous, Mes troupeaux, les troupeaux de Mon pâturage, vous êtes des hommes, et Moi, Je suis le Seigneur votre Dieu, dit le Seigneur Dieu » (Ezech. XXXIV, 22... 31).

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

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