Chronique

Les quatorze chats du cardinal de Richelieu ...
Place à notre chroniqueur Lully...

Félines et impertinentes réflexions aux premiers jours de janvier 2016.

Vendredi soir 8 janvier 2016,
Troisième jour dans l’octave de l’Epiphanie.


L’année nouvelle a tout juste une semaine, et j’ai déjà plein de réflexions qui trottent dans ma petite tête de chat.
Je dois dire au passage que, aux premières heures du jour de l’an, tandis que je me livrais à l’inspection matinale quotidienne de mes terres, j’ai été blessé en raison de l’agression d’un chat sauvage qui rôde dans le hameau à la faveur de la pénombre. Ma convalescence – avec de longues heures d’immobilité – me laisse donc beaucoup de temps pour m’adonner à la réflexion et à la méditation.
Je veux partager quelques unes de ces réflexions avec vous, et – tout de go – commencer par vous livrer cette citation de Gustave Thibon car on ne peut trouver de meilleure introduction à la suite de mes propos :

« Toutes les époques ont leurs lacunes et leurs erreurs. Si l’on me demandait quel est le défaut majeur de la nôtre, je répondrais sans hésitation que c’est la confusion et le renversement des valeurs » (in« L’équilibre et l’harmonie »).

Lully convalescent
Le Maître-Chat Lully en convalescence

Commençons par une note ironique, cela ne fait pas de mal…
Ce 8 janvier, les médias ont fait leurs choux-gras du vingtième anniversaire de la mort de l’ancien président de la république François Mitterrand.
Frère Maximilien-Marie m’a amusé en me racontant la devinette que lui avait posée à l’époque l’un de ses élèves :
– Frère, savez-vous pourquoi on a enterré François Mitterrand à Jarnac ?
– … ?
– Parce qu’on n’a pas trouvé de village nommé « Jroultoulmondedanlafarine »!

Félix le chat riant

Charlie.
La religion officielle – et obligatoire – de ce quinquennat semble se résumer dans cette profession de foi : « je suis Charlie ».
Du coup le pseudo anticonformisme de cette publication ordurière devient un conformisme auquel tous doivent sacrifier.
Felix le Chat perplexe

Je ne peux m’empêcher d’admirer la cohérence de nos contemporains, qui reprennent en choeur – comme des Coréens du nord – la devise du Grand Orient et vont se livrer à des rites véritablement cultuels au pied de la statue de la gueuse : bougies, incantations, minutes de silence quasi religieuses, cantiques laïcs célébrant« Marianne » promue déesse de la liberté, de l’égalité et de la fraternité… etc., avec la conscience grave de poser des gestes forts contre le terrorrisme.
Quand je parle de cohérence, c’est bien sûr par antiphrase : cette république, prétendue incarnation de la liberté d’expression, de la fraternité universelle et du« vivre ensemble », rappelez-moi comment elle s’est imposée à la France ? N’est-ce pas au prix de massacres indescriptibles, de la guillotine et de la « Terreur » ?
Félix le Chat 100 pas

Suffit-il qu’une bouddhiste, un israélite, un mahométan et un chrétien affirment croire en Dieu puis répètent : « Je crois en l’amour », pour qu’on doive en conclure que tous les croyants du monde – quelle que soit l’entité en laquelle ils croient – sont dans une quête de Dieu égale et semblable, nécessairement constructive et porteuse d’espérance ?
Evidemment non !
Sauf dans les rêves enfumés de vintages baba-cools aux cerveaux lobotomisés par les effets des substances « euphorisantes » qu’ils ont consommées pendant ces longues nuits où tout le monde « fait l’amour » avec tout le monde !

baba cool

Petites litanies pour les temps où les fumées de Satan ont envahi le sanctuaire :

De la contagion de l’erreur, délivrez-nous Seigneur !
Des doctrines perverses, délivrez-nous Seigneur !
De la démangeaison d’entendre des nouveautés, délivrez-nous Seigneur !
De la prolifération des hérésies, délivrez-nous Seigneur !
De la fausse théologie, délivrez-nous Seigneur !
De la peste moderniste, délivrez-nous Seigneur !
De l’apostasie cléricale, délivrez-nous Seigneur !
Du subjectivisme des prêtres, délivrez-nous Seigneur !
De la « créativité » sacerdotale, délivrez-nous Seigneur !
De la perfidie épiscopale, délivrez-nous Seigneur !
Du relativisme pontifical, délivrez-nous Seigneur !
Des hérésiarques mitrés, délivrez-nous Seigneur !
De « l’esprit du concile », délivrez-nous Seigneur !
et puis aussi :
De la liturgie bugninienne, délivrez-nous Seigneur !
Felix le Chat perplexe

Avec Frère Maximilien-Marie, nous aimons bien lire, quand nous en avons l’occasion, les bulletins de « L’Ami de la Religion et du Roi » publiés à l’époque de la Restauration.
Le « meuste », c’est lorsque nous découvrons les chroniques et les nouvelles – politiques ou religieuses – exactement au jour anniversaire des événements qu’elles rapportent.
Ainsi, le 6 janvier, avons-nous eu le bonheur de découvrir le compte-rendu suivant, relatant la célébration de la fête de l’Epiphanie, à Troyes le 6 janvier 1816, il y a exactement deux-cents ans :

ARR 17 janvier 1816

Il est vrai que l’évêque de Troyes en question était alors Son ExcellenceMonseigneur Etienne-Antoine de Boulogne qui, quoique d’abord fervent thuriféraire de Napoléon, pour avoir ensuite soutenu la cause du pape Pie VII, s’était vu suspendu, enfermé au secret dans le donjon de Vincennes, puis exilé par l’usurpateur.
Rétabli à la tête de son diocèse au retour du pouvoir légitime, c’est lui qui, par la volonté expresse de Sa Majesté le Roi Louis XVIII, prononça l’oraison funèbre du Roi-martyr, le 21 janvier 1815 à la basilique de Saint-Denis lors des funérailles solennelles de Louis XVI et de Marie-Antoinette (cf. ici).
Monseigneur de Boulogne avait aussi publié une « Instruction pastorale sur l’amour et la fidélité que doivent les Français au Roy » .
Et là je n’ai pas pu m’empêcher de penser que si Dieu nous faisait bientôt la grâce d’une véritable restauration royale, il faudrait que celle-ci soit accompagnée d’une profonde conversion des évêques et du clergé de France, sans quoi ils seraient du nombre des plus farouches adversaires d’une authentique royauté chrétienne…

Scapulaire Sacré-Coeur

Frère Maximilien-Marie m’a autorisé à recopier ci-dessous les résolutions pour l’année 2016 qu’il a publiées sur sa page Facebook et que je fais aussi miennes :

Prolégomènes : 
Ne vont être énoncées ci-dessous que des résolutions « publiques » et uniquement des résolutions publiques. Les résolutions qui concernent le for interne n’appartiennent qu’à moi et, bien évidemment, au Grand Patron qui règne dans les Cieux et au service duquel, vaille que vaille, je m’efforce de rester fidèle malgré mes imperfections et ma faiblesse.
1ère résolution :
Toujours plus de zèle pour témoigner de la Vérité catholique et pour la défendre.
2ème résolution (corollaire de la première) :
Appeler un chat un chat… et fripon qui mérite de l’être lorsqu’il se rend coupable de trahison de la Vérité.
3ème résolution :
Toujours plus d’ardeur royaliste monarchiste et légitimiste.
4ème résolution (corollaire de la troisième) :
Sus à la révolution ! Sus à l’esprit des « lumières » !
Sus aux mensonges républicains ! … etc.
5ème résolution :
Faire ce que l’on doit faire avec un « max » de sérieux mais sans « se prendre soi-même au sérieux ».
6ème résolution (corollaire de la cinquième) :
Du second degré, un « max » de second degré… et même un « Frère Max » de second degré.
7ème résolution (corollaire des six précédentes) :
Ben en fait, tout ça, ça veut dire que je continue comme avant mais en essayant de passer à l’échelon au-dessus…
Péroraison :
Je vais donc être encore plus insupportable à certains, encore plus « poil à gratter »pour beaucoup, encore plus politiquement incorrect, encore plus religieusement casse-pieds…

Felix le Chat enthousiaste

Et je termine, comme j’ai commencé, avec une citation de Gustave Thibon :

« Aux époques classiques, les institutions morales, politiques ou religieuses dépassaient et soutenaient les hommes qui les représentaient. 
La monarchie était plus que le roi, le sacerdoce plus que le prêtre, le mariage plus que les époux. 
Cela rendait possible parfois de mépriser un roi ou un pape sans que le principe de la monarchie ou de la puissance pontificale fût infirmé. Que l’on pense aux invectives d’une sainte comme Catherine de Sienne contre le clergé de son temps, et à un grand catholique comme Dante qui depuis l’enfer apostrophait le pape régnant ! 
Aujourd’hui, comme dans toutes les périodes de décadence, nous assistons au phénomène inverse : les institutions ne sont tolérées et aimées que dans l’individu. »
pattes de chatLully.

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