Anniversaire

9e centenaire de la mort
du bienheureux Robert d'Arbrissel
(1047-1116)
prédicateur apostolique
fondateur de l'Ordre de Fontevraud
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Résultat de recherche d'images pour "robert d'arbrissel"Au prieuré d’Orsan dans le Berry, en 1116, le trépas du bienheureux Robert d’Arbrissel, prêtre, qui prêcha dans les rues la conversion des mœurs et rassembla hommes et femmes dans le monastère double de Fontevrault, sous la direction d’une abbesse.
Martyrologe romain
D'après l'article sur Robert d'Arbrissel sur Internet.
Robert est né vers 1047 au village de La Bussardière, près d'Arbrissel. Son père était un prêtre du nom de Damalioch. Il suivit à Paris des enseignements théologiques, fut peut-être élève d'Anselme de Laon, et reçu docteur en théologie. Il soutint la réforme grégorienne, promue par saint Grégoire VII.
Son évêque, Sylvestre de la Guerche, rétabli sur son siège en 1089, l'appela auprès de lui pour le seconder dans son effort de moralisation du clergé breton et lui confèra les dignités d'archiprêtre et d'official, luttant notamment contre la simonie. Après avoir travaillé pendant quatre ans à l'extirpation de ces désordres, Robert se vit exposé, avec la mort de l'évêque en 1093, au ressentiment des ecclésiastiques qu'il avait humiliés. Marbode, successeur de La Guerche, le laissa partir pour Angers, où il enseigna la théologie et se lia avec Geoffroy, abbé de Vendôme.
Vers 1095, Robert d'Arbrissel fit siens les principes de pauvreté prônés par saint Grégoire VII et attirait les foules par de fougueuses prédications4. Cédant à son goût pour la vie solitaire, il partit vivre en ermite dans la forêt de Craon, en Anjou.
L'évêque d'Angers, Geoffroy de Mayenne, le reçut en audience avec Renaud Ier de Craon, fils de Robert le Bourguignon, seigneur de Craon, et ses fils, et leur concéda sept masures dans la forêt où les chanoines pourraient s'établir. Il fut bientôt entouré d'une foule d'anachorètes attirés par la renommée de ses vertus et la sainte austérité de sa vie. D'ermites, ils devinrent cénobites sous sa direction, et il leur donna la règle des chanoines réguliers récemment réformée et refondue par Yves de Chartres.
Sa réputation de sainteté se répandit et de nombreux clercs et laïcs le rejoignirent, ce qui conduisit à l’Abbaye de la Roë. Il les partagea en trois colonies, se chargea d'en gouverner une, et confia les autres à Vital de Savigny et Raoul de La Futaie. À Craon il rencontra également d'autres ermites de la région comme saint Alleaume ou Bernard de Tiron.
Le 11 février 1096, le bienheureux pape Urbain II, qui avait lancé un an auparavant la première croisade, était à Angers, accompagné de nombreux prélats, Hugues de Diearchevêque de LyonAmat d’Oloronarchevêque de BordeauxYves de Chartresévêque de Chartres, Hoël, évêque du Mans, et des plus nobles seigneurs de la région. Robert d'Arbrissel fut présent dans cette assemblée, et devant le pape à la consécration de l'église Saint-Nicolas de Craon. Urbain II apprécia tant ses sermons qu'il lui conféra le titre de prédicateur apostolique, avec la permission de prêcher per universum mundum. En 1100, Robert assista encore au concile de Poitiers en compagnie de Bernard de Tiron.
En 1096, il reçut du pape Urbain II en visite à Angers, une mission de prédication. Devenu prédicateur itinérant, Robert d'Arbrissel se vit bientôt suivi par une foule nombreuse, d'hommes et de femmes de différentes classes sociales. « Sa parole avait la suavité du miel, un charme divin sortait de ses lèvres et captivait les âmes ». Séduits, ses auditeurs se mirent à le suivre en grand nombre dans ses pérégrinations.
Il s'installa entre 1099 et 1101, avec l'aide de Pierre II, évêque de Poitiers, dans un vallon nommé Fons Ebraudi et y fonda avec ses disciples une maison mixte, rompant avec les règles du monachisme ordinaire. En période de réforme grégorienne, l'attitude de Robert lui attira les foudres de la hiérarchie religieuse : la cohabitation d'hommes et de femmes dans un même lieu passait mal. Le premier protecteur fut le seigneur de Montsoreau, dont le château était tout proche. Le rayonnement du fondateur y attira de nombreuses femmes nobles. Ermengarde d'Anjou est un des premiers membres de la famille comtale angevine à prendre l'abbaye en considération. Fille de Foulque le Réchin, elle fit ratifier par son frère, Foulque V, ses dons à l'abbaye de Fontevraud. Elle s'y retira vers 1112 et ne quitta l'abbaye qu'en 1118.
Il s'agissait d'un monastère double et non mixte, c'est-à-dire que Robert s'engageait à ce qu'à aucun moment il n'y ait de contact entre un moine et une moniale. Il répartit ses adeptes en quatre lieux distincts: le Grand-Moustier avec les contemplatives, des moniales de chœur, Sainte-Marie Madeleine avec des sœurs converses, des femmes ayant vécu dans le siècle, Saint-Jean-l'Habit pour les moines et Saint-Lazare pour les sœurs qui soigneront les lépreux qui seront, eux, hébergés à l'extérieur. La fondation rencontra un grand succès et atteindra très vite 300 moniales de chœur. Cependant, Robert, qui dirigeait l'ensemble sans prendre le titre d'abbé, continuait de fréquenter les différents lieux du monastère et notamment, s'entretenait en privé avec les femmes, « syneisaktisme » que lui reprocha dans sa lettre Geoffroy, abbé de la Trinité de Vendôme, vers 1106-1107.
Lorsqu'il crut que son établissement pouvait se passer de lui, il reprit ses prédications itinérantes, parcourut la France, exhortant les riches à la charité, les pauvres à l'humilité, les femmes à la continence, et les hommes à l'amour de Dieu. On le vit à ChartresToulouseRouenPoitiersBloisPérigueux,.... Il assista, en 1104, au concile de Beaugency, et prit place parmi les prélats. L'évêque de Poitiers fut si satisfait de sa doctrine et des lois qu'il donna à ses disciples, qu'il sollicita du Saint-Siège les bulles de confirmation ; en les délivrant, le pape Pascal II déclara qu'il prenait cet ordre sous sa protection spéciale.
En 1115, sentant sa fin proche, Robert d'Arbrissel fixa les statuts de Fontevraud avec les moniales. Il convoqua les évêques et les abbés afin de pouvoir faire nommer et reconnaître la nomination d'une abbesse à la tête de l'abbaye. La décision fut avalisée et la même année fut nommée une jeune femme d'origine noble, Pétronille de Chemillé. La même année, il fit donner à son ami Géraud de Salles, les terres pour fonder l'abbaye de Cadouin, en présence du duc d'Anjou Foulque V et de personnalités angevines et poitevines.
C'est au milieu de ses travaux apostoliques que Robert tomba malade ; obligé de s'arrêter au prieuré d'Orsan, au diocèse de Bourges dans le Berry, il y mourut le 25 février 1116, léguant son cœur à Orsan et son corps à Fontevraud. L'archevêque de Bourges, son clergé, la noblesse des environs et une foule de laïcs, accompagnèrent son corps jusqu'à l'abbaye de Fontevraud, où on lui fit des obsèques solennelles. Lui qui avant demandé à être inhumé dans la boue du cimetière commun fut enterré près du maître-autel de l'Église abbatiale de Fontevraud, qui devint un lieu de dévotion populaire. Le 20 octobre 1847, ses restes furent remis à la communauté des Dames fontevristes de Chemillé.
Gravure du xviiie siècle, évoquant le gisant disparu de Robert d'Arbrissel à l'abbaye de Fontevraud.
Il est rare qu'une congrégation religieuse se retienne d'honorer celui qui fut son fondateur. C'est pourtant ce que fit l'ordre de Fontevraud : après sa mort, sa mémoire fut maintenue dans un oubli intentionnel. Ses audaces dérangèrent et bloquèrent sa canonisation, même s’il est tout de même célébré avec le titre de «bienheureux» le 25 février.
En 1655Jeanne-Baptiste de Bourbon, abbesse de Fontevraud, fille légitimée d'Henri IV et de Charlotte des Essarts, comtesse de Romorantin, sœur naturelle de Louis XIII, dernière abbesse de la famille des Bourbon, fit placer les restes de Robert dans un superbe tombeau de marbre, sur lequel on lisait l'épitaphe qu'Hildebert, évêque du Mans, avait faite en son honneur, et dont voici quelques vers :
« Attrivit lorica laïus, silis arida fauces, Dura famés stomacbum, lumina cura vigil. Induisit raro requiem sibi, rarius eseam. Gultura pascebat graraiue, corda Deo. Legibus est subjecta carq dominas rationis ; Et sapor unus ei, sed sapor ille Deus. »
Blason de Fontevraud-l'AbbayeÀ partir de 1189, Fontevraud devint nécropole royale, abritant les sépultures d’Henri II, d’Aliénor d’Aquitaine et de Richard Cœur de Lion. En 7 siècles, 36 abbesses, souvent issues de la haute noblesse, et parfois de sang royal, se succèdent à la tête de l’Abbaye. Peu à peu, un relâchement de certaines règles se fait sentir, allant de pair avec une ouverture à la vie mondaine. Nous sommes loin de l’ascèse originelle quand, au XVIIème siècle, sous le « règne » de l’abbesse Gabrielle de Rochechouart, nommée par Louis XIV en personne, on y joue Esther de Racine !
En 1792, la dernière abbesse de Fontevraud fut chassée par la Révolution. Douze ans plus tard, l’Abbaye était transformée en maison centrale par décret de Buonaparte. Fontevraud, qui accueillait jusqu’à 2 000 prisonniers, était alors considéré comme l’une des plus dures prisons de France, jusqu’à sa fermeture en 1963 et son ouverture au public en 1975.
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Le majestueux domaine abbatial de Fontevraud.
Les fameuses cuisines...
L'abbatiale vue du cloître.

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