Règles liturgiques quadragésimales

Le temps de carême

Liturgie papale le Vendredi saint.


L'Office quadragésimal commence seulement aux Vêpres du samedi avant le premier dimanche de Carême. Le jeûne quadragésimal commence le mercredi précédent, où l'on fait la bénédiction et l'imposition des cendres.
Le mercredi des Cendres et les trois jours qui suivent, jusqu'aux Vêpres du samedi, on récite l'Office comme aux féries pendant l'année ; pourtant, l'oraison, ainsi que l'antienne du Magnificat et celle du Benedictus, sont spéciales, et l'on récite les Prières fériales. Ensuite commence le rit quadragésimal, qui se termine à l'Office du matin du Samedi Saint.
Le mercredi des Cendres ne peut arriver ni avant le 4 février, ni après le 10 mars [cette année le 10 février]. Les Quatre-Temps du printemps ont lieu la première semaine du Carême, c'est-à-dire celle qui commence par le premier dimanche.
Pendant le temps de carême, on n'orne pas l'église. Sur l'autel, il n'y a que le crucifix entre les chandeliers. Dans les grandes églises, les ministres sacrés remplissent leurs fonctions avec la planeta plicata (chasuble pliée), dans les petites églises, soit avec le même ornement, soit avec l'aube sans dalmatique. Le quatrième dimanche de carême seul admet l'usage de l'orgue, la couleur rose, une certaine décoration de l'église et le port de la dalmatique. On joue également de l'orgue et on décore l'autel pour la première communion des enfants, à la fête de saint Joseph (en mars) et aux solennités du même genre.
Aux messes fériales, après les postcommunions ordinaires, on récite une oraison spéciale. Le prêtre dit les mots Oremus, Humiliate capita vestra Deo mains jointes, tourné vers le missel ; ensuite il écarte les mains et continue l'oraison.
Depuis le samedi qui suit le mercredi des Cendres jusqu'au Samedi saint, en semaine, on récite au chœur les vêpres avant midi.

Règles particulières au temps du Carême 

I.   Règles spéciales à l'Office
Les quatre dimanches du Carême, et les dimanches de la Passion et des Rameaux, dont l'Office est du rit semi-double, sont tous des dimanches majeurs de première classe, et l'on ne peut célébrer aucune fête ces jours-là.
Le mercredi des Cendres et les féries de la Semaine Sainte sont des féries majeures privilégiées, et l'on n'omet jamais leur Office. Toutes les féries, depuis le jeudi après les Cendres jusqu'à la Semaine Sainte exclusivement, sont des féries majeures non privilégiées ; elles ne le cèdent qu'à une fête du rit semi-double ou au-dessus, et l'on en fait toujours mémoire. À l'Office de la férie, on dit les Prières fériales.
Le jeudi après le troisième dimanche de Carême, on fait mention des SS. Côme et Damien dans l'oraison, à cause de la station. Les samedis du Carême, à partir de celui qui suit le mercredi des Cendres, on récite l'Angélus debout à midi, parce qu'on dit les Vêpres le matin (S.C. Ind., 20 v 1896).
Toute octave doit cesser le mercredi des Cendres ; et si ce jour était le jour octave, le mardi, à Vêpres, on ferait l'Office ou la mémoire du 7e jour dans l'octave.

II.  Règles concernant la Messe
À la Messe du Temps, même le dimanche, on ne dit pas Gloria in excelsis ; à la fin, on dit Benedicamus Domino.
Chaque férie a une Messe propre. On dit un trait les lundis, mercredis, et vendredis : ce trait est Domine non secundum, etc., excepté le mercredi des Quatre-Temps et le mercredi de la Semaine Sainte ; au verset Adjuva nos, le Prêtre fléchit le genou droit ; après la postcommunion et les mémoires, le Prêtre dit l'oraison super populum.
Les dimanches et aux féries du Carême, jusqu'au dimanche de la Passion exclusivement :
a) les oraisons du Temps sont la deuxième A cunctis, et la troisième Omnipotens sempiterne Deus, pour tous les fidèles vivants et morts ;
b) à toutes les Messes qui n'ont pas de préface propre, on dit la préface du Carême.
Le 6 mars on célèbre la fête des saintes Perpétue et Félicité, Martyres, du rit double ; l'antienne du Magnificat et du Benedictus est Istarum est enim.
Le 24 mars, on fait désormais la fête de saint Gabriel, Archange, sous le rit double majeur.

III.  Règles spéciales concernant les Messes et Offices chantés
Les règles données pour le temps de l'Avent s'appliquent aussi à celui du Carême ; aux Offices du Temps, on emploie la couleur violette et les chasubles pliées, on ne met à l'autel ni fleurs ni reliquaires, et on ne joue pas de l'orgue.
Aux Messes de la férie, le Clergé se tient à genoux suivant les règles. Le lundi, le mercredi et le vendredi, excepté le mercredi des Quatre-Temps et le mercredi de la Semaine Sainte, il se met à genoux pendant le verset Adjuva nos du trait, et l'on se conforme à ce qui est indiqué pour le mercredi des Cendres.
On applique au quatrième dimanche du Carême, appelé Lætare, ce qui a été dit pour le troisième dimanche de l'Avent ; mais, pour le Carême, il s'agit seulement du dimanche, et non des féries de la même semaine.
On ne peut pas chanter une Messe votive pro re gravi les quatre dimanches du Carême, le dimanche de la Passion, ni le dimanche des Rameaux. Tous ces dimanches, sans exception, on peut chanter la Messe de Requiem des funérailles.
Depuis le samedi qui suit le mercredi des Cendres inclusivement jusqu'à Pâques, pendant la semaine, mais non les dimanches, les Vêpres, au chœur, se disent avant le repas, après None et la Messe fériale ; il n'est pas permis de les célébrer l'après-midi, même dans les églises où l'obligation de l'Office canonial n'existe pas.
Dans la récitation privée, on n'est pas obligé de dire les Vêpres avant midi ; pourtant, il vaut mieux se conformer à cette règle. Pourquoi anticiper ainsi la récitation des Vêpres ? De Herdt (t. III, n. 15, 8e édit.) s'exprime ainsi à ce sujet : « Quia jejunium olim, in quadragesima, hora coenæ post vesperas tantum solvebatur ; et licet hora comestionis nunc anticipetur ad meridiem, usus tamen vesperas dicendi ante comestionem retentus est ; diebus autem dominicis dicuntur post meridiem, quia in illis non jejunatur ».
a) À la fin de la Messe, le Célébrant étant de retour à la sacristie avec tous ses Ministres, l'Officiant des Vêpres se rend au chœur avec les Acolytes et les Chapiers. On enlève de l'autel le Missel et les Canons.
b) Si le Clergé n'est pas suffisamment nombreux, le Célébrant, au lieu d'aller à la sacristie, se rend à la banquette, où il quitte la chasuble, l'étole et le manipule, et reçoit, pour les Vêpres, la chape sur l'aube ; alors, le Diacre et le Sous-Diacre se retirent, et les Chapiers se présentent.
c) Lorsqu'on chante l'hymne Vexilla Regis, tout le monde se met à genoux pendant la strophe O Crux ave.
Pendant le Carême, les Vêpres des fêtes solennelles qu'on célèbre un autre jour que le dimanche, ont lieu avec moins de solennité et moins de Chapiers qu'elles n'en auraient hors du Carême.

Des fêtes de saint Joseph et de l'Annonciation
° Fête de saint Joseph.
La fête de saint Joseph se célèbre le 19 mars [cette année un samedi] ; elle est rangée parmi les fêtes les plus solennelles. On ne peut pas chanter en ce jour une Messe votive pro re gravi, ni une Messe de Requiem des funérailles, même le corps présent, et alors même que le précepte d'entendre la Messe serait supprimé.
Si le 19 mars coïncide avec un dimanche de Carême ou avec le dimanche de la Passion, la fête de saint Joseph est renvoyée au lendemain.
Si le 19 mars arrive le dimanche des Rameaux ou l'un des jours de la Semaine Sainte, la fête de saint Joseph est transférée au premier jour libre de toute fête de 1re ou de 2e classe qui suit le dimanche octave de Pâques. Une fête double majeure, double ou semi-double occurrente serait commémorée, sans 9e leçon, à Laudes et aux Messes basses ; une fête simple serait omise.
Le premier jour libre ne sera jamais le lundi de Quasimodo, la fête de l'Annonciation ayant toujours, en ce cas, la préférence sur celle de saint Joseph.
2° Fête de l'Annonciation.
La fête de l'Annonciation de la Sainte Vierge, du rit double de première classe, se célèbre le 25 mars. C'est une des fêtes les plus solennelles ; elle exclut toute Messe votive pro re gravi, et toute Messe de Requiem des funérailles, même le corps présent : le précepte d'entendre la Messe étant supprimé.
Si le 25 mars tombe un dimanche du Carême ou le dimanche de la Passion, l'Annonciation est renvoyée au lendemain.
Si le 25 mars arrive le dimanche des Rameaux, ou l'un des jours de la Semaine Sainte [cette année le Vendredi saint], ou pendant l'octave de Pâques, l'Annonciation est transférée au premier jour libre de toute fête de 1re ou de 2e classe après le dimanche Quasimodo (dans ce cas, l'obligation, qui incombe aux Évêques et aux Curés, de célébrer la Messe pro populo, demeure attachée au 25 mars). Une fête double majeure, double ou semi-double occurrente serait simplifiée, et commémorée seulement à Laudes et aux Messes basses.
Lorsque la fête de l'Annonciation et celle de saint Joseph doivent être reportées après l'octave de Pâques, la fête de l'Annonciation a, dans la translation, la préférence sur celle de saint Joseph.

À la Messe de l'Annonciation, lorsqu'on chante Et incarnatus est, le Célébrant, ses Ministres, et tous les membres du Clergé se mettent à genoux, et inclinent profondément la tête jusqu'à Et Homo factus est inclusivement. Si cette fête est transférée, on observe la même chose au jour de la translation seulement.

LES CHASUBLES PLIÉES 

Afficher l'image d'origineHistoire 
Le symbolisme de la dalmatique et de la tunique — l’innocence et la joie — leur vient de celui que l’Église attribue à la couleur blanche qui, longtemps, fut obligatoirement la leur. « Que le Seigneur, dit l’évêque au diacre en lui imposant la dalmatique, vous revête de l’habit de la félicité et de la robe de la joie et qu'il vous environne toujours de la dalmatique de la justice ». Vêtements de joie, la dalmatique diaconale et la tunique sous-diaconale n’apparaissent qu’aux fonctions et aux bénédictions solennelles. Un vestige de l’antique l’usage de revêtir de la chasuble les ministres de l’autel nous est resté, aux jours de pénitence, lorsque le Diacre et le Sous-Diacre ne peuvent porter la dalmatique et la tunique. Ils se revêtent alors de la chasuble pliée (planeta plicata), qui est une chasuble ordinaire dont la partie antérieure a été relevée, pliée ou roulée jusqu’à la ceinture et qu’on fixe ainsi par des pinces d’acier. Le Sous-Diacre le retire pour remplir son office principal, c’est-à-dire pour chanter l’épître ; puis il la remet. Le diacre la quitte avant de recevoir l’évangéliaire et ne la remet que son office terminé, c’est-à-dire après la communion. L’étole large ou stolon (stola lata) est une étole diaconale, que le Diacre porte sur l’épaule gauche et qui s’attache sous le bras droit par un simple ruban. Elle représente une chasuble roulée, portée en bandoulière, à la manière de certains militaires ou agents de police, qui roulent ainsi leur pèlerine ou manteau de pluie pour n’en être pas embarrassés. Pour entrer en fonction, c’est-à-dire avant de chanter l’évangile, le Diacre roulait sa chasuble et l’ajustait autour du corps pour avoir les mouvements plus libres et pour souligner son état de serviteur du Célébrant. Aujourd’hui [1952], quand le Prêtre commence la lecture privée de l’évangile, le Diacre se rend à la crédence et, aide par le 1er acolyte, il quitte la chasuble pliée et met, sans la baiser, l’étole large sur l’épaule gauche, par dessus son étole (Rub. gen. Miss., tit. XVII, n. 5). Il reçoit ensuite l’évangéliaire et le porte à l’autel pour demander la benediction du Célébrant. Après la communion, il retourne à la crédence pour quitter l’étole large, aidé par le 1er acolyte, et il reprend la chasuble pliée (ibid). Son office est terminé. 

Depuis les réformes bugniniennes
La réforme de la Semaine sainte (1951/1956) impose la dalmatique et la tunique aux diacre et sousdiacre aux jours où ils portaient jusqu’alors la chasuble pliée. Ensuite, les Nouvelles Rubriques de 1960 remarquent (n. 137, tout à la fin des Rubriques générales) que « Les chasubles pliées et la grande étole ne sont plus employées désormais ». L’usage des chasubles pliées et de l’étole large n’a jamais été obligatoire, surtout dans les petites églises : diacre et sous-diacre restaient en aube et manipule (et l’étole pour le diacre) si l’église ne possédait pas de chasubles pliées. Les missels d’après 1969 permettent au diacre de se passer de la dalmatique « pour un degré moindre de solennité » (IGMR 1969/1975, n. 81b ; 2000/2002, n. 119b), ce qui serait fort convenable aux messes du temps de l’Avent et de Carême, excepté les dimanches de Gaudete et Lætare.  

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