Pâques fleuries

Abbé Migne : Dictionnaire de Liturgie ; Paris, 1863.
Pâques fleuries

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C'est le nom que porte le sixième dimanche de Carême, qui est le premier jour de la Semaine sainte ou majeure. Il le prend de la Bénédiction et de la Procession des Rameaux, qui précèdent la Messe. Ce Dimanche s'appelait, très-anciennement : Dominica competentium, le Dimanche des compétents, parce qu'en ce jour les catéchumènes allaient tous ensemble demander, competere, le Baptême, que l'évêque administrait le samedi suivant. Comme, en ce même Dimanche, on lavait la tête de ces catéchumènes, plusieurs Sacramentaires lui donnent le nom de : Dominica in capitilavio. En Orient, les empereurs accordaient, ce jour-là, des rémissions de peines ; de là le nom de : Dimanche des indulgences. En certains diocèses on le nomme encore : Pâque fleurie, soit à cause de la verdure et des fleurs dont on jonchait les rues que la Procession parcourait, soit de la pratique de Foulques d'Anjou qui portait chaque année la rose d'or que le Pape Urbain II lui avait donnée (1096). La Procession qui s'y fait avant la Messe est de la plus haute antiquité en Orient. On croit qu'elle a pris naissance dans la Palestine, d'où elle s'est répandue bientôt dans toutes ces contrées. Dès ces temps reculés on l'appelait : Procession des palmes. C'est vers le sixième ou le septième siècle qu'elle est passée dans l'Église Latine. Toutefois elle s'est faite antérieurement à cette époque dans l'Église de Rome, d'où, ensuite, elle s'est transmise aux autres Églises.
Cette Procession est précédée de la Bénédiction solennelle des Rameaux. Ce sont des branches d'un arbre quelconque. On préfère cependant celles du palmier et de l'olivier, dans les régions qui les produisent, parce que cela est plus conforme au texte historique. Dans les pays où ces arbres ne viennent pas, on emploie des branches ou rameaux de buis, de laurier, de petit-houx, etc. Cette Bénédiction se fait avec un cérémonial tout particulier. C'est une de ces Messes qu'on appelait sèches, parce qu'il n'y avait ni Oblation, ni Consécration, ni Communion. On se convaincra facilement que cette Bénédiction retrace exactement l'Ordre de la Messe, si l'on en excepte ce que nous venons de dire. Le célébrant arrive à l'autel, en chape violette, pendant que le Chœur chante l'Antienne Hosanna filio David... qui en est l'Introït. Il chante ensuite Dominus vobiscum et une Oraison. Le sous-diacre va réciter une Leçon, sur le ton de l'Épître, puis on chante un Répons qui tient lieu de Graduel. Le diacre va chanter l'Évangile, avec tout le cérémonial qui est usité dans la Messe solennelle. Le prêtre après l'Évangile, dit : Dominus vobiscum, et fait la Bénédiction des Rameaux, par une Oraison ; il chante ensuite une Préface propre, qui est suivie du Sanctus, puis après avoir dit : Dominus vobiscum, le célébrant chante cinq Oraisons dont les trois premières sont beaucoup plus longues que les Oraisons ordinaires des Messes ; puis enfin il asperge d'eau bénite les rameaux et les encense. Il dit un quatrième Dominus vobiscum et une dernière Oraison. C'est ainsi que se fait cette Bénédiction dans le Rit romain, et même plusieurs diocèses qui l'ont abandonné ont néanmoins voulu conserver ce cérémonial, du moins en partie. Le Rit de Paris n'a rien qui approche de cette solennité. La Bénédiction des Rameaux s'y borne à deux longues Oraisons que le célébrant récite à l'autel. Il est vrai que, selon ce Rit, on chante, à la station de la Procession, l'Évangile du Rit de Rome pour la Bénédiction, et que dans celui-ci la Procession n'a point d'Évangile. […]
Après leur Bénédiction et la cérémonie de la Procession, ces Rameaux sont conservés dans les maisons chrétiennes comme des objets sanctifiés par les Bénédictions de l'Église. En plusieurs diocèses, la Rubrique prescrit d'user, pour la touchante cérémonie du premier jour de la sainte quarantaine, des cendres provenant de ces Rameaux brûlés.
La Procession des Rameaux est une représentation commémorative de l'entrée triomphante de Jésus-Christ dans la ville de Jérusalem. C'est le seul de ces drames sacrés dont le peuple était si édifié en plusieurs fêtes, qui se soit maintenu jusqu'à nos jours. Les Répons et les Antiennes qu'on y chante diffèrent selon les Rites, mais l'esprit en est absolument le même. La Procession arrivée devant la croix de la station, on chante l'Évangile selon saint Matthieu qui raconte l'événement de cette glorieuse entrée. On adore ensuite la croix, puis le clergé et le peuple jettent à ses pieds quelques parcelles de rameaux que l'on tient dans les mains, souvenir des branches dont les Juifs avaient tapissé le chemin du triomphe de Notre-Seigneur. La Procession retourne à l'église. En France avant nos troubles révolutionnaires, cette Procession se faisait au dehors des villes murées, et c'était à une porte fermée de la ville qu'avait lieu le cérémonial qui se fait aujourd'hui à celle de l'église, ou même à la porte du chœur, lorsque le temps n'est pas favorable pour sortir. La représentation était bien plus expressive et s'accordait bien plus parfaitement avec les paroles que dit le célébrant : Attollite portas, principes, vestras, elevamini portæ, etc. « Princes, ouvrez vos portes, portes, soyez exhaussées ». Ces paroles ont rapport à la translation de l'Arche sainte d'Obédédom à Sion. Pour comprendre leur vrai sens littéral, il faut se rappeler que ces portes de Jérusalem étaient faites comme celles des villes fortes, en forme de herse s'abaissant ou se relevant d'une manière perpendiculaire.
C'est en ce moment que se chante l'Hymne : Gloria, laus et honor, etc. On dit qu'elle est de Théodulphe, évêque d'Orléans, connu d'ailleurs par d'autres poésies. Ce prélat, accusé d'avoir pris part à une conjuration contre Louis le Débonnaire, fut mis en prison à Angers. Au moment où cet empereur, accompagnant la Procession des Rameaux, passa sous les fenêtres de la prison, Théodulphe entonna cette Hymne, qui plut si fort à Louis, qu'il ordonna de mettre l'évêque en liberté, et lui restitua en même temps son siège. Depuis ce temps on a chanté l'Hymne à la Procession des Rameaux.
Si le célébrant est évêque, il frappe la porte avec la crosse, s'il est prêtre, avec le bâton de la croix.
Selon le Rit romain, c'est le sous-diacre qui frappe la porte avec le bâton de la croix. On y a attaché des significations mystiques, et l'on dit que c'est pour exprimer la vertu du sacrifice de la croix par lequel la porte du ciel a été ouverte.
Après une triple percussion, accompagnée des paroles que l'on connaît, et auxquelles répond une partie du clergé qui est dans la ville ou dans l'église, la porte s'ouvre, et l'on entre en chantant une Antienne qui rappelle l'entrée du divin Sauveur. Là se termine la commémoration de l'entrée de Notre-Seigneur à Jérusalem. La joie sainte qu'elle a inspirée fait place au deuil qui doit régner pendant la semaine Majeure.
La Passion.
Aussitôt que la Messe est commencée, tout y retrace le souvenir de la Passion du divin Sauveur. Ce qui est, selon un pieux liturgiste, l'image du trop prompt et déplorable changement qui se fit dans le peuple juif, lorsque, en peu de temps, il passa de l'adoration à l'outrage. L'Évangile de cette Messe est, en effet l'histoire de la Passion de Jésus-Christ. Tout l'Office est du reste, empreint de cette pensée, et n'est qu'une allusion continuelle au Sacrifice de la Croix. Aux Messes basses, le prêtre lit, à la place de l'Évangile selon saint Jean de la fin de la Messe, celui qui est chanté à la Procession.
Il est d'un usage assez généralement répandu, surtout dans les grandes églises, que la Passion soit chantée à trois parties, dont l'une est faite par le célébrant, qui récite les paroles de Jésus-Christ ; la seconde par le diacre, remplissant le rôle d'historien, et la troisième par le sous-diacre, chargé de celui de la synagogue. Les Ordres romains ne parlent que de la lecture de la Passion. Le XVe de ces Ordres porte qu'aux paroles : Emisit spiritum, le clergé fléchit les genoux. Il paraît que l'usage de chanter la Passion à trois parties est d'une assez grande antiquité, du moins en France. Durand en parle dans son Rationale, quoique indirectement, en disant que les paroles de Notre-Seigneur sont chantées d'un ton plus doux que celles de l'historien, tandis que les paroles des Juifs impies le sont avec un ton de voix criard et en fausset, clamose et cum asperitate vocis. La lecture de la Passion n'est suivie ni de la salutation qui précède ordinairement l'Évangile, ni de la réponse : Gloria tibi, Domine, après l'énoncé du titre. On n'y encense ni le livre ni le diacre, et selon plusieurs Rubriques, on n'y porte point de luminaire. Quelques liturgistes en donnent diverses raisons mystiques ; l'auteur que nous avons cité dit que la Passion n'est point précédée du salut accoutumé au peuple : Dominus vobiscum, pour désigner qu'on déplore et qu'on déteste le salut de Judas dans le Jardin des Olives. La suppression de l'encens a lieu en signe de tristesse, ou pour signifier que le zèle brûlant des apôtres pour leur Maître s'éteignit dès qu'ils le virent au pouvoir de ses ennemis. L'absence du luminaire rappelle que la lumière du monde s'éclipsa pendant trois jours après l'agonie du Calvaire. Il faut cependant remarquer que, selon le XIe Ordre romain, qui remonte au douzième siècle, on marque, comme aux Évangiles ordinaires, le salut qui les précède, ainsi que : Gloria tibi Domine, en réponse au titre : Passio Domini Nostri, etc. ; il n'y est point fait mention d'encens ni de luminaire. Mais aujourd'hui on ne répond rien et la Passion y commence d'une manière absolue : absolute.
Variétés. Il est certain qu'au dimanche des Rameaux, on se servait en France d'ornements de couleur rouge. C'est ce qui résulte des paroles du XIIIe Ordre romain où il est dit que l'Église de Rome se sert d'ornements violets, quoique l'Église Gallicane use du rouge, licet Ecclesia gallicana rubris utatur vestibus. Aujourd'hui, selon le Rit de Paris, on se sert de parements noirs et rouges, ceux-ci en réminiscence de l'ancienne Rubrique qui n'admettait que cette dernière. La plupart des diocèses qui ont admis le Rit parisien prennent la couleur entièrement noire, sans mélange. En quelques-uns c'est noir et blanc, comme aux Offices des Morts, ce qui n'est pas du tout conforme à l'esprit de la Rubrique générale. Le deuil de la mort de Jésus-Christ doit s'exprimer autrement que celui du commun des hommes. Le Rit romain partout où il est adopté prend le violet. Quelques diocèses dont le Rit leur est particulier, quoique ayant beaucoup plus de rapport au parisien qu'au romain, prennent la couleur violette. […]
Beleth, liturgiste célèbre de l'Église de Paris, dans le douzième siècle, dit qu'à défaut de branches de palmier, il faut porter à la Procession des Rameaux de laurier ou de buis, parce que leur verdure perpétuelle est l'image des vertus. On peut aussi, dit-il, pour la même raison y porter des fleurs.
Le XVe Ordre romain dit qu'après la Bénédiction des palmes le cardinal-évêque qui officie donne au pape deux rameaux, tandis que lui, officiant, en reçoit un seul de la main du souverain pontife. Lorsque la Procession est sortie, le pape, se plaçant à une grande fenêtre qui regarde la place du palais, jette au peuple des branches de palmier, d'olivier et d'autres arbres. Quand c'est lui-même qui officie, il ne frappe pas la porte avec le bâton de la croix ni avec quoi que ce soit ; mais, après les paroles ordinaires, cette porte est ouverte par ceux qui étaient dans l'intérieur. Cet Ordre a subi des changements.
 Les Arméniens ont dans leur Liturgie une Procession au dimanche des Rameaux ; elle n'avait lieu que vers le soir, avant leur réunion à l'Église Romaine ; mais actuellement les Arméniens unis la font, comme nous, avant la Messe. On bénit d'abord les Rameaux, et cette Bénédiction, qui se fait par plusieurs prières, est suivie de la Procession : quand celle-ci retourne à l'église, un prêtre et un diacre y entrent et en ferment les portes. Ceux qui restent dehors chantent alors des Antiennes dont voici la traduction :
« Ouvrez-nous, Seigneur, ouvrez-nous la porte de vos miséricordes, à nous qui vous invoquons les larmes aux yeux ».
Ceux de l'intérieur répondent : « Qui sont ceux qui demandent que je leur ouvre ? Car c'est ici la porte du Seigneur par laquelle les justes entrent avec lui ».
Le célébrant : « Ce ne sont pas seulement les justes qui entrent, mais aussi les pécheurs qui se sont justifiés par la confession et la pénitence ».
Ceux de l'intérieur : « C'est la porte du ciel et la fin des peines promises à Jacob ; c'est le repos des justes et le refuge des pécheurs, le royaume de Jésus-Christ, la demeure des anges, l'assemblée des saints, un lieu d'asile, la maison de Dieu ».
Le célébrant et ses diacres, qui sont dehors, répondent : « Ce que vous dites est vrai, car la sainte Église est pour nous une mère sans tache ; nous renaissons en elle, enfants de lumière et de vérité. Elle est pour nous l'espérance de la vie, et nous trouvons en elle le salut de nos âmes ».
Puis la porte s'ouvre, la Procession rentre, et la cérémonie se termine par d'autres très-édifiantes prières. En ce même dimanche, le rideau qui couvrait le sanctuaire est tiré ; c'est pourquoi les Arméniens appellent ce jour : le Dimanche orné ou paré.
Une description de la Procession des Rameaux qui eut lieu en Russie, le 16 avril 1636, et donnée par Oléarius, témoin oculaire, doit trouver ici sa place : « Le grand-duc, après avoir assisté au service de l'Église Notre-Dame, sortit du château en bon ordre avec le patriarche (de Moscou). Un très-grand chariot marchait, traînant un arbre, auquel pendaient quantité de pommes, de figues et de raisins, sur lequel étaient assis quatre garçons avec des surplis, chantant le Hosanna ; il était suivi de plusieurs prêtres revêtus de surplis et de chasubles, portant des bannières, des croix et des images, sur de longues perches ; les uns chantant, les autres encensant le peuple. Ensuite marchaient les principaux gostes ou marchands, et après eux les diacres, commis, secrétaires, knés et boyards, tenant la plupart des palmes à la main, et précédant immédiatement le grand-duc, très-richement vêtu, ayant la couronne sur la tête, et conduit par les deux principaux conseillers d'État : il tenait lui-même par la bride le cheval couvert de drap et déguisé en âne, sur lequel le patriarche était monté. Le patriarche portait un bonnet de satin blanc bordé de perles, et par-dessus une très-riche couronne. Il avait à la main une croix de diamants avec laquelle il bénissait le peuple, qui recevait cette Bénédiction avec soumission, faisant incessamment le signe de la croix. Il était environné des métropolitains, des évêques et des prêtres ; les uns portant des livres, les autres des encensoirs. Il s'y trouvait près de cinquante jeunes garçons vêtus de rouge, qui ôtaient leurs casaques, et les jetaient sur les chemins ; d'autres étendaient des pièces de drap sur lesquelles passèrent le grand-duc et le patriarche. Le cortège entra ensuite dans l'Église, et y demeura quelque temps ».
En général, le Rit oriental a pour la Procession des Rameaux un cérémonial pareil à celui dont nous venons de donner la description. Le célébrant y assiste monté sur un âne. Cette vive représentation de ce qui se passa à Jérusalem, est pour ces peuples d'une grande édification, mais peut-être ne semblerait-elle pas assez grave dans nos contrées occidentales. En certains diocèses d'Espagne on portait, dans cette Procession, le Saint Sacrement, comme le jour de la Fête-Dieu, en sorte que ce n'était plus une simple image du roi de Sion plein de douceur, mais lui-même en réalité. S'il faut en croire certaines relations de voyages, cette coutume subsiste encore en quelques lieux. Il est certain que plus on descend vers les pays méridionaux, plus cette Procession s'y fait avec pompe.
Mérat et Martène prouvent par des Sacramentaires fort anciens que ce Dimanche était connu à Rome, avant le cinquième siècle, sous le nom de Dominica ad palmas ou in palmas. Le Sacramentaire gallican ne fait mention de l'entrée de Notre-Seigneur à Jérusalem que dans la contestation ou Préface de la Messe : « Il est juste et digne, ô Dieu puissant, que tout sexe et tout âge préconisent vos louanges en ce jour de triomphe, où les peuples vinrent de Béthanie et de Jérusalem au-devant de vous, en chantant : Hosanna, etc. ».
Macri, cité par Benoît XIV, raconte que chez les Maronites on porte, en ce jour, à l'église un arbre entier d'olivier. On en fait la Bénédiction, puis on l'adjuge à celui qui en offre une plus grande somme au titre d'aumône. Le possesseur de l'arbre y fait monter son fils ou tout autre enfant, et, avec l'aide de ses parents, il porte l'olivier pendant la Procession, au milieu des joyeuses acclamations de la foule. Lorsque la Procession est terminée, tout le monde fond sur l'arbre et chacun en coupe une branche pour satisfaire sa dévotion.

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Rubriques du Dimanche des Rameaux
de la Semaine Sainte traditionnelle

Précis de Liturgie sacrée par Mgr G. Kieffer, Professeur au Séminaire de Luxembourg, 1937.

I.  Règles générales.
1. On fait aujourd'hui la bénédiction des palmes. Il n'y a rien à changer aux oraisons de la bénédiction quand, au lieu de palmes, on bénit des rameaux d'olivier, de buis ou d'une autre essence. Quand le Saint Sacrement est exposé, on ne peut pas faire la bénédiction à l'autel de l'exposition ; on doit aussi omettre la procession [1].
2. Pour la bénédiction, le célébrant porte l'aube, l'étole violette et autant que possible aussi la chape, mais non le manipule, même quand il officie seul [2]. Après l'aspersion des fidèles, il monte à l'autel, baise celui-ci au milieu et se tient debout au côté de l'épître pendant toute la cérémonie [3]. Même pour le Munda cor, il ne va pas au milieu de l'autel, mais s'incline profondément, tout en restant au côté de l'épître, vers la croix d'autel. Il chante ou récite, mains jointes, les paroles de la bénédiction, la préface, etc. À Dominus vobiscum, il n'écarte pas les mains et ne se tourne pas vers le peuple. À Oremus, il s'incline comme au nom de Jésus vers la croix d'autel. Même à la bénédiction accompagnée de chant, il récite Hosanna, le graduel et le Sanctus. Au Sanctus, il s'incline et à Benedictus qui venit il fait le signe de la croix. Les cinq oraisons de la bénédiction se chantent sur le ton férial et se terminent (ainsi que l'oraison finale) par une chute de tierce. Pendant la distribution des rameaux, le célébrant a la tête découverte ; pendant la procession, il porte la barrette. Après Procedamus in pace, le célébrant s'incline devant la croix d'autel, descend les degrés, fait la génuflexion devant l'autel [4] et suit la procession. Au sommet de la croix que l'on porte à la procession, on fixe un rameau bénit. Le porte-croix ne frappe qu'une fois à l'extérieur de la porte [5].
3. À l'épître, aux mots "In nomine Jesu", etc., le célébrant de la messe basse fait la génuflexion et se relève aussitôt ; à la messe chantée avec ministres, le sous-diacre, l'évêque et tous les membres du chœur font la génuflexion et restent le genou à terre jusqu'à infernorum [6], y compris le célébrant qui ne fait pas la génuflexion quand il lit lui-même ce passage [7]. Aux messes privées et solennelles qui ne sont pas précédées de la bénédiction des rameaux, on lit à la fin l'évangile Cum appropinquaret.
N. B. Le dimanche des Rameaux, il est permis dans la plupart des diocèses aux prêtres bineurs d'omettre, en vertu d'un indult, la lecture de la Passion jusqu'à la partie finale à l'une des deux messes.
4. La Passion est récitée ou chantée, le dimanche des Rameaux et les deux autres fois suivantes, au côté de l'évangile. Il n'y a d'exception que pour le cas où la Passion est chantée par trois diacres ; le célébrant la lit alors au côté de l'épître, afin de pouvoir, la lecture terminée, se tourner avec les ministres vers ceux qui chantent la Passion sans tourner le dos à la croix d'autel. Les paroles de la foule, c'est-à-dire celles qui sont prononcées par plusieurs personnes à la fois, peuvent être chantées par la schola au lieu du diacre figurant la foule. À la grand'messe sans ministres, le célébrant lit la Passion jusqu'à la coupure de l'évangile.
Notes
1 C. R., n. 2621.
2 Mem. Rit., tit. II, § Ier, 2.
3 C. R., n. 1968. Sans excepter l'imposition de l'encens avant la procession et l'aspersion. C. R. n. 4198 ad 1.
4 Ibid.
5 Caer. Episc., II, 21, 9.
6 Caer. Episc., II, 21, 13 ; Rubr. gen. Miss., XVII, 1.
7 C. R., n. 4057 ad 6.            

II.  Pour la bénédiction sans ministres, on suit le Memoriale rituum : À la fin de l'évangile, le célébrant baise le texte et dit : Per evangelica dicta, etc. Ensuite il chante ou récite, mains jointes [8], les prières de la bénédiction. Après avoir encensé les rameaux et chanté l'oraison qui suit, il fait poser par le servant de messe un rameau au milieu de l'autel, prend le rameau en se tenant debout tourné vers la croix, le baise et le remet ensuite au servant qui le garde [9]. Puis il donne un rameau à chaque prêtre et à chaque clerc présent, ceux-ci le reçoivent à genoux sur le degré supérieur de l'autel. Ensuite le célébrant descend, fait la génuflexion devant l'autel et se rend à la table de communion pour distribuer les rameaux aux fidèles. Chaque fidèle reçoit son rameau à genoux et baise successivement le rameau et la main du prêtre. Le baisement de main n'est omis que par les prélats et par les femmes.
S'il y a un autre prêtre présent, c'est lui qui, comme à la bénédiction des cierges, remet le rameau au célébrant debout sur le palier ; s'ils sont plusieurs, ce rôle revient au plus digne. Le distributeur et le célébrant ne baisent que le rameau et non la main.
Après la distribution des rameaux, le prêtre se lave les mains au côté de l'épître et chante l'oraison finale. Il se porte alors au milieu de l'autel en tenant un rameau à la main droite et chante, tourné vers le peuple : Procedamus in pace. Puis il s'incline devant la croix d'autel et descend les degrés. Après avoir fait la génuflexion devant le degré inférieur [10], il prend sa barrette et suit la croix devant la grande porte de l'église ; là, il chante le Gloria, laus, etc., en alternant avec les chantres qui se tiennent derrière le portail (fermé).
N. B. 1. Quand la bénédiction des rameaux se fait sans chant, faute d'un chœur approprié, le célébrant récite au côté de l'épître (éventuellement avec les servants) avant la distribution des rameaux aux fidèles et après avoir pris son rameau sur l'autel [11], l'antienne Pueri Hebraeorum ; les servants répondent au Procedamus in pace qu'il prononce sur le palier et tourné vers le peuple. Le célébrant récite pendant la procession les antiennes Cum appropinquaret et Ingrediente (éventuellement avec le clergé). Pour la récitation alternée du Gloria, laus, etc., quelques clercs ou laïcs se tiennent à l'intérieur de l'église [12].
2. Quand la Passion est chantée par trois diacres en aube et étole transversale, le prêtre la lit au côté de l'épître et se tourne vers les diacres après les mots contra sepulcrum. Après avoir récite au milieu de l'autel le Munda cor meum il chante, à la manière de l'évangile, la dernière partie au côté de l'évangile. - S'il n'y a que deux diacres (figurant le chroniqueur et la synagogue), le célébrant chante lui-même au côté de l'évangile les paroles du Christ, puis, après Munda cor meum, la partie finale [13].
Notes
8 Mem. Rit., tit. III. Palm., § 1er, n. 10.
9 Loc. cit.. § 2, n. 2.
10 C. R., n. 4198 ad 2.
11 Mem. Rit., tit. III, § 2, n. 3.
12 Mem. Rit., loc. cit., § 3, n. 1 et 5.
13 Ibid., §4, n. 4.

III.  Le cérémonial avec ministres est décrit dans le missel. À l'épître et à l'évangile de la bénédiction des rameaux, le diacre et le sous-diacre se comportent comme à la grand'messe solennelle. Comme la rubrique ne parle que d'un prêtre pour remettre son rameau au célébrant, le diacre ne peut pas, même s'il a déjà reçu le sacerdoce, remplir cette fonction. Pendant la distribution des rameaux, le diacre se tient à gauche du célébrant pour lui tendre les rameaux ; le sous-diacre est à droite et relève le pan de la chape. À la procession, le sous-diacre porte la croix, le célébrant et le diacre portent chacun un rameau.
Pendant que les trois diacres, revêtus de l'étole transversale, chantent la Passion au côté de l'évangile, le célébrant la lit debout au côté de l'épître, sans s'agenouiller à emisit spiritum; arrivé au texte de l'évangile de la messe, il cesse la lecture et se tourne avec les ministres vers les diacres qui chantent la Passion. Le chant terminé, le sous-diacre porte le missel au côté de l'évangile, le célébrant récite le Munda cor au milieu de l'autel et lit ensuite au côté de l'évangile la fin de la Passion. Pendant ce temps, le diacre de la messe se prépare à chanter l'évangile, en échangeant la casula plicata contre l'étole large, puis il récite le Munda cor comme d'ordinaire. Le célébrant retourne au côté de l'épître et la fin de la Passion est chantée solennellement à la manière de l'évangile.
Le célébrant ne peut pas sans indult spécial chanter la Passion avec deux laïcs figurant le chroniqueur et la synagogue [14]. Quand une coutume très ancienne permet au prêtre, en l'absence de trois diacres spéciaux, de chanter la Passion avec les ministres de la messe, celui-ci fait porter le livre au côté de l'évangile. Le diacre et le sous-diacre se tiennent devant l'autel et ne portent pas pendant le chant de la Passion la planeta plicata, mais l'étole diaconale ordinaire (non l'étole large). Le célébrant chante la partie du Christ. À partir du texte servant d'évangile à la messe, on continue comme d'ordinaire : le célébrant récite le Munda cor au milieu de l'autel et lit l'évangile ; le diacre porte le livre à l'autel, etc. À la fin, le célébrant baise le livre et se fait encenser par le diacre.
 Note
14 C. R., n. 4013 ad 3.

IV.  À la cathédrale, c'est l'évêque qui procède à la bénédiction et à la distribution des rameaux.
1. Les ministres qui assistent l'évêque sont : le prêtre assistant, en chape violette, qui encense l'évêque et lui présente la cuiller, l'encensoir et l'aspersoir, éventuellement aussi le rameau ; deux diacres d'honneur, en casula plicata, qui mettent et retirent la mitre à l'évêque et vont, après la procession, déposer avec le prêtre assistant leurs ornements à la sacristie ; deux ministres de la messe, de même en casula plicata (mais sans manipule, de même que le célébrant), qui se tiennent debout devant la banquette en face de l'évêque et exercent à l'épître et à l'évangile de la bénédiction les mêmes fonctions qu'à la grand'messe avec ministres ; un cérémoniaire, qui se tient au côté gauche du trône, reçoit le rameau de l'évêque et le lui rend ensuite par l'intermédiaire du second diacre d'honneur, etc. ; un sous-cérémoniaire, qui accompagne les ministres de la messe, dirige la procession et s'occupe des rameaux du célébrant et des ministres de la messe ; un porte-livre et un porte-bougeoir, qui vont au trône chaque fois que l'évêque doit lire ou chanter quelque chose et de plus aident à la distribution des rameaux ; un porte-crosse et un porte-mitre ; un thuriféraire, qui se présente devant l'évêque, avec le clerc portant le bénitier, pendant la sixième oraison et qui, après avoir fait imposer l'encens une seconde fois, marche à la procession devant le porte-croix ; deux acolytes, qui se présentent avec leurs cierges devant l'évêque pour l'oraison finale et marchent, à la procession, de chaque côté de la croix ; enfin un deuxième sous-diacre, en casula plicata, avec la croix de procession.
2. L'évêque arrive au trône en aube, étole et chape, quitte la crosse et lit assis, mitre en tête, l'antienne Hosanna. Quand le chant du chœur est terminé, l'évêque quitte la mitre, se lève et chante la première oraison. À l'épître qui suit et à l'évangile, on procède comme à la grand'messe coram Episcopo solemniter assistente : l'évêque lit assis, mitre en tête, l'épître, le graduel, le Munda cor et l'évangile ; après avoir déposé la casula plicata, le sous-diacre chante l'épître à la manière ordinaire devant les degrés de l'autel, baise la main de l'évêque et reprend la casula plicata ; le diacre échange la casula plicata contre la grande étole, porte le livre des évangiles sur l'autel, baise la main de l'évêque, vient au trône avec les acolytes après le Munda cor, quand l'évêque a déjà imposé l'encens, et chante l'évangile. Pendant le chant de l'évangile, l'évêque est debout sans mitre, tenant la crosse des deux mains ; il baise ensuite le livre des évangiles que lui présente le sous-diacre et se fait encenser par le prêtre assistant. Diacre, sous-diacre, acolytes, thuriféraire et sous-cérémoniaire retournent à leurs places. Les ministres de la messe sont sans manipule jusqu'au commencement de la grand'messe. Le diacre revêt de nouveau la casula plicata.
3. Après le chant de l'évangile, l'évêque chante debout l'oraison qui suit, puis la préface, récite le Sanctus et, quand le chant du chœur est terminé, chante les cinq oraisons suivantes. Après quoi, il impose l'encens, asperge et encense les rameaux. Quand il a encore chanté l'oraison suivante, il s'assied, se fait donner la mitre et reçoit un rameau des mains de l'assistant le plus digne [15]. Ensuite on lui met le grémial et il commence la distribution des rameaux aux clercs présents au chœur. Ceux-ci s'approchent dans l'ordre de leur dignité et, en recevant le rameau, baisent d'abord celui-ci, puis la main du célébrant. Les chanoines en costume font seulement une profonde inclination, tandis que tous les autres font la génuflexion. Pour le reste, on procède comme à la bénédiction des cierges et des cendres.
4. Quand les rameaux sont distribués, l'évêque se lave les mains, quitte le grémial et la mitre et se lève pour l'oraison finale. Ensuite il impose l'encens, mitre en tête ; le sous-diacre s'avance avec la croix de procession au sommet de laquelle le sous-cérémoniaire a fixé un rameau bénit ; le premier diacre d'honneur chante Procedamus in pace, etc. ; tous ceux qui sont présents au chœur, à l'exception du porte-croix et des deux acolytes [16], font ensemble la génuflexion et la procession se rend dans l'ordre habituel devant la porte de l'église. Les membres de la procession portent leurs rameaux de la main extérieure ; l'évêque le porte de la main gauche et bénit de la main droite [17]. Pendant la procession, les clercs en costume restent découverts ; devant la porte de l'église, tous sont couverts de la barrette, à l'exception du thuriféraire, des acolytes, du porte-croix et des cérémoniaires. Au retour, quelques chantres pénètrent d'abord dans l'église, ferment la porte et chantent, tournés vers l'extérieur : Gloria, laus et honor, etc. À l'extérieur, le sous-diacre se tient contre le portail, regardant la porte, entre les acolytes ; les clercs sont rangés en cercle autour de lui ; au milieu du cercle se tient l'évêque avec ses assistants. Aussitôt que le sous-diacre a frappé à la porte avec la hampe de la croix, la porte s'ouvre et la procession retourne au chœur [18]. Revenus à leurs places, les membres du chœur déposent leurs rameaux pour les reprendre à la Passion et à l'évangile.
5. Avant la grand'messe, on ne fait pas l'aspersion. Quand, à l'épître, le sous-diacre arrive aux mots : Ut in nomine Jesu, etc., tous - évêque (avec la mitre), célébrant, ministres et membres du chœur - font la génuflexion jusqu'à et infernorum. L'évêque lit l'épître, le trait, récite Jube, Domine, benedicere, puis lit l'évangile Altera autem die (mais non la Passion). Le célébrant récite seulement ce qui précède la Passion, puis il se rend à la banquette avec les ministres. Vers la fin du trait, arrivent trois diacres vêtus de l'amict, de l'aube, du manipule et de l'étole transversale violette [19], figurant le chroniqueur, la foule et le Christ ; ils sont conduits par le sous-cérémoniaire ; après avoir baisé la main de l'évêque, sans recevoir sa bénédiction, ils prennent place devant les pupitres au côté de l'évangile : celui qui figure le Christ au milieu, le chroniqueur à sa droite. Tous se lèvent alors et prennent ou reçoivent les rameaux qu'ils porteront pendant le chant de la Passion et de l'évangile qui suit ou encore seulement pendant cette dernière partie. L'évêque lui aussi est debout pendant toute la Passion [20], tenant son rameau à la main. Les chantres de la Passion et le diacre de l'évangile exécutent leurs chants mains jointes. À la messe, on porte le rameau de la main extérieure ; seuls le célébrant et les ministres le portent de la main gauche pendant que le premier lit la Passion [21]. Le célébrant commence la lecture de la Passion à l'autel en même temps que les diacres commencent le chant ; il la récite, sans faire la prostration à emisit spiritum, jusqu'à l'évangile, puis il se tourne avec les ministres dans la direction des chantres de la Passion. Le chant terminé, les diacres retournent à la sacristie après avoir fait la génuflexion devant l'autel et une révérence à l'évêque ; le cérémoniaire enlève alors les pupitres. L'évêque, le célébrant et les ministres quittent leurs rameaux ; les autres déposent les leurs à côté d'eux et le chœur s'assied. Pour le chant de l'évangile, on procède comme à la grand'messe ordinaire avec assistance solennelle de l'évêque : le diacre revêt l'étole large, porte le livre sur l'autel, baise la main de l'évêque et récite le Munda cor. Pendant ce temps, l'évêque impose l'encens. Le diacre se rend au trône avec les acolytes sans cierges, etc., pour recevoir la bénédiction, encense le livre et chante l'évangile Altera autem die, etc. Le célébrant, qui entre temps a lu l'évangile au côté de l'évangile, se tient pendant le chant de la partie finale de la Passion, comme d'ordinaire, au côté de l'épître. À la consécration, seul l'évêque porte le rameau [22].
 Notes
15 Caer. Episc., II, 21, 6.
16 La plupart des auteurs. Le Mem. Rit. dit du porte-croix : Ipse nunquam genuflectit (tit. I, § 3, n. 5 ; tit. VI, § 2, n. 4). Pour les acolytes, la raison est la même que pour le porte-croix.
17 Caer. Episc., loc. cit.
18 Cf. § 85.
19 Caer. Episc., loc. cit., n. 14.
20 C. R., n. 2184 ad 2.
21 Caer. Episc., loc. cit., n. 16.
22 Caer. Episc., loc. cit., n. 20.


Le Vavasseur, Haegy, Stercky, Manuel de liturgie et Cérémonial romain, éd. 1935, Tome II, livre cinquième : Des Offices particuliers à certains jours de l'année.

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I.  Objets à préparer
312. -- 1. À la sacristie. -- On prépare : les amicts, les aubes et les cordons pour le Célébrant et ses Ministres ; l'étole et la chape violettes pour le Célébrant ; l'étole violette pour le Diacre, et deux chasubles pliées de même couleur pour les Ministres ; de plus, trois amicts, trois aubes et trois cordons, puis trois manipules et étoles de couleur violette, pour les trois Diacres qui doivent chanter la Passion, et les livres, couverts de violet, pour le chant de la Passion.
Notes : Ce sont des étoles ordinaires : les trois Diacres ne doivent pas porter l'étole large [1].
Le Cérémonial des Évêques fait mention d'un seul livre de la Passion porté par le Narrateur ; il serait mieux de mettre d'avance les deux autres livres au chœur, sur les pupitres.
2. À l'autel. -- Le parement est violet. On met sur l'autel, la croix couverte d'un voile violet, et six chandeliers, sans aucun ornement ; au coin de l'épître, le Missel couvert de violet et ouvert. On met les Canons seulement pour la Messe, pendant la procession.
Note : Plusieurs auteurs, après le Memoriale Rituum, admettent l'usage de placer des rameaux entre les chandeliers ; mais telle n'est pas la pratique des grandes basiliques de Rome.
3. Près de l'autel. -- Au coin de l'épître, de manière que le Célébrant puisse facilement asperger et encenser les rameaux, on place une petite table, qu'on recouvre d'une nappe tombant jusqu'à terre ; on y met les rameaux pour les membres du Clergé, et pour les laïques auxquels il est d'usage d'en distribuer, et on les couvre d'une nappe blanche ou d'un voile violet. Du côté de l'évangile, à l'endroit où l'on chante l'évangile, on place trois pupitres pour le chant de la Passion [2].
Notes : Le Cérémonial des Évêques admet que les palmes ou rameaux soient travaillés, tressés, ornés.
Le Cérémonial des Évêques suppose qu'il y a un seul livre et pas de pupitre ; en conséquence, les trois Clercs qu'il désigne pour assister les trois Diacres, se passeraient le livre aux moments voulus. L'emploi de pupitres est généralement admis, pour plus de commodité ; rien ne s'oppose à ce qu'ils soient couverts de violet.
4. À la crédence. -- On prépare tout ce qui est nécessaire pour la Messe solennelle ; de plus, le bénitier et l'aspersoir, l'aiguière et son plateau, et une serviette. Si les rameaux doivent être distribués au peuple par un Prêtre autre que le Célébrant, on met une étole violette. On place, près de la crédence, la croix de procession couverte d'un voile violet, avec un ruban violet au moyen duquel on attachera un rameau au sommet de la croix.
5. Sur la banquette, -- couverte de violet, on met la chasuble et le manipule violets du Célébrant, et les manipules violets des Ministres.



II.  Cérémonies générales du Chœur
313. -- 1. Après l'Aspersion de l'eau bénite, on s'assoit pendant l'antienne Hosanna ; on se lève pour l'oraison qui suit. On s'assoit de nouveau pendant la leçon et le répons, jusqu'à l'évangile ; on demeure debout pendant les autres prières.
2. Pendant que le Célébrant reçoit son rameau du plus digne du Chœur, les membres du Clergé, à commencer par les Ministres sacrés, se rendent à l'autel dans le même ordre que pour la communion, sans barrette ni calotte, et les mains jointes [3]. Chacun reçoit à genoux un rameau, baisant d'abord le rameau, puis la main du Célébrant.
Dans une église cathédrale ou une collégiale, si les Ministres sacrés ne sont pas Chanoines, ils reçoivent le rameau après les Chanoines.
Les Chanoines le reçoivent debout et inclinés, et le baisent, ainsi que la main du Célébrant. Les Prélats reçoivent le rameau debout et inclinés ; ils baisent le rameau, mais non la main du Célébrant.
3. Pendant la distribution des rameaux, les membres du Clergé qui sont d'un ordre égal ou inférieur à ceux qui reçoivent les rameaux demeurent debout ; ceux qui sont d'un ordre supérieur s'asseyent. On se lève pour l'oraison qui suit.
4. Quand on a répondu à Procedamus in pace, on se met en marche pour la procession. Tous, avant de sortir du chœur, font, deux ou quatre ensemble, la révérence convenable à l'autel. Chacun porte son rameau : ceux qui sont à droite le portent de la main droite, et ceux qui sont à gauche, de la main gauche ; la barrette se tient de l'autre main. Les membres du Clergé marchent deux à deux ; si ceux d'un même ordre sont en nombre impair, les trois derniers marchent ensemble, et celui qui est au milieu, porte son rameau de la main droite. En sortant de l'église, on se couvre de la barrette.
5. Au retour de la procession, les membres du Clergé se rangent devant la porte de l'église, sur deux lignes ou en demi-cercle ; on chante alors l'hymne Gloria laus. L'hymne terminée, la procession entre dans l'église : les membres du Clergé se découvrent en entrant. Chacun, en arrivant au chœur, fait, avec son voisin, la révérence convenable à l'autel, salue son voisin, se rend à sa place, et dépose son rameau. Le Chœur s'assied pendant que le Célébrant se revêt des ornements pour la Messe.
6. Pendant l'épître, on se met à genoux lorsque le Sous-Diacre chante ut in nomine Jesu omne genu flectatur, et on reste agenouillé jusqu'au mot infernorum inclusivement [4].
7. Pendant le chant de la Passion, le Chœur est debout, et chacun tient son rameau ; après les mots emisit spiritum, on se met à genoux [5] ; on se lève au signe du Cérémoniaire. Le chant de la Passion terminé, le Clergé s'assied ; on se lève lorsque le Diacre commence l'évangile, et chacun tient son rameau ; l'évangile terminé, on dépose son rameau.
8. En sortant du chœur, les membres du Clergé peuvent emporter leurs rameaux.


Voici pour conclure quelques passages de Mgr Gromier sur la réforme des Rameaux et sur quelques autres points que nous avons évoqué ci-dessus, dans le style croustillant qui était le sien. Au delà du style, la portée de l’argumentation fait toujours mouche, il est vrai que le vieux cérémoniaire papal avait du métier…
« Sa terminologie mérite attention ; car un apologiste, patenté pour le reste, nous maintient ici dans l’obscurité. Jusqu’à présent on connaissait le dimanche de la Passion, le dimanche des Rameaux, les lundi, mardi et mercredi de la Semaine Sainte, le Jeudi Saint, in Coena Domini en latin, le Vendredi Saint, in Parasceve en latin et le Samedi Saint. Puisqu’on veut amplifier la solennité de la procession des Rameaux, pourquoi mettre ce dimanche en dépendance de la Passion ; et ne pas lui laisser son vieux nom de dimanche des Rameaux, que tout le monde comprend et qui ne trompe personne ? »
« Pour qualifier la procession des Rameaux, la fonction du vendredi saint et la veillée pascale, les pastoraux emploient l’adjectif solennel, tandis qu’ils s’en privent pour tout le reste. Or la solennité des fonctions liturgiques n’est pas une décoration facultative ; elle tient à la nature de la fonction ; elle résulte de tous ses éléments constitutifs, non seulement de quelques uns. Tous les manuels expliquent quelles sont les fonctions solennelles et les non-solennelles. En dehors de là une soit disant solennité n’est qu’un appât amplificatif, pour faire impression et mieux frapper au but. Il faut savoir que, par habitude assez récente, on fait un usage prodigieux du mot solennel, même pour des actes nécessairement solennels, inséparables de solennité. On se paye de mots en croyant mettre plus de solennité dans la procession des Rameaux que dans celle de la Chandeleur, plus de solennité dans la procession du jeudi saint que dans celle du vendredi (abolie comme nous verrons). Toujours sur la même pente, nous apprenons que la Passion du vendredi saint est chantée solennellement comme si elle pouvait l’être d’autre façon. »
« Pendant toute la semaine sainte, tous les textes chantés par le diacre, le sous-diacre et les chantres sont omis par le célébrant, qui n’a pas à les lire. Peu importe comment chantent les officiants (souvent mal), s’ils se font entendre et comprendre, si les haut-parleurs sont intelligibles. On doit écouter. Voilà une victoire ! On s’en délecte comme d’un retour à l’antiquité, d’un gage pour le futur, d’un avant goût des réformes à venir. Si cela peut intéresser les fidèles habitués à se servir d’un livre, qui, le nez dans leur paroissien, s’isolent de la communauté, sic ! On distingue la lecture seulement oculaire et la lecture labiale. Lire des lèvres ce qu’un autre chante ne se soutient pas. Mais la lecture oculaire peut se soutenir ; elle a un âge respectable ; elle a commencé par nécessité, continuée par utilité, abouti en marque de dignité ; elle fait partie de l’assistance pontificale du Pape et de l’Evêque. »
« Défense de tenir les palmes pendant le chant de la Passion. Au total, elles prétendent créer deux obligations pour deux nouveautés ; elles abolissent une pratique ancienne, qui trouve son explication dans saint Augustin (homélie à Matines avant les Rameaux) : « les rameaux de palmier sont des louanges signifiant la victoire, car le Seigneur était sur le point de vaincre la mort en mourant, et de triompher du diable par le trophée de sa croix. »
« Les pastoraux appellent le Christ Roi en renfort de leur solennelle procession des Rameaux ; comme si on les attendait pour perfectionner une situation à laquelle l’auteur du Gloria laus et honor a pourvu suffisamment, mais pas à leur manière. Certaines retouches à la tradition, qu’on invoque tant par ailleurs sont aussi mesquines qu’audacieuses. »
« L’aspersion de l’eau bénite est un rite pascal devenu dominical. Le Dimanche des Rameaux n’est pas moins dominical que les autres. Quand la Chandeleur arrive un Dimanche elle n’empêche pas l’aspersion. Celle-ci n’a jamais consisté à jeter de l’eau sur une table placée quelque part et portant rameaux et autres objets. Elle consiste à asperger l’autel , le célébrant, le clergé, l’église et les fidèles. Exception faite pour l’évêque, et sauf impossibilité, le lieu propre des bénédictions, comme de la consécration, est l’autel, ou encore son voisinage, comme par exemple la crédence. »
« Pendant des siècles la consécration des huiles se faisait à l’autel, avant de se faire sur une table comme aujourd’hui, et non in conspectu populi. Qu’est-ce que les pastoraux ont ici à montrer au peuple, eux qui de pléthorique qu’elle était, ont rendu squelettique la bénédictions des rameaux ? Une oraison, un signe de croix, un jet d’eau bénite et un encensement ; spectacle peu attrayant. Eux qui suppriment l’aspersion dominicale, véritable méfait liturgique, admettent volontiers que le célébrant parcours l’église pour asperger les rameaux tenus par les fidèles, puis refasse le même chemin pour les encenser. »
« Un pastoral professeur de séminaire suisse, proclame un jour que le rouge est la couleur du triomphe. On devait lui répondre : vous vous trompez beaucoup, tant que le blanc sera la couleur de Pâques, de l’Ascension, de la Fête-Dieu. Mais non aussitôt dit aussitôt fait ; la couleur pour les rameaux sera le rouge, le violet restant pour la messe. Tout le monde ne pense pas comme le professeur. Le rit romain employait le violet depuis qu’il s’en sert. Le rit parisien et celui de maints diocèses, employait le noir jusqu’au milieu du XIX siècle. Quelques rits employaient le rouge pour les rameaux et la messe. Les uns insistaient sur le deuil les autres sur le sacrifice sanglant. Mais chacun gardait la même couleur : personne n’eût jamais l’idée d’en changer. Car tout l’office du dimanche des rameaux est un mélange de pièces triomphales et passionnelles. Depuis matines jusqu’à vêpres incluses, y compris la messe, on trouve que le nombres de pièces passionnelles surpasse de peu celui des pièces triomphales. Quand deux choses sont ainsi mélangées, aucune séparation ne s’impose. Le professeur suisse a cru s’illustrer en imitant le raisonnable changement de couleur qui se fait à la chandeleur ; mais son pastiche n’est qu’une chétive succursale de la moderne fête du Christ Roi. »
« La distribution des rameaux, lisons-nous, se fait suivant la coutume. N’en déplaise aux pastoraux, avant la coutume, il y des règles à observer. Comme le célébrant, s’il n’est pas l’unique prêtre, reçoit les cendres et son cierge des mains du plus digne du clergé, ainsi doit-il recevoir son rameau. S’il ne le reçoit pas, il sera sans rameau à la procession. Là-dessus de graves rubricistes se sont demandés si les pastoraux voulait que le célébrant ne portât pas de rameaux à la procession, parce qu’il aurait représenté le Christ qui n’en portait pas. L’hypothèse, en tout logique, conduisait à faire monter le célébrant sur une ânesse. Heureusement la pastorale s’est reprise en consentant au rameau oublié. »
« Elle, qui réduit à sa plus simple expression la bénédiction des rameaux, ne s’est pas privé d’en allonger la distribution, attendu la surabondance des chants destinés à cette action. Tandis que la longueur de la bénédiction paraissait énorme, cette pléthore ajoutée est censée pouvoir ne pas suffire au besoin. »
« Le porteur normal de la croix de procession est le sous diacre, toutes les fois que le célébrant n’a pas besoin de lui, en portant le Saint Sacrement, ou pour les fonts baptismaux. Un sous-diacre supplémentaire en qualité de porte croix n’a de raison que si le sous-diacre est empêché comme ci-dessus. »
« Pendant deux semaines, la croix de l’autel reste voilée ; bien que voilée on l’encense, on la révère par génuflexion ou inclination profonde. Il est défendu de la dévoiler sous aucun prétexte. Au contraire la croix de procession, succédanée de la croix d’autel, se porte dévoilée à la procession ; au départ et au retour de celle-ci on voit deux croix, l’une voilée, l’autre dévoilée. Que peut-on y comprendre ? »
« Le désordre augmente au retour de la procession. Aller au devant d’un grand personnage, l’accompagner aux portes de la ville qui sont fermées, s’y arrêter pour le complimenter et l’acclamer, enfin ouvrir pompeusement les portes en son honneur, voilà qui a toujours été un des plus grands hommages possibles ; mais il ne convient pas au génie créateur des pastoraux. »
« On ne peut qualifier que de vandalisme le fait d’arracher le Gloria laus et honor de sa place à la porte de l’église, pour le mêler à tout le bagage musical processionnel presque triplé de longueur, car lésinerie et gaspillage du temps vont de pair. Donc point d’arrêt devant la porte, fermée puis ouverte ; la croix de procession dévoilée pour la magnifier, on la galvaude en lui refusant la vertu de faire ouvrir la porte. Tout cela en dépit du cérémonial ancien et moderne et puis avec quel profit ? Les rubriques pastorales affectionnent l’expression : rien n’empêche que, nihil impedit quominus. Ici elles s’en servent pour lâcher la bride aux fidèles qui pourront chanter l’hymne Christus vincit, ou autre chant en l’honneur du Christ Roi. Tolérance qui aura naturellement ses suites ; les fidèles dament le pion du clergé, ils ont le choix des chants et de langue ; s’ils chantent au Christ Roi, ils aimeront à chanter à sa mère qui est reine. Autant de désirs, de souhaits éminemment pastoraux. »
« La rubrique romaine disait : quand la procession entre dans l’église, on chante Ingrediente Domino, la rubrique pastorale dit : quand la procession entre dans l’église, au moment où le célébrant franchit la porte, on chante Ingrediente Domino. On ne fait nul cas de la porte au retour de la procession ; maintenant on guette le passage de la porte par le célébrant qui semble identifié avec le Christ entrant à Jérusalem. »
« Entre la procession et la messe on nous enrichit d’une oraison finale et récapitulative, avec des modalités défectueuses ; le célébrant n’a pas besoin de monter à l’autel, surtout en lui tournant le dos, exprès pour chanter une oraison et redescendre aussitôt. A-t-on jamais vu cela après les processions des rogations ? Enfin dans le cas présent, tenir le livre devant le célébrant appartient au diacre et sous-diacre, non à un clerc. »
« Autrefois on appelait Passion le chant évangélique de la Passion, et évangile la fin de la Passion chantée à la manière de l’Evangile. Aujourd’hui les deux parties réunies s’appellent histoire de la Passion, ou encore Evangile de la Passion et de la mort. Un tel progrès pastoral en vaut la peine ! Les chasubles pliées sont une des caractéristiques les plus anciennes du rite romain ; elles remontent au temps où tout le clergé portait la chasuble, et furent conservées […] pour la plus austère pénitence. Leur abandon fait mentir les peintures des catacombes : c’est une perte immense, un outrage à l’histoire et, à […] tors, dit-on, on aurait donné cette explication proportionnée au méfait : on ne trouve pas facilement des chasubles pliées. Or c’est juste le contraire : on trouve partout des chasubles violettes, qui peuvent se plier, tandis que les dalmatiques violettes sont beaucoup moins répandues. En outre on a toujours la ressource de servir en aube. »
« Les pastoraux aiment retrancher quelque chose au début ou à la fin de la messe. Leurs coupures outre le peu d’instants qu’elles font gagner, sont plutôt insignifiantes, mais surtout elles leur servent de tremplin pour de nouveaux bonds sur leur voie réformatrice. Ainsi donc ni le psaume Judica me, ni confession avant la messe des Rameaux et du samedi saint, parce que précédée d’une autre cérémonie ; mais on voudra autant pour la messe de la Chandeleur, des Cendres, une messe de mariage, de funérailles, une messe précédée de communion. Du début passons à la fin. Aux Rameaux, aux Jeudi et Samedi saints, l’indésirable dernier Evangile est omis ; parfait, mais en vertu de quel principe ? Au Jeudi Saint la bénédiction est omise, parce que la cérémonie n’est pas achevée ; on voudra faire autant pour la Fête Dieu, et chaque messe suivie d’une procession du Saint Sacrement. »
« Lorsque s’introduit l’usage de faire chanter la Passion dialoguée par trois diacres supplémentaires, plutôt en forme de leçon qu’en forme d’Evangile, on réservera la fin de la Passion pour être chantée, sous forme d’Evangile, par le diacre du célébrant, afin de ne pas tomber dans l’absurdité du diacre qui ne chante pas l’Evangile. Les trois diacres commençaient et terminaient la Passion sans cérémonies, comme aux leçons ; le seul diacre au contraire faisait les cérémonies habituelles de l’Evangile. Cela tenait debout, venait de la chapelle papale. Ainsi le diacre est évincé par les trois de la Passion, laquelle ne fait plus qu’un avec l’Evangile ; le Munda cor meum et la bénédiction d’avant l’Evangile passent avant la Passion ; encensement du livre, baiser du livre, encensement du célébrant disparaissent. Ces trois gestes succombent à la mentalité pastorale ; car pour elle il n’y a pas d’Evangile, il y a seulement une histoire, histoire de la Passion ; or à défaut d’Evangile, il n’y a pas d’évangéliaire ; par conséquent on n’encense pas le livre d’histoire, on ne le fait pas baiser, on n’encense pas celui qui ne l’a pas baisé. »
« Continuons à glaner. Les livres de la passion-évangile viennent comme ils peuvent ; on n’en parlera que le vendredi saint. Les pastoraux ignorent comment se porte l’évangéliaire ; pourquoi il doit y avoir trois acolytes d’accompagnement, au lieu de deux ; que le diacre agenouillé pour dire le Munda cor meum n’a pas à s’incliner ; ils nous répètent à satiété que la passion-évangile est chantée ou lue. Du reste toutes leurs rubriques sont rédigées de manière à faire croire que, à volonté, on peut lire dans un office chanté ou chanter dans un office lu, on peut choisir ce qu’on veut chanter et laisser ce qu’on ne veut pas, on peut faire des offices à moitié chantés, à moitié lus, on peut amalgamer chant et lecture. Tel est un des fléaux redoutables en ce moment, avec celui de la langue vulgaire. Il n’est pas très nouveau et reçut même un appui par les décisions prise ces dernières années, que dans les ordinations chantées, l’évêque ordinant interrompe le chant des préfaces pour dire sans chanter les paroles essentielles ; car, paraît-il, le chant nuit à l’attention requise. »
« La Passion selon les quatre évangélistes englobait l’institution de l’Eucharistie, tant parce qu’elle y sert d’introduction, tant parce qu’elle ne peut trouver sa meilleure place que dans la messe. Les pastoraux pressés quand ils veulent, pensent autrement, ils expulsent l’institution de l’Eucharistie. Celle-ci par conséquent, est toute l’année exclue de la liturgie dans l’Eglise romaine, sans doute pour la meilleure instruction des fidèles. »

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