De la Loi d'exil (1886-1950)

Anniversaire de la loi d'exil... et de son abrogation


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Armes de la reine Amélie de Portugal,
fille du duc d'Orléans.

Il y a 130 ans, un mois après les fastueuses fiançailles parisiennes, mi-mai 1886, de la princesse Amélie d'Orléans et du duc de Bragance, héritier du trône de Portugal, futur Charles Ier de Portugal, les députés de la IIIe République votaient à la Chambre le 11 juin 1886 la loi d'exil contre les chefs de Maison (et leur fils aîné) ayant régné sur la France. La loi fut promulguée le 22 juin et parut au Journal officiel le 23.

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Jean III.
L'héritier d'Henri V, Jean III le Libéral (1822-1887), dit comte de Montizon, vivait déjà hors de France : en Grande-Bretagne, à Hove près de Brighton, dans le Sussex, séparé de son épouse Marie-Béatrice de Modène, qui vivait quant à elle entre Modène et Venise avec ses fils Charles et Alphonse.


Charles XI.
Afficher l'image d'origineLe premier, duc de Madrid (1848-1909), privilégié du comte de Chambord, se maria chez lui à Frohsdorf en 1867 avec la nièce de celui-ci. Devenu Charles XI en 1887, il chargea le 11 juin 1889 Joseph du Bourg, son représentant en France, de déposer à Paray un document consacrant sa personne et la France au Sacré-Coeur, à l'occasion du bicentenaire des demandes de N.S. à sainte Marguerite-Marie.


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Jacques Ier.
Image illustrative de l'article Alphonse XIII
Alphonse XIII d'Espagne
puis Ier de France.
Son fils, le duc de Madrid, qui avait assisté en 1883 aux obsèques d'Henri V avec ses père et grand-père, devint Jacques Ier en 1909. Ami du futur président Paul Doumer, il prit le titre de duc d'Anjou et vécut en France après la Première Guerre mondiale, malgré la loi d'exil ! Il se réconcilia avec le roi d'Espagne en exil, Alphonse XIII, qu'il fit chevalier du Saint-Esprit le 25 septembre 1931, avant de mourir sans descendance le 2 octobre suivant.

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Charles XII.
(1842-1936)
Son oncle Alphonse-Charles (1849-1936), vivant en Autriche et devenu Charles XII, présida toutefois en 1934 en France, une fois encore - la République ne s'intéressait donc pas à la branche aînée ! -  une réunion légitimiste à Mondonville chez le toujours fidèle Joseph du Bourg.

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Jacques VI.
Le roi d'Espagne exilé, Alphonse XIII, devint alors Alphonse Ier de France mais partit mourir à Rome (1941). Son fils aîné était décédé en 1938 ; le cadet, duc de Ségovie, devint Jacques VI de France, bien qu'ayant renoncé au trône d'Espagne en 1933, renonciation confirmée en 1969 par lui et par son fils Alphonse. Il prit le nom de duc d'Anjou et continua de vivre en France - notamment au moment de l'abrogation de la loi d'exil -  mais mourut en Suisse (1975) après avoir demandé au duc de Bauffremont-Courtenay (né en 1922) de le représenter, ce que ce dernier fit auprès des Cours européennes et en fondant l'Institut de la Maison de Bourbon (1973). Lui succéda son fils, feu le prince Alphonse (1936-1989), duc de Bourbon et Bourgogne (1950), puis de Cadix (1972) et d'Anjou (1975), roi de France de jure sous le nom d'Alphonse II.

Philippe d'Orléans.
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Paul Hutin.
Mais revenons à 1886. Le duc d'Orléans, Philippe (1838-1894), quitta quant à lui le château d'Eu le 24 juin 1886 pour la Grande-Bretagne, au château de Stowe House dans le Buckinghamshire, où il mourut le 8 septembre 1894 ; son corps fut rapatrié à Dreux en 1958. Furent exclus de l'armée son frère cadet Robert et ses oncles. Le prince Napoléon s'exila également.

La loi d'exil fut abrogée le 16 mai 1950 (promulguée le 24 juin), sur proposition le 9 juin 1949 du député M.R.P. du Morbihan et fondateur d'Ouest-France (1944), Paul Hutin-Desgrées (1888-1975). L'article 1er abroge la loi mais l'article 2 prévient toutefois : "Au cas où les nécessités de l'ordre public l'exigeraient, le territoire de la République pourra être interdit à tout membre des familles royales ayant régné en France par décret pris en Conseil des ministres".

ADDENDUM : Précisions de Mavendorf
Premièrement, il serait plus juste de dire qu'il s'agit là d'une simple modification de la loi d'exil. Abrogation ne peut convenir, la crainte des républicains d'un retour possible de la monarchie à travers ce texte de loi, est clairement perceptible. Cette "prudence" républicaine est intéressante, et nous prouve finalement le peu de confiance que les républicains accordent eux mêmes (en 1950 encore), pour leur système politique assasin et illégitime.
Deuxième chose, une correction s'impose sur l'ordre public. La légitimité ne peut créer des troubles d'ordre public, la légitimité a justement pour vocation de le rétablir en France, dans ses fondements naturels. Ceux qui troublent l'ordre public aujourd'hui, ce ne sont pas les légitimistes, mais les républicains eux mêmes avec la politique folle de défiguration historique, toujours plus violente de notre France, avec toutes les conséquences désastreuses que celle-ci impose aux Français !

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