Luxembourg

Une lettre adressée au Vatican fait part du mécontentement des croyants au sujet des négociations au sujet de la séparation de l'Eglise et de l'Etat au Luxembourg.

Séparation de l'Eglise et de l'Etat 

et spoliation au Luxembourg


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La Chambre des députés du Luxembourg a voté il y a deux mois, le 13 juillet dernier, une loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. La première conséquence pratique est d’abord financière, le grand-duché finançait en effet l’Eglise catholique à hauteur de 23 millions d’euros par an. Dorénavant, il n’en sera plus ainsi. Voici la répartition entre religions, subventions qui vont diminuer au fur et à mesure.
-Catholicisme: 6,75 millions d’euros 
-Islam: 450 000 euros 
-Protestantisme: 450 000 euros 
-Judaïsme: 315 000 euros 
-Orthodoxie: 285 000 euros 
-Anglicanisme: 125 000 euros

Image illustrative de l'article Jean-Claude Hollerich
Les cours de catéchisme sont supprimés des écoles pour être remplacés par des « cours commun d’éducation aux valeurs » aux dimensions « philosophiques » et inter-religieuses. Le journal La Croix titrait il y a un an et demi : "Luxembourg, l'Eglise et l'Etat se séparent en douceur". Une lettre de protestation de 24 personnalités a été remise à Mgr le Nonce apostolique, et beaucoup de Catholiques dénoncent la spoliation en cours de l'Eglise : après un avis de 65 pages publié le 15 août par le syndicat des fabriques d’église (Syfel), opposé au projet de loi du ministre des Cultes, Dan Kersch, anticlérical notoire, la fabrique de Hollerich, a envoyé une résolution à nombre de personnalités politiques. Il y a dans le grand-duché 285 fabriques.
S.Exc.R. Mgr Jean-Claude Hollerich, jésuite, européiste, et archevêque de la capitale depuis 2011, a présenté en janvier sa démission pour raison de santé, démission repoussée par le Souverain Pontife, qui devrait nommer un évêque auxiliaire. Il avait déclaré, avant la Séparation : « Le système actuel des relations entre les cultes et l’État est globalement bon, même si nous sommes d’accord qu’il faut y apporter des corrections, dans le domaine de l’égalité entre les cultes par exemple ».

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Après la Séparation de l'Eglise et de l'Etat en France en 1905, S. Pie X avait interdit toute collaboration par l'encyclique Vehementer nos (), l'allocution consistoriale Gravissimum (21 février), et l'encyclique Gravissimo officii munere (10 août). Le pape affirmait alors que la « loi [...], en brisant violemment les liens séculaires par lesquels [la] nation [française] était unie au siège apostolique, crée à l'Église catholique, en France, une situation indigne d'elle et lamentable à jamais ».
« Qu’il faille séparer l’État de l’Église, c’est une thèse absolument fausse, une très pernicieuse erreur.
Basée en effet sur ce principe que l’État ne doit reconnaître aucun culte religieux, elle est tout d’abord très gravement injurieuse pour Dieu ; car le Créateur de l’homme est aussi le Fondateur des sociétés humaines, et il les conserve dans l’existence comme il nous y soutient. Nous lui devons donc non seulement un culte privé, mais un culte public et social pour l’honorer.
En outre, cette thèse est la négation très claire de l’ordre surnaturel. Elle limite en effet l’action de l’État à la seule poursuite de la prospérité publique durant cette vie, qui n’est que la raison prochaine des sociétés publiques ; et elle ne s’occupe en aucune façon, comme lui étant étrangère, de leur raison dernière, qui est la béatitude éternelle proposée à l’homme quand cette vie si courte aura pris fin. Et pourtant l’ordre présent des choses, qui se déroule dans le temps, se trouvant subordonné à la conquête de ce bien suprême et absolu, non seulement le pouvoir civil ne doit pas faire obstacle à cette conquête, mais il doit encore nous y aider.
Cette thèse bouleverse également l’ordre très sagement établi par Dieu dans le monde, ordre qui exige une harmonieuse concorde entre les deux sociétés. Ces deux sociétés, la société religieuse et la société civile, ont en effet les mêmes sujets, quoique chacune d’elle exerce dans sa sphère propre son autorité sur eux. Il en résulte forcément qu’il y aura bien des matières dont la connaissance et le jugement sera du ressort de l’une et l’autre. Or, qu’entre l’Etat et l’Eglise l’accord vienne à disparaître, et de ces matières communes pulluleront facilement les germes de différends, qui deviendront très aigus des deux côtés ; la notion du vrai en sera troublée et les âmes remplies d’une grande anxiété.
Enfin, cette thèse inflige de graves dommages à la société civile elle-même, car elle ne peut pas prospérer ni durer longtemps lorsqu’on n’y fait point sa place à la religion, qui est pour l’homme une règle suprême et souveraine maîtresse pour protéger inviolablement ses droits et ses devoirs ».

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