16 octobre

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1050e anniversaire de la fondation de l'abbaye du Mont Saint-Michel

Mt S. Michel (Riches Heures)


Miniature représentant le privilège accordé par le pape Jean XIII, Cartulaire du Mont-Saint-Michel, vers 1150, f.19v.
Le rapide développement des richesses de l’abbatiale Saint-Michel finit par constituer un sérieux obstacle au bon fonctionnement, et même à la vocation religieuse de l’abbatiale. Dotés des moyens de satisfaire leurs passions, les chanoines dépensèrent en plaisirs les richesses provenant de la piété des princes tandis que l’église restait déserte ou n’était fréquentée que par des clercs légèrement rétribués. Les nobles du pays cherchèrent à obtenir les bénéfices de la riche abbaye pour mieux les dépenser dans les plaisirs de la table, du monde et de la chasse, où se passa désormais exclusivement leur existence.

Richard Ier, fondateur de l'abbaye

Lorsque Richard Ier Sans-Peur, le fils de Guillaume Longue-Épée, lui succéda comme duc de Normandie, il tenta de résoudre le problème en faisant comparaître les chanoines devant lui pour leur reprocher leurs débordements et leur rappeler le caractère saint de l’abbaye.

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Richard Ier Sans-Peur (930-996), duc de Normandie (943-996), mort il y a 1020 ans. 
Beau-frère et tuteur d'Hugues Capet par son mariage avec sa soeur Emma de France (943-968).
Jean XIII (965-972), 133e pape.
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Lothaire III (943-986),
roi des Francs (954-986),
mort il y a 1030 ans,
couronné et inhumé en
l'abbaye S.-Remi de Reims.
Après s’être efforcé, en vain, de les ramener à la régularité de la vie religieuse, par les remontrances, les prières et les menaces, Richard prit la résolution, après approbation du pape Jean XIII et du roi Lothaire, de les remplacer par un monastère de bénédictins, comme le mentionne l’Introductio monachorum (« l’installation des moines »), traité composé vers les années 1080-1095 par un moine du Mont-Saint-Michel qui cherche à défendre l’indépendance du monastère à l’égard du pouvoir temporel.
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Jumièges.
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Saint-Wandrille.
S’étant rendu à Avranches, suivi d’un nombreux cortège de prélats et de seigneurs et de trente religieux sortis des abbayes normandes environnantes (monastères de Saint-WandrilleSaint-Taurin d’Évreux et Jumièges), Richard expédia un des officiers de sa cour avec plusieurs soldats au Mont-Saint-Michel, pour notifier ses ordres aux chanoines : se soumettre aux austérités de la vie claustrale en prenant l’habit de saint Benoît, ou quitter le Mont. Seul un accepta, tandis que tous les autres abandonnèrent les lieux. L’abbé Maynard Ier, qui venait de l’abbaye de Saint-Wandrille, y établit la règle bénédictine. Le remplacement des chanoines par des moines bénédictins a lieu en 965 ou 966, année qui est retenue comme celle de la fondation de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
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Ce sont ces moines qui dotent l'abbaye de l'église pré-romane à double nef de « Notre-Dame-sous-Terre » puis font construire à partir de 1060 la nef de l'église abbatiale dont la croisée du transept est établie sur le sommet du rocher. Le granite provient des carrières des îles Chausey.

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Nef de l'abbatiale.

Autres anniversaires

En 1356, les Anglais prennent Tombelaine et commencent le siège de l’abbaye. Peu de temps après, Bertrand Du Guesclin est nommé capitaine de la garnison du Mont et remporte plusieurs victoires qui permettent d’écarter la menace anglaise pour plusieurs années.
En 1386Pierre Le Roy est élu abbé et ordonne la construction de la tour Perrine, de la tour des Corbins et du Châtelet afin de défendre l’entrée du monastère. Après la bataille d'Azincourt, le nouvel abbé, Robert Jollivet, fait construire un rempart pour protéger la ville, ainsi qu’une citerne pour alimenter le Mont en eau douce. En 1419, Rouen tombera aux mains des Anglais mais le Mont sera alors la seule ville de Normandie à résister à l’occupant, bien que son abbé Robert Jollivet rejoindra le roi d’Angleterre.

1966-1016

Cinquantenaire du retour des religieux

En 1922, le culte est restauré dans l'abbatiale. En 1966, à l’occasion de la célébration sous l’égide d’André Malraux du millénaire de l’abbaye, plusieurs monastères bénédictins envoyèrent quelques moines passer l’année 1966 au Mont, afin de célébrer à leur manière le caractère religieux millénaire du lieu, sans lequel le rocher serait sans doute resté à l’état quasi naturel. Une fois l’année passée, avec son flot de visiteurs et de colloques, une poignée de moines resta, en accord avec l’État, propriétaire des lieux. Leur premier prieur était le père Bruno de Senneville, venu de l’abbaye du Bec-Hellouin.
Cette petite communauté effectua pendant près de trente-cinq ans, par sa présence et la célébration du culte, une sorte de pèlerinage permanent sur les lieux, recevant elle-même les pèlerins de tous horizons. Ces pionniers permirent alors la restauration d’une communauté plus importante.
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
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