Autriche-Hongrie

Seigneur, sauvez... l'Autriche-Hongrie !

Petit aperçu de l'actualité politique de ces deux pays

Autriche
Le "Que Dieu me vienne en aide" du candidat Hofer 
excommunié par les Protestants

Ces affiches de Norbert Hofer, candidat à la présidentielle autrichienne (crédité de 51% dans les sondages), les dernières avant le scrutin du 4 décembre, font scandale. Parce que, à côté de « Décider dans votre sens » ou « Pour l’Autriche, passionnément », on peut lire : « Que Dieu me vienne en aide. »Il paraît que ça ne se fait pas, et les protestants sont montés au créneau pour dénoncer dans un communiqué commun de leurs trois petites confessions (l'Autriche est un pays catholique) cette « instrumentalisation de Dieu ».« La communauté chrétienne autrichienne est scandalisée », énonce carrément le Journal chrétien.En fait je ne vois pas (pas encore ?) de réaction du clergé catholique.Il est vrai que Hofer est lui-même protestant*, ce qui peut permettre aux évêques de faire semblant de ne rien voir…Loin d’être une « provocation », comme on le lit ici ou là, il s’agit de l’indication que s’il est élu président, Norbert Hofer terminera son serment par l’expression « Que Dieu me vienne en aide », qui conclut de nombreux serments à travers le monde, et qui est facultative en Autriche. Mais c’est un droit constitutionnel de le dire : les pasteurs protestants seraient-ils contre la Constitution ? Ou contre le fait que Dieu aide le président ?Norbert Hofer veut simplement rappeler que l’Autriche est un pays chrétien et qu’elle entend le rester, et, comme il l’a plusieurs fois affirmé, que s’il est président il prendra ses décisions à la lumière des principes chrétiens.Affreux, n’est-ce pas.* Selon Wikipedia, Norbert Hofer était catholique et il est devenu protestant (évangélique) parce qu’il trouvait l’Eglise catholique trop à gauche… Peut-être va-t-il changer d’avis…

Hongrie
De deux discours du Premier ministre hongrois...

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Discours de Viktor Orbán du 15 mars 2016
« Le destin de la nation hongroise est désormais lié à celui des nations européennes et fait maintenant tellement corps avec cette union qu’aujourd’hui aucun peuple, y compris le peuple de Hongrie, ne peut être libre si l’Europe ne l’est pas. Et, aujourd’hui, l’Europe est faible, fragile et malade, ‘telle une fleur rongée par un ver invisible’.
Aujourd’hui, 168 ans après les grandes guerres d’indépendance des peuples européens, l’Europe, notre patrie commune, n’est pas libre ! L’Europe n’est plus libre car la vérité commence dès lors qu’on est libre de dire la vérité. Or, aujourd’hui en Europe, il est interdit de dire la vérité. Même fait de soie, un bâillon reste un bâillon. Il est interdit de dire que les réfugiés n’en sont pas et que l’Europe est menacée par ces migrations. Il est interdit de dire que des dizaines de millions s’apprêtent à se mettre en marche à destination de l’Europe. Il est interdit de dire que l’immigration apporte terreur et crimes partout où elle s’installe.
Il est interdit de dire que ces masses d’hommes étrangères à notre civilisation mettent en péril notre mode de vie, notre culture, nos coutumes et nos traditions chrétiennes. Il est interdit de faire remarquer que ceux qui sont déjà ici ont construit leur propre monde parallèle, avec ses propres lois et idéaux, ce qui est en train de faire éclater la structure millénaire de l’Europe.
Il est interdit de faire remarquer que cela n’est pas la conséquence inattendue et accidentelle d’événements fortuits, mais une opération planifiée et orchestrée, une invasion de masse pointée vers nous.
Il est interdit de dire que Bruxelles est en train de réfléchir aux moyens d’acheminer aussi rapidement que possible ces masses extra-européennes afin de les implanter parmi nous en terre d’Europe1.
Il est interdit de faire remarquer que l’objectif de cette colonisation est de changer à jamais le paysage religieux et culturel de l’Europe et faire s’écrouler ses fondations ethniques – en éliminant ainsi l’État-nation, dernier obstacle à l’internationalisme. Il est interdit de dire que Bruxelles dévore en sous-marin des pans entiers de notre souveraineté nationale et que les eurocrates sont en train de mettre sur pied un projet d’instauration des États-Unis d’Europe, ce pour quoi personne ne leur a jamais donné l’autorisation.
Les ennemis de la liberté […] utilisent aujourd’hui d’autres moyens pour nous forcer à nous soumettre : ils ne nous jettent plus en prison, ne nous envoient plus en camps de concentration, et ils n’envoient plus leurs chars occuper les pays qui ne veulent pas renoncer à la liberté. Il leur suffit d’envoyer la grosse artillerie d’une presse internationale à leurs ordres, avec ses dénonciations, ses menaces et ses chantages. […] Les peuples d’Europe sont peu à peu en train de se réveiller, de se regrouper […] Les étais de l’édifice européen qui reposent sur la suppression de la vérité sont en train de craquer. Les peuples d’Europe ont peut-être enfin compris que leur avenir était en jeu. Et ce n’est pas seulement leur prospérité, leurs vies confortables, leurs emplois qui sont menacés, mais aussi notre sécurité et le paisible agencement de nos vies. […] Ils ont enfin compris que les principes vitaux sur lesquels l’Europe fut fondée sont en danger de mort. L’Europe, c’est la communauté des nations libres, indépendantes et chrétiennes, c’est l’égalité des hommes et des femmes, la concurrence loyale et la solidarité, l’orgueil et l’humilité, la justice et la mansuétude.
Cette fois-ci, nous ne subissons pas les coups de boutoir des guerres et des catastrophes naturelles qui s’abattent sur nous par surprise. Cette immigration de masse s’apparente à la lente érosion des rivages sous l’action persistante de l’eau. Cette invasion a pris le masque d’une cause humanitaire, quand en réalité leur but est de conquérir nos territoires, et chaque arpent dont ils s’emparent est un territoire perdu pour nous. Des meutes de défenseurs des droits de l’homme, qui n’ont que ce mot à la bouche, ne cessent de nous faire la leçon et de porter des accusations contre nous. On nous dit hostiles et xénophobes, mais la vérité est que notre nation a toujours accueilli l’autre et s’est fondée sur la fusion de différentes cultures. Nous avons ouvert nos portes à ceux qui voulaient venir en tant que nouveaux membres de la famille, en tant qu’alliés ; nous avons ouvert nos portes aux réfugiés qui craignaient pour leur vie, et tous ont pu y créer un nouveau foyer. Mais ceux qui sont venus ici avec l’intention de changer le visage de notre Nation, de la refondre à leur image, ceux qui sont venus contre notre gré et les armes à la main, ceux-là se sont heurtés à notre résistance.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Au tout début, on nous disait qu’ils ne seraient que quelques centaines de personnes déplacées, ou un millier, ou deux mille, mais pas un seul dirigeant européen responsable n’oserait nous faire la promesse solennelle que ces deux mille ne se transformeront pas en dizaines ou en centaines de milliers. Si nous voulons mettre fin à cette invasion, il nous faut absolument restreindre les pouvoirs de Bruxelles. Le plus grand danger qui nous menace ne vient pas des masses qui se pressent aux portes de l’Europe, mais de Bruxelles et de son attachement fanatique à l’internationalisme. Nous ne devons pas accepter que les eurocrates soient au-dessus des lois. Nous n’accepterons pas qu’ils nous forcent à accepter les fruits amers de leur politique d’immigration et leur cosmopolitisme forcené.

Nous n’accepterons pas que la Hongrie importe le terrorisme, la criminalité, l’homophobie et l’antisémitisme qui met le feu aux synagogues. Il n’y aura pas de quartiers dans nos villes qui se considéreront au-dessus de nos lois, ni troubles à l’ordre public, ni émeutes de populations immigrées. Nos femmes et nos filles ne seront pas pourchassées comme du gibier par des gangs allogènes. Nous ne laisserons personne nous dicter qui nous devons laisser entrer sur notre sol, qui peut vivre à nos côtés et avec qui nous partagerons notre patrie. Nous savons comment cela se passe : au départ, nous les laissons nous dicter qui nous devons accepter chez nous, et l’on se retrouve à servir des étrangers dans son propre pays. Et, à la fin, ils nous sommeront de faire nos valises et nous bouterons hors du pays de nos ancêtres. Nous rejetons donc leur plan de relocalisation forcée des réfugiés et nous ne nous laisserons pas intimider ni par du chantage, ni par des menaces.
Le temps est venu de donner l’alarme. Le temps est venu de l’opposition et de la résistance. Le temps est venu d’en appeler à nos alliés. Le temps est venu de brandir l’étendard des nations qui se tiennent encore droites. Le temps est venu d’empêcher la destruction de l’Europe et de sauver son avenir. C’est à cette fin que nous appelons tous les citoyens hongrois à s’unir, quelle que soit leur affiliation politique, et nous appelons toutes les nations européennes à s’unir. Les dirigeants et les citoyens européens ne doivent plus vivre dans des mondes séparés. Nous devons restaurer l’unité de l’Europe. Nous, peuples européens, ne pouvons être libres individuellement que si nous pouvons être libres tous ensemble. La victoire nous attend si nous unissons nos forces, mais si chacun tire la couverture à lui, nous courons à notre perte. Unis, nous sommes forts ; désunis, nous sommes faibles. Soit nous nous en sortons tous ensemble ou pas du tout. Il n’y a pas d’autre moyen.
Hongrois, Hongroises,
En 1848, il était écrit dans le livre du Destin que rien ne pourrait être tenté contre l’Empire des Habsbourg, et si nous nous étions résignés à ce décret, notre sort eût été scellé, et les flots allemands auraient englouti les Hongrois. En 1956, il était écrit dans le livre du Destin que notre sort était de rester un pays occupé et soviétisé jusqu’à ce que le plus petit dernier souffle de patriotisme s’éteigne chez le dernier des Hongrois, et si nous nous étions résignés à ce décret, notre sort eût été scellé, et les flots soviétiques auraient envahi les Hongrois.
Aujourd’hui, il est écrit dans le livre du Destin que des puissances mondiales occultes et sans visage vont éliminer tout ce qui est unique, autonome, national et séculaire. Ils mélangeront les cultures, les religions et les populations, jusqu’à ce que notre belle et fière Europe aux multiples facettes ne soit plus qu’une ombre docile et blafarde. Et si nous résignons à cette fin, notre sort sera scellé, et nous serons engloutis dans l’énorme panse des Etats-Unis d’Europe. La tâche qui attend le peuple hongrois, les nations d’Europe centrale, ainsi que les autres nations européennes qui n’ont pas encore perdu tout sens commun est de défaire le destin qu’ils nous réservent, de le réécrire et de le transformer.
Nous Hongrois et Polonais2, savons comment nous y prendre. On nous a appris que seuls ceux qui sont assez braves peuvent regarder le danger en face. Il nous faut donc arracher l’ancienne vertu du courage des limons de l’oubli. Il nous faut retrouver l’ancienne hardiesse des cœurs, et nous devons répondre clairement, d’une voix que tous doivent entendre, à la question la plus importante qui déterminera notre destin, et la question qui décidera de l’avenir de l’Europe, de sa victoire ou de sa chute, la voici : allons-nous nous laisser réduire en esclavage, ou serons-nous des hommes libres ? C’est à cette question qu’il nous faut répondre. Debout la Hongrie ! Debout les Hongrois ! » 

"Jour de fierté" en Hongrie
60e anniversaire du soulèvement anticommuniste

La Hongrie célébrait hier [23 octobre 2016, NDLR] le soixantième anniversaire du soulèvement antisoviétique de 1956. « Les peuples qui aiment leur liberté doivent sauver Bruxelles de la soviétisation, de ces gens qui veulent nous expliquer comment nous devons vivre dans nos propres pays », a notamment déclaré Viktor Orban. Mais cette phrase qui circule partout ne doit pas masquer le reste de son discours. Voici une traduction du compte rendu officiel de ce discours sur le site du gouvernement hongrois.
Dans son discours, le Premier ministre a dit que « c’est une vérité millénaire » qu’il doit y avoir « l’unité dans les choses importantes, la liberté dans les autres, et l’amour en toute chose ».
M. Orban a appelé le 23 octobre un « jour de fierté ». « Le lumineux souvenir d’octobre 1956 nous appartient à tous ; c’est un patrimoine commun qui élève et purifie, même après 60 ans. » « Nous avons à remercier les héros de 1956 pour nous avoir donné quelque chose dont nous pouvions être fiers – même pendant les heures les plus sombres de l’histoire hongroise. »
Dans son discours, le Premier ministre a souhaité une particulière bienvenue à l’invité d’honneur de la cérémonie, le président polonais Andrzej Duda, et a décrit l’amitié entre les peuples hongrois et polonais comme une « très ancienne amitié entre deux nations courageuses éprises de liberté ». En reconnaissance de ce fait, il a déclaré : « Dieu sauve la Pologne ! »
« Les Hongrois n’ont jamais renoncé à la liberté », a-t-il dit, soulignant que à Budapest en octobre 1956 « le cours de l’histoire a été inversé » et que, « au lieu de la révolution communiste mondiale qui était prophétisée, une révolution contre le monde communiste a éclaté ». Il a ajouté que « nous avons envoyé un message à l’Occident » : que l’Union soviétique était vulnérable, et que dans ce monde les seules étoiles permanentes sont celles du sommet des clochers.
Les Hongrois, a-t-il continué, ont survécu à l’occupation communiste et soviétique, et ils peuvent aujourd’hui se tenir « la tête haute, comme les fils et les filles, sûrs d’eux-mêmes, d’une Hongrie forte », ajoutant qu’ils ont renversé l’Etat du parti communiste, renvoyé les Russes chez eux, et débarrassé leur pays des « conséquences résiduelles de la dictature ».
Selon M. Orban, en 1956 le communisme – qui était considéré jusque-là comme inamovible – a subi une blessure dont il n’a pas pu se remettre ; mais après 1956 le régime et ses dirigeants ont « conclu un pacte avec le diable ».
Le Premier ministre a déclaré que personne ne connaît l’origine de la force des Hongrois et de leur capacité à attaquer à partir de nulle part, et « d’être capables tous les cent ans de faire un miracle, comme David avec sa fronde ». Il a suggéré que « peut-être nous possédons les mêmes connaissances que les Grecs il y a 2.500 ans, qui croyaient que le secret d’une vie heureuse était la liberté, et que le secret de la liberté est le courage ».
Les Hongrois ont une capacité naturelle pour la liberté, a-t-il dit, mais la liberté n’est pas un état auquel on aspire, c’est un mode de vie, « c’est comme nager : ceux qui arrêtent se noient ».
M. Orban a continué en disant que si une nation renonce à sa liberté, alors elle peut à tout moment devenir seulement une minorité. « Seule notre propre indépendance nationale peut nous sauver des appétits destructeurs et dévoreurs des empires », a-t-il dit, ajoutant que « la raison pour laquelle nous sommes restés en travers de la gorge de l’empire soviétique est que nous affirmions nos idéaux nationaux ».
Le Premier ministre a déclaré que c’est l’une des raisons pour lesquelles il est inacceptable que l’U.E. devienne un empire moderne, ou que l’alliance des Etats européens libres soient remplacée par des Etats-Unis d’Europe.
La tâche des peuples épris de liberté aujourd’hui est de sauver Bruxelles de la soviétisation, et de son « désir de décider à notre place avec qui nous devons vivre dans notre patrie ».
« Nous, les Hongrois, voulons être une nation européenne, et pas une minorité en Europe », a-t-il dit.
En tant qu’héritiers de 1956, a-t-il poursuivi, nous ne pouvons pas accepter que l’Europe puisse vouloir couper les racines qui ont fait notre grandeur et qui nous ont aidés à survivre à l’oppression communiste », ajoutant que « il ne peut pas y avoir d’Europe libre, forte, respectée, et ayant autorité, sans la force vitale des nations et la sagesse bimillénaire du Christianisme ».
Le Premier ministre a également parlé du fait que, tous les trente ans, « l’histoire pousse la Hongrie au cœur des débats cruciaux sur l’avenir du continent. Ce fut le cas en 1956, quand les Hongrois ont voulu repousser le rideau de fer au-delà de leur frontière orientale, et en 1989, quand « nous avons dû ouvrir la frontière pour permettre aux Allemands de trouver un chemin vers d’autres Allemands »… Cependant qu’en 2015-2016 « nous avons été ceux qui ont dû fermer la frontière pour arrêter le flot de l’immigration venant du sud ». « Nous avons continué à faire notre devoir, alors même que nous étions attaqués par derrière, par ceux qu’en fait nous protégions », a déclaré le Premier ministre. Les Hongrois ont le courage de faire face à l’injustice, parce qu’elle ne dispense pas de faire son devoir, et par conséquent « l’Europe peut toujours compter sur nous ».
« Il y aura toujours des situations dramatiques, des adversaires puissants et de grands enjeux, mais ce n’est pas une raison pour succomber à la peur », a-t-il dit. « Nous ne devons pas céder aux terroristes qui déclarent la guerre au monde occidental, ni aux profiteurs qui envoient ici des gens à la recherche d’une meilleure vie en Europe, ni aux âmes naïves qui ne savent pas vers quel péril extrême elles poussent l’Europe, et elles-mêmes », a dit M. Orban.
Le Premier ministre a déclaré que la Hongrie a choisi la voie la plus difficile quand elle a « choisi ses propres enfants au lieu des immigrants, de créer du travail au lieu de la spéculation, d’obtenir l’autosuffisance au lieu de l’esclavage de la dette, et a choisi la protection des frontières au lieu de lever les bras en signe de reddition ».
M. Orban a également dit qu’il « ne peut y avoir de victoire sans élévation des cœurs », et que sans cela ce qui s’est passé en 1956 ne serait pas arrivé. « Indépendamment d’une prédominance politique, d’une majorité parlementaire ou d’une nouvelle Constitution, la victoire ne peut de nouveau être obtenue sans une élévation des cœurs, sans un éveil spirituel de la Hongrie et du peuple hongrois », a-t-il dit, ajoutant que c’est « une vérité millénaire » qu’il doit y avoir « unité dans les choses les plus importantes, liberté dans les autres, et l’amour en toute chose ». (source)

...et d'un entretien avec l'ambassadeur hongrois près le Saint-Siège
S.A.I.&R. le prince Edouard de Habsbourg-Lorraine



1re partie de l'entretien : ici.
2nde partie de l'entretien : .

Extraits :

Il est clair qu'une nouvelle Loi Fondamentale qui commence par une invocation à Dieu, faisant écho aux premiers mots de l'hymne national ( «Dieu bénisse les Hongrois») ne peut aujourd'hui que déranger et susciter l'aversion dans l'Europe dite occidentale. Si l'on ajoute l'article déclarant que «la Hongrie protège l'institution du mariage comme communauté de vie entre un homme et une femme, établie par une décision volontaire, et la famille comme base de la survie de la nation» et aussi l'article qui souligne que «la vie du foetus doit être protégée dès la conception», il y en a assez pour indigner et offenser à jamais l'intelligentsia des salons occidentaux. [...]  
Dans notre Loi Fondamentale, on lit [...] que l'Etat et les Eglises travaillent ensemble pour le bien de la société. En Occident, on enlève les crucifix et du reste, pas mal de catholiques occidentaux sont préoccupés de «ne pas déranger». En Hongrie et dans d'autres pays d'Europe centrale, de l'Est et du Sud-Est, la religion est beaucoup plus présente: les politiciens commencent souvent leurs conférences de presse par une prière. Ce n'est pas de l'hypocrisie: dans notre gouvernement hongrois sur les onze ministres, six sont catholiques et cinq protestants/calvinistes. En Hongrie, on trouve environ 60% de catholiques et 30% de calvinistes et luthériens. À tous les niveaux de l'administration publique, on trouve des chrétiens qui vivent la foi, parlent de Dieu, ont des contacts étroits avec les Eglises. Par exemple, je peux ajouter que l'intérêt pour l'activité du Saint-Siège est très élevé en Hongrie. [...] 
Deux non-catholiques, deux calvinistes hongrois, ont participé à la rencontre de cette année: le Premier ministre Viktor Orban et le ministre des Ressources humaines Zoltan Balog (qui est aussi pasteur). Et, très impressionnés par ce qu'ils ont pu entendre, ils ont décidé que la Hongrie devait donner un signe public bien visible pour l'aide aux chrétiens persécutés. Bien visible, afin d'encourager d'autres à suivre la même route. On a donc créé l'Office ad hoc, pour les chrétiens persécutés au Moyen-Orient et dans le reste du monde. Nous observerons aussi avec attention la persécution plus cachée en Europe. Il s'agira d'entreprendre des initiatives humanitaires, d'aider les réfugiés sur place , de les mettre à l'abri des endroits dangereux, de faire un beau travail d'information ... mais les détails sortiront dans les prochains mois. [...] 
Cette année, la Hongrie célèbre les 1700 ans depuis la naissance d'un saint particulier, saint Martin de Tours, mais il est le fils d'un officier romain basé en Pannonie, c'est-à-dire en Hongrie, à Szombathely. Saint Martin nous enseigne qu'il faut être disponible envers notre prochain quand il frappe à notre porte. Ce n'est pas nous qui choisissons. Martin ne savait pas qu'il allait rencontrer le pauvre, il n'était pas préparé, il n'avait pas un sac plein de nourriture mais spontanément, il lui a donné ce qu'il pouvait, la moitié de son manteau. Et cela est en substance le message de François. [...]  
La Hongrie a invité le Pape pour l'Année de saint Martin. François s'était réjoui, il était très content de l'invitation et avait répondu qu'il allait essayer de venir. Malheureusement, ayant 79 ans, il doit aussi faire des choix. On comprend qu'il ne peut pas aller partout où il voudrait. Il convient également de rappeler que le 9 mai dernier, à l'Académie de Hongrie à Rome a été organisée une conférence intéressante sur saint Martin de Tours en tant que personnage européen, à laquelle ont également assisté le cardinal Paul Poupard, l'ambassadeur suisse Pierre-Yves Fux et le chargé d'affaires français par intérim François-Xavier Tilliette. [...]  
De nombreux médias catholiques utilisent les phrases fortes et récurrentes du Sain-Père contre la construction de murs. Cependant, je suis avec attention tout ce que dit le Pape, et j'ai noté que François souligne également le droit de chaque peuple à préserver ses propres valeurs. Par exemple , dans le discours au Corps diplomatique le 11 Janvier 2016, il a considéré avec gravité les craintes répandues dans les populations des pays d'accueil, et reconnu leur droit à la sécurité. D'un côté, donc, François met en évidence le devoir évangélique prééminent d'accueil envers tous, mais de l'autre, avec réalisme, il ne peut pas ne pas prendre en compte les limites imposées par la réalité. Et, à propos du référendum du 2 Octobre, je propose en guise de conclusion ce qu'a dit François le 26 juin 2016, lors du vol de retour du voyage apostolique en Arménie, en réponse à une question sur le Brexit : « le pas que doit faire l’Union Européenne pour retrouver la force qu’elle a eue dans ses racines est un pas de créativité et aussi de 'saine désunion': c’est-à-dire plus d’indépendance, donner plus de liberté aux pays de l’Union». C'est exactement ce que la Hongrie veut demander avec le référendum du 2 Octobre. 

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