Deux-Siciles

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Actualité du roi titulaire des Deux-Siciles
Le duc de Calabre répond au duc de Castro
(traduction par nos soins, d'un article de Maria Luisa G. Moros, le 29 octobre 2016 dans ABC)

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C’est le fils de l’Infant Charles (« Don Carlos ») de Bourbon-Siciles et de la princesse Anne d’Orléans. Duc de Calabre depuis la mort de son père l’an passé, et président du Conseil royal des Ordres militaires espagnols, il a de plus la fierté d’être le père de sept enfants, fruit de son mariage avec Sophie Landaluce Melgarejo. Extrêmement discret, il a tenté d’éviter le conflit familial qui persiste avec son cousin Charles de Bourbon-Siciles, duc de Castro. « Jusqu’ici je n’ai pas répondu aux provocations de mon cousin, parce qu’en janvier 2014 nous nous engageâmes à ne pas nous agresser ni à nous porter mutuellement du tort. Depuis ce moment, j’ai tenu ma parole, comme me l’appris mon père bien-aimé ». Maria Luisa G. Moro d’ABC (29 octobre 2016)

Monseigneur, comment dois-je vous appeler ?
-Je suis habitué à tout type de traitements, vous pouvez donc m’appeler comme vous le préférez.

Mais comme Altesse royale, je devrais vous appeler Monseigneur, non ?
-Oui, mais si tu me tutoies cela ne me gênera nullement. Chaque jour au travail, je le fais constamment.

Monseigneur, vous êtes ingénieur agricole et vous occupez d’administrer des domaines, c’est bien cela ?
-Effectivement, ma passion depuis petit est la campagne et la nature, j’ai eu l’énorme chance de pouvoir en faire ma profession. Toutes les entreprises dans lesquelles je travaille ont rapport d’une manière ou d’une autre avec la nature. Je gère des domaines forestiers, agricoles, d’élevage et de chasse. Je suis fondateur associé de multiples entreprises d’alimentation animale, de conseil, de gestion et de projets.

De plus, vous consacrez une grande partie de votre temps à d’autres travaux, que nous pourrions dire « non rémunérés ».
-(rires) Certes, ils ne sont pas rémunérés mais n’en sont pas moins importants, tout au contraire. Je me sens très fier et privilégié d’une part, de reprendre le flambeau et continuer avec l’héritage familial avec l’Ordre sacré constantinien de Saint Georges. D’un autre côté, je n’ai pas pu me sentir plus honoré que lorsque S.M. le roi Jean-Charles me nomma président du Conseil royal des Ordres de Saint-Jacques, Calatrava, Alcantara et Montesa. C’est un honneur et une grande responsabilité, car ces Ordres représentent une part très importante de l’histoire d’Espagne. De plus, je fais partie d’autres corporations aussi honorables que les précédentes, avec lesquelles je collabore comme je peux.

A quoi se dédient aujourd’hui ces Ordres ?
-En premier lieu, être membre d’un Ordre t’oblige à être une personne honorable et à avoir un comportement exemplaire. Tous les Ordres promeuvent des œuvres de charité, historiques, culturelles et religieuses. Nous collaborons aux œuvres charitables aussi bien en Europe qu’en dehors, nous aidons des monastères, des couvents, séminaires et collèges ; nous finançons des bourses, des prix et des camps de jeunesse dans des pays en voie de développement.

Que pensez-vous de la polémique qui existe actuellement entre le duc de Castro et vous ?
-J’ai toujours essayé d’éviter les polémiques. Nous avons signé et fait une série d’accords en janvier 2014 ; accords que mon cousin Charles a violé unilatéralement. En ce moment, je n’ai pas eu d’autre solution que de le lui rappeler. Depuis lors et jusqu’à maintenant, il n’a pas arrêté de sortir dans différents moyens de communication et réseaux sociaux, différents articles et communiqués contre ma famille et moi.

Et que répondez-vous ?
-Jusqu’ici je n’ai pas répondu aux provocations de mon cousin, parce qu’en janvier 2014 nous nous engageâmes à ne pas nous agresser ni à nous porter mutuellement du tort. Depuis ce moment, j’ai tenu ma parole, comme me l’appris mon père bien-aimé. Aujourd’hui je ressens la nécessité de réponde à quelques-unes de ces affirmations car je ne veux pas que s’accomplisse le vieil adage castillan du « Qui ne dit mot consent ».

Connaissez-vous les dernières déclarations du duc de Castro de ces derniers jours ?
-Oui, j’ai lu ces déclarations et beaucoup d’autres. Dans toutes, mon cousin essaie de confondre le lecteur. Il veut mélanger trois thèmes totalement différents et faire d’eux un seul. Les trois sujets qui sont en jeu sont d’abord la Grande Maîtrise de l’Ordre sacré constantinien de Saint Georges, la direction de la Maison de Bourbon-Siciles et encore celle de la Maison royale de Bourbon-Siciles.

Pourriez-vous m’expliquer la différence entre ces trois sujets ?
-D’abord, la Grande Maîtrise de l’Ordre sacré constantinien de Saint Georges. Cette charge se succède par ligne agnatique rigoureuse jusqu’à nos jours. A cette Maîtrise, mon arrière-grand-père n’a JAMAIS renoncé. Par conséquent, en suivant la ligne agnatique, la Grande Maîtrise retombe sur ma personne à partir du décès de mon père. Cela est indiscutable.
Ensuite, la direction de la Maison de Bourbon-Siciles. Cette direction s’hérite toujours par ligne mâle et primogéniture. A cette direction, mon arrière-grand-père l’Infant Charles n’a jamais renoncé ; voilà pourquoi cette question n’admet aucune discussion.
Enfin, la prétention au Trône des Deux-Siciles ou à la direction de la Maison royale des Deux-Siciles. Cela est le dernier point qui, en étant généreux serait discutable, car en effet, mon bisaïeul signa en 1900 une renonciation conditionnée. Moi, personnellement, je n’ai aucun doute sur le fait que cette renonciation resta sans aucun effet, les conditions ne s’étant pas réalisées pour cela. Surtout, cela me parut encore plus clair le jour où mon père me fit lire cinq rapports émis par le ministère de la Justice espagnol, l’Académie royale de jurisprudence et de législation, l’Institut Salazar et Castro et le ministère des Affaires étrangères, tout cela en 1983, et en outre le rapport émis en 1984 par le Conseil d’Etat. Ce sont des rapports émis par des institutions prestigieuses. Ils ne laissent aucun doute sur le fait que la direction de la Maison royale des Deux-Siciles allait à mon père.

Mais votre cousin affirme également qu’il est l’unique héritier du trône.
-Je ne sais pas ce qu’il prétend, cela me paraît une témérité de sa part ; d’abord parce qu’en ce moment, le trône qu’il réclame n’existe pas ; et ensuite parce que ce n’est pas à lui de le faire. De toute façon je voudrais que ce soit clair que je ne prétends à aucun trône. La seule chose à laquelle je prétends en cette vie est de bien éduquer mes enfants, bien développer mon travail et surtout, porter avec humilité, honneur et dignité la direction de ma Maison, qui est la direction de la Maison royale des Deux-Siciles. Quand je dis bien développer mon travail, je me réfère au travail de donner à manger à mes enfants et à ces autres travaux que vous appeliez « non rémunérés » économiquement (rires). Il reste encore beaucoup de bonnes choses à faire et vraiment beaucoup de travail devant nous.

Vous avez mentionné l’éducation de vos enfants. Est-elle distincte par rapport à celle d’autres de leur âge ?
-Non, nous éduquons nos enfants dans une ambiance familiale. Dans ce domaine, c’est à mon épouse Sophie que revient tout le mérite, car elle leur est dédiée corps et âme. Pour nous, l’éducation, ce ne sont pas que les bonnes écoles ou universités, mais aussi l’éducation chrétienne que se reçoit à la maison. Nous avons sept enfants, nous ne pouvons donc nous permettre rien de spécial.

Comme vit au jour le jour une famille de sept enfants ?
-Compliqué, surtout la logistique, mais c’est très gratifiant. Nous avons la chance que tous collaborent, c’est seulement une question d’organisation et d’austérité.

Quand commença la dispute entre la branche espagnole et l’italienne ?
-En réalité, la dispute est entre la branche espagnole et la branche française, car les origines des deux branches sont napolitaines. A travers le déracinement de nos ancêtres, la branche de mon cousin Charrles resta vivre en France, et ma famille s’établit en Espagne.
La dispute commença en 1960 à la mort de Fernand Pie de Bourbon-Siciles. Le mois de sa mort, comme le raconte notre tradition familiale, mon grand-père, l’Infant Alphonse, assume la direction de la Maison ; et Rainier, qui était le quatrième enfant du comte de Caserte, n’attaqua pas cette direction. L’on peut suivre le reste de l’histoire en lisant le rapport émis par le comte de Borrajeiros, magistrat du Tribunal suprême et académique de l’Académie royale de jurisprudence et législation.

Dans la dernière entrevue concédée par Charles, il affirme que la comtesse de Barcelone refusa de reconnaître votre père comme duc de Calabre.
-Je ne sais pas d’où mon cousin tire cette conclusion. Ce que je peux lui dire, c’est que, il y a peu, en mettant de l’ordre dans les papiers de mon père, je pus voir une copie du testament de S.A.R. la comtesse de Barcelone, dans lequel mon père était nommé exécuteur testamentaire comme duc de Calabre.

Une autre des déclarations polémiques de votre cousin a été d’affirmer qu’aucune famille royale n’avait donné de crédit à vos prétentions.
Je répète que je n’ai aucune prétention, mais je précise aussi que « se faire prendre en photo avec », « être invité à », ou le fait que d’autres familles acceptent l’invitation de quelqu’un, ne signifie pas que celui-ci soit soutenu ou légitimé par une quelconque Maison royale. Mon cousin mentionne aussi qu’il a en sa possession certains objets de famille et que cela l’accrédite comme unique héritier. A cela je dois répondre qu’en premier lieu, je me réjouis que ces objets familiaux soient dans la famille. Nous avons presque tous reçu dans notre famille quelque chose qui provient de nos ancêtres. De fait, mes sœurs et moi avons aussi des objets familiaux. La possession d’objets ne légitime pas une cause. Tous ces commentaires me paraissent un non-sens. Seul celui qui a besoin de trouver des arguments pour s’affirmer les utilise.

Quelle est votre opinion sur S.M. le roi Philippe VI ?
Comme espagnol, je ne pourrais pas me sentir plus heureux qu’avec le roi que nous avons et qu’avec celui que nous avons eu. Comme dit son père : « Le roi Philippe VI est le roi le mieux préparé de l’Histoire de l’Espagne ». Il est en train de le prouver.

Pour ce que j’en remarque, vous le considérez votre Roi.
-Bien sûr ! Avec S.M. le roi Philippe VI et avec la Couronne espagnole, j’ai toujours eu une absolue loyauté, fidélité et service. Comme le firent mon père, mon grand-père et mon arrière-grand-père. C’est très clair pour moi.

Passons au thème personnel. Vos défauts ?
-(rires) Beaucoup trop, ce serait mieux de le demander à mon épouse, elle dit que je suis très têtu et confiant.

Regrettez-vous quelque chose ?
Nous commettons tous des erreurs mais je suis de ceux qui pensent que l’on apprend de tout et qu’il ne faut pas regretter les décisions prises. Peut-être aurais-je aimé avoir appris plus de langues.

Votre meilleur succès ?
Notre mariage.

Ce qui vous plaît le plus ?
Ma famille et la nature.

Ce qui vous énerve le plus ?
Le manque de ponctualité.

Et pour terminer, voulez-vous dire quelque chose à votre cousin ?
Bien sûr. Que le dialogue avec lui a toujours été et sera toujours ouvert, sans conditions d’aucun type. Et que je lui souhaite le meilleur, à lui et sa famille.

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