Novembre 2016

180e anniversaire de la mort de Charles X

Le roi Charles X en tenue de sacre.

L'heureux anniversaire des noces de nos Souverains le 6 novembre dernier nous a empêchés de commémorer l'anniversaire du trépas du roi Charles X, en 1836.

En exil, Charles X portait le titre de courtoisie de « comte de Ponthieu », nom de localité qui sera donné à une rue de Paris. Le roi déchu se retira d'abord au palais de Holyrood, en Écosse. Grâce à ses bonnes relations avec les Habsbourg-Lorraine, il s'installa ensuite au château de Prague, où il reçut des visites de Chateaubriand. Il partit ensuite à Budweis (actuelle České Budějovice) puis dut fuir une épidémie de choléra, arrivant enfin à Görz (alors en Autriche), actuelle Gorizia en Italie et Nova Gorica en Slovénie (ville divisée en 1947 par la ligne militaire Morgan).
Il mourut dans cette ville du choléra le  et est inhumé à Kostanjevica (Nova GoricaSlovénie) aux côtés de son fils Louis et de sa bru Marie-Thérèse de France, fille aînée de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

Tombeaux de Charles X et de « Louis XIX » au couvent de Kostanjevica (Nova Gorica).
« […] Mme Adélaïde [sœur de Louis-Philippe] mande à M. de Talleyrand que la Cour ne prendra pas le deuil à l'occasion de la mort de Charles X, faute de notification […] (la mort) divise, à Paris, sur tous les points. Chacun y porte le deuil à sa façon, depuis la couleur jusqu'à la laine noire, avec des gradations infinies, et des aigreurs nouvelles à chaque aune de crêpe en moins. Puis, les uns disent le comte de Marnes et Henri V, les autres Louis XIX. Enfin, c'est la tour de Babel ; on n'est même pas d'accord sur la maladie dont Charles X est mort ! […] Il y a eu division sur la question du deuil jusque dans la famille royale actuelle : la Reine, qui l'avait pris spontanément le premier jour, a été très peinée que le Ministère le lui ait fait quitter. Le Cabinet a craint la controverse des journaux […]. »
Duchesse de Dino, de Rochecotte, les 21 et 28 novembre 1836 dans Chronique de 1831 à 1862, Plon, 1909, p. 107 et 108.

À la mort de Charles X, une partie des Légitimistes reconnut pour roi son fils le « comte de Marnes », sous le nom de « Louis XIX », mais les henriquinquistes, en contradiction avec les lois fondamentales, continuèrent de soutenir le « comte de Chambord », sous le nom d'« Henri V », se basant sur l'abdication du , que Charles X avait signée en faveur de son petit-fils Henri d'Artois.
Pourtant, le fils aîné de Charles X, le dauphin Louis-Antoine, signa une proclamation dans laquelle, tout en confirmant sa renonciation de 1830, il déclarait que « dans les circonstances actuelles », l'intérêt de son neveu exige qu'il fûtt « chef de la maison de France » et investi de l'autorité royale, sous le nom de « Louis XIX » et avec le titre de courtoisie de « comte de Marnes », jusqu'au jour où « la monarchie légitime sera[it] rétablie » : il transmettrait alors la Couronne à son neveu.
Cette subtilité s'explique par le fait que la mort de Charles X investissant ipso facto le dauphin de la royauté, il suffit de notifier le décès aux cours européennes pour notifier également « l'élévation » au trône du dauphin sous le nom de Louis XIX ; en revanche, la reconnaissance de l'accession au trône d'Henri V implique la notification de la double abdication de 1830, dont on peut redouter que les cours refusent de la recevoir dès lors qu'elles ont toutes (excepté Modène, patrie de l'épouse d'Henri V) reconnu la monarchie de Juillet.


Carrosse funèbre de Louis XVIII.


De profundis clamavi ad te, Domine, Domine, exaudi vocem meam.
Fiant aures tuæ intendentes in vocem deprecationis meæ.
Si iniquitates observaveris, Domine, Domine, quis sustinebit ?
Quia apud te propitiatio est, et propter legem tuam sustinui te, Domine.
Sustinuit anima mea in verbo ejus, speravit anima mea in Domino.
A custodia matutina usque ad noctem, speret Israël in Domino.
Quia apud Dominum misericordia, et copiosa apud eum redemptio.
Et ipse redimet Israël ex omnibus iniquitatibus ejus.
Requiem aeternam dona eis Domine, et lux perpetua luceat eis.

V/ A porta inferi.
R/ Erue, Domine, animam ejus.

V/ Requiescat in pace. R/ Amen.

V/ Domine exaudi orationem meam.
R/ Et clamor ad Te veniat.

Oremus.
Deus, cui próprium est miseréri semper et párcere, te súpplices exorámus pro anima fámuli tui regis Caroli, quam hodie de hoc sǽculo migráre iussísti : ut non tradas eam in manus inimíci, neque obliviscáris in finem, sed iúbeas eam a sanctis Angelis súscipi, et ad pátriam paradísi perdúci ; ut quia in te sperávit et crédidit, non pœnas inférni sustíneat, sed gáudia ætérna possídeat. Per Christum Dóminum nostrum. R/ Amen.

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