Pérou

Le Pérou consacré aux Sacrés-Coeurs de Jésus et Marie


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Par décision du pape Pie XI, à chaque fête du Christ Roi, est renouvelé dans toutes les églises de la Chrétienté l'acte de consécration du genre humain au Sacré-Coeur de Jésus. Cette année, quelques jours plus tôt, le 21 octobre, le nouveau président du Pérou, Pierre-Paul Kuxzynski, élu le 28 juillet dernier, a consacré le Pérou au Sacré-Coeur.
Pedro Pablo Kuczynski.
A l’occasion de sa participation au « Déjeuner National de Prière » au Swissotel de Lima, le Président du Pérou, Pedro Pablo Kuczynski, en sa qualité de mandataire suprême, a récité la prière de consécration rédigée par la « Mission pour l’Amour de Dieu dans le Monde ». [...] D’importants dirigeants du monde de l’entreprise et du monde politique ont participé à l’événement, notamment la Présidente du Congrès, Luz Salgado, qui a également fait une prière demandant à Dieu Son aide et Sa protection. 
C’est la premières fois en 21 éditions qu’un Président de la République assiste au « Déjeuner National de Prière » organisé par les Petits Groupes de Prière, une initiative qui est née au Sénat des États-Unis en 1943 et qui est parvenue au Pérou en 1985. Il s’agit de groupes d’amis qui se réunissent une fois par semaine afin de partager le repas, méditer sur les enseignements de Jésus et prier ensemble.
Voici la vidéo de l’ACI Prensa, l'agence de presse catholique hispanophone basée au Pérou.
Pedro Pablo Kuczynski

Moi, Pedro Pablo Kuczynski, Président de la République du Pérou, avec l'autorité qui m'est conférée, je fais un acte de consécration de moi-même, ma famille, ici présente et de ma femme, et la République du Pérou à l'amour et à la protection de Dieu Tout-Puissant, par l'intercession du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie.
Je mets dans vos mains aimantes mon gouvernement avec tous les travailleurs et les citoyens qui sont sous ma responsabilité. Dieu Tout-Puissant, je vous offre mes pensées et mes décisions en tant que président afin de les utiliser pour le bien de notre pays et de toujours être conscient des Dix Commandements pour gouverner. Je demande à Dieu, par l'intercession du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, d'écouter et d'accepter mon acte de consécration et de couvrir notre pays d' une protection spéciale.
En faisant cette prière, je demande le pardon de Dieu pour tous les péchés qu'on a commis dans le passé, tous ce qui a été fait dans le passé de la République et toutes les décisions qui ont été prises contre Ses Commandements et je demander Son aide pour changer tout ce qui nous sépare de Lui. Moi, Pedro Pablo Kuczynski, en tant que Président de la République du Pérou, je fais ce serment solennel devant Dieu et devant les citoyens de notre pays aujourd'hui 21 Octobre 2016.

Il est assez remarquable que Pedro Pablo Kuczynski n’est pas le descendant d’une vieille famille catholique polonaise, comme son nom pourrait le laisser penser. Son père était un médecin juif allemand qui s’était installé au Pérou pour fuir le nazisme, avec sa femme, une française, Madeleine Godard, descendante d’une famille protestante dont est également issu Jean-Luc Godard, cousin germain du président péruvien… Cette consécration fait penser à celle de l’Equateur par son très catholique président Gabriel Garcia Moreno. C’était en 1873. Il fut assassiné deux ans plus tard, sans doute par la franc-maçonnerie qu’il avait interdite. Ce n’est pas ce qu’on souhaite à PPK… (Y.D.)


Réaction du primat du Pérou

mgr josé-antonio-egurenPrenant le nouveau chef de l’État péruvien au mot, l’archevêque de Piura, Mgr José Antonio Eguren vient de publier une nouvelle lettre pastorale pour faire part de ses « réflexions sur des événements récents affectant la vie et la famille au Pérou ». Il évoque son « heureuse surprise de voir que Monsieur le président de la République, le Dr Pedro Pablo Kuczynski, lors d’une prière solennelle, a consacré le Pérou au Sacré-Cœur de Jésus et au Cœur Immaculé de Marie ». Aussitôt, l’évêque péruvien en tire une conséquence : il faut que le président et son gouvernement agissent en cohérence avec cette consécration. Indiquant qu’il travaillait sur ses « réflexions » lorsqu’il a appris la nouvelle, Mgr Eguren précise :

« Sincèrement, j’espère que cette prière produira un changement d’orientation de son gouvernement, et que ces réflexions serviront aussi bien à amender ce qui se fait actuellement dans le cadre de son mandat qu’à réparer les dommages occasionnés lors de mandats antérieurs. »

Le président Kuczynski, rappelle le prélat, a choisi des termes qui l’engagent : « J’offre à Dieu tout-puissant mes pensées et mes décisions en tant que président afin que je les utilise pour le bien de notre pays et pour que j’ai toujours présents à la conscience les Dix commandements tant que je le gouvernerai. »

Alors que le président demande pardon pour toutes les « transgressions » commises par les gouvernements antérieurs, Mgr Eguren en donne le détail. « Malheureusement, cela fait déjà plusieurs années que l’on a vu se détériorer les valeurs (de la vie et de la famille) parce que divers gouvernements ont privilégié une politique favorable à l’avortement, sous prétexte qu’il s’agit d’un droit, et en même temps on a installé et développé dans l’appareil de l’Etat l’idéologie du genre. Ces deux choses sapent le bien commun et les fondements de la famille dans le pays. Malheureusement, le gouvernement actuel a insisté pour poursuivre avec une vision bien précise d’une “modernité” qui semble comporter ces deux choix politiques malgré sa promesse, au cours de la campagne électorale, de défendre la vie humaine et la famille », écrit-il.

Mgr Eguren dénonce ensuite le « divorce » entre ce que pensent réellement les Péruviens et la majorité des moyens de communication sociale, favorables à l’avortement et à l’idéologie du genre, et qui œuvrent à obtenir parmi le peuple « un changement de ses valeurs et de sa vision de la réalité ».

Il se plaint aussi d’une « discrimination envers l’Eglise » dont chaque intervention dans le domaine public est accueillie par cette objection : « L’Etat est laïc. » « Cette position est intolérante, fausse et idéologique. Intolérante, parce que les pasteurs, comme n’importe quel citoyen, ont le droit de donner leur opinion et de contribuer au bien commun du pays. Fausse, puisque la constitution politique du Pérou elle-même reconnaît le rôle joué par l’Eglise dans la formation morale de la nation (art. 50) ; idéologique, parce qu’elle considère que les catholiques sont incapables de donner des arguments scientifiques et juridiques malgré les nombreuses universités qu’ils sont fondées au Pérou et dans le monde. »

Mgr Eguren donne ensuite quelques exemples de défaillance de l’Etat péruvien sous son gouvernement actuel. Il parle de la mauvaise réception faite au communiqué de la conférence épiscopale du 24 août dernier sur la pilule du lendemain : celle-ci a été approuvée, tout comme la « pilule des cinq jours » dont l’un des modes d’action est également abortif. « En même temps, le ministère de la justice fait avancer les mesures légales permettant d’encadrer juridiquement les techniques de fécondation assistée, alors même que celles-ci sont contraires à la constitution en ce qu’elles portent atteinte à la dignité et au droit à la vie de ceux qui sont conçus par de telles techniques (les fameux embryons “surnumérairesˮ ») », note l’évêque.

Il se plaint de ce que dans les écoles, on enseigne aux mineurs à utiliser des contraceptifs – « et cela est critiquable en soi » – sans le consentement de leurs parents. Et ce alors que le ministre de la santé du gouvernement précédent venait de publier une résolution ministérielle affirmant que les moyens contraceptifs « ne constituent pas des traitements médicaux ». C’était tout ce qu’il fallait pour qu’ils puissent être distribués aux mineurs sans le consentement de leurs parents. C’est ainsi qu’aujourd’hui au Pérou, une mineure de 12 ans peut se voir donner un « contraceptif d’urgence » à l’insu de ses parents, comme l’affirmait la coordinatrice nationale de la stratégie de santé sexuelle et reproductive du ministère de la santé, pas plus tard que le 5 octobre dernier.

Ce n’est pas parce que le président péruvien a consacré son pays au Sacré-Cœur que l’idéologie du genre n’y est pas imposée dans les écoles : elle a été insérée dans le programme pour l’année 2017 par le ministère de l’éducation, toujours sans que les pères et mères de famille puissent protester et faire respecter leurs droits éducatifs.

Voilà le président Kuczynki placé devant ses responsabilités. Avec la grâce de Dieu, il peut apporter les réponses qui conviennent, ce qui suppose, après les paroles, une vraie volonté politique dont Mgr Eguren rappelle qu’elle est indispensable au pays : « Dans sa marche vers le bicentenaire de son indépendance, le Pérou en tant que nation n’a pas seulement un objectif de développement économique ou technologique, ou celui de résoudre le problème de la sécurité des citoyens, puisque sans richesse morale et humaine la richesse économique sert si peu, voire ne sert à rien. »


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