Immaculée Conception

De l'origine de l'Octave de l'Immaculée Conception


Vénérable abbé Boudon (1624-1702), grand-archidiacre d'Evreux.
Image illustrative de l'article François d'Aix de La Chaise
R.P. François d'Aix de La Chaize (1624-1709), confesseur du Roi Soleil.

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Innocent XII (pape de 1691 à 1700).

Le 15 mai 1693[1], le pape Innocent XII éleva la fête de l’Immaculée Conception au rang de deuxième classe[2], assortie d’une octave. Louis XIV en avait demandé l’instauration pour son royaume, et l’avait obtenue en 1668, en même temps que le Portugal, mais après l’Espagne et le Saint-Empire (1664), Venise, Naples, Toscane, Bavière, Belgique, Milanais, Sardaigne et Gênes (1665) et les États de l’Église (1667).


[2] Elle était de rite double majeur depuis Clément VIII en 1602.


Mais tous les Réguliers ne l’avaient pas adoptée. Or, nous apprenons, par une providentielle confidence, que le vénérable abbé Henri-Marie Boudon (1624-1702), grand-archidiacre d'Evreux et inspirateur de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, fut à l’origine de son instauration chez les Bénédictins, avant même son extension à tout le royaume, lui, le dévot prêt à signer de son sang la défense d’un si beau mystère.

« Je suis tout à fait touché de ce que l'on pense à ôter l'octave de la fête de la sainte Conception de la glorieuse Mère de Dieu. J'estime à une faveur inestimable de ce que la divine Providence s'est voulu servir d'une chétive créature, comme je suis, pour faire célébrer cette octave dans la congrégation de Saint-Maur des Bénédictins. Ils ne l'avaient pas reçue, et feu M. Thiersault pensant à en parler à la feue Reine, ne trouvait personne qui le lui conseillât. Les PP. jésuites mêmes, quoiqu'ils soient très-zélés pour cette fête, y trouvaient des inconvénients. Enfin, il s'en rapporta à une pauvre créature comme moi : je lui dis de le faire sans hésiter ; il le fit, et la Reine l'envoya de sa part dire aux Pères bénédictins qu'ils eussent à célébrer cette octave, selon les intentions du Roi présentement régnant ; car ce n'est pas le défunt roi qui a demandé au Pape cette octave, c'est le Roi qui règne avec tant de bénédiction. Les religieux bénédictins, sans tarder, marquèrent aussitôt leur obéissance, et depuis ce temps ont célébré la sainte octave.
C'est une chose qu'il faudrait remarquer ; car ne la pas faire, c'est aller contre les ordres du Roi qui l'a demandée instamment au Pape : c'est pourquoi, quoique l'on eût bien voulu l'ôter dans la réforme du dernier bréviaire de Paris, on ne l'osa pas faire ; et c'est ce qui a obligé d'en faire au moins une octave simple, c'est-à-dire mémoire tous les jours, et le dernier jour on en fait l'office entier.
Mais il y a une raison particulière pour Rouen, qui est le lieu où l'on a honoré des premiers ce mystère, et où tous les ans chez les Carmes on fait des assemblées pour le célébrer par les vers que l'on y compose à son honneur. On pourrait faire au moins comme à Paris ; je dis au moins, et il est bon de suggérer ces choses. On voulait ôter entièrement l'octave ; je ne sais s'il ne serait point à propos d'en donner avis au R.P. de la Chaise par quelque moyen, puisqu'elle a été reçue par ordre du Roi qui en avait prié le Pape »[1].

            En 1701, la question liturgique le taraudait toujours, pour l’honneur de sa sainte Mère.

« Je ne sais pas comment on pourra ôter entièrement l'octave de la sainte Conception de la Mère de Dieu, car c'est à la prière du Roi que le Pape l'a accordée ; c'est le Roi-même qui l'a demandée. À Paris, ils ont trouvé un moyen : l'on en fait l'octave ; mais seulement la mémoire tous les jours, et le jour de l'octave l'office entier »[2].



[1] Lettre à M. Bosguérard, du 13 déc. 1693 ? ; lettre 224.
[2] Lettre à M. Bosguérard, en la Vigile de la Pentecôte, 14 mai 1701 ; lettre 267.

Extraits d'un livre à paraître sur "Monsieur Boudon"

Depuis, d'autres ont réussi à la faire passer à la trappe. Mgr Hannibal Bugnini, aussi expert en liturgie qu'un éléphant dans un magasin de porcelaines, a supprimé l'Octave de l'Immaculée en 1955, avec quasiment toutes les Octaves de l'année (comme la plus que millénaire Octave de l'Epiphanie !), avec la bénédiction - ou au moins signature - du vénérable pape Pie XII, ce qu'applique scrupuleusement "la liturgie de 1962".

Prières en cliquant sur l'image ci-dessous :

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