Citation

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Couronnement de Charles IV de Hongrie (Charles Ier d'Autriche) le 30 décembre 1916.

Noblesse et Royautés : Pouvez-vous nous parler de la béatification de votre grand-père l’empereur Charles ?

Résultat de recherche d'images pour "archiduchesse catharina de habsbourg-lorraine"S.A.I. & R. l'archiduchesse Catherine d’Autriche : Mon père et mon cousin l’archiduc Lorenz se sont donnés un mal fou pour toute la procédure de béatification de l’empereur Charles. Cela a été une très longue procédure. Je me souviens d’une audience au Vatican chez le pape Jean-Paul II. Il faut savoir que le pape Jean Paul II est né Karol Józef Wojtyła. Il a été prénommé Karol (Charles) en hommage justement à mon grand-père l’empereur Charles. Le père du Pape était sous-officier au sein de l’armée austro-hongroise. Lorsque ma grand-mère a rencontré le Pape, elle s’est bien évidemment agenouillée et lui a baisé l’anneau pontifical, et de son côté le Pape fit de même comme il nous l’expliqua car il était enfin face à son impératrice. Ce fut un moment particulièrement émouvant.


Le pape Jean-Paul II avait ce souhait de béatification du couple formé par mes grands-parents. La procédure est aujourd’hui en cours pour la canonisation de mon grand-père et la béatification de ma grand-mère. Les choses ont vraiment avancé à pas de géant ces derniers temps.
Source : N&R
Charles Ier (empereur d'Autriche)

Brésil

https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_du_Br%C3%A9sil

Décédée la semaine dernière à Rio de Janeiro, S.A. la princesse Isabelle Marie Josèphe Henriette Françoise d'Orléans-Bragance ont eu lieu lundi dernier. Née en 1944 à La Bourboule, elle était fille de l'empereur titulaire du Brésil Pierre III et de Marie-Elisabeth de Bavière. Trépassée à l'âge de 73 ans, elle était la soeur de S.M. l'empereur titulaire du Brésil, Louis Ier Gaston, et n'était pas mariée.

R.I.P.

Evénement

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L'Assemblée plénière des Evêques de France
approuve l'ouverture de la cause de béatification de
Madame Elisabeth de France (1764-1794)

Madame Elisabeth, soeur de Louis XVI

Image associée

Detail of the Comte d'Artois and Madame Elisabeth, 1782L’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification de Madame Elisabeth de France (1764-1794) a été approuvée par l’Assemblée plénière des évêques de France qui s’est achevée à Lourdes ce 7 novembre 2017, indique le communiqué final des évêques. Si l’enquête diocésaine était concluante le dossier serait communiqué à Rome.

Madame Élisabeth de France, sœur célibataire du roi Louis XVI, a été guillotinée, à l’âge de 30 ans, le 10 mai 1794. Dominique Sabourdin-Perrin a résumé son histoire pour France Catholique en avril dernier.

Portrait de Madame Élisabeth, en buste, de profil à gauche, dans une bordure ovale enguirlandée de fleurs à sa partie supérieure et reposant sur un cartouche aux armes, cantonné de lys ; le tout dans un encadrement rectangulaire.La princesse Élisabeth, Philippine, Marie, Hélène, fille du Dauphin Louis-Ferdinand et de Marie-Josèphe de Saxe, est née à Versailles, le 3 mai 1764 et elle a été baptisée le jour même. Elle devient, avec ses 4 frères et soeur orpheline de père 1765, et de mère deux ans plus tard: elle n’a pas trois ans.


Elle est élevée par la gouvernante des Enfants de France et les sous-gouvernantes et “fait preuve d’un caractère rebelle”. Elle reçoit “une instruction très sérieuse prodiguée par des savants” et devient “une excellente mathématicienne”: “ses tables de logarithmes ont été publiées et utilisées”. Elle reçoit la confirmation le 11 août 1775, et elle communie deux jours après.

Miniature représentant Mme Elisabeth

Madame Elisabeth jouant de la harpe |Madame Elisabeth 1783
Madame Élisabeth de FranceLe mercredi 16 mai 1770, la famille accueille la jeune archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche, épouse du Dauphin. Celle-ci écrit à sa mère : «  C’est une charmante enfant qui a de l’esprit, du caractère et beaucoup de grâce.  » Elle aime se rendre à Saint-Cyr ou au Carmel de Saint-Denis chez sa tante Louise, mais n’envisage pas la vie religieuse: cette excellente cavalière “a besoin de vivre au grand air”.

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Ce qui frappe surtout chez elle, c’est sa bonté: “La vie de cour lui permet de soulager les détresses cachées, placer des orphelins selon leur rang, doter des jeunes filles nobles, intervenir indirectement pour les besoins de malades proches, sans compter les aides pécuniaires ou les obtentions d’offices ou promotions de carrière. Dans son domaine de Montreuil, elle visite pauvres et malades, écoute les gens du peuple. La renommée de la «  Bonne Madame Élisabeth  » se répand, comme en témoigne la romance du Pauvre Jacques, son vacher”, souligne Dominique Sabourdin-Perrin.
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Mais les soubresauts avant-coureurs de la Révolution se font ressentir: “Dès le 14 juillet, elle comprend les dangers qui menacent sa famille et prend la ferme décision de rester près de son frère et des siens. Les 5 et 6 octobre 1789, elle partage les dangers, s’installe aux Tuileries, où elle soutient le moral du roi et de la reine. Lorsque le 10 février 1790, Louis XVI renouvelle le vœu de Louis XIII à Notre-Dame de Paris, Madame Élisabeth conçoit l’idée de fonder une association de prières et de sacrifices pour obtenir la protection de la France et la réalise.”

Résultat de recherche d'images pour "madame élisabeth"Elle va jusqu’à offrir sa vie pour Marie-Antoinette: “Puis, raconte la même source, c’est le départ pour Varennes, l’arrestation, la monarchie constitutionnelle, l’insurrection du 20 juin 1792 au cours de laquelle Élisabeth offre sa vie, se faisant passer pour Marie-Antoinette, la protégeant de la violence populaire. Deux mois après, le 10 août 1792, a lieu le sac du château et la famille royale réfugiée dans le bâtiment de l’Assemblée législative devient prisonnière de la Commune de Paris. Madame Élisabeth, malgré le souhait répété du roi de la voir partir, décide, pour la troisième fois, de rester auprès de son frère et devient prisonnière dans la tour du Temple, le 13 août 1792.”

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L’auteur raconte: “Elle s’abîme dans la prière, récite quotidiennement : «  Que m’arrivera-t-il aujourd’hui… rien que vous n’ayez prévu de toute éternité. Je m’y soumets…  » Tous comprennent qu’elle est devenue le soutien de la famille, permettant à Louis XVI de recevoir l’abbé Edgeworth, de se confesser, de communier avant de mourir, s’occupant de sa belle-sœur affaiblie, de sa nièce qu’elle prépare à rester seule, mais au détriment de sa santé. Madame de Bombelles écrit, le 22 avril 1793 : «  sa maigreur est, dit-on, effrayante, mais la religion la soutient ; elle est l’ange consolateur de la Reine et des enfants ».”

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Les événements s’accélèrent: “Le 2 août 1793, la reine part pour la Conciergerie. Puis le 9 mai 1794 c’est le tour de Madame Élisabeth, d’un procès préfabriqué sans contact avec son avocat, Chauveau-Lagarde. Condamnée à mort avec vingt-quatre victimes, elle les aide à se préparer à mourir, et sauve la vie de la comtesse de Sérilly, l’obligeant à déclarer sa grossesse.”

Et c’est l’exécution: “Sur le passage de la charrette, «  le peuple l’admire et ne l’insulte point  », relate le municipal Moelle. Tous les condamnés se sont regroupés autour d’elle, et à l’arrêt fatidique de la charrette, la princesse se lève la première, disant à ses compagnons : « Nous allons tous nous retrouver au Ciel ». Chacun à son tour, les femmes l’embrassent, les hommes ploient le genou, tandis que la princesse récite le De Profundis. À son tour, la dernière, tête nue, elle gravit avec fermeté, les marches de l’échafaud, manifeste un dernier geste de pudeur en demandant qu’on la couvre de son fichu, avant de basculer sur la guillotine.”

Un phénomène étrange se produit alors: “Les relations et Mémoires de ce temps s’accordent à dire qu’à l’instant où elle reçut le coup fatal, une odeur de rose se répandit sur la place de la Révolution. Son corps fut inhumé, dénudé, dans une fosse commune au cimetière des Errancis, aujourd’hui disparu. Son corps n’a pu être ni retrouvé ni identifié.”

Les adieux de Louis XVI à sa famille

Article publié par l'agence Zenit, tiré de France Catholique du 25 avril 2017

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Merci à NN.SS. les Archevêques et Evêques de France.

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Prière pour demander des grâces par l'intercession de Madame Élisabeth de France

O Dieu, qui par un effet admirable de Votre Providence, avez daigné enrichir le cœur de votre servante Madame Élisabeth de France, des trésors les plus précieux de la nature et de la grâce, ces dons ne demeurant pas stériles en son âme, daignez avoir pour agréables les prières que nous Vous adressons par son intercession, et donnez-nous d'imiter, avec son abandon à cette même Providence, son abnégation et sa générosité dans le sacrifice, afin que, par une sainte vie, nous méritions tous d'avoir part à la joie dont Vous couronnez vos élus. Ainsi soit-il.

1 Notre Père, 1 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père
Imprimatur
A. Laveille, Vic. Capit.
Meaux, le 11 juillet 1921

Les deux Coeurs unis de Jésus & Marie : ex-voto en vermeil envoyé à la cathédrale de Chartres par Madame Elisabeth en 1791 pour demander à Notre-Dame la conservation de la foi catholique en France.
Les deux Coeurs unis de Jésus & Marie : ex-voto en vermeil envoyé à la cathédrale de Chartres par Madame Elisabeth en 1791 pour demander à Notre-Dame la conservation de la foi catholique en France.


8 novembre

En ce jour Octave de Tous les Saints

397 - 8 novembre - 2017

1620e anniversaire de la naissance au Ciel

de saint Martin de Tours 

Evêque et Confesseur

Apôtre des Gaules


Image illustrative de l'article Martin de Tours
Saint Martin partageant son manteau avec un mendiant,
1531, Lisbonne, musée Calouste Gulbenkian.

Octave de la Toussaint

Images intégrées 1

6 novembre

2004 - 6 novembre - 2017

13e anniversaire de mariage de

Mgr le prince et de Mme la princesse Louis de Bourbon, 
duc et duchesse d'Anjou,
de jure LL.MM. le roi et la reine de France,

Louis XX et Marie-Marguerite



Nous Vous prions, ô Dieu tout puissant, pour Votre serviteur notre Roi Louis, qui par Votre miséricorde a reçu le gouvernement de ce Royaume : qu'il reçoive aussi l'accroissement de toutes les vertus par lesquelles, ennobli comme il convient à son état, il puisse éviter la laideur des vices, être vainqueur des ennemis, et Vous être assez agréable pour parvenir jusqu'à Vous qui êtes la Voie, la Vérité et la Vie.

Ô Dieu, Que tout pouvoir et toute dignité doit servir, donnez à Votre servante, notre Reine Marie-Marguerite, les conséquences prospères de sa dignité, afin que par elle, elle Vous craigne toujours, et essaie constamment de Vous plaire. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

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3 novembre

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"LE DAUPHIN QUE DIEU VEUT DONNER A LA FRANCE"


1637 - 3 novembre - 2017

380e anniversaire de l'apparition de Notre-Dame à Frère Fiacre

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Le Frère Fiacre, religieux du couvent des Augustins de Montmartre, à Paris, reçoit la révélation de la naissance future de Louis XIV, si 3 neuvaines sont célébrées à cet effet : « la première adressée à Notre-Dame-de-Grâces, à Cotignac en Provence, la seconde à Notre-Dame de Paris, la troisième à Notre-Dame-des-Victoires ». La Sainte Vierge lui apparaît en tenant un enfant : « N'ayez pas peur, je suis la Mère de Dieu, et l'enfant que vous voyez est le Dauphin que Dieu veut donner à la France ».

Pays-Bas

Nouveau gouvernement aux Pays-Bas

Serment

S.M. le roi des Pays-Bas a investi le 26 octobre dernier, au palais Noordeinde, M. Mark Rutte nouveau Premier ministre, et reçu la prestation de serment du nouveau gouvernement, sept mois après les élections législatives. "La première chose qu’on apprend [...], c’est que le gouvernement ne permettra pas la création et le développement d’embryons à fin de recherche scientifique. Ce qui est un revirement à 180 degrés. Dans ce gouvernement où cohabitent (pour combien de temps ?) des libéraux européistes acquis à tous les excès de la culture de mort et les calvinistes nationalistes de l'Union chrétienne, ces derniers (avec 3,4% des voix...) ont trois ministres, dont le… ministre de la Santé, Paul Blokhuis" (YD).

Serment
Serment

"Le nouveau ministre de la Santé, Paul Blokhuis, de l’Union chrétienne (calvinistes nationalistes) avait déjà fait savoir qu’il ne permettrait pas la création d’embryons humains pour la recherche, ni l’élargissement de l’euthanasie aux personnes âgées fatiguées de vivre. Il vient de retirer le projet de loi préparé par le gouvernement précédent visant à autoriser les médecins de ville à pratiquer l’avortement médicamenteux" (YD).

Εν Τουτω Νικα - In hoc signo vinces !

Εν Τουτω Νικα


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Raphaël : la vision de Constantin (détail) - "Chambre de Constantin" au Vatican

* * *

Lettre aux membres et sympathisants de la Confrérie Royale
- 25 octobre 2017 -

A - Rappel d'un contexte historique complexe.

Affronté aux invasions barbares, l'empereur Dioclétien (qui règne de 284 à 305), estimant que l'Empire devait faire face à trop de menaces pour être défendu par un seul homme, avait mis en place un système de gouvernement nommé Tétrarchie parce que, sans le diviser, il répartissait le pouvoir sur quatre personnages (quatre co-empereurs en quelque sorte).

Dioclétien avait été l'initiateur de l'une des plus cruelles persécutions contre les chrétiens : celle où périrent Saint Maurice et ses très nombreux compagnons de la Légion Thébaine, Sainte Agnès de Rome, Saint Julien de Brioude, Sainte Catherine d'Alexandrie, Saint Vincent de Saragosse, Sainte Eulalie de Mérida, Saint Victor de Marseille, Sainte Foy d'Agen, Saint Georges de Lydda, Sainte Julitte et son jeune enfant Saint Cyr, les papes Saint Marcel et Saint Marcellin, Saint Janvier de Bénévent, Saint Sébastien, ainsi que des milliers d'autres, connus ou inconnus.
L'empereur Galère (règne : 305-311) mit fin à la persécution ordonnée par Dioclétien par un édit de tolérance, l'Edit de Sardique (30 avril 311), qui fut son dernier acte : il mourut en effet 5 jours plus tard (5 mai 311).
La disparition de Galère laisse l'Empire dans une situation de crise profonde : le pouvoir est partagé entre trois empereurs légitimes - tous trois Augustes -, Licinius, Maximin Daïa et Constantin, et un usurpateur, Maxence. 

Tandis que Licinius et Maximin Daia vont entrer en conflit pour le contrôle de la partie orientale de l'Empire, Maxence, qui a usurpé le pouvoir à Rome, déclare la guerre à Constantin, qui a été proclamé Auguste à York par les troupes de son père - Constance Chlore - à la mort de ce dernier.
Quittant la Bretagne (aujourd'hui Grande-Bretagne) et s'étant soumis les Gaules, Constantinentreprend en 312 la conquête de l'Italie.

B - La bataille décisive du Pont Milvius : 28 octobre 312.

L'affrontement n'a lieu que lorsque les troupes de Constantin approchent de Rome.
Maxence, qui dispose des cohortes prétoriennes et des troupes de protection de la ville, sort de Rome à leur rencontre.
Le combat s'engage à une dizaine de kilomètres au nord-est de la cité, au lieu dit "Saxa rubra"(les roches rouges), sur la via Flaminia.
Maxence a choisi de combattre en avant du Pont Milvius, un pont de pierre édifié au-dessus du Tibre : le contrôle de ce pont est en effet stratégique puisqu'il est un point de passage obligé vers Rome.
Les troupes de Constantin sont inférieures en nombre : elles semblent même dépassées par cette supériorité numérique ; mais Constantin agit en tacticien sagace et inspiré.
Les troupes de Maxence sont bientôt acculées dos au Tibre et ne peuvent pas toutes emprunter le pont de pierre. Maxence avait fait construire des ponts de bateaux pour faciliter la traversée de ses troupes mais, dans l'affolement de la retraite, leurs amarres sont rompues : des centaines de soldats et Maxence lui-même se noient.

La victoire de Constantin est totale.
Nous sommes au 28 octobre 312.
Constantin entre à Rome en triomphateur, et il est proclamé unique Auguste romain d'Occident.

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Raphaël : la victoire de Constantin au Pont Milvius (détail) - "Chambre de Constantin" au Vatican

C - La vision de Constantin : « Εν Τουτω Νικα - in hoc signo vinces ! »

Peu de temps avant le commencement de la bataille, Constantin a déclaré qu'il a été gratifié d'une vision : il a vu apparaître dans le ciel le monogramme du Christ, formé de la superposition des deux lettres grecques par lesquelles commence le mot "Christ" : ce sont le "Chi" et le "Rho" qui forment le chrisme.

Selon Lactance (250-325), c'est dans un songe que Constantin a reçu l'injonction de marquer du « signe céleste de Dieu » les boucliers de ses troupes la veille de la bataille qui l'oppose à Maxence.
Eusèbe de Césarée, lui, parle d'une vision à l'état de veille, vision partagée par les soldats de Constantin, et ensuite confirmée dans un songe : selon Eusèbe ce serait semble-t-il la Croix qui aurait été manifestée, accompagnée par ces paroles (vues ou entendues) "Εν Τουτω Νικα", en latin : "In hoc signo vinces, ce qui signifie : par ce signe tu vaincras.

Bien qu'encore païen (comme son père Constance Chlore, il rendait un culte au "Sol invictus", le soleil invaincu), Constantin a obtempéré et a demandé à ses soldats de marquer leurs boucliers du signe céleste, qu'il a fait aussi placer sur ses enseignes : c'est ainsi qu'est apparu le labarum, étendard militaire surmonté du chrisme. 

C'est parce qu'il a obéi à la vision céleste que Constantin a vaincu Maxence : il le sait.
Et cette obéissance, cette victoire et cette prise de conscience vont être lourdes de conséquences pour l'Eglise, pour Rome et pour l'Empire, ainsi que pour le monde entier.

Bien sûr, les historiens modernes sous l'influence du rationalisme, du modernisme et de l'antichristianisme qui se généralise, cherchent à minimiser ces faits : ils essaient de trouver des explications naturelles à la "prétendue" (sic) vision de Constantin tantôt en invoquant certaines conjonctures astrales, tantôt en alléguant d'hypothétiques phénomènes atmosphériques liés à quelque non moins hypothétique éruption volcanique, ou que sais-je encore...
Ces mécréants sont prêts à tout pour nier la Tradition, récuser les miracles et rejeter toute forme de surnaturel !


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Pièce de monnaie, dite nummus, datée de 327, à l'effigie de Constantin sur le revers de laquelle on voit le labarum surmonté du chrisme (formé par la superposition des lettres grecques "Chi" et "Rho", initiales de "Christos") avec l'inscription "spes publica" (espérance publique) : le labarum est fiché dans un serpent, symbole de l'ennemi.

D - L'Edit de Milan : avril 313.

La conséquence immédiate de la victoire du Pont Milvius le 28 octobre 312, réside, en avril 313, dans ce que l'on appelle communément l'Edit de Milan.
Reprenant et élargissant l'Edit de SardiqueConstantin, en accord avec Licinius, promulgue la liberté de culte pour toutes les religions : il insiste formellement sur le fait que les chrétiens peuvent désormais accomplir librement et publiquement leurs cérémonies et qu'il ne leur est plus imposé de vénérer l'empereur comme un dieu.
De la liberté de fait que leur accordait l'Edit de Sardique, les chrétiens passent à la liberté de droit. C'est ce que les auteurs anciens ont appelé : la paix de l'Eglise.
Les persécutions cessent. L'Eglise paraît au grand jour. Elle peut déployer et développer ses cérémonies, construire des églises et, à travers tout cela, attirer davantage d'âmes.
Les communautés chrétiennes croissent en nombre.

Selon la tradition romaine, Constantin lui-même abandonne les superstitions païennes et se fait baptiser par le pape Saint Sylvestre 1er [alors que certaines traditions orientales prétendent qu'il aurait été baptisé seulement à son lit de mort, le 22 mai 337].

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Raphaël : Constantin est baptisé par Saint Sylvstre (détail) - "Chambre de Constantin" au Vatican.

Constantin va bientôt donner à Saint Sylvestre le palais du Latran et faire construire à côté la cathédrale de Rome : « tête et mère de toutes les églises de la Ville et du monde » (omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput), dont la dédicace (le 9 novembre 324) sera marquée par un miracle renouvelant celui qui s'était produit à Jérusalem lors de la dédicace du Temple par Salomon quelque mille-deux-cent-cinquante ans plus tôt.
Il fait aussi édifier les basiliques de Saint Pierre au Vatican et de Saint Paul sur la voie d'Ostie, au-dessus des tombes des deux Apôtres, ainsi que la basilique de Sainte Croix près du palais de sa mère Sainte Hélène.

Cette dernière, soutenue par son fils, fait entreprendre de grands travaux de prospection en Terre Sainte afin de retrouver les lieux sanctifiés par les événements de la vie du Sauveur : à Nazareth, à Bethléem, à Capharnaüm... etc. et bien sûr à Jérusalem, où l'on retrouve la Croix, le Golgotha et le Saint Sépulcre qui sont alors enchâssés dans une splendide basilique.

Constantin, quittant Rome dont il abandonne l'administration au pape Saint Sylvestre, au lieu où se trouve la bourgade de Byzance, fait édifier la première capitale politique chrétienne : Constantinople (Constantinopolis : la ville de Constantin).
Enfin, en raison des dangers que la doctrine hérétique d'Arius commence à faire peser sur la foi chrétienne, Constantin convoque à Nicée, en 325, le premier concile oecuménique pour que soit précisée et définie la foi droite telle qu'elle a été authentiquement reçue des apôtres.

Une ère nouvelle s'est ouverte pour l'Eglise du Christ.
Les souverains temporels ne sont plus ses bourreaux, mais ils s'enorgueilliront désormais de se mettre à son service.
Soixante-sept ans plus tard, par l'Edit de Thessalonique (27 février/24 novembre 380), l'empereur Saint Théodose 1er le Grand, fera du christianisme la religion officielle de l'Empire et en bannira les cultes païens.

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Raphaël : la donation de Constantin (détail) - "Chambre de Constantin" au Vatican.
Constantin laisse Rome à l'administration du pape Saint Sylvestre avant de s'installer dans sa nouvelle capitale : Constantinople.

E - Des événements anciens mais toujours actuels.

Bien que loin de nous dans le temps, ces faits nous concernent directement toutefois, et même ils demeurent des plus actuels quant à notre vie liturgique et spirituelle.

E1 - Quant à notre vie liturgique :
- E1 a) Parce que notre missel romain classique (je parle donc de la liturgie célébrée selon le rite latin traditionnel, liturgie dite "de Saint Pie V", et non du missel issu de la réforme postconciliaire dans lequel cela - comme beaucoup d'autres choses importantes - a été singulièrement édulcoré) comprend un nombre incalculable de notations, d'allusions, de références... etc. à tous les événements rappelés ci-dessus.
- E1 b) Et parce que l'ordonnancement de la Sainte Messe lui-même, dans son déroulement, est directement lié aux développements et déploiements des cérémonies lorsque l'Eglise, sortant des catacombes, grâce à l'empereur Constantin le Grand, a pu librement s'épanouir dans l'espace public de la cité.

E2 - Quant à notre vie spirituelle :
- E2 a) Parce que ce sont là des racines - nos racines chrétiennes - qui, de la même manière que les racines d'un arbre, assurent la stabilité et l'équilibre de tout ce qui se développe au-dessus et lui apportent également la nourriture et la force ; de la même manière, la pieuse connaissance de ces faits assure notre stabilité et notre équilibre dans la vie selon la foi, en même temps qu'elle nourrit et fortifie nos convictions. Car la Sainte Eglise notre Mère, de par les mystérieux et admirables desseins de la Providence, n'est pas seulement romaine parce que les saints Apôtres Pierre et Paul ont évangélisé Rome et y ont répandu leur sang, mais elle est aussi, et peut-être même davantage, romaine parce que l'empereur Saint Constantin 1er le Grand - "égal aux apôtres" selon la terminologie des Eglises d'Orient -  par son obéissance à la vision céleste, par sa glorieuse victoire au Pont Milvius remportée sous le signe du Christ Sauveur, par sa conversion, par son baptême et par la protection généreuse et féconde qu'il a accordée à l'Eglise, a transformé Rome, lieu où jusqu'alors l'on ne venait que très discrètement se recueillir sur le tombeau des Apôtres, en une capitale spirituelle rayonnant sur tout l'univers, et parce qu'il s'est montré, en actes plus qu'en paroles, l'un des premiers modèles du culte du Christ-Roi, Prince des rois de la terre ("Princeps regum terrae" - Apoc. I, 5).
- E2 b) Par-dessus tout parce que ces événements nous redisent d'une manière grandiose et exaltante que c'est la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est la source et le motif de toutes les véritables victoires.
- E2 c) Enfin, en conséquence, et d'une manière très spéciale pour les membres de cette Confrérie Royale, parce que l'histoire de la victoire et de la conversion de Constantin nous montrent à l'évidence que Dieu, dans Ses miséricordieux desseins sur les peuples et pour leur accorder Ses grâces, a pour instruments privilégiés les Souverains qui sont attentifs à Ses inspirations et mettent leur sceptre au service du règne du Christ : cela nous doit donc stimuler à prier plus instamment pour celui qui est aujourd'hui le représentant légitime du pouvoir légitime voulu par Dieu pour la France, à savoir Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.

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Rome : l'arc de triomphe de Constantin édifié en 315 sur l'ordre du Sénat Romain pour célébrer la victoire de Constantin sur Maxence au Pont Milvius et son accession au pouvoir à Rome.

F - Par la Croix la victoire.

La Croix !
C'est par la Croix que Notre-Seigneur Jésus-Christ a vaincu.
C'est par la Croix que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne.
C'est par la Croix que Notre-Seigneur Jésus-Christ triomphe et  gouverne.
Christus vincit ! Christus regnat ! Christus imperat !
Et Ses disciples aussi.
C'est par la Croix qu'ils ont été rachetés. C'est par la Croix qu'ils vivent de Sa vie et reçoivent Sa grâce. C'est par la Croix qu'ils sont eux-mêmes sanctifiés et qu'ils s'unissent à Son travail de rédemption des âmes. C'est par la Croix qu'ils oeuvrent à la transformation du monde d'ici-bas pour que la cité de la terre soit le plus conforme à la Cité des cieux qu'ils attendent et qu'ils préparent.

Mais la croix n'est lumineuse qu'à distance.
Et son resplendissement est celui de la grâce surnaturelle, pas celui de la gloire humaine.
Si l'on sert le Christ-Roi en s'attachant à Sa Croix, l'on sert aussi les rois serviteurs du Christ-Roi en ne se dérobant pas à cette même Croix, qui fait mal, qui pèse lourdement sur nos épaules, qui nous brise, qui semble nous écraser parfois, qui fait entrer des échardes dans notre chair, qui nous fait saigner, qui nous immobilise par des clous...
Il n'y a cependant pas d'autre voie pour celui qui veut être authentiquement chrétien : « Si quelqu'un veut venir après Moi, qu'il renonce à lui-même et porte sa croix  chaque jour et Me suive » (Luc IX, 23), « Et qui ne porte point sa croix et ne Me suit point, ne peut être Mon disciple » (ibid. XIV, 27).

Nous ne sommes donc pas les membres d'une Confrérie Royale pour briller à nos propres yeux et pour en retirer une gloire et des satisfactions mondaines, mais pour nous attacher encore plus étroitement à la Croix, étant non seulement les serviteurs du Christ au même que titre que tous les chrétiens que Jésus invite à porter Sa Croix derrière Lui, mais étant en outre au service spirituel du lieu-tenant du Christ-Roi pour ce Royaume de France, le Souverain des Lys : Louis XX, auquel revient de droit le titre de "Roi Très Chrétien".

Chers Membres de notre humble Confrérie Royale, soyons toujours plus fidèles et généreux dans l'embrassement volontaire et amoureux de nos croix de chaque jour, dans l'embrassement volontaire et amoureux de la Sainte Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui nous est tendue et proposée à travers les mille et uns petits sacrifices quotidiens, offerts pour Dieu et pour le Roi.
C'est là que réside notre victoire : "Εν Τουτω Νικα - In hoc signo vinces" !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

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Le Bernin : statue équestre de Saint Constantin dans le péristyle de la basilique vaticane (1670)

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Les martyrs de septembre 1792 : mémoire et dévotion.


Lettre aux membres et sympathisants de la Confrérie Royale

25 septembre 2017

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Chaque année, le mois de septembre nous fait commémorer en France l’un des plus tragiques épisodes de notre histoire, l’une des taches indélébiles que la Révolution dite française imprima sur le sol de notre pays et dans la mémoire historique de notre peuple. Il s’agit des massacres de septembre 1792.

Les atrocités de la Révolution ne manquent pas au tableau de cette période charnière de notre histoire. Le « livre noir » de la Révolution a commencé à être écrit par les historiens de l’école traditionnelle et contre-révolutionnaire – catholique et royaliste – mais aussi, à partir des années 1960, à la suite d’un mouvement impulsé par les historiens anglo-saxons, par une école qu’on pourrait positivement qualifier de « révisionniste », autour de François Furet et Mona Ozouf notamment.

Une historiographie catholique aurait toutefois besoin de reprendre en charge les dossiers brûlants de la persécution anticatholique engagée au fil de la dernière décennie du XVIIIe siècle. Cette persécution – l’une des premières de l’histoire occidentale, après celles des premiers siècles et celle engagée par les protestants au XVIe siècle – a pris plusieurs visages successifs. Les artisans de la Révolution, fanatisés par la franc-maçonnerie et désireux d’abattre définitivement l’union sacrée du Sceptre et de l’Autel, ont d’abord voulu séduire l’Église de France, avant de la contraindre à se soumettre au diktat de la Constitution civile du clergé (12 juillet 1790), en imposant des sanctions graves aux contrevenants (prison, exil, bannissement, etc.). Puis, après l’abolition de la monarchie, en septembre 1792, la Révolution a pris sa tournure profondément anticatholique : il fallait imposer dans les esprits et dans les cœurs l’idéal révolutionnaire en détruisant les restes de la « superstition », c’est-à-dire du catholicisme. C’est alors qu’à partir de 1793, les églises furent transformées en temples de la Raison, les objets sacrés fondus, les ornements dispersés après avoir été profanés dans des mascarades, le calendrier chrétien a été remplacé par le calendrier révolutionnaire, les villes au nom chrétien ont été débaptisées, les prêtres ont été contraints à défroquer et à se marier, ou à affronter le « couperet égalitaire » de la guillotine. Nous connaissons aussi la suite, et notamment la révolte salutaire de la Vendée et de tant d’autres provinces françaises restées fidèles à Dieu et au Roi, qui ont refusé, selon le noble et saint réflexe du « sens fidei », de cautionner ce mouvement de haine imposé par une poignée d’hommes grisés par un pouvoir quasi-illimité, qui imposèrent la peur et l’angoisse dans la majorité de la population française.

Le contexte historique des Massacres de Septembre

Les évènements de septembre 1792 se situent à cheval entre ces deux périodes de persécution larvée et de persécution violente. Si la Révolution avait répandu, depuis juillet 1789, des bains de sang, les premiers massacres de masse ont été perpétrés à cette période où les tenants de la Révolution, après avoir mis fin au règne de Louis XVI, se sont retrouvés confrontés à la menace austro-prussienne sur les frontières du nord-est. L’armée révolutionnaire, renforcée par les contingents arrivés des provinces, pouvait craindre d’être écrasée par les puissantes forces des monarchies d’Europe centrale qui, par leur probable victoire, risquaient de mettre un terme définitif à « l’épopée » révolutionnaire, en restaurant du même coup Louis XVI sur le trône. En outre, le manifeste de Brunswick, composé par le duc Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick-Lunebourg, publié le 1er août 1792, et qui menaçait Paris d’une « exécution militaire et une subversion totale » en cas d’agression de la famille royale, avait chauffé les esprits des Parisiens et conduit à la prise des Tuileries et à l’enfermement du roi et des siens (10 août).
Au début du mois de septembre, Paris était dans un état d’ébullition sans précédent. La menace étrangère et les révoltes de certaines provinces suscitèrent la pression de la « Commune insurrectionnelle », sorte de pouvoir municipal alternatif imposé par les sans-culottes au lendemain de la journée du 10 août, face à la Convention. La Commune avait abusé de la situation et s’était octroyé des pouvoirs extrêmes. Le 17 août, elle créa un tribunal pour juger les responsables de la tuerie des Tuileries – évidemment, seuls les royalistes étaient visés. Devant la lenteur des procédures, les « Patriotes » s’inquiétèrent et ordonnèrent des visites domiciliaires afin d’arrêter les « suspects ». Qui étaient ces suspects ? Tous ceux qui étaient accusés de comploter contre les « Patriotes », bref ceux qui ne rentraient pas dans le « moule » idéologique imposé par la Commune insurrectionnelle. Bien entendu, les aristocrates et les ecclésiastiques étaient les premiers visés, et, en peu de jours, à la fin du mois d’août, les prisons de la capitale – l’Abbaye, le Grand Châtelet, la Conciergerie, Bicêtre, la Salpêtrière, la Force – et les couvents transformés en prisons – les Carmes déchaussés – furent vite remplis.

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Mais cela ne suffisait pas. La panique était à son comble. Maintenir en vie ces « suspects » était une menace pour les « Patriotes » et leurs familles. Le 30 août, les Girondins, craignant la tournure dangereuse imposée par les sans-culottes, réclamèrent la dissolution de la Commune insurrectionnelle. Cette démarche exacerba l’inquiétude des « Patriotes », qui décidèrent de passer eux-mêmes à l’acte en exterminant les foules d’innocents étiquetés « Ennemis de la Nation ». Jean-Paul Marat, le grand orateur des sans-culottes, répandit, dans la chaire de mensonge du club des Cordeliers, des appels au meurtre, relayés dans sa populaire feuille de chou, L’Ami du peuple. Il écrivait, dans le numéro du 19 août : « Debout ! Debout ! Et que le sang des traîtres commence à couler ! » Une circulaire du Comité de surveillance, imprimée le 3 septembre par les presses de L’Ami du peuple, justifia cette réaction brutale par un prétendu « affreux complot tramé par la cour pour égorger tous les patriotes de l’empire français ». La circulaire encourageait les provinces à suivre l’exemple de la capitale en employant ce « moyen si nécessaire au salut public » :

« La commune de Paris se hâte d’informer ses frères de tous les départements qu’une partie des conspirateurs féroces détenus dans les prisons a été mise à mort par le peuple ; actes de justice qui lui ont paru indispensables, pour retenir par la terreur les légions de traîtres cachés dans ses murs, au moment où il allait marcher à l’ennemi ; et sans doute la nation entière, après la longue suite de trahisons qui l’ont conduite sur les bords de l’abîme, s’empressera d’adopter ce moyen si nécessaire de salut public, et tous les Français s’écrieront comme les Parisiens : Nous marchons à l’ennemi ; mais nous ne laisserons pas derrière nous ces brigands, pour égorger nos enfants et nos femmes. »

Nous ne commenterons pas un tel passage qui montre au fond toute la perversité employée par les ténors et les inspirateurs de la Révolution dans leur opération de manipulation des esprits. Le premier totalitarisme de l’histoire était à l’œuvre.

Les martyrs de septembre

À Paris, les massacres furent perpétrés du 2 au 4 septembre. En province, quelques épisodes sont recensés, mais il faudrait effectuer de nouvelles vérifications historiques à partir de l’été 1789. Les massacres parisiens restent toutefois la principale illustration de cet épisode sanguinaire. Sans entrer dans le détail de l’épouvante qui s’abattit sur la capitale, de jour comme de nuit, notons que le bilan humain des massacres de septembre s’étendrait entre 1200 et 1400 victimes – selon les recensements les plus équilibrés donnés par François Bluche et François Furet. Nous ne rentrerons pas dans la polémique des chiffres, qui peuvent atteindre de grandes variations selon les écoles historiographiques (ainsi, l’abbé Augustin Barruel donnait le chiffre certainement exagéré de 13.000 morts).
La plupart des victimes furent des laïcs, en particulier membres de la noblesse, hommes et femmes. Nous avons tous en mémoire notamment l’atroce assassinat de Marie-Thérèse de Savoie-Carignan (1749-1792), princesse de Lamballe, ancienne surintendante de la Maison de la Reine et grande amie de Marie-Antoinette, dépecée et décapitée par une bande de sauvages en furie, et dont la tête fut présentée devant les fenêtres de la reine, au Temple.

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Une place considérable fut « accordée » aux prêtres, séminaristes et religieux. Ils étaient au moins 223, soit entre 16 et 18% de l’ensemble des victimes. Ils étaient « ennemis de la Nation », non pas parce qu’ils étaient avec les Suisses des Tuileries le 10 août, non pas parce qu’ils prêchaient publiquement en faveur de la France et de la Prusse, non pas parce qu’ils manifestaient ouvertement leur haine de la Révolution. Ils étaient « ennemis » et « contre-révolutionnaires » tout simplement parce qu’ils avaient donné leur vie à Dieu, à ce Dieu rejeté par la Révolution. Le Dieu des catholiques est le Dieu de l’ordre social, de la hiérarchie terrestre et céleste, du pacte national fondé dans les eaux baptismales de Reims. Le Dieu des révolutionnaires est le Dieu des philosophes, le grand architecte de l’Univers, celui qui inspire les évolutions du processus historique, celui qui a voulu et désiré la Révolution comme tournant inéluctable de l’histoire humaine. Bref, deux « dieux » qui ne pouvaient pas cohabiter. La suite de la Révolution, avec sa campagne virulente de déchristianisation et de régénération des esprits, prouva qu’il fallait abattre Dieu pour imposer le nouveau « dieu », ou plutôt la « déesse » Raison, puis les autres avatars introduits sous le Directoire – tel le culte « théophilanthropique ».

En fin de compte, en massacrant les clercs et les religieux restés fidèles à Rome – ils étaient assermentés ou réfractaires parce qu’ils avaient refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé – et à l’ordre ancien de la France, caractérisé par le lien indissoluble entre le Sceptre et l’Autel, les « septembriseurs », comme on les appellera, s’attaquaient tout bonnement aux racines de la France. Tout ce qui rappelait ces racines, tout ce qui restait profondément attaché à ces racines – sans pour autant constituer des menaces humainement réelles à l’égard du nouvel ordre révolutionnaire – devait être absolument extirpé. L’histoire de la Vendée illustrera bientôt, avec une encore plus abominable virulence idéologique, le désir du gouvernement révolutionnaire d’exterminer ceux qui étaient arbitrairement désignés comme « ennemis de la Nation ». L’accusation qui tue : nous sommes devant le premier génocide de l’histoire, comme a osé l’affirmé, depuis tant d’années, Reynald Seycher, et plus récemment le diplomate Jacques Villemain, dans son ouvrage Vendée 1793-1794.

Bref, l’assassinat des prêtres et des religieux perpétré en septembre 1792 – comme plus tard les autres exécutions et massacres de masse bien connus, comme l’affaire des Carmélites de Compiègne (17 juillet 1794) et les Noyades de Nantes (de novembre 1793 à février 1794) – constitue un vrai acte de persécution anticatholique. Morts incontestablement pour leur foi, ces victimes sont de véritables martyrs. L’Église a rapidement reconnu leur témoignage. En 1906, saint Pie X béatifia les seize Carmélites de Compiègne. En 1920, Benoît XV béatifia les quatre Filles de la Charité d’Arras et les onze Ursulines de Valenciennes, condamnées en 1794 pour avoir « enseigné la religion catholique, apostolique et romaine ». En 1925, 32 religieuses d’Orange, guillotinées en 1794, étaient béatifiées par Pie XI. L’année suivante, 191 victimes des massacres de septembre ont été en même temps élevées sur les autels, aux côtés du prêtre angevin Noël Pinot. Plus tard, d’autres béatifications suivront, comme, en 1984, celle des 99 martyrs d’Angers et d’Avrillé, fusillés et noyés entre janvier et février 1794, ou les 64 prêtres réfractaires morts en déportation à Rochefort, béatifiés en 1995. En octobre 2016, le frère des écoles chrétiennes Salomon Leclercq, a été inscrit au catalogue des saints. Et tant d’autres victimes, clercs et laïcs, restent sur la liste d’attente !
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L’escalier des Carmes, où tombèrent de nombreux prêtres

Parmi les martyrs de septembre 1792, trois évêques étaient au tableau d’honneur : Jean-Marie du Lau d’Allemans, 53 ans, archevêque d’Arles, et les frères François-Joseph de La Rochefoucauld-Bayers, 56 ans, évêque de Beauvais, et Pierre-Louis de La Rochefoucauld-Bayers, 47 ans, évêque de Saintes. Un autre évêque, Jean-Arnaud de Castellane, 59 ans, évêque de Mende, tué à Versailles le 5 septembre, n’a pas encore été béatifié. Nous n’entrerons pas dans les détails biographiques de ces grands témoins de la foi, ni dans ceux de cette foule de prêtres et religieux qui les ont accompagnés au supplice lors de ces tragiques journées de septembre. L’acte même de leur offrande et la raison profonde de leur assassinat (la haine de la foi proclamée par les septembriseurs) suffit à justifier leur titre de martyrs, comme l’écrivait Mgr de Teil, vice-postulateur de la cause des martyrs de septembre, au début du XXe siècle :

« En effet, tandis que des scélérats s’acharnaient sur les ministres de Dieu et répandaient partout la terreur, ils leur donnèrent par les outrages, les tourments et les supplices, le moyen de confesser solennellement leur foi et de l’attester par l’effusion de leur sang. Et voici que la tempête apaisée, les flots soumis, la barque de Pierre sort plus forte que jamais d’une mer qui aurait dû l’engloutir, et que ces nombreuses victimes, objets de tant de mépris et de tant de colère, apparaissent portant les palmes du martyre. »
(Henri Welschinger, 
Les martyrs de septembre, Paris, Gabalda, 1919, p. 147)

La dévotion aux martyrs de septembre

Quelle leçon les martyrs de septembre doivent-ils nous donner, plus de 200 ans après leur mort ? Pour le Français fidèle à son Dieu et à son Roi, le témoignage des martyrs de septembre est le témoignage de la fidélité au pacte sacré de Reims, qui unit définitivement le pouvoir royal et la foi catholique, lors du baptême de Clovis à la fin du Ve siècle. Malgré les crises et les bousculements de l’histoire de la monarchie française, ce pacte est resté incontesté jusqu’en 1789. La Révolution porte bien son nom : il fallait opérer un changement radical, un bouleversement fondamental, une tabula rasa dans l’histoire de la France, en rompant définitivement ce lien sacré. La suite des épisodes révolutionnaires s’inscrit dans ce dessein pervers d’en finir avec la royauté de droit divin, d’enlever à Dieu la suprême majesté sur la France. Les massacres de septembre illustrent, au moment même où la royauté a été suspendue (10 août) et peu avant la proclamation de la République et l’abolition de la monarchie (21 septembre), ce désir d’en finir avec l’ordre représentatif de ce pacte divin, autrement dit le clergé. En voulant ôter la vie de personnes consacrées, dans ces circonstances horribles qui montrent que la barbarie a vite remplacé le peuple « le plus éclairé » d’Europe, les révolutionnaires n’avaient pas peur de commettre de véritables sacrilèges, comme ils le démontreront plus tard, avec encore plus de virulence. La haine de Dieu était leur motif incontestable. Ils ne pouvaient pas agir de manière inconsciente à cet égard. Tout cela nous prouve, une fois encore, le caractère proprement démoniaque de la Révolution française, en dépit des « gentilles » – quoique perverses – intuitions de 1789...

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Sans entrer dans le débat sur l’idéologie révolutionnaire et ses ambiguïtés, ni sur les responsabilités authentiques des uns et des autres au fil de cette sanglante « épopée », un catholique fidèle à son pays et à son histoire ne peut accepter, comme voudraient l’imposer les fanatiques des « valeurs de la république », de cautionner la Révolution. Il doit par contre continuer à faire parler le témoignage de l’histoire. Comment cela ? En s’instruisant lui-même sur les évènements de la Révolution, en commémorant chaque année les tragiques épisodes pour « faire mémoire », c’est-à-dire pour imprégner son âme et son cœur du combat éternel de Dieu contre Satan, de la vérité contre le mensonge, du bien contre le mal, en prenant exemple sur les martyrs de cette époque. Car demain, nous aurons peut-être aussi à témoigner dans les épreuves et dans le sang. Puissions-nous, en implorant la protection des bienheureux martyrs de septembre, rester fidèle aux engagements sacrés de notre baptême, qui sont inséparables, pour nous Français, des engagements sacrés du baptême de la France, du pacte sacré entre le Trône et l’Autel.
Profitons donc de la fin de ce mois de septembre pour contempler une de ces grandes figures de la foi et recommandons-nous à son intercession auprès du Christ, Roi de l’Univers et Maître de l’histoire.

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Bx Pierre-Louis de La Rochefoucauld
(vitrail de la basilique Saint-Eutrope de Saintes)

Mathias Balticensis