Lettre du 25

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Lettre
aux membres et amis de la Confrérie royale
du 25 mars A.D. 2017



le 24 mars 2017
en la fête de saint Gabriel Archange

Chers Amis,

         Si le 25 août est l’anniversaire de notre Confrérie, le 25 mars en est la solennité majeure, en tant que fête de l’Angélus – auquel s’engagent nos membres trois fois par jour – et en tant que mystère central de l’École française de spiritualité. A tous donc, joyeuse et sainte fête !

       « Ma personne n’est rien, mon principe est tout ».

S’il est une citation que tout le monde connaît du vénéré comte de Chambord, notre roi Henri V (que l’évêque de Goritz n’a-t-il encore ouvert son procès en béatification !), il s’agit bien de celle-là. Cette admirable expression doit être la devise de la Légitimité, tant en théorie – puisqu’elle résume en les concentrant les Lois fondamentales du Royaume – qu’en pratique, par notre « non-culte » de la personnalité du Roi principalement. Notre bien-aimé Prince, S.M. T.-C. le roi Louis XX, reprend d’ailleurs régulièrement cet héritage à son compte.

         Il y a une dizaine de jours, en la fête de sainte Louise de Marillac, la dévouée auxiliaire de Monsieur Vincent, la Sainte Église offrait à notre méditation l’évangile de la récompense promise, à la fin des temps. En voici la conclusion : « Le Roi leur répondra : En vérité, Je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait au moindre de Mes frères que voici, c’est à Moi Que vous l’avez fait ».
Chers Confrères, à chaque fois que vous êtes fidèles à la récitation de l’angélus (et pour beaucoup d’entre vous, à toutes sortes de bonnes œuvres offertes et consacrées d’avance par Vœu), à chaque fois, pendant ce saint Carême, que vous luttez contre vos défauts et travaillez à courir dans la voie des vertus par vos efforts, avec l’aide de la sainte grâce, à chaque fois que vous offrez votre humble devoir d’état et chacune de vos bonnes actions (et beaucoup d’entre vous, par Vœu), « c’est au Roi que vous l’avez fait », c’est pour la sanctification et la restauration de notre Roi légitime que vous l’avez fait.
Vous êtes, nous sommes les gardes de l’âme du roi Louis : rappelez-vous toujours que, selon le mot de dom Guéranger, ce sont les Saints qui font l’Histoire ; c’est par la profondeur de votre vie chrétienne et spirituelle que vous contribuerez à l’avènement du Règne de Dieu sur terre à travers Son lieutenant.
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         « Faire les choses ordinaires de manière extraordinaire, et les choses extraordinaires de manière ordinaire », se répétait saint Jean Berchmans. L’auguste Mère de Dieu n’a pas agi autrement au cours de toute sa vie, et en cette nuit bénie de l’Annonciation où, gracieuse à son habitude, elle délivre son Fiat en un bouquet odoriférant de toutes les vertus. Grandes ou petites choses : faisons tout en Saints, « à la française, c’est-à-dire royalement »[1], et disons au Patron des rois chrétiens :


« Sire le Roy, qui envoyez vos plus beaux chevaliers à la pointe de votre armée, daignez vous souvenir d'un sujet qui voudrait se hausser jusqu'à vous pour mieux servir Sire Dieu et Dame Sainte Église.
Donnez-moi le péché en horreur et gardez-moi pur comme le lys de votre blason.
Vous teniez votre parole, fût-elle donnée à un noble chevalier ou un infidèle, faites que jamais mensonge ne passe ma gorge, dût franchise me coûter la vie.
Ô le plus fier des barons français, inspirez-moi de mépriser le jugement des hommes et donnez-moi le goût de me compromettre pour l'amour du Christ.
Enfin, Prince au grand cœur, ne permettez pas que je sois jamais médiocre, mesquin ou vulgaire, mais partagez-moi votre cœur royal, et faites qu'à votre exemple je serve Dieu et mon prochain à la française, royalement. Ainsi soit-il ».

         Soyez convaincus de l’importance de notre fidélité à nos engagements, pour faire resplendir notre Cause, dans un monde sombrant inlassablement dans l’abîme. La situation de la Sainte Église est proprement lamentable, en ce centenaire de Fatima.
Nous verrons – cela est entièrement plausible pour ne pas dire certain – si les châtiments du Ciel s’abattront sur notre terre, mais reconnaissons que le pire des châtiments est bien ce tableau, sous nos yeux, des âmes « en état de se perdre éternellement », avec beaucoup d’ecclésiastiques dont l’attitude y contribue hélas.
Mais comme nous l’enseigne saint Augustin, « Docteur des Docteurs » (dom Guéranger), la barque de Pierre « en a vu d’autres », peut-être, et sans doute même, jamais aussi graves, mais nous avons la Sainte Messe, le Catéchisme et la Sainte Écriture, et donc tout pour être des Saints et contribuer à l’avènement du Règne du Christ au Royaume des Lys sans vaciller sur nos bases !

Au corbeau criant Cras (demain), c'est bien cet Hodie que porte gravé sur sa croix saint Expédit, et qui est le secret de notre sanctification selon saint François de Sales.



         Evoquant saint Louis, je voudrais vous faire part également de mes joies en cette pluie de grâces annoncées pour ce 25 mars, en reprenant la tradition liturgique des « Hodie » (aujourd’hui), multipliés à l’antienne de Magnificat des Vêpres des solennités majeures, comme celle de l’Annonciation, pour décliner tous les mystères commémorés et toutes les grâces reçues alors :
HODIE, dans une église dédiée au Roi-juge de Vincennes,
HODIE, à l’autel qui vit la consécration de la France au Cœur Immaculé de Marie,
HODIE, un frêle poupon reçoit l’eau salutaire, l’adoption divine et l’incorporation au Corps du Christ,
HODIE, un jeune fidèle entre dans la Confrérie Royale,
HODIE, un lévite revêt la livrée du Christ et de la milice cléricale,
HODIE, un ecclésiastique de plus prononce son Vœu de consécration à la Couronne de France !
"Aujourd'hui, le Christ est né ; aujourd'hui, le Sauveur est apparu ; aujourd'hui, les Anges chantent sur terre, les Archanges se réjouissent ; aujourd'hui les justes exultent en disant : Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, a******* !"

         Il sera fondamental de prier avec une ferveur redoublée ce mois-ci :
–depuis ce jour, plus important (chronologiquement parlant) mystère de la Rédemption par l’Incarnation du Fils de Dieu dans les chastes entrailles de la plus pure des vierges ;
–jusqu’au 25 avril, anniversaire de naissance de notre Roi (né 760 ans jour pour jour après son aïeul saint Louis), qui aura 43 ans, âge d’entrée dans la gloire de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (célébré le 28 avril), dont les deux noms doivent nous inciter à confier Louis à Marie, notre Roi à notre Reine…
         Prier pour une intention particulière, de grand intérêt pour la Confrérie. Prier également pour les intentions qui nous sont confiées, notamment la santé de l'épouse d'un postulant romain [que je devrais recevoir dans la Confrérie lors d'un prochain pèlerinage ad limina Apostolorum], ainsi que celle d’un Légitimiste, Emmanuel, dont le nom (Dieu avec nous) se réalise aujourd’hui : portons-nous bien mutuellement dans la prière d’une vraie charité, contribuant ainsi déjà à la vraie union des Français que consacre la Royauté de droit divin.

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« Comment cela arrivera-t-il ? » (Luc. I, 34), demandons-nous avec la Très Sainte Vierge, qui préférait s’il était possible préserver son principe (son vœu de virginité consacrée) plutôt qu’exalter sa personne[2], par la si recherchée – parmi les filles d’Israël – qualité de mère du Messie (et d’un Dieu, mais cela, qui pouvait s’en douter ?), comme avec la Pucelle de Domrémy, que l’on imagine ébahie devant sa vocation… Comme ces deux figures, nous sommes petits et faibles[3], bien qu’encore plus, elles étant incomparablement pures, et Notre-Dame de manière inégalée et inconcevable !
Quelle différence entre la Vierge toute ouverte et pleine de foi, par rapport à son cousin par alliance, saint Zacharie, incrédule face à ce qui est pourtant LA nouvelle fondamentale de sa vie : la naissance tant désirée d'un héritier malgré son grand âge. Ne retrouvons-nous pas en lui tous ces Français nostalgiques du passé et horrifiés du présent, mais incapables hélas d'oser espérer un avenir chrétien, et qui plus est d'y contribuer ? Comme le père de saint Jean-Baptiste, ils risquent d'être condamnés au mutisme...
Et le séraphin saint Gabriel, célébré aujourd’hui, de nous répondre à tous, tandis que devant nos yeux se déroule rapidement et majestueusement la formidable « épopée » de notre Mère du Ciel comme de notre héroïne nationale[4] : « Rien n’est impossible à Dieu » (Luc. I, 37), repris par Notre-Seigneur Lui-même trente ans plus tard : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu » (Luc. XVIII, 27).
Toute la Révolution se résume dans le NON du diable et son « Non serviam », « Nolumus hunc regnare super nos » ; la Contre-Révolution, synonyme d’Ordre sacré (hiérarchie), s’écrie aujourd’hui et toujours avec l’Immaculée Conception, dans l’humilité et la confiance, et surtout une foi à transporter les montagnes : OUI, « Fiat » !

« Notre-Dame qui par votre Oui avez changé la face du monde, prenez en pitié ceux qui veulent dire Oui pour toujours
Vous qui savez à quel prix ce mot s'achète et se tient ; apprenez-nous à le dire comme vous dans l'humilité, la pauvreté, la fidélité et l'abandon à la volonté du Père
Demandez à votre divin Fils, que les oui que nous dirons après celui-là, tout au long de notre vie, nous servent, à l’exemple du vôtre, à faire encore plus parfaitement la volonté de Dieu : pour notre salut, celui de la France et du monde entier. Ainsi soit-il ».

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Pro Rege et Francia
Ad pristinum Regnum restituendum

Abbé Louis de Saint-Taurin +
Grand-Prieur




[1] Prière scoute à saint Louis.
[2] « Tandis que Jésus parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : Heureux le sein qui t'a porté ! Heureuses les mamelles qui t'ont allaité! Et Il répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (Luc. XI, 27-28). Cette citation scripturaire est le fondement scripturaire de la citation de Henri V, comme l’on pourrait dire : « Vive le Roi de par sa naissance », et Notre-Seigneur de nous corriger : « Vive le Roi bien plus de par sa fidélité à sa mission ».
[3] « Il a daigné jeter les yeux sur la bassesse de Sa servante » (Luc. I, 48) s’écrie Notre-Dame au Magnificat.
[4] De Domrémy à Chinon, de Poitiers à Orléans, de Reims aux geôles puis au bucher de Rouen, et enfin le Ciel !

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