Pèlerinage

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SERMON DU SAMEDI 27 MAI 2017

par M. le grand-prieur de la Confrérie Royale
à la Messe votive du Coeur Immaculé de Marie
célébrée en la cathédrale-basilique du Puy

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Monsieur le Recteur,
Messieurs les Ecclésiastiques,
Monsieur le Président,
Chers Fidèles,

En ce centenaire des apparitions de l’auguste Mère de Dieu à Fatima au Portugal du 13 mai au 13 octobre 1917, notre pèlerinage pro Rege et Francia prend une dimension toute spéciale.
Si Fatima nous fait automatiquement penser à la Russie, il devrait également nous faire penser à la France. Car de quoi la Révolution bolchévique de 1917 est-elle la conséquence, si ce n’est de la Révolution de 1789, dont elle se réclame, comme d’ailleurs tous les totalitarismes du XXe siècle ? Et de quel événement la Révolution de 1789 est-elle elle-même la conséquence, si ce n’est – en partie, et quand on ouvre les yeux surnaturels – de l’absence de réponse à la demande, le 17 juin 1689, du Sacré-Cœur de Jésus à sainte Marguerite-Marie, de voir « le Fils aîné de Son Sacré-Cœur » lui consacrer sa personne, sa famille, ses armées et son Royaume ?
Certes, les péchés s’étaient accumulés pendant tout le XVIIIe s., appelant la colère du Ciel. Et de même qu’en Adam, nous péchâmes tous, de même lorsque Lucifer cria son « non serviam » à la Face du Très-Haut, des myriades d’anges le suivirent-elles dans la révolte. Aussi la responsabilité d’un prince ne dédouane pas les autres de leur propre responsabilité dans le cours des événements. Et la conférence que nous avons eue ce matin avait pour but de nous garder de l’écueil du providentialisme et du millénarisme. Mais à l’école du cardinal Pie, ne sombrons pas non plus dans celui du naturalisme, qui voudrait faire abstraction des messages du Ciel dûment approuvés par l’autorité ecclésiastique compétente, d’autant plus quand il s’agit d’événements contemporains en relation directe avec les avertissements maternels, et qui sont, c’est le moins que l’on puisse dire, d’une actualité… brûlante.
Avec Jehanne, notre Patronne, sachons, en bons Catholiques, demeurer toujours dans le saint équilibre !
Le mercredi 17 juin 1789, donc, lorsque, par un coup d’éclat se voulant un coup d’État, des députés non mandatés pour cela se déclarèrent Assemblée nationale, s'arrogeant de fixer par écrit dans une Constitution écrite les futures règles de gouvernement et les attributions de chacun (roi, ministres, députés...) – ce qui contenait en germe toute la Révolution, alors que l’Église interdit de renverser l’autorité légitime – aucun ecclésiastique sans doute ne prêcha à la Messe du jour, ni les suivants, sur l’anniversaire important, le centenaire des apparitions de Paray. Et pourtant le prédicateur qui l’eût fait eût visé très juste, ce qui nous semble une évidence à deux siècles de distance.
Beaucoup de nos compatriotes diront peut-être que le rapport entre le message de Fatima et le roi de France n’est qu’indirect et bien lointain, ou de motif trop surnaturel… Nous n’aurons pas de mal à leur répondre de se pencher sérieusement sur les événements de Fatima, et ils ne tarderont pas à remarquer que le roi de France en question y a toute sa place.
Vous le savez sans doute, après le 13 octobre 1917, la Très Sainte Vierge Marie a continué de se manifester à Lucie devenue religieuse ; elle lui apparaissait même parfois avec Notre-Seigneur. En 1931, voici que le Ciel se plaignit d’un geste non accompli. En août, en effet, lors d'un séjour de convalescence à Rianjo, une petite ville proche de Pontevedra, Notre-Seigneur dit à Sœur Lucie: « Ils n'ont pas voulu écouter ma demande. Comme le roi de France, ils s'en repentiront, et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Église : le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ».
Pourquoi Notre-Seigneur rappelle-t-il une omission 242 ans après ? Ne pouvait-Il à la limite prendre pour exemple un événement plus récent et concret, plus… « terre à terre » ? C’est que Dieu y voit là un événement majeur, ou au contraire un non-événement majeur, un manque coupable de réponse à la grâce divine. Et l’objet de notre Confrérie est bien de prier pour la fidélité du Prince aux grâces de sa mission en tant que vase d’élection.
Où a-t-il déjà été donné à un mortel d’être appelé, non seulement « Fils aîné de l’Église » – et par les Souverains Pontifes eux-mêmes – ce qui est déjà magnifique, mais « Fils aîné du Sacré-Cœur » ? Dans toute la majesté de sa sublime élévation, aucun Pontife Romain n’eut jamais un tel honneur !
Or, la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus est l’incarnation-même du dogme de la royauté sociale du Christ. Aussi le manquement à la dévotion au Sacré-Cœur est-elle justement associée à un chamboulement de l’ordre social chrétien, dont le Très-Chrétien était par antonomase le représentant-né : l’Europe hébétée en fut le témoin.
Mais cet acte manqué de 1689, le Ciel ne s’en est visiblement pas fait une raison : le Seigneur attend toujours que le roi de France lui consacre son Royaume, puisqu’il concède une consécration tardive, celle de Louis XVI au Temple, mais alors qu’il était prisonnier. Et la Confrérie Royale porte cette intention au cœur-même de ses prières de chaque instant. Aussi bénirai-je après le sermon un monument de notre piété, gravant ainsi, non dans le marbre mais dans la fonte, une date au combien historique pour nous, signe des prédilections divines pour un homme, et de l’espérance qu’il donne à tout un royaume pour une prochaine consécration.
Car l’intention que nous portons aujourd’hui est bien au cœur du message de Notre-Dame, mais de manière plus discrète que la consécration de la Russie.
Si le Pape en effet ne consacre pas la Russie au Cœur Immaculé de Marie, n’est-il pas à craindre que Dieu ne frappe Son Église du même châtiment qu'il réserva en 1789 à la monarchie française ? Et qu’en laissant frapper le pasteur, les brebis ne se dispersent ?
Toutefois, après avoir répandu ses erreurs et ses crimes dans le monde entier, la Russie, comble de l’ironie, a, cent ans plus tard, bien changé. Sans brosser un portrait idyllique, ses églises se reconstruisent au rythme d’un millier par an (et jusqu’à Paris !), elle fut en première ligne pour la défense de la famille et des valeurs chrétiennes, et même dans la défense du Saint-Père outragé, en la si mouvementée Année du Sacerdoce ! Cela nous ne l’oublions pas. Notre cœur est également réconforté de voir cette année la Russie honorer officiellement saint Louis ; il l’est d’autant plus que son descendant y fut lui-même invité et daigna s’y rendre. Le terreau semble donc prêt : comme la sainte Mère de Dieu à Cana, hâtons les choses par nos prières opportunes !
Dans les années 1960, le successeur légitime des rois de France ajouta au sommet de ses armoiries le Cœur Immaculé de Marie contenant en son sein le Cœur Très-Sacré de Jésus, rayonnant tous deux de gloire. Les deux Cœurs sont irrémédiablement liés, et saint Jean Eudes ne parlait d’ailleurs que d’un même Cœur de Jésus et Marie.
Que demandait le Christ à Son Fils aîné ?
-Mettre Son Sacré Cœur sur les armes du roi et les étendards de la France > C’est fait !
-Lui élever une Église nationale > C’est fait, à Montmartre, par des souscriptions de la France entière, c’est la basilique du Vœu national. Et la dauphin Louis avait érigé un autel à la chapelle de Versailles.
-Que dans cette Église la France Lui soit solennellement consacrée par son souverain > C’est notre programme !
En tant que modestes représentants des peuples de France, nous nous permettons, ô Cœur sacré de Jésus et de Marie, de Vous consacrer dès maintenant notre Prince bien-aimé. Nous vous le présentons et confions, mais de grâce, « sauvez-le, et exaucez-nous en ce jour où nous Vous invoquons ».
Toutefois, afin de ne pas verser dans un mysticisme de mauvais aloi, n’attendons pas, benoîtement, tout des actes du Prince et du Pape, comme s’ils étaient les seuls intéressés : ils sont les premiers intéressés, mais pas les seuls : soyons, nous aussi déjà, fidèles à l’humble devoir d’état quotidien, demande essentielle de Notre-Dame, tant à Fatima qu’à Pellevoisin par exemple, où elle confiait à Estelle : « Si tu veux me servir, sois simple et que tes actions répondent à tes paroles » ; « Tu n’as pas perdu ton temps aujourd’hui ; tu as travaillé pour moi » (11 nov. 1876) ainsi, « Je serai invisiblement près de toi » (8 déc. 1876). Soyons courageux pour les sacrifices surérogatoires demandés par le Ciel, et auxquels se consacrèrent saint François et sainte Jacinthe le peu de temps qu’il leur resta à vivre. Et contrairement à ce que croit et enseigne le monde, ces deux pastoureaux ont sans doute eu une vie plus réussie que ceux qui brillent trop pour s’éteindre ensuite rapidement.
Notre-Dame – qui affirme « Je choisis les petits et les faibles pour ma gloire » (5 nov. 1876) – a besoin de nous, pour la faire connaître (« Publie ma gloire » disait-elle déjà à Estelle) ainsi que pour publier son message : prier pour la conversion des pécheurs qui sinon se damneront. « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour prendre sur vous toutes les souffrances qu’il voudra vous envoyer, en réparation des péchés par lesquels il est offensé, et en intercession pour la conversion des pécheurs ? » (Mémoires de Sœur Lucie, I, p.162). Tel est l’objet de la dévotion des premiers samedis des mois. Et « ceux qui me mettent en lumière auront la vie éternelle » (Eccli. XXIV, 31), était-dit dans l’épître.
La Confrérie royale, qui veut avoir une grande dévotion pour le Cœur Immaculé de Marie, auquel elle s’est consacrée en cette même cité l’an passé, a toutefois un objet moins étendu, plus spécifié : dans cette prière pour le prochain, elle consacre la sienne à la restauration en France de l’ordre social chrétien tel que voulu par Dieu, conscient que « de la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes » (Pie XII : Discours du 1er juin 1941).
Pour cela, nous prions pour la sanctification du Prince successeur de saint Louis, pour qu’il soit docile et fidèle aux grâces d’état qu’il reçoit immanquablement. Car nous ne demandons pas seulement un roi, mais un roi selon le Cœur de Dieu, le Cœur de Jésus, et donc de manière indissociable le Cœur de Marie.
Ou plutôt, nous ne le demandons pas, puisque les Lois fondamentales de France le désignent déjà. Nous prions pour sa manifestation, pour son élévation, et pour le plus sublime des sacramentaux de la Sainte Église, qui nécessite non seulement un Évêque comme célébrant mais sept autres comme assistants : je parle bien évidemment du Sacre, qu’en octobre dernier le prince appelait « la colonne vertébrale de la royauté ». Serait-ce insensé et trop demander, dans une basilique consacrée par les saints anges eux-mêmes ?!


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Tout à l’heure, à l’Offertoire si bien nommé, nous recevrons de nouveaux Vœux de consécration à la Couronne de France ; l’oraison de la Messe m’a d’ailleurs fait dire tout à l’heure : « Ô Dieu tout-puissant et éternel : faites que notre volonté vous soit toujours dévouée ; et que nous servions votre Majesté d’un cœur sincère » (collecte du dim. dans l’octave de l’Ascension).
Ô Notre-Dame, daignez accepter aujourd’hui, en ce sanctuaire où vous trônez comme Reine de France, l’hommage d’humbles fils du saint Royaume de France. D’un cœur magnanime et audacieux, permettez-nous de vous réserver, de vous offrir, de vous consacrer par ce pèlerinage et par cette Messe, à l’occasion du centenaire de votre manifestation capitale à Fatima : le prince Louis, aîné des fils de saint Louis et successeur de nos illustres monarques, tête du Corps du Royaume de France.
Et puisque du bienheureux Urbain II au Saint-Père actuel, en passant par Pie XI, les papes ont toujours reconnu qu’il était votre royaume, agréez en ce jour, Notre-Dame de France, le Roi Très-Chrétien, Fils aîné de l’Église et du Sacré-Cœur, comme Fils aîné de votre Cœur Immaculé, afin qu’il soit le premier chevalier de son triomphe promis et espéré.
« Pour être roi d’une cité, Jésus-Christ, en effet, selon le P. Calmel, demande d’abord la fidélité au droit naturel pris dans son ensemble et non pas seulement un hommage public aux ministres de sa religion et aux Sacrements de son Corps et de son Sang » (P. R-Th. Calmel o.p., op cit. p. 143).
Et puisqu’à Sœur Lucie, vous laissâtes entendre que le grand combat final, entre le serpent et vous, qui lui écrasez la tête, serait celui de la Famille, prenez également sous votre protection et patronage l’auguste Famille Royale :
–S.M. la Reine, Marie-Marguerite, qui a pour mission de vous représenter sur cette terre de France, et qui après vous, en est la seule première Dame et Souveraine ;
–et les Enfants de France :
–Madame, la princesse Eugénie de France, en son 10e anniversaire ;
–Mgr le Dauphin, Louis, et Mgr le duc de Berry, Alphonse,
nos Princes jumeaux, qui accompliront demain leurs sept années.


La Famille royale
Associons-y toute l’auguste Maison de France (dont le nom est déjà tout un symbole et programme…), puisque nous naissent régulièrement de nouveaux princes du sang. A l’exemple de sainte Jeanne d’Arc, prions pour leur sanctification, et leur fidélité aux principes qui « constituent » la France.
Que la tête des familles de France ainsi confiée à un si puissant patronage, toutes nos familles puissent réaliser ici-bas leur mission, dans l’imitation des vertus de la Sainte Famille de Nazareth, dans un ordre social chrétien restauré, dans une Cité catholique recouvrée, dans une Chrétienté renaissante. Comme le disait le Pasteur angélique, sacré évêque par Benoît XV à Rome, chose inouïe, alors même que la Sainte Mère de Dieu apparaissait au Portugal, « c’est tout un monde qu’il faut refaire depuis les fondations ; de sauvage, il faut le rendre humain ; d’humain, le rendre divin, c’est-à-dire selon le Cœur de Dieu » (Discours du 11 février 1952). Et comme le disait Louis XIII le Juste, comme nous l’avons lu avant-hier : « Les bonnes familles sont la condition nécessaire et suffisante d'un bon Royaume ». Voilà donc où le Christ Roi doit régner en premier, ainsi que Son Lieutenant.
Puisque nous avons traité hier du Corps mystique de la France, et en application du message de notre Mère à Fatima, permettez-moi de citer derechef l’auteur de la belle encyclique sur le Corps mystique du Christ, l’Église, Mystici Corporis (1943), à savoir le vénérable Pie XII – et il vous suffira de transposer à ce que les Pontifes romains ont toujours appelé le second pouvoir sur terre, à savoir le temporel : « Mystère redoutable, certes, et qu'on ne méditera jamais assez : le salut d'un grand nombre d'âmes dépend des prières et des mortifications volontaires, supportées à cette fin, des membres du Corps mystique de Jésus-Christ et du travail de collaboration que les Pasteurs et les fidèles, spécialement les pères et mères de famille, doivent apporter à notre divin Sauveur ».
Dans le Corps mystique de la France, la Confrérie Royale n’a pas d’autre mission que de demander « des prières et des mortifications volontaires, supportées à cette fin, des membres du Corps mystique » du Royaume, « spécialement les pères et mères de famille », pour la Couronne (notre famille) et le père des pères de famille, le chef des chefs de famille, bien conscients que par cet ordre voulu par Dieu et miraculeusement confirmé tout au long de notre histoire sainte, le plus possible de nos frères, de fils de France, trouveront facilitée la voie du Ciel, comme saint Grégoire le Grand le donnait en programme aux empereurs : « Le pouvoir a été donné d’en haut à mes seigneurs sur tous les hommes, pour aider ceux qui veulent faire le bien, pour ouvrir plus largement la voie qui mène au ciel, pour que le royaume terrestre soit au service du royaume des cieux » (Lettre à l’empereur Maurice et à son fils Théodore – Regis. III. 61), ce qu’appliqua Louis XIII en son mémorable Vœu (je cite) : « Nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre Royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre État, notre Couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l’effort de tous ses ennemis, qu’[…] il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire ». Voilà notre Vœu, et la raison de notre présence à vos pieds.
Comme le précisait le P. Calmel, op : « C’est par amour des pauvres, c’est parce que les pauvres sont les premières victimes dans un monde où les autorités sociales, comme disait Le Play, sont étrangères à la religion chrétienne, c’est pour cela que la sainte Église s’adresse aux grandeurs terrestres pour les convertir, les rendre chrétiennes » (« Itinéraires » n° 67, p. 177), et dans le cas qui nous occupe, très-chrétiennes.
La consécration royale et solennelle de la France au Sacré-Cœur n’a pas été faite. Mais la consécration royale et solennelle de la France à Notre-Dame a bien été faite, elle, en 1638. Aussi ne doit-on pas désespérer car nous appartenons bien à la Très Sainte Mère de Dieu, et elle ne peut se désintéresser d’un Royaume qui lui appartient officiellement, qui est désormais sien. C’est donc par elle qu’il nous faut passer pour rejoindre son Fils.
Auguste Marie, sainte Mère de Dieu, sauvez le Roi et la France !
Notre-Dame de France, régnez sur nous !
Cœur Immaculé de Marie, hâtez vos triomphes ! Ainsi soit-il.



Pèlerinage

Homélie du vendredi 26 mai 2017

par M. le chancelier de la Confrérie Royale
à la Messe de saint Philippe de Néri
célébrée au grand-séminaire du Puy

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            Monsieur le Grand-Prieur,
            Messieurs les Abbés,
            Mes Frères,
Chers Membres & Sympathisants de la Confrérie Royale,

« La joie, écrit Dom Guéranger dans son Année liturgique, est le caractère principal du Temps pascal : joie surnaturelle, motivée à la fois par le triomphe si éclatant de Notre-Seigneur et par le sentiment de notre heureuse délivrance des liens de la mort. Or, ce sentiment de l’allégresse intérieure a régné d’une manière caractéristique dans le grand serviteur de Dieu que nous honorons aujourd’hui : S. Philippe Néri, « l’Apôtre de la joie » selon le peuple romain ; et c’est bien d’un tel homme, dont le cœur fut toujours dans la jubilation et dans l’enthousiasme des choses divines, que l’on peut dire, avec la sainte Écriture, que le cœur du juste est comme un festin continuel (Pv 15, 15). Un de ses derniers disciples, l’illustre Père Faber, fidèle aux doctrines de son maître, enseigne que la bonne humeur est l’un des principaux moyens d’avancement dans la perfection chrétienne ».
Nul doute, chers Amis, que c’est cette même allégresse rayonnante et cette sainte amitié qui nous réunit, à l’intérieur de cette petite (mais qui s’agrandit de pèlerinage en pèlerinage !) cette petite Confrérie Royale. La joie est conquérante : puisse-t-elle, en prenant sa source en Dieu, nous obtenir la victoire de la Cause qui nous rassemble aujourd’hui encore !
            Cette Cause, c’est S. Paul lui-même, qui nous la livre dans sa première épître à Timothée (2, 1-2) : « Je vous exhorte, mes frères, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces pour les rois et ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté ». Quoi de mieux alors qu’un pèlerinage pour répondre à cette demande pressante de l’Apôtre, et qui plus est aux pieds de la Vierge Marie, en ce mois qui lui est consacré, au Puy-en-Velay, où se sont déjà pressés tant de nos ancêtres afin de prier eux aussi pour leur Souverain ?
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            La prière que nous formulons aujourd’hui est double : le retour du roi, et la sanctification du roi. Les thomistes savent en effet que l’agere sequitur esse : notre agir dépend de notre être. Le sage accomplit des actes sages ; le pécheur, lui, accomplit des œuvres de péché (cf. 1 Jn 3, 8). D’où la nécessité de demander non seulement le retour du Roi en France (puisque le Roi, nous l’avons déjà : les lois fondamentales du Royaume nous le désignent !), mais le retour d’un saint Monarque, tout comme ce soir, lors du Salut du Saint Sacrement, nous demanderons à Dieu de nous donner « des prêtres, de saints prêtres, de nombreux et saints prêtres » : à quoi bon obtenir des prêtres, si c’est pour qu’ils soient scandaleux ? À quoi bon le retour d’un roi s’il s’en montrait indigne ?
            C’est ce que nous rappelait hier la Lettre mensuelle[1] de la Confrérie Royale : « Les rois sont des hommes, avec leurs qualités et leurs défauts. (…) Mais la Royauté française, par ses vertus intrinsèques, et par les grâces de prédilection divine, porte à la sainteté ses titulaires et ses peuples. La Chrétienté autrefois était admirative des qualités de la lignée royale française, supérieures et plus constantes d’ailleurs que dans beaucoup de royaumes ».
Le Roi, c’est le Rex : a recte agenda, celui qui agit droitement. S’il gouverne avec piété, justice et miséricorde, il mérite alors d’être appelé « roi », et s’il manque à ses devoirs, ce n’est plus un roi mais un tyran[2]. L’épître de cette Messe nous rappelle l’importance de vivre de la sagesse : « J’ai demandé l’intelligence et elle me fut donnée. J’ai prié, et l’Esprit de Sagesse est venu en moi. Je l’ai préférée à la puissance et aux dignités. J’ai estimé qu’auprès d’elle les richesses n’étaient rien et que les pierres précieuses étaient sans valeur (…) ; elle est pour les hommes une richesse inépuisable. Ceux qui viennent y puiser acquièrent ces dons de la science qui leur ouvrent l’amitié de Dieu » (Sg 7, 7-14).
            Cela nous rappelle l’épisode du roi Salomon. Dieu, pour le remercier de sa fidélité à ses Commandements, lui offrit de le récompenser en lui accordant ce qu’il désirait le plus. Celui-ci, dans un rayon de lumière surnaturelle, vit le prix des choses célestes et dédaigna les choses temporelles pour ne réclamer que la Sagesse : « Accordez à votre serviteur un cœur intelligent pour juger votre peuple, pour discerner le bien du mal » (1 Reg 3, 9) ; « Cette demande plut au Seigneur, et Dieu lui dit : puisque tu ne demandes pour toi ni une longue vie, ni les richesses, ni la mort de tes ennemis, et que tu demandes de l’intelligence pour exercer la justice, voici : j’agirai selon ta parole, je te donnerai un cœur sage et intelligent […] ; je te donnerai en outre ce que tu n’as pas demandé : des richesses et de la gloire, de telle sorte qu’il n’y aura pendant toute ta vie aucun roi qui soit ton pareil » (10-13).
            C’est ce que nous devons demander pour notre Souverain bien-aimé : la sagesse. Le saint Curé d’Ars disait que « le plus grand cadeau que Dieu pouvait faire à une paroisse, c’était de lui envoyer un saint prêtre ». N’est-ce pas le plus grand cadeau que Dieu puisse faire à tout un pays, de lui envoyer un saint roi ? Nos prières, si elles sont ardentes autant que confiantes, ont tout pouvoir sur le Cœur de Dieu.
Un épisode de la vie de S. Philippe Néri, « l’un des plus beaux fruits de la fécondité de l’Église au XVIème siècle » (selon la formule encore de Dom Guéranger), nous montre les conversions qu’obtiennent les prières d’un Saint. S. Philippe a bien compris que c’est en touchant la tête qu’on atteint tout le reste du corps ; c’est en s’attachant à la conversion d’un roi que l’on travaille à la sanctification de tout un peuple. Le 25 juillet 1593, le roi Henri IV abjure solennellement le protestantisme en la basilique Saint-Denis. Cependant, sa conversion semble douteuse à certains (vous connaissez le mot qu’on lui prête : « Paris vaut bien une Messe » !), à certains et non des moindres, et en premier desquels le Saint-Père lui-même, trop persuadé que l’ambition du trône déterminait son abjuration. Tandis que le Pape doutait de sa sincérité, S. Philippe, lui, fut rapidement convaincu de l’authenticité intérieure de la conversion du monarque jadis huguenot.
Ce n’est que deux ans plus tard, en 1595, que l’affaire de la confirmation de l’abjuration du roi Henri IV sera portée devant la Cour de Rome. L’enjeu était grave : la France restera-t-elle catholique ? C’est la question que l’on se pose à Rome avec anxiété depuis le commencement des Guerres de Religion. S. Philippe va alors jouer un rôle décisif, grâce à son crédit auprès du Saint-Siège, dans la reconnaissance de la conversion de Henri de Navarre qui s’était écrié : « Je désire [par là] donner la paix à tous mes sujets et le repos à mon âme ».
L’intuition de S. Philippe concernant la grâce de la conversion, c’était que « seules les personnes peuvent être touchées et converties cœur après cœur, librement, dans le contact et l’influence personnelle. La société ne peut s’améliorer que par cette voie »[3]. Il réussit alors à convaincre le rude Clément VIII de recevoir son abjuration, qui ne l’accordera que le 17 septembre 1595, deux ans après la même reconnaissance par les évêques français, cette fois, passant outre le mécontentement de l’Espagne. Le roi converti n’oubliera jamais, lit-on dans sa Vie par Corsini, « qu’il fut par ce saint homme puissamment aidé à recouvrer la grâce dont l’hérésie l’avait tenu éloigné ».

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            Le thème de ce pèlerinage nous fait mieux entrevoir le lien intime, plus encore : l’identité entre le roi et la nation : « L’État, c’est moi » pouvait dire avec raison Louis XIV le Grand. C’est ce lien, précisément, que va briser la Révolution de 1789 en opposant ce qui devrait être uni. « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mt 19, 6). La Révolution, œuvre démoniaque, va séparer ce que Dieu avait uni, en dressant la nation contre son roi.
Résultat de recherche d'images pour "philippe néri"            Nos efforts ont pour but d’œuvrer à renouer cette alliance rompue entre la nation et son roi. Pour le moment, nous sommes un peu comme les convives des noces de notre Évangile (Lc 12, 35-40) : nous attendons le retour de notre Maître. « Heureux ces serviteurs que le Maître trouvera éveillés à son arrivée », nous garantit le Christ, car ils recevront leur récompense. Tenons donc notre lampe allumée pour veiller et éviter de tomber dans la somnolence qui guette tous nos concitoyens. Ravivons notre flamme par une charité ardente entre nous et une prière incessante qui se consume auprès de Dieu. Dans 10 jours, nous fêterons la fête de la Pentecôte : que le Saint-Esprit nous apporte force et consolation dans notre mission ! Qu’« il nous embrase nous aussi, comme le prêtre le demandera dans un instant dans la Secrète, de ce feu dont il a admirablement pénétré le cœur » de S. Philippe Néri !
Ainsi soit-il.




[2] Cf. la XIVème université de Renaissance catholique : Le patriotisme est-il un péché ? (2016).
[3] Abbé Bombardier, Le rôle de S. Philippe Néri & de l’Oratoire de Rome dans l’absolution donnée à Henri IV (2003).

Pèlerinage

Galerie photographique du Pèlerinage au Puy

(petit panel)

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Veni Creator inaugural.

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Grand'Messe de saint Philippe de Néri au grand-séminaire du Puy.

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Adoration du Très-Saint-Sacrement au grand-séminaire du Puy, pour la France, le Roi et la Famille royale.

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Bénédiction de l'étendard du Cercle légitimiste du Vivarais.

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Procession du grand-séminaire à la cathédrale pour la Grand'Messe.

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Grand'Messe au maître-autel de la Vierge noire.

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Sermon de M. le grand-prieur, dans la chaire de vérité de la cathédrale.

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Sortie de Messe sur les marches menant "au nombril" de la cathédrale.

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Chasuble très aimablement mise à disposition par M. le recteur de la cathédrale pour la Grand'Messe.

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Aucun texte alternatif disponible.
Le bienheureux pape Urbain II, le connétable du Guesclin et le roi saint Louis (détail de la chasuble).

Photographies : tous droits réservés (ici et ici).

Pèlerinage


La Confrérie Royale rend grâces au Ciel 
pour ce deuxième Pèlerinage au Puy-en-Velay,
ces vendredi 26 et samedi 27 mai.

Elle tient à remercier du fond du coeur :

S.Exc.R. Mgr Crépy, Evêque du Puy, pour sa bienveillance ;

M. l'abbé Planche, recteur-archiprêtre de la cathédrale-basilique du Puy, pour son très chaleureux accueil, son aide et participation à la Grand'Messe et sa sollicitude toute paternelle ;

Ses ecclésiastiques pour les magnifiques célébrations de la sainte Liturgie ;

Ses conférenciers & guides pour leur enseignement ;

Ses membres pour leur fidélité ;

Ses amis pèlerins pour leur présence ;

Et tous ceux qui, ne pouvant se joindre à elle par leur présence, se sont toutefois associés à son Pèlerinage par leurs prières.

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Evénement

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La Confrérie royale 
organise son Pèlerinage annuel 
au Puy-en-Velay
les vendredi 26 et samedi 27 mai 2017


Plus ancien lieu d'apparition mariale en France, la cité du Puy jouit d'un jubilé chaque année où le Vendredi-Saint (Rédemption) tombe un 25 mars (Incarnation), ce qui était le cas l'an dernier pour le premier Pèlerinage. Avec la bénédiction de S.Exc.R. Mgr L. Crépy, Evêque du Puy, et de M. le Recteur de la Cathédrale-Basilique, M. l'abbé Bernard Planche, la Confrérie Royale a décidé de rendre ce pèlerinage annuel, le prochain jubilé n'ayant lieu qu'en 2157, c'est-à-dire dans 140 ans...

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Rejoignez donc ce pèlerinage afin d'implorer du Ciel les grâces "Pour le Roi et la France" :
   -sur notre Roi légitime, Fils aîné de l'Eglise et du Sacré-Coeur, que les Lois fondamentales du Royaume de France désignent en la personne de Mgr le prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou, sous le nom de Louis XX, afin qu'il soit un roi selon le Coeur de Jésus (dont la solennité liturgique est l'occasion de ce pèlerinage) ;
   -sur la France, "Regnum Galliae, Regnum Mariae" (Pie XI) ; que notre Patrie soit enfin consacrée au Sacré-Coeur de Jésus et qu'elle renoue avec sa si belle vocation de Fille aînée de l'Eglise ;
   -sur nos personnes (corps et âme), nos familles, nos provinces.

En ce centenaire des apparitions mariales à Fatima,
venez honorer Notre-Dame de France après l'Ascension !



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Programme
du 2e pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy

Vendredi 26 mai 
Rassemblement à midi au Grand-Séminaire (accueil saint-Georges): 
Angélus & Veni Creator
12h30 : Déjeuner
Visite patrimoniale et spirituelle
16h : Conférence du Grand-Prieur 
"Le Roi et la France, c'est tout un !"
& Etat des lieux de la Confrérie
17h45 : Grand'Messe 
19h30 : Dîner
20h30/45 : Adoration du Très-Saint-Sacrement. 

Samedi 27 mai
8h : Petit-déjeuner
9h : Conférence du Secrétaire
10h30 : Procession et Grand'Messe du Coeur Immaculé de Marie
avec les engagements dans la Confrérie Royale
12h30 : Déjeuner
Bénédiction et conclusion du pèlerinage. 


Organisation matérielle

Remarque préliminaire

Il est évidemment possible, selon les opportunités de chacun, d’arriver au Puy le jeudi de l’Ascension 25 mai et de n’en repartir que le dimanche 28. La Messe traditionnelle est célébrée en la chapelle des Clarisses (rue Sainte-Claire, au Puy) à 10h30, tant le jeudi de l'Ascension 25 mai que le dimanche 28 mai.


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L'ancien grand-séminaire, au pied de la statue de Notre-Dame de France.


Merci de s'inscrire (gratuitement) au Pèlerinage 
à l'adresse mail indiquée
ou à l'adresse postale :
Mesnil-Marie - Condas - 07310 Saint-Martial


NOTA BENE : Le pèlerinage est ouvert à tous les fidèlesVotre venue n'engage à rien, si ce n'est à unir vos prières à celles du Pèlerinage pour le Roi et la France !

Aux indécis

Faire un pèlerinage pour le salut de notre Royaume n'est pas un luxe, mais une nécessité morale, notamment en ce centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fatima (1917), où la Sainte Mère de Dieu avertissait l'humanité des maux qui aujourd'hui nous accablent et appelait, comme à Lourdes (1858), à la conversion et à la pénitence. En ces graves heures de l'histoire du monde, de l'Eglise et de la France, sachons méditer ces paroles de l'Evangile :

"Je dirai à mon âme: Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années; repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi. Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit-même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ?Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n'est pas riche pour Dieu" (Luc. XII, 19-21).
 

Message de Monseigneur le duc d'Anjou
adressé au Président de l’U.C.L.F.
 
pour le pèlerinage jubilaire de l'an dernier (4 et 5 juin 2016)
mais que nous sommes invités à relire et méditer cette année encore ! 
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Chers Amis,

Vous m’aviez invité à votre pèlerinage jubilaire au Puy et je vous en remercie. 

A défaut de pouvoir être présent parmi vous, je suis là par la pensée et mes prières accompagnent tous ceux qui accomplissent ce geste immémorial de dévotion.

En cette année 2016, alors qu’un tel Jubilé ne se reproduira que dans 141 ans, je mesure toute l’importance de cet acte.

Je la mesure d’autant plus que pour tous mes prédécesseurs, les Rois de France au souvenir desquels votre association est si attachée, venir ici, au Puy, a toujours été la marque d’un renouveau profitable à tout le royaume.

La venue de Charles VII, par exemple, implorant le secours de Notre-Dame pour sauver son royaume, demeure en ce sens un symbole marquant. Il est encore plus parlant en cette année où la présence de Jeanne d’Arc est si manifeste. Elle-même envoya sa mère la représenter au jubilé de 1429, convaincue que sa mission de renaissance du pays, alors presque tout abandonné aux mains étrangères, passait par l’intercession miraculeuse de la Vierge du Puy.

Or ce renouveau n’est-il pas toujours d’actualité dans notre société si déchirée et inquiète ? Un vieux monde né à la fin du XVIIIe siècle disparaît et un monde nouveau retrouvant le sens de la transcendance et de l’unité est en train de se mettre en place. Le Saint-Père l’appelle de ses vœux dans tous ses récents écrits. Les jeunes y contribuent grandement par leur action et leur engagement pour une société redonnant au bien commun toute sa réalité. Beaucoup ont, justement, placé leur espérance dans le pèlerinage jubilaire du Puy.

Vous prierez durant le vôtre pour qu’un monde renaissant aux valeurs de la tradition de nos pères puisse redonner à la France et le sens de sa grandeur, et l’esprit de sa mission civilisatrice pour l’ensemble des nations et la puissance des grâces de son baptême.

Pour tout cela soyez remerciés.

Et que la ferveur de vos prières contribue à protéger la France.
Louis, duc d'Anjou

Lettre du 25

Lettre mensuelle aux membres et sympathisants de la 

Confrérie Royale

pour le 25 mai anno Domini 2017


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Le 25 mai 2017,
en l'Ascension du Seigneur.

En ce jour de l'Ascension du Seigneur, rappelons-nous cette autre Ascension de l'an de grâce 1643, 14 mai cette année-là, où s'endormit dans la paix du Seigneur son serviteur le Roi Très-Chrétien Louis, XIIIème du nom, par la grâce de Dieu Roi de France et de Navarre.

mort de Louis XIII vitrail de St Séverin détail.JPG

Saint Vincent de Paul assistant Louis XIII dans sa dernière agonie
(vitrail de l'église Saint-Séverin, à Paris - détail)

  1. Le serviteur de Dieu Louis XIII le Juste.

Celui-ci eut un règne difficile, mais glorieux, où il montra les qualités d'un Roi Très-Chrétien.

Foi. Louis le Juste eut une foi sans faille, conscient des devoirs tenus de son sacre et de la nécessité de se sanctifier pour le salut de ses peuples, et refusant que les moines d'Argenteuil exposassent la Sainte Tunique exprès pour lui, disant : « La foi me suffit. »

Espérance. Il eut une espérance vraiment surnaturelle, vivant sans cesse avec l'idée qu'il rendrait compte à Dieu de son gouvernement, disant : « Dieu ne m'a fait Roi que pour lui obéir et donner l'exemple » ; et disant en mourant : « Je suis ravi d'aller à Dieu. »

Charité. Il eut une charité profonde, cherchant le bien naturel et surnaturel de ses sujets, étant pacifique par sa longue patience envers les huguenots et les grands malgré leurs insoumissions et envers les ennemis extérieurs malgré leurs provocations, pardonnant miséricordieusement à ses sujets rebelles repentants, ne sévissant qu'envers les plus coupables, et ne voulant obtenir la conversion des huguenots que de la persuasion, sans faiblesse ni contrainte.

Prudence. Il agit toujours avec une grande prudence, vertu du chef, n'entrant en guerre que contraint par les rébellions des huguenots et des grands, ou par l'attaque de ses alliés par les ennemis extérieurs (n'entrant dans la guerre de Trente Ans que pour défendre l'archevêque et prince-électeur de Trèves, fait prisonnier par l'Infante gouvernante des Pays-Bas), et, malgré l'exemple de ses ennemis catholiques qui s'alliaient aux protestants anglais, allemands ou français contre lui, n'acceptant des protestants parmi ses alliés qu'après les assurances des théologiens et en imposant des conditions en faveur de la Religion catholique.

Justice. Il agit toujours avec une vraie justice, vertu royale, rendant la justice à ses sujets, rendant la paix à son Royaume, s'attachant à n'entrer en guerre que pour des causes justes (la défense du Royaume, de ses alliés et de la Religion), et disant : « On m'enlèvera plutôt mon sceptre et ma couronne que le titre de Juste qui m'est plus cher que tout. »

Religion. Il agit avec une sincère religion, tenant à faire respecter les droits de Dieu (qu'il rétablit en Béarn et à La Rochelle, entrant dans la ville précédé du Saint-Sacrement et accompagné de pains), protégeant l'Eglise et favorisant les réformes voulues par le concile de Trente, favorisant les missions extérieures et les missions de conversion des protestants, commençant la lutte contre le jansénisme, composant de la musique religieuse, rendant de larges grâces à Dieu pour sa protection et ses victoires, consacrant solennellement son Royaume à la Vierge de l'Assomption, revêtu du saint Scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel, consacré lui-même à Notre-Dame du Puy qui lui avait donné « de grandes grâces ».

Force. Il agit toujours avec une constante force, renversant à quinze ans un ministre ambitieux qui le tenait en tutelle et en mépris, accomplissant tous ses devoirs publics malgré une très mauvaise santé continuelle, maintenant un grand ministre utile à l'Eglise et au Royaume malgré les ennemis de celui-ci, gouvernant personnellement sans se laisser imposer par la forte personnalité de son ministre, étant à la tête de ses armées à la guerre, maintenant l'édit sur les duels malgré toutes les pressions mais pour protéger sa noblesse contre cette mauvaise habitude.

Tempérance. Il agit toujours avec une tempérance assumée, résistant à toutes les tentations qu'une cour propose trop souvent, vivant une vie austère dont le seul plaisir était la chasse, se sacrifiant pour le bien de ses sujets.

Ecrits. Ses lettres, édits et ordonnances protégèrent l'Eglise, la famille, les mœurs, disant : « Les bonnes familles sont la condition nécessaire et suffisante d'un bon Royaume. » Et sa déclaration de consécration de la France à Notre-Dame est un véritable petit traité de la Médiation universelle de Marie.

Miracles. Sans parler des guérisons des écrouelles (même d'Espagnols venus en France à l'occasion de son mariage à l'occasion de son mariage avec l'Infante Anne), miracles dus non à sa sainteté personnelle, mais à son sacre de Roi de France, il guérit miraculeusement une jeune fille muette en lui imposant les mains pendant le siège de La Rochelle, ce qui provoqua la conversion du duc de la Trémoille, jusque-là calviniste. Et sur son lit de mort il prophétisa au Prince de Condé la victoire de Rocroy, qui sera gagnée par le fils de celui-ci le Duc d'Enghien quelques jours après sa mort.

Réputation de sainteté. Saint Vincent de Paul, qui l'assista sur sa demande à sa mort, écrivit ensuite : « Depuis que je suis sur la terre, je n'ai vu mourir personne plus chrétiennement. » Sa réputation de sainteté était telle que Monseigneur Harscouët, évêque de Chartres au XXème siècle, fit les démarches introductives d'un procès en béatification. L'on a parlé d'un second saint Louis.

Rocheservière - 85 - Vitrail voeu de Louis XIII.JPG

(vitrail de l'église de Rocheservières, en Vendée)

  1. Appel à la sainteté.

Ce qui précède est l'esquisse de tous les dossiers de ce qui pourrait être un procès en canonisation du Roi Louis XIII.

Assurément la fidélité à un supérieur, en particulier à un Roi, ne se fonde pas sur ses qualités ni sur sa sainteté. La fidélité royale repose sur la légitimité divine et humaine de la Royauté française et sur les vertus naturelles et surnaturelles de ses institutions. On n'obéit pas à un supérieur parce qu'il est saint, mais parce qu'il nous a été donné par Dieu. Les Rois sont des hommes, avec leurs qualités et leurs défauts, et nous ne devons pas passer notre temps à voir la paille de leur œil en oubliant la poutre du nôtre.

Mais la Royauté française, par ses vertus intrinsèques et par les grâces de prédilection divine, porte à la sainteté ses titulaires et par eux ses peuples. La Chrétienté autrefois était admirative des qualités de la lignée royale française (supérieures et plus constantes que dans beaucoup de royaumes).

Depuis Clovis, si l'on compte les Rois qui ont reçu la canonisation, la mise au martyrologe romain, un culte local liturgique ou non liturgique, un début de procès de canonisation, la mort en bas âge après le baptême, ou tout simplement la mort en odeur de sainteté ou de grandes vertus chrétiennes, l'on arrive aux deux tiers environ des Rois de France ; tous les autres ont été des Chrétiens plus ou moins pécheurs, mais tous de bons Chrétiens, protégeant la Religion, veillant au bien commun, et rendant la justice à leurs peuples, vertu dont l'absence aux dires de Louis XV, pouvait damner un Roi ; et certains ont accompli leur rôle jusqu'au sacrifice suprême.

Comme le disait un prédicateur en 1795 à la mort de Louis XVII, « ô vous tous amis du sceptre et du catholicisme, faites en sorte de ne pas ramper dans la fange, lorsque vous le voyez élevé à une si haute sublimité ». C'est un appel à notre sainteté et pour cela à notre sanctification pour Dieu, pour nous, et pour obtenir des grâces pour le Roi, la Famille Royale et le Royaume.

Depuis 1789 et 1830, nos Princes remplissent leurs devoirs avec plus ou moins de bonheur, mais toujours avec fidélité (ce qui n'est pas toujours le cas de toutes les monarchies subsistantes ou renversées). Sommes-nous, quant à nous, fidèles à nos devoirs envers eux ? Nous efforçons-nous, à la suite du serviteur de Dieu le Roi Louis XIII le Juste et de nos Rois, de croître dans la sainteté par la vie de prière, par le bon accomplissement de notre devoir d'état là où Dieu nous a placés dans la société, et en répandant avec zèle et discernement la fidélité au Roi légitime ? Pensons-nous à prier pour le Roi de France (il y a diverses indulgences accordées par les Papes pour cela) ? La Confrérie Royale en est un moyen providentiel.

Le jeune Louis XIV voyait dans la Royauté les délices de pouvoir répandre le bien sur ses sujets, Louis XVI à la veille de mourir voyait le poids redoutable de la Royauté. Les deux sont vrais. Mais si être Roi gouvernant le Royaume comporte beaucoup de devoirs, accompagnés de nombreux pouvoirs pour ce faire, en revanche être Roi de droit comporte presque autant de devoirs au moins moraux, sans presque aucun pouvoir : c'est un « métier » des plus ingrats et des plus difficiles.

Autrefois le Roi pouvait récompenser ses sujets méritants ; maintenant qu'il est sans pouvoir, servons-le par fidélité : si le Roi ne peut nous en récompenser, Dieu le fera à notre mort dans le ciel.

Louis XX est fidèle à ses devoirs, sur les traces de ses prédécesseurs et de son vénéré Père Alphonse II, qui s'est manifestement sanctifié par son devoir d'état royal accompli jusqu'à l'héroïsme. C'est une lourde tâche, qui a besoin de nos prières pour l'aider. Peut-il compter sur elles ?

Autrefois tous les couvents, toutes les paroisses, tous les sujets priaient pour le Roi ; maintenant que nous sommes moins nombreux à le faire, prions pour lui davantage (la prière n'empêche pas l'action mais la fonde).

La conversion des Français, notre conversion, est la condition nécessaire d'une Restauration stable. Henri V disait : « Il faut, pour que la France soit sauvée, que Dieu y rentre en Maître pour que j'y puisse régner en Roi. » Dieu est-il le Maître en notre âme ? Et sommes-nous prêts à vraiment servir le Roi ? Commençons donc par notre conversion, et prions pour le Roi, la Reine, le Dauphin, la Famille Royale et le Royaume. Alors notre action pourra être efficace ici-bas, et notre salut assuré au ciel.

« Seigneur, sauvez le Roi. Et exaucez-nous au jour où nous vous invoquerons » (prière pour le Roi tirée du Psaume XIX, 10).

Abbé Gabriel Equin +

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Philippe de Champaigne : Louis XIII couronné par la Victoire