11 août

1297 - 11 août - 2017

720e anniversaire de la canonisation de saint Louis

La vie édifiante de Saint Louis (miniature des Grandes Chroniques de France, XIVe siècle, BNF)
La page enluminée ci-dessus, extraite des Grandes Chroniques de France (XIVe siècle, BNF), témoigne de la vie édifiante de Saint Louis. On le voit de haut en bas à sa naissance, à l'école avec un clerc, servant un repas à des moines, lavant les pieds des pauvres, ensevelissant les ossements des victimes de la croisade, enfin se faisant battre à coup de verge tout en priant.

Après la mort du roi Louis IX devant les murailles de Tunis, sa dépouille - réduite à ses os - est transportée en France pour être ensevelie dans la nécropole royale de Saint-Denis. D'emblée se répand la rumeur de nombreux miracles sur le parcours du cercueil. Le pape Grégoire X, élu le 1er septembre 1271, s'en enquiert et engage aussitôt un procès en canonisation selon le droit canon le plus strict. La Famille royale, les familiers et les Ordres religieux (cisterciens, dominicains et franciscains) proches du roi déposent aussi de leur côté une demande en canonisation. Pour le peuple de France, ce n'est qu'une formalité. De son vivant, le roi est admiré pour sa vertu, son humilité et sa charité autant que pour sa bravoure et son sens de la justice. Il est déjà considéré comme un saint.

Dès 1270, le Dominicain Geoffroy de Beaulieu, confesseur du roi, a commencé à constituer le dossier de la canonisation de Louis IX. Il rédige un libelle de 52 chapitres relatant les hauts faits de l'existence du roi. Guillaume de Chartres, chapelain du souverain, écrit de son côté une Vie de Louis qui vient étoffer le dossier.

Depuis les funérailles de Louis IX, le 22 mai 1271 à la basilique de Saint-Denis, de nombreux miracles, qui ont aussi leur rôle à jouer en faveur d'une canonisation, se sont produits. Le dossier a beau être complet et conforme, les démarches vont s'allonger interminablement. Rien moins que neuf papes successifs vont se pencher sur le cas du souverain capétien ! Grégoire X donne à Beaulieu un avis favorable, et même enthousiaste, mais un concile retient toute son attention. Malgré les interventions de Philippe III, fils de Louis IX, et des évêques de Reims et de Sens, l'affaire traîne pendant des mois, des années. En 1276, Grégoire X meurt. Trois papes se succèdent au cours des deux années suivantes. En 1278, Nicolas III demande des informations supplémentaires sur les miracles. Jean de Joinville, biographe et ami du roi, et Simon de Brie, son ancien conseiller, s'exécutent et procèdent à la première enquête officielle et canonique. A la mort de Nicolas III, en 1280, c'est le même Simon de Brie qui devient pape sous le nom de Martin IV. Le procès redémarre à son initiative.

Mais, devenu pape, Simon de Brie a pris du recul. Il réalise que le dossier a été bâclé. Voulant aller trop vite, ses auteurs ont travaillé sans profondeur. Le souverain pontife demande une seconde enquête canonique qu'il confie à trois prélats, l'archevêque de Rouen et les évêques d'Auxerre et de Spolète. Entre mars 1282 et mai 1283, trente huit témoins (au nombre desquels on compte le frère du roi, Charles d'Anjou, ainsi que ses fils Philippe III et Pierre d'Alençon) déposent sur la vie de Louis IX. Trois cent trente autres témoins font état des miracles attribués au roi, avant comme après sa mort. Tout est enfin prêt, revu, corrigé et envoyé à Rome où l'ensemble des dépositions est examiné par trois cardinaux. Mais le procès n'est toujours pas fini à la mort de Martin IV, en 1285. Honorius IV a juste le temps de vouloir réexaminer les miracles avant de mourir, en 1287. Son successeur Nicolas IV, reprend le dossier mais meurt, sans avoir non plus terminé, en 1292. Après deux ans de vacance du trône pontifical, Célestin V est élu, mais démissionne, en 1294. 

Boniface VIII lui succède cette même année. Il décide de hâter les choses, espérant ainsi améliorer ses relations, pour le moins orageuses, avec Philippe le Bel. Mais ce n'est que trois ans plus tard (vingt-cinq ans après sa mort), le 11 août 1297, sous le règne de son petit-fils Philippe IV le Bel, le pape Boniface VIII inscrit Louis IX au rang des Saints. Il l'annonce dès le 4 août en son palais d'Orvieto. Le roi est l'un des premiers laïcs à être canonisé en bonne et due forme. Sa fête est fixée au 25 août, anniversaire de sa naissance à la vie éternelle. Louis IX devient alors Saint Louis. Seule la qualification de martyr, alors qu'il conduisait la huitième croisade, n'a pas été retenue. Sa fête est fixée au 25 août, jour anniversaire de sa mort. En canonisant le roi, le pape met en avant les miracles posthumes qui lui sont attribués mais aussi et surtout les qualités évangéliques qui ont impressionné ses contemporains : son humilité, son attention sincère portée aux pauvres et aux humbles, son sens du devoir et du sacrifice. (Source)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire