ROSE D'OR

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"Le dimanche de Laetare 1736 - ou dimanche "Ad Rosam" - Benoît XIV bénit une rose d'or, l'oignit de baume du Pérou et en plaça quelques gouttes dans un opercule fermé au centre de la fleur. La rose mystique fut portée à Versailles par l'abbé Lercari au cardinal de Fleury. Celui-ci, en la recevant, récita l'oraison "Accipe rosam" devant la Reine agenouillée. Marie Leszczynska alla ensuite l'offrir en pèlerinage à Notre-Dame de Chartres".
Paul Del Perugia : Louis XV.

Avent

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Confrérie Royale
Le Prieur

Samedi 1er décembre 2018,
en la fête de Saint Eloi, évêque et confesseur ;
et du Bienheureux Charles de Jésus [de Foucauld], ermite et confesseur.

« Nox praecessit, dies autem appropinquavit -
La nuit est déjà avancée, et le jour approche... »
Rom. XIII, 12 - épître du 1er dimanche de l'Avent.

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Frères et Soeurs en la Confrérie Royale,
Chers Amis,

« Nox praecessit » : la nuit est avancée, elle tend vers sa fin. Mais c'est encore la nuit ; les ténèbres règnent encore !
« Dies autem appropinquavit » : le jour approche ; sa venue est certaine. Mais il n'est pas encore là ; la lumière ne règne pas encore !
Il est tout aussi certain que le règne des ténèbres prendra fin qu'il est certain que le règne de la lumière va venir. Nous ne pouvons nullement en douter. Mais pour l'heure, c'est encore le règne des ténèbres et nous ne voyons la lumière que par les yeux d'une invincible espérance.

« Nox praecessit, dies autem appropinquavit ! »
Ces quelques mots de l'Apôtre, que nous lisons, approfondissons et méditons au premier dimanche de l'Avent, constituent non seulement le thème spirituel que la Sainte Eglise notre Mère nous donne pour commencer la nouvelle année liturgique et nous stimuler en entrant dans le saint temps de l'Avent, mais c'est aussi l'antienne que nous devons répéter inlassablement - presque à la manière d'un cri de guerre et de ralliement au cœur de la bataille - pour stimuler nos énergies, renforcer notre détermination, rassembler nos forces, décupler notre zèle, aiguillonner notre générosité, éperonner notre combativité, attiser notre ferveur, dynamiser nos engagements, exciter notre flamme, revigorer notre entrain et tonifier notre vaillance dans le grand combat spirituel qui est le nôtre au service de notre Souverain légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX. 

« Nox praecessit, dies autem appropinquavit ! »
Oui, les ténèbres étendent encore leur règne, règne terrible et destructeur, sur le Royaume des Lys ! Oui, les ténèbres règnent encore dans les intelligences, dans les cœurs et dans les âmes de la majorité des Français ! Mais "nox praecessit" : la nuit, nous en avons la certitude, va vers son déclin - inéluctablement ! - et l'aube poindra. Nous ne savons pas encore quand, nous ne savons pas encore combien d'heures nous en séparent : mais elle poindra et sa clarté grandissante chassera peu à peu la noirceur et ses épouvantes mortifères : "dies autem appropinquavit !" 

« Nox praecessit, dies autem appropinquavit ! » 
A l'épaisse nuit diabolique engendrée par le pseudo "siècle des lumières", succédera le jour victorieux de la grâce renaissante qui jaillit de la source vive de Reims, le baptistère dans les eaux duquel se sont unies la royauté franque et la foi de Nicée pour faire naître la France : notre France ! La France telle que voulue par Dieu ! La France catholique et royale !
« Sine paenitentia enim sunt dona et vocatio Dei : en effet les dons et la vocation de Dieu sont sans repentir ! » (Rom. XI, 29). C'est cela qui nous donne notre assurance, une assurance fondée sur les faits que Dieu a suscités et sur les promesses qu'Il a faites, en dépit de tous les éléments de découragement qui pourraient s'imposer à nous en considérant la situation actuelle selon des vues simplement humaines.
Mais notre confiance est en Dieu, qui ne peut "ni se tromper ni nous tromper" (cf. acte de foi), et c'est la raison pour laquelle, au début de cet Avent qui nous prépare à Noël, nous proclamons notre ferme espérance en associant au Noël de Bethléem où le Dieu-fait-chair a paru devant nos yeux et dont ce prochain Noël va liturgiquement renouveler les grâces, le Noël de l'an 496 où par le Baptême du Roi Clovis est né le saint Royaume de France.
Ce n'est pas par hasard que Dieu a disposé toutes choses pour que le jour de la naissance de Son Fils incarné soit aussi le jour de la naissance de la Royauté Très Chrétienne au Royaume des Lys !

Sus donc à toute forme de découragement larvé et de désespérance : « Nox praecessit, dies autem appropinquavit ! » 
Chers membres de notre Confrérie Royale, plus que jamais et avec une ardeur renouvelée, « abjiciamus ergo opera tenebrarum et induamur arma lucis : rejetons donc les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière ! » (Rom. XII, 12 - épître du 1er dimanche de l'Avent).

Vôtre, in Corde Iesu & Mariae.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

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Evénement

France & 

Comtat Venaissin consacrés au Christ Roi

par Mgr Cattenoz




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25 novembre 2018

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Aujourd’hui, en la fête du Christ Roi, nous consacrons notre Église diocésaine et notre pays, nous nous consacrons nous-mêmes à Vous, Seigneur de l’univers.

Nous demandons à l’Esprit Saint de nous permettre de contempler Votre véritable royauté : en guise de trône une croix, comme couronne une couronne d’épines ; comme vêtements royaux, Vous portez le péché des multitudes et Votrea nudité nous laisse entrevoir les souffrances que Vous venez de recevoir de la part de Vos sujets. Vous êtes couvert de sang, Vous n'avez plus visage humain, mais Vous continuez à nous dire : ‘J’ai soif !’ J’ai soif de votre amour à tous ! Pourtant, tout le monde se moque de Vous, les autorités religieuses, les autorités civiles, les soldats, la foule et jusqu’aux condamnés crucifiés à Vos côtés.

Aujourd’hui, nous voulons mettre nos pas dans ceux du disciple bien-aimé et venir à notre tour au pied de Votre trône, au pied de la Croix, auprès de Votre Mère et des quelques femmes qui étaient là. Nous voulons rappeler au monde l’amour qui brûle Votre cœur et qui a soif de se répandre, de se communiquer pour nous donner la vie.

À la suite de tous les saints de notre pays, de tous les saints de notre Église diocésaine, Vous l’agneau innocent, Vous nous révélez les richesses de Votre amour, l’eau et le sang ne cessent de jaillir de Votre cœur pour attirer tous les hommes à Vous, pour nous donner en abondance l’eau vive de l’Esprit. Ainsi, nous pouvons témoigner au cœur de notre monde de la puissance vivifiante de Votre amour.

Dans un monde où le matérialisme ambiant et l’eugénisme sont devenus une idole aux pieds d’argile devant qui tout le monde se prosterne, dans un monde qui prétend ne plus avoir besoin de Vous, Vous nous appelez à être témoins et bâtisseurs d’une civilisation de l’Amour. 

Dans notre monde où la vie et l’amour sont bafoués, nous voulons célébrer la beauté de la vie et de l’amour, les plus beaux dons que Dieu nous ait donnés.

Nous voulons nous abreuver nous-mêmes à cette source vive, vivre de Vous et pour Vous, et devenir au cœur de notre monde les témoins résolus de Votre amour.

Humblement prosternés au pied de Votre croix, nous nous consacrons à Vous avec le désir de répondre par un plus grand amour à toutes les blessures que le monde Vous cause.

Plus l’incroyance se répandra, plus nous mettrons notre confiance en Vous, notre Seigneur et notre Roi, unique espérance des hommes.

Plus les cœurs résisteront à Votre amour, plus nous Vous aimerons, Vous notre Seigneur infiniment aimable.

Plus Votre divinité sera attaquée, plus nous Vous adorerons Vous, l’Innocent crucifié pour le salut du monde.

Plus l’orgueil et la sensualité se déchaîneront sur le monde, plus nous puiserons dans Votre croix la source de l’amour véritable et de l’humilité.

Plus la sainteté du mariage sera contredite, plus nous trouverons en Votre amour la source véritable de l’amour.

Plus le démon s’acharnera contre la prière et la chasteté des consacrés, plus nous puiserons en Vous la source de la pureté.

Plus il y aura de mères qui détruiront par l’avortement la présence en elles de l’image de Dieu, plus nous puiserons en Vous l’Innocent crucifié la source véritable de la vie.

Dans notre pays où l’orgie de la tolérance devient intolérance, nous voulons témoigner de Vous notre Seigneur et notre Roi, source de tout amour véritable.

Dans notre pays où tant d’hommes et de femmes se détournent de Vous, nous voulons humblement témoigner de Votre Évangile et de Vous qui êtes le Chemin, la Vérité et la Vie.

Dans notre pays où le syncrétisme religieux devient la règle d’or, nous voulons témoigner de Vous, notre Seigneur et notre Roi, Vous l’Innocent crucifié. Nous voulons prier pour nos frères musulmans pour qu’il leur soit donné à eux aussi de découvrir la puissance de Votre amour.

Dans notre pays où la franc-maçonnerie, dans l’ombre, règne en maître et veut effacer les racines chrétiennes de notre pays, nous voulons témoigner de Vous l’initiateur de toute vie et la lumière du monde.

En nous consacrant à Vous comme notre Seigneur et notre Roi, nous venons à Vos pieds mendier le don de ton Esprit Saint pour mettre toutes nos forces au service de notre pays pour y répandre et y témoigner de la force de Votre amour.

En nous consacrant à Vous comme notre Seigneur et notre Roi, nous venons à Vos pieds mendier le don de Votre Esprit Saint pour que notre cœur rayonnant de Votre amour divin soit ouvert à tous nos frères, spécialement aux plus pauvres des pauvres et que le mot de fraternité ne soit plus un vain mot mais le tissu vivant de notre société.

En nous consacrant à Vous l’Innocent crucifié, nous avons conscience de toutes nos faiblesses, de toutes nos limites, mais nous voulons que l’Amour qui vient de Vous préside à la vie de notre Église diocésaine, inspire nos actions spirituelles et temporelles et soit au cœur de tous nos engagements dans notre société d’aujourd’hui, car nous le savons bien, c’est l’amour seul qui compte.

Daigne la Vierge Marie, Votre Mère, l’Immaculée, présente auprès de Vous l’Innocent crucifié et communiant pleinement au mystère du Calvaire, Vous présenter la consécration de notre Église et de notre pays, la France, de chacun d’entre nous, et nous y maintenir tous les jours de notre vie.

Ainsi soit-il.

Liturgie

Rubriques


Aux prêtres et fidèles qui utilisent les livres réformés par le pape Jean XXIII (édition de 1962), voici le résumé des réponses données le 14 novembre 2018 par la Commission pontificale Ecclesia Dei (en la personne de son secrétaire, Mgr Guy Pozzo) à quelques dubia envoyés cette année par un prêtre polonais :

1. La traduction des épîtres et évangile peut être utilisée dans n'importe quelle édition approuvée par le Siège apostolique.

2. Là où existe dans la Messe l'usage du 3e Confiteor avant la Communion, il peut continuer d'être utilisé.

3. Il n'est pas approprié de bénir avec une hostie, à la Communion, les enfants qui ne communient pas : mieux vaut utiliser un simple signe de croix.

4. Les formulaires de Saints canonisés après 1962 seront intégrés aux livres liturgiques (la Commission ne dit pas expressément s'ils peuvent être actuellement utilisés ; il semble que non).

5. L'assistance à la Messe en forme extraordinaire un samedi soir permet d'accomplir le précepte dominical. Cependant, le formulaire utilisé doit être celui du samedi courant, non celui du dimanche.

6. Seuls les séminaristes ou religieux ayant au moins reçu soit la tonsure, soit le ministère (institué, dans la forme ordinaire) de l'acolytat peuvent suppléer à l'office de sous-diacre. Un laïc institué acolyte (dans la forme ordinaire) le peut également.

7. Il est permis à un laïc de faire office de maître des cérémonies à une Messe pontificale (la Commission ne répond pas au fait de savoir s'il peut alors revêtir l'habit propre qu'aurait porté un prêtre).

8. Dans le cas d'une crémation, le rituel des funérailles doit suivre celui en vigueur en 1962, i.e. celui de 1952 (donc pas de funérailles possibles autour d'une urne de cendres).

9. Pour les funérailles d'un enfant mort avant le Baptême, sera plutôt utilisé le rituel réformé après Vatican II (il n'est ni répondu à la question, ni interdit formellement, d'utiliser le rituel de 1952, mais les rubriques de celui-ci le prohibent).

10. Pour utiliser un rituel entré en vigueur après 1962, envoyer une copie à la commission pour obtenir une réponse.

11. Pour la préparation d'un adulte au Baptême, les décrets de 1959 (formules différentes selon la provenance) et 1962 (sept étapes) doivent être appliqués, mais l'usage du dernier Ordo est une simple possibilité (?).

12. Le pouvoir de confession accordé aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X est également accordé aux prêtres des communautés associées à la F.S.S.P.X.

13. Le Motu proprio s'applique uniquement aux usages du rite latin romain, donc aussi aux rites traditionnels locaux (Lyon et Braga, ce n'était pas précisé jusqu'ici) et propres aux Ordres religieux. Les rites non romains (Ambrosien et Mozarabe) ne sont pas concernés.

14. Pour l'usage hors du territoire ou de l'Ordre, il faut qu'ils appartiennent au rite romain.

15. Il est permis à tous d'utiliser ces livres romains locaux ou religieux.

16. Ne sont astreints au bréviaire romain que les diacres, prêtres et évêques, ainsi que les membres (sous-diacres) des I.V.C. et des S.V.A. (un sous-diacre diocésain n'y est donc pas tenu !)

17. Savoir si un groupe de 3 personnes suffit pour appliquer le Motu proprio doit être examiné au cas par cas.

18. Comme le prévoit le Motu proprio, les fidèles peuvent être de différentes paroisses.

19. Pour les différends au sujet d'une autre Messe existante dans la forme ordinaire, voir au cas par cas.

20. En ce qui concerne la discipline sera suivi le Code de 1983, mais pas nécessairement les documents qui n'en font pas partie.

21. Les décrets de la S. Congrégation des Rites publiés depuis 1588 peuvent être suivis quand ils sont généraux, plutôt que particuliers.

22. Les réponses de la Commission ont même la valeur que les anciens décrets de la S. Congrégation des Rites.

23. La célébration de la Vigile de la Pentecôte, antérieure à 1962, peut continuer d'être célébrée là où elle existe.

24. Les méthodes de chant grégorien différentes de celui de Solesmes peuvent être utilisées.

25. Les musiques liées aux fonctions liturgiques doivent correspondre aux textes liturgiques.

26. Pour l'usage de chants modernes dans la liturgie, voir plus loin.

27. La Commission ne serait pas opposée à ce que le chant par une soliste femme soit maintenu là où il existe.

28. Pour utiliser des formulaires approuvés après 1962, envoyer une copie afin que la Commission les traite au cas par cas.

29. A la question de savoir s'il est envisageable à l'avenir d'utiliser pour la Semaine Sainte le Cérémonial des Evêques de 1958, la réponse donnée par la Commission est que de telles autorisations sont données ad experimentum pour trois ans.

Lettre du 25

Lettre mensuelle aux membres et amis

de la Confrérie Royale

25 novembre 2018

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Du sacre de nos rois


Dans le régime républicain que la France subit depuis des décennies, chaque investiture de nouveau président, - passant de façon si fugace -, se veut une maigre et pâle copie des cérémonies royales d'antan. Mais comme tout est horizontal, glorification de l'idéologie maçonne et laïcarde, tout est sans goût, se réduisant à un événement médiatique permettant au chef de distribuer sourires, embrassades, poignées de mains et « selfies ». Nous sommes bien loin du roi touchant et guérissant les écrouelles après avoir reçu l'onction du sacre, véritable sacrement. La monarchie française n'est pas une royauté d'opérette, un système constitutionnel, un décor de carton-pâte. Sa fondation n'est pas un simple accord de légitimité entre le souverain et ses peuples. Elle est ancrée dans la Révélation chrétienne, puisque le roi ne peut l'être que s'il est revêtu de la grâce divine, une grâce extraordinaire et particulière, reçue au moment du sacre. Seule la monarchie anglaise a essayé de singer, dans ses rites, le couronnement français, sans réaliser qu'il lui manquait, depuis son schisme, la dimension sacramentelle qui est la seule à donner son sens à la pompe et au faste. Les insignes du sacre ne seraient que colifichets sans cette dimension transcendante uniquement présente dans le rituel français.

Tout d’abord, notre roi, étant dépositaire d’un véritable ministère, - celui d’aimer tous ses sujets, de pratiquer la justice et la miséricorde, de veiller à l’intégrité du royaume et à son rayonnement, à sa prospérité -, doit se préparer au couronnement par une veillée de prière dans la cathédrale de Reims, ceci comme pour la pratique chevaleresque de l’adoubement. Il va devenir le chevalier du Christ en terre et doit ainsi être habité par la grâce nécessaire à cette nouvelle nature. Il se confesse durant cette nuit d’adoration et de silence, ne recevant l’absolution qu’au dernier moment, juste avant la sainte communion du lendemain, ceci afin qu’il soit en parfait état de grâce. Prenant un court repos au palais du Tau voisin, résidence de l’archevêque, il y est réveillé par les évêques de Laon et de Beauvais, portant les reliques. Il les attend dans l’attitude d’un gisant, les yeux ouverts, comme l’effigie des monarques sur les tombeaux de Saint-Denis revêtus des insignes royaux avec des vêtements dont les plis tombant droit semblent indiquer que les morts sont vivants et debout. Ce symbole est essentiel car il signifie que le roi possède deux corps : le corps moral, qui ne meurt jamais car la chaîne royale est ininterrompue, et le corps naturel, mortel, qui prenait la place de son prédécesseur, là aussi sans rupture. La légitimité est continuité dans la stabilité. Aucun événement, même le plus tragique, ne peut faire que le roi soit mort à jamais : lorsqu’il meurt, aussitôt il vit.

L’abbé de Saint-Denis veille sur les insignes royaux dont il est le dépositaire, tandis que l’abbé de Saint-Remi veille sur la Sainte Ampoule contenant le saint chrême pour l’onction, ceci depuis Clovis. Cette huile sainte est l’élément central du sacre qui est sacrement. Tous les autres objets pourraient venir à manquer mais celui-ci est nécessaire. Grâce à Dieu, en 1793, lorsque la Convention ordonna sa destruction en place Nationale (ci-devant Royale) sur le piédestal d’où on avait jeté à bas la statue de Louis XV, le curé jureur de Saint-Remi, devenu église paroissiale, retira de la précieuse fiole une grande quantité d’huile sainte, ce qui permit à Charles X d’être consacré comme ses prédécesseurs. Une nouvelle fois, en 1906, lorsque l’archevêque Mgr Luçon, fut expulsé du palais du Tau, il sauva dans un simple flacon le contenu du reliquaire dont l’Etat anticlérical exigeait la remise. Ce saint flacon est toujours conservé à l’archevêché, attendant le prochain sacre…

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La fiole scellée renfermant l'huile sainte retirée de la sainte ampoule avant sa destruction
telle qu'elle se trouve actuellement dans un coffre de l'archevêché de Reims

Le rite du couronnement commence par le serment du roi, dialogue entre le monarque et l’archevêque de Reims, par lequel est scellé l’engagement royal à défendre l’Église et ses privilèges canoniques dans toutes les provinces du royaume. L’Ordo de Charles V, traduit par Patrick Demouy dans son magnifique ouvrage Le Sacre du Roi (éd. La Nuée bleue, 2016), rapporte les mots exacts de ce pacte qui respecte les deux ordres, royal et religieux, tout en instituant un lien indéracinable entre eux. Les différents ordos conservés contiennent des variantes selon les époques et selon les souverains. Il fut d’usage aussi de préciser que les hérétiques devaient être chassés du royaume. Le coeur en est toujours les tria precepta, à savoir paix, justice et miséricorde.

Ensuite a lieu le rite de passage, chevaleresque, où le roi est dépouillé de tous ses vêtements, à l’exception d’une tunique et d’une chemise dont les ouvertures permettraient les onctions. Il reçoit l’épée et les éperons, ceci dans un véritable ballet qui souligne l’axe vertical du pouvoir royal s’inscrivant dans la généalogie des rois de l’Ancien Testament et dans une dimension cosmique. Ces insignes ont échappé à la fureur révolutionnaire. Ils reposent aujourd’hui au Louvre. L’épée Joyeuse, dite « de Charlemagne », attend ainsi des jours meilleurs.

L’onction, septuble, revêt alors le roi de sa charge de pasteur, intermédiaire entre Dieu et son peuple. L’archevêque de Reims mélange le Saint Chrême du Jeudi saint précédent avec une parcelle, « grosse comme un pois », du baume desséché de la Sainte Ampoule. Le souverain reçoit cette huile sainte sur la tête, comme pour les consécrations épiscopales, sur la poitrine, entre les épaules, sur chaque épaule et à la jointure des bras, ceci afin que tout son être soit inondé, jusqu’au coeur, comme David sur lequel la corne d’huile fut renversée par Samuel.

Le chambellan revêt le monarque oint avec la tunique, la dalmatique et le manteau, tous trois fleurdelisés : le roi est pontife et sa charge est quasi sacerdotale, même s’il n’est pas prêtre pour l’autel. Il est habité par un caractère, semblable à celui de l’ordination. Recouvert par les fleurs de lys, il devient le chevalier par excellence de la Très Sainte Vierge qui protège son royaume de façon privilégiée. Il devient lui-même un lys, comme le Christ l’est pour l’Église selon la belle image du Cantique des cantiques. Ces vêtements fleurdelisés ne sont pas ceux du monde mais ceux des cieux. Ils préfigurent la Jérusalem nouvelle où chaque élu est un lys à la ressemblance du Maître. La couleur bleue est celle de l’azur mais aussi celle réservée au grand- prêtre dans l’Ancien Testament. Il prend aussi les gants épiscopaux et reçoit l’anneau, symbole de l’union mystique entre lui et son peuple. L’archevêque lui remet aussi le sceptre et la verge de justice. La marque de la puissance monarchique est le sceptre, image de la droiture et de la vertu. En l’acceptant, le roi s’engage à mener une vie irréprochable, à lutter contre le mal et à défendre la justice. Ce sceptre est le canal entre le ciel et la terre car, pour le couronnement royal français, il n’est pas court mais aussi long qu’une crosse d’évêque, jouant d’ailleurs un rôle identique, celui du bâton de berger guidant le troupeau et du messager transmettant ce qu’il reçoit de l’autorité divine. Quant à la verge de justice, elle est le symbole de la vertu et de l’équité. Elle est la clef de David et sa dimension, 59 cm, est exactement une coudée biblique. Là aussi l’Ancien Testament est constamment présent comme héritage, montrant la continuité de l’élection divine de l’ancienne Alliance dans le lieutenant choisi par le Christ pour le royaume de France. Seul le roi de France a conservé ces deux sceptres alors que les autres souverains ont remplacé la main de justice par un globe, à la suite de l’empereur germanique. Notre roi est vraiment le successeur de David et de Salomon, le fils du Nouveau David et du Nouveau Salomon. Il réalise ce que chante David dans le psaume XXII : « Près de moi ton bâton, ta houlette, sont là qui me consolent. » Le roi de France doit être consolateur pour son peuple.

Vient alors le couronnement proprement dit. La couronne symbolise la clarté de l’âme et le passage à la lumière éternelle. Elle est l’héritière de la coiffe du grand-prêtre et de la mitre épiscopale. Les pierreries qui l’ornent sont au nombre de douze, quatre émeraudes pour la foi, quatre saphirs pour l’espérance et quatre rubis pour la charité. Elle fut détruite par les ligueurs et les sacres suivants utilisèrent la couronne de la reine, en tous points semblables, jusqu’à ce que cette dernière fût fondue par la révolution. Le roi ne garde pas longtemps cette couronne officielle, très lourde. Il ceint une deuxième couronne, plus légère, sa couronne personnelle. La galerie d’Apollon, au Louvre, conserve la couronne personnelle de Louis XV (mais avec de fausses pierres), et la couronne officielle de Napoléon I, ornée de camées, utilisée également pour le sacre de Charles X. Le roi ainsi couronné d’or et de pierres précieuses devient celui qui, par la pratique des vertus qui brillent, doit mener ses sujets vers le Royaume céleste.

Enfin le roi est intronisé, revêtu de tous ses insignes, ployant sous leur poids (surtout lorsque le souverain est encore un enfant) sur un trône placé en haut du jubé de la cathédrale, devenant alors visible des assistants qui se trouvent dans la nef. Il vole ainsi sur la montagne sainte. Le Te Deum éclate pour exalter celui qui devient le médiateur entre Dieu et son peuple, entre le Ciel et la terre. La grand'messe pontificale clôt cette admirable cérémonie, avec le calice dit de Saint Remi qui échappa par miracle à la fureur révolutionnaire.

Tout s’achève par le festin au palais du Tau, également très ritualisé, et le lendemain par la guérison des écrouelles lorsque le roi imposera les mains sur les malades.

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La couronne de Louis XV (musée du Louvre)
la seule à avoir échappé au vandalisme révolutionnaire...

Cette courte et incomplète description ne veut pas être un hymne à la nostalgie mais une préparation intérieure pour comprendre, au-delà de l’anecdotique, que le sacre est de l’ordre de la transcendance et qu’il perpétue l’Alliance entre Dieu et les hommes initiée dans l’Ancien Testament. Aucun détail n’est superficiel dans un tel rite. Comme pour la messe pontificale papale traditionnelle, il serait (il sera) très malaisé de le rétablir dans sa pureté et son unité d’origine, car bien des fonctions de cette liturgie doivent être occupées par des personnages dont la lignée est morte. Ce fut d’ailleurs un problème majeur du sacre de Charles X qui composa avec les idées nouvelles, ce qui explique sans doute l’échec de cette restauration incomplète.

Le prochain roi qui sera couronné à Reims devra retourner aux ordos les plus anciens afin de s’assurer de la pleine validité de son sacre qui ne dépend pas de cérémonies humaines mais d’une investiture reçue d’en haut. En attendant, notre devoir est de prier et d’offrir des sacrifices afin que cette résurrection soit possible pour le bien de notre pauvre royaume défiguré.


P. Jean-François Thomas s.j.
3 octobre 2018
Sainte Thésèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face.


Sceptre-1 - Copie.jpg

Saint Charlemagne à la sommité du sceptre de Charles V
(musée du Louvre)

Maison de la Reine


Prières pour la Reine


Sa Majesté la Reine a reconnu vivre une grossesse "un peu plus agitée que les précédentes, mais tout va très bien" (source). La naissance de ce prochain Fils de France est attendue pour janvier.

Les prêtres et ecclésiastiques de la Confrérie royale sont invités à redoubler de prières pour leur gracieuse Reine, et à réciter désormais l'oraison impérée Pro Regina praegnante même aux fêtes semi-doubles (à savoir : féries, simples et semi-doubles).


Vive la Reine Marie-Marguerite !
Vive le Fils de France en gestation !


Maison du Roi





« Après une journée de souvenir, de méditation et de prière, je tiens à vous remercier pour tous les signes d’amour à mon arrière-grand-père reçus dans toute l’Espagne  ».


L’image contient peut-être : texte
De la FNFF à la Confrérie Royale, qui célébrait ce 20 novembre une Messe de Requiem pour le repos de l'âme du Caudillo et de toutes les victimes des Républicains en Espagne :

"Estimados amigos : Muchas gracias por su correo en esta fecha tan significativa para nosotros. Un afectuoso saludo de todos los miembros de la Fundación".
Emilio de Miguel

Chers amis : Merci beaucoup pour votre courrier à cette date si importante pour nous. De chaleureuses salutations de tous les membres de la Fondation.