25e du mois

25 novembre : fête de Sainte Catherine d'Alexandrie.

Ste Jeanne d'Arc - église Sainte Eugénie à Marne-la-Coquette - Copie.jpg

Sainte Jehanne d'Arc instruite par Saint Michel, Sainte Catherine d'Alexandrie et Sainte Marguerite
(vitrail de l'église de Marnes-la-Coquette)

Reléguée par les modernistes au rang de pieuse affabulation dénuée de toute vérité historique, Sainte Catherine d'Alexandrie, sainte vierge martyre fêtée ce25 novembre, doit cependant être chère au coeur et à la piété de tous les Légitimistes, pour la place qu'elle a tenue auprès de Sainte Jehanne d'Arc et pour le rôle invisible qui fut le sien dans l'oeuvre, spirituelle autant que guerrière, confiée à la bergère de Domremy.

Ainsi que le résume Dom Prosper Guéranger : « On sait comment la Pucelle d'Orléans, placée par Michel Archange sous la conduite des saintes Catherine et Marguerite, reçut d'elles conseil et assistance durant sept années ; comment Sainte-Catherine-de-Fierbois fournit l'épée de la libératrice de la France ».

Quelles sont les raisons secrètes qui ont porté le Conseil divin à envoyer à cette pieuse jeune fille des marches de Lorraine la vaillante martyre d'Alexandrie pour qu'elle soit sa conseillère et son guide ? Il ne nous appartient pas de le savoir... pour le moment du moins ; lorsque nous serons au Ciel, alors cela nous sera révélé en pleine lumière.

Mais les faits sont là, et ces faits nous devons les recevoir et en tirer les conséquences aussi pour nous aujourd'hui : Sainte Catherine d'Alexandrie, qui a été si impliquée dans la geste de Jehanne, ne peut pas - aujourd'hui - être indifférente au sort de la France, ne peut pas - en 2015 - être étrangère au salut de la France, ne peut pas - dans les actuelles heures dramatiques vécues par notre pays - être insensible à la cause de la Légitimité dynastique et politique du Royaume des Lys !

Car, il faut le dire et le redire souvent, Sainte Jehanne d'Arc est la sainte de la Légitimité : la première mission qui lui fut confiée, avant même que de prendre les armes, consistait à rassurer Charles VII sur le fait qu'il était bien le fils légitime du Roi Charles VI (contrairement aux allégations de sa propre mère) et qu'il était donc bien, de ce fait, l'héritier légitime du trône. Toute l'épopée militaire, toutes les victoires, tout le courage rendu aux loyaux sujets pour qu'ils reprennent la lutte, n'ont d'autre but : faire sacrer à Reims le seul et unique légitime héritier de la couronne de France.

Au soir de ce 25 novembre 2015, alors que notre Confrérie Royale vient d'achever son premier trimestre d'existence, recueillons-nous, chers Amis, chers Frères en Légitimité, auprès de Sainte Catherine d'Alexandrie, la "mégalomartyre" (c'est-à-dire la grande martyre) - ainsi que la nomment les liturgies d'Orient : souvenons-nous que c'est dans l'église dédiée à Sainte Catherine, près de l'autel, qu'il a été donné à Jehanne de retrouver l'épée sainte, marquée de cinq croix, que Charles Martel y avait ensevelie dans l'attente de sa mission future.

Splendide et forte leçon pour nous : s'il ne nous est pas demandé - pour le moment du moins - de combattre par la glaive pour le Royaume et pour le Roi légitime, il nous est toutefois bien demandé de mener un combat, et non des moindres.

Le glaive invincible qui doit nous armer porte lui aussi cinq marques sacrées : c'est le Christ crucifié avec Ses saintes Plaies. Ce glaive salutaire qui a déjà victorieusement repoussé tant d'assauts ennemis, nous est donné lorsque nous nous approchons de l'autel, où Notre-Seigneur Jésus-Christ renouvelle Son Saint Sacrifice, où Notre-Seigneur Jésus-Christ est présent dans le saint tabernacle...
Si le Christ n'est pas présent et vivant en nous par la grâce, augmentée et fortifiée par la sainte communion, nos combats sont voués à l'échec ; mais si Jésus est présent et vivant en nous, alors, dans les combats quotidiens (ceux de notre lutte contre le mal et le péché, ceux des petits sacrifices de chaque jour qu'il faut pratiquer avec générosité, ceux de la résistance à l'esprit du monde, et ceux de la difficile persévérance pour ne pas céder aux incessantes insinuations du découragement), alors oui, se vérifiera la magnifique affirmation de Jehanne : "Les hommes d'armes combattront et Dieu donnera la victoire !"

Dans le silence et la ferveur de notre coeur, chacun, en communion avec tous les membres et associés, renouvelons, entre les mains de Monseigneur Saint Michel, de Sainte Jehanne d'Arc, de Sainte Catherine d'Alexandrie et de Sainte Marguerite d'Antioche, nos résolutions et notre engagement dans cette Confrérie Royale, et soutenus par la prière et l'exemple des saints soyons plus que jamais forts dans le service spirituel qui est le nôtre : pour Dieu et pour le Roi !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur

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Post-scriptum : Nous invitons ceux qui n'en auraient pas encore eu connaissance à lire avec la plus grande attention et à méditer le texte du discours que notre Prince a adressé à ses fidèles et à la France, ce 23 novembre 2015 (par exemple ici Louis XX discours du 23/11/2015)

L'Appel fondateur (25 août 2015)


Ressources liturgiques du Clergé de France pour s'acquitter de son devoir de prière pour le Roi

« En cette heure tragique de l’histoire humaine » (Pie XII), le premier Ordre du Royaume se doit de montrer l’exemple, éclairant et confortant le peuple chrétien. En effet, infidèle à sa mission et à l’ordre voulu par Dieu, la France s’enfonce toujours davantage dans la décadence, la crise et l’enfer d’une vie sans Dieu. Le Clergé catholique, de par le Sacrement de l’Ordre qu’il a reçu malgré son indignité, a un rôle essentiel à mener dans le plan de restauration de l’ordre divin, de réévangélisation de la France et de l’Occident, en remplissant pleinement son rôle d’intermédiaire, de médiateur entre Dieu et la France, confiée au Fils aîné de Son Église.
Depuis quelques décennies foisonnent en notre Patrie de belles initiatives en faveur de la France catholique : des neuvaines de prières ou Messes, au tout récent carillonnement des cloches (à la valeur exorciste) en faveur des Chrétiens d’Orient persécutés. Mais puisque la mission sacrée de la France passe par la restauration de son roi légitime, « fils aîné [du] Sacré-Cœur », ses ministres sacrés se doivent de renouveler et appliquer les protestations de fidélité de leurs ancêtres à leurs souverains, régulièrement affirmées lors des Assemblées du Clergé d’Ancien Régime et au serment de fidélité prêté à chaque investiture de bénéfice ecclésiastique.

Comment prier pour le Roi ?

La première mission des ministres du Très-Haut étant d’assurer le Culte divin, prière publique de l’Épouse du Christ, c’est en la prière liturgique qu’évêques, prêtres, diacres, sous-diacres, séminaristes et religieux doivent concentrer le meilleur de leurs efforts.

L’offrande du Très-Saint-Sacrifice de la Messe

Pendant près de mille cinq cents ans, le Clergé de France a offert le Très-Saint-Sacrifice de la Messe pour le salut de ses souverains, la prospérité de la France et la fidélité de celle-ci à Dieu et à l’Église.
La célébration de la Messe pro Rege et Francia (individuelle, en triduum ou neuvaine) est donc le plus grand service que peuvent rendre les prêtres ; une tradition remontant à Anne d’Autriche et Monsieur Olier y consacre d’ailleurs le premier mardi de chaque mois par la célébration de la Messe votive de saint Michel.

L’offrande de l’Office divin

L’offrande de l’Office divin à l’intention de la France et du lieutenant du Christ, lors de la récitation du bréviaire ou lors du chant des Heures, est le second service du Clergé ; diacres et sous-diacres, religieux et religieuses s’y associent aux prêtres.

Les richesses de la sainte Liturgie

La sainte Liturgie regorge de richesses que le Clergé se doit de connaître voire redécouvrir, et surtout répandre et dispenser, à travers :
  • les invocations
  • les bénédictions
  • les processions d’action de grâces ou de consécration
  • la solennisation des fêtes des saints rois et reines de France
  • les pèlerinages

Les invocations

Elles sont nombreuses :
  • Acclamations carolingiennes, strophe pour la France à l’O Salutaris Hostiaaprès la double élévation.
  • Prière pour le Roi après le dernier évangile de toutes les Messes et surtout de la grand’Messe dominicale (cf. Belgique et Royaume-Uni). En France, la prière pour le Roi était, avant la Révolution, prévue à la Messe comme suit :
    V/ Domine salvum fac Regem.
    R/ Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te.
    juste après l’antienne de communion, puis oraison pour le Roi après la dernière postcommunion sous la même conclusion :
    Quaesumus, omnipotens Deus, ut famulus Tuus N. Rex noster, qui Tua misericordia suscepit regni gubernacula, virtutum etiam omnium percipiat incrementa quibus decenter ornatus est, et vitiorum monstra devitare, hostes superare [1] et ad Te, Qui via, veritas et vita es, gratiosus valeat pervenire. Per Dominum nostrum
    Sous le bienheureux pape Pie IX, la S. C. des Rites confirma cet ordre liturgique, mais pour Napoléon III.
  • Prières fériales intercédant pour le Roi dans la « forme extraordinaire du rite romain ».
  • Prière pour le Roi au Canon de la Messe après la mention de l’évêque diocésain, au Præconium paschale le Samedi Saint, aux Litanies des Saints et comme oraison votive (collecte/secrète/postcommunion) comme le prévoit le Missel romain (Orationes diversæ), ainsi qu’aux Saluts du Très-Saint-Sacrement devant le trône du Roi des rois, ou comme prière spéciale, peut-être juste après l’angélus : verset Domine salvum fac Regem (Ps. XIX, 10) chanté trois fois, puis Gloria Patri et verset et oraison pour le Roi.

Les bénédictions

Bénédictions de drapeaux et d’objets de dévotion fleurdelysés, de bannière de sainte Jeanne d’Arc, de vœux privés de prière, voire de consécration à la France.

Les processions d’action de grâce ou de consécration

Processions d’action de grâces (comme celle du Vœu de Charles VII le 12 août pour le Recouvrement de la Normandie), de consécration (comme celle du Vœu de Louis XIII le 15 août), ainsi que de pénitence.

La solennisation des fêtes des saints rois et reines de France

Solennisation des fêtes des saints rois et reines de France, en premier lieu desquelles la Saint-Louis le 25 août ; de leurs anniversaires (800e anniversaire de la naissance de S. Louis et 12e centenaire de la mort de S. Charlemagne en 2014, tricentenaire de la mort de Louis XIV en 2015, etc.)

Les pèlerinages

Pèlerinages auprès de nos protecteurs (S. Michel, Ste Thérèse, S. Curé d’Ars), aux tombeaux de nos rois (Saint-Denis) ou des Apôtres de la France (S. Remi, S. Martin).

Autres actions possibles

Fidélité aux prières révélées

Fidélité aux demandes du Seigneur, comme la prière pour la France révélée au Rédemptoriste Marcel Vân (1928-1959), dont la cause de béatification est en cours, afin que chaque Français la récite quotidiennement :
Seigneur Jésus, ayez pitié de la France, daignez l’étreindre dans Votre amour et lui en montrer toute Votre tendresse. Faites que, remplie d’amour pour Vous, elle contribue à Vous faire aimer de toutes les nations de la terre. Ô amour de Jésus, nous prenons ici l’engagement de Vous rester à jamais fidèles et de travailler d’un cœur ardent à répandre Votre règne dans tout l’univers. Ainsi soit-il.

Les associations de prière

Association de prières (confréries cléricales, etc.) selon le commandement du Seigneur :
Si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par Mon Père Qui est dans les Cieux. Car là où deux ou trois sont réunis en Mon Nom, Je Suis au milieu d’eux. (Matth. XVIII, 19-20)
et
Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira ; car quiconque demande, reçoit ; celui qui cherche, trouve ; et l’on ouvre à celui qui frappe. (Matth. VII, 7-8)
Vous êtes intéressé(e) par une telle association ? Contactez cette adresse

Dieu agrée la fidélité dans la prière

Que tout clerc soit bien convaincu que ces prières liturgiques sont toutes-puissantes sur le Cœur de Dieu, d’un Dieu Qui a toujours montré en France Son soutien à la légitimité, comme le manifeste plus que tout l’épopée de sainte Jeanne d’Arc, envoyée restaurer Charles VII (malgré sa pusillanimité puis ses infidélités postérieures) face à un roi anglais pourtant catholique… Et n’oublions pas que contrairement aux autres pays, la fidélité des régnicoles en France n’est pas nostalgique, puisqu’à la mort d’un roi, un autre lui succède automatiquement : merveille des Lois Fondamentales !
Que le Clergé se souvienne bien que ce sont ses évêques qui, « en nom Dieu », ont confirmé et affermi les trois dynasties ayant régné sur la France. Les gouvernements passent, nous ne le savons que trop. Si Dieu nous exauce demain, il faudra que Son Clergé soit apte à encourager et soutenir le grand mouvement de régénération et rechristianisation de la société et de ses institutions. Aussi le Christ doit-Il nous trouver en état de veille…
Le Clergé doit faire de la mission de la France et de la restauration du Prince promis et espéré, le sujet de ses panégyriques, de ses sermons, de ses conférences, de ses exhortations, de ses discussions, rallumant le feu de la fidélité chez le peuple français, qui attend de vrais et courageux pasteurs.
Que les prêtres incitent tout particulièrement les familles et surtout les enfants à prier quotidiennement pour le Roi, multipliant invocations, neuvaines et sacrifices. Père des familles, le roi est en effet le principal garant de la protection de l’institution sacrée de la famille.
Qu’ecclésiastiques, religieux et laïques multiplient et approfondissent l’enseignement de la Chrétienté et de l’Histoire de la France catholique.
Qu’ils fassent eux-mêmes de la prière pro Rege et Francia le refrain de leurs oraisons jaculatoires, méditant sans cesse sur l’épanouissement admirable et la contribution au salut de nos ancêtres de la Royauté très-chrétienne en France.
« Demandez et vous recevrez » : la culpabilité des « orants » sera grande lorsque viendra l’Époux, s’Il ne les trouve pas vigilants. Qu’Il n’ait pas à reprocher à Son Clergé de ne Lui avoir pas demandé de toutes ses forces, naturelles comme surnaturelles, la restauration de la Chrétienté :
La civilisation n’est plus à inventer, ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la Civilisation chrétienne, c’est la Cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : « omnia instaurare in Christo » (S. Pie X : Lettre Notre charge apostolique aux évêques de France sur le Sillon, du 25 août 1910).

De l’unité nécessaire des religieux pour la Légitimité

Et puisque la valeur de nos actes repose sur la vertu de charité, c’est avec une grande amitié surnaturelle que les ecclésiastiques et religieux se doivent unir pour cette sublime mission, avec humilité et magnanimité, avec une âme d’enfants de Dieu, une espérance et confiance à déplacer les montagnes, en bannissant tout esprit de supériorité, de jalousie et d’acédie, et bénissant avec bienveillance et reconnaissance toute initiative en faveur du Beau, du Bien et du Vrai, en faveur de la Légitimité, pour une France catholique revigorée.
Afin d’approfondir et développer ces quelques lignes, nous recommandons à MM. les ecclésiastiques la lecture des très riches ouvrages de M. Alexandre Maral parus ces dernières années, en particulier La Chapelle royale de Versailles sous Louis XIV, cérémonial, liturgie et musique (Wavre, Mardaga, 2002).
À la demande de saint Pie X, qu’ils fassent leurs les testaments de S. Rémi, Charlemagne et S. Louis, et les œuvres du grand cardinal Pie.
Qu’ils récitent et méditent enfin cette prière des Francs :
Dieu Tout-puissant et Éternel, Qui pour servir d’instrument à Votre divine volonté dans le monde, et pour le triomphe et la défense de Votre Sainte Église, avez établi l’empire des Francs, éclairez toujours et partout leurs fils de Vos divines lumières, afin qu’ils voient ce qu’ils doivent faire pour établir Votre règne dans le monde et que, persévérant dans la charité et dans la force, ils réalisent ce qu’ils auront vu devoir faire. Ainsi soit-il.
Abbé Louis de Saint-Taurin.