Lettre du 25

Lettre mensuelle

aux Amis et Bienfaiteurs

de la Confrérie royale

(25 décembre 2017)



« Noël ! Noël ! » C’est par ce cri naïf que les Français saluaient l’arrivée de leurs rois au sein de leurs cités et de leurs provinces, en souvenir du jour-anniversaire où la France avait été engendrée à la foi. C’est que « Noël est devenu signe de l’unité française »[1] en marquant de son rayonnement le destin religieux et national de la France.

La France est née à Noël

La vocation de la France s’est en effet décidée au jour de la fête de la Nativité de Notre-Seigneur de l’an 496, en ce baptistère de Reims où Clovis devint fils de Dieu et de Son Église avec ses quelque 3.000 compagnons de guerre. « Courbe la tête, fier Sicambre, abaisse humblement ton cou », lui dit alors S. Remi[2], faisant le lien avec la fête liturgique de ce jour : comment ne t’inclinerais-tu pas devant Celui qui s’abaisse en partageant aujourd’hui notre misère ?

Il n’y avait pas qu’un symbolique parallélisme entre la naissance temporelle de Jésus-Christ et la naissance spirituelle des Francs : dans cette rencontre, un pacte était signé qui engagerait pour toujours la France à soutenir le règne d’idéal inauguré par le divin Enfant de Bethléem. Ainsi devait l’interpréter la Loi salique, en des acclamations triomphales dignes de cette première et la plus noble de toutes nos chartes : « Vive le Christ qui aime les Francs ! Qu’Il garde leur royaume, qu’Il remplisse leurs chefs de la lumière de Sa grâce, qu’Il protège leur armée, qu’Il leur accorde l’énergie de la foi, qu’Il leur concède par Sa clémence, Lui, le Seigneur des seigneurs, les joies de la paix et des jours pleins de félicité ».

Souhaits jamais mieux réalisés ni programme mieux accompli que par Charlemagne, comme le signifiera encore l’Étoile de Noël illuminant le sacre de l’an 800 à Rome. De tous les rois venus s’agenouiller devant la Crèche, nul plus que le conquérant à « la barbe fleurie » ne pouvait abaisser tant de gloire devant la Petitesse divine. Protecteur de la sainte Église de Dieu, le saint pape Léon III le couronna « Empereur des Romains », Imperator Romanorum, dans la triple tradition : biblique, avec pour modèle David, exemplaire du roi sacré dans l’Ancien testament ; impériale, marquée par la personnalité d’Auguste, premier empereur romain ; et chrétienne, incarnée par celle de Constantin, premier empereur chrétien.

Le roi de France : l’« Emmanuel temporel »

Le cri de Noël ! Noël ! au sacre du roi de France renvoie également au pouvoir délégué que celui-ci tient de Notre-Seigneur. Par cette référence, la foule rendait hommage au divin Emmanuel (« Dieu avec nous ») qu’elle croyait voir présent dans le roi-lieutenant, « tenant-lieu » de Dieu dans la sphère temporelle. L’on comprend alors que la Nativité ait été une fête privilégiée pour nos Rois : baptême de Clovis (496), couronnement comme empereur d’Occident de Charlemagne (800) tout comme son petit-fils Charles le Chauve (875), sacre de Robert II le Pieux (987).

Si « toute autorité vient de Dieu » (Rom. 13, 1), comme d’ailleurs toute paternité (cf. Éph. 3, 15), combien plus manifeste l’est l’autorité royale en France, détenue par le « père » des Français. Si dans la Personne du Christ, « Son pouvoir royal repose sur cette admirable union [entre la nature divine et la nature humaine] qu’on appelle l’union hypostatique »[3], ce pouvoir est sur terre délégué : dans le domaine spirituel, au Souverain-Pontife sur toute l’Église ; dans le domaine temporel, au Souverain-Roi sur tout la France.

La cérémonie du sacre vient investir par grâce le roi désigné par les lois fondamentales du Royaume des lys du pouvoir détenu par nature par le Seigneur du Royaume des Cieux. Sacrement d’institution ecclésiastique, le sacre est destiné à « faire » le roi de France, comme l’Ordre, sacrement d’institution divine, « fait » les évêques et les prêtres. Le sacre est alors pour le roi-vassal le serment solennel d’être fidèle à maintenir la lettre et l’esprit de la loi constitutionnelle donnée à la France par le « Souverain Droiturier »[4]. La lettre, c’est la loi chrétienne ; l’esprit, c’est celui de Notre-Seigneur Lui-même. Qu’on lise le Pontifical : on y trouvera que le Prince n’est sacré que pour faire régner le droit chrétien : inviolable justice pour tous, protection particulière des faibles et des petits.

À l’école de Noël

Grâce à Noël, c’est dès lors tradition française d’unir vaillance et charité, de mettre l’épée au service de la faiblesse. Tradition française encore d’unir joie et héroïsme, comme en offre la légendaire épée du grand Charlemagne, appelée du beau nom de Joyeuse : « C’est la joie, en effet, écrit Joseph Bédier, que respirent les chevaliers, la joie hautaine d’avoir librement accepté leur tâche et d’aimer la gloire, celle que l’on conquiert au service d’une juste cause et dont on jouit sur terre, puis au Paradis en fleurs, parmi les Innocents ».

Charles VII en roi mage (1456).

Les merveilles d’art nous rendent plus sensible ce culte de Noël chez nos rois très-chrétiens. Beaucoup de rois, de princes et de princesses se firent représenter à la Crèche dans leurs somptueux Livres d’Heures. Charles VII et Charles VIII, entre autres, y prirent la figure et le rôle de Mages.

En paraissant ainsi lier leur destin au culte de l’Enfant-Dieu, nos rois donnaient un exemple dont ils furent les premiers à tirer bénéfice. Car leurs sujets avaient compris à merveille la leçon du Noël de Reims : ce jour-là, Dieu avait créé « le plus beau royaume après celui du Ciel »[5] et fait du roi son premier lieutenant. Avec un sens très sûr, le peuple exprima son adhésion par le cri de son loyalisme : Noël ! Noël ! Ce fut le cri national des jours de triomphe comme des jours de détresse. Il jaillira surtout lorsque la monarchie sera violemment ébranlée par la Guerre de Cent Ans : Noël ! Noël ! sonne alors le ralliement des fidèles de l’unité française et s’oppose aux cris des ennemis coalisés contre elle, aux « Je regny Dé » des Bourguignons, aux « Saint Georges m’aist » des Anglais.

Le même cri éclate, triomphal, au-devant de la Libératrice, à Orléans comme à Reims. Devant cette allégresse, Jeanne songeait que l’Étoile de Noël l’avait conduite tout au long de sa glorieuse chevauchée jusqu’à l’apothéose dans le même temple d’où « la douce France » était sortie chrétienne. Sainte Jeanne d’Arc, le Docteur de la Royauté sociale du Christ, n’était-elle pas née le jour de la fête de l’Épiphanie (1412), où les Mages viennent adorer le Roi des rois ? 

La paix de Noël

Les Noëls populaires rappellent à leur tour le lien qui unit la France à la Naissance du Christ : « Faisons réjouissance et prions Dieu, hiver, été, pour le roi de France » dit un poème, ou, comme le chante Jean Daniel terminant l’un de ses Noëls ainsi dédié à François Ier : « Supplions Dieu, tous pauvres indigents, Que bonne paix veuille en France réduire, Qu’au noble roy François aucun ne puisse nuire, et à la fin pardonne aux négligents ».

La paix : voilà ce qu’on implore avec véhémence auprès du berceau du Dieu, en apparence de faiblesse, mais déjà tout-puissant. Le magnifique Noël de la paix s’adresse au « divin Enfançon » pour lui demander : « La paix, ô Dieu, mon espérance, la paix au doux pays de France, donnez la paix ! ». C’est que le « Prince de la Paix » (Is. 9, 6) n’est pas encore « venu apporter l’épée » (Mt 10, 34) mais la paix. À la bienheureuse minuit, les Anges eux-mêmes ne chantent-ils pas de leurs voix mélodieuses : « Paix sur la terre ! » ? Et un peu plus tard, l’admirable hymne Crudelis Herodes des Vêpres de l’Épiphanie viendra rassurer ceux qui pourraient craindre pour leur trône bien établi : « Cruel Hérode ! Pourquoi crains-tu l’arrivée d’un Dieu-Roi ? Il ne ravit pas les sceptres mortels Celui qui donne le Royaume céleste ! ».

La reine Anne d'Autriche et le dauphin Louis.

Il faut aussi se rappeler que c’est à l’Enfant-Jésus que la France s’adressa pour que le lys royal eût le rejeton tant désiré durant la stérilité d’Anne d’Autriche : elle alla prier Notre-Dame de la Crèche au Val-de-Grâce, et promit d’élever en ce lieu « un temple magnifique à Jésus naissant et à la Vierge-Mère : Jesu nascenti Virginique Matri », si la Sainte Vierge et son divin Fils lui accordaient un héritier. Après 23 ans de mariage infécond naîtra alors Louis-Dieudonné, Quatorzième du nom (1638).

La Crèche a cependant des assises plus stables que les trônes. À la Révolution, si la dynastie royale est livrée, la fête de Noël, elle, est sauvée : malgré les défenses de la Commune et après courageuses protestations, les Parisiens purent « messer effrontément » à l’heure de minuit dans divers quartiers l’an 1792 ; cette fidélité s’affichait trois mois après les boucheries de septembre et moins d’un mois avant le martyre de Louis XVI. 

C’est qu’il n’était pas facile de déraciner un culte implanté chez nous depuis les origines, une fête qui est à l’origine-même de la France et qui s’épanouit dans l’allégresse de rites familiaux, de chansons et de coutumes régionales. Coutumes et chants, se répétant à peu près semblables et avec la même vogue à travers nos provinces, ont contribué à maintenir l’unité de la foi et renforcé le lien entre les terroirs, le sens de la communion et de l’entente sociale. Noël a fait l’accord parfait de tous, des petits et des grands, dans leur gratitude envers Celui dont le règne est d’une fraternité plus vraie que la devise républicaine. Même ceux qui pensèrent en avoir fini avec les bigoteries ont senti se réveiller, aux carillons de minuit, sinon la foi, du moins la conscience de ce que notre civilisation doit à Noël.

Les 3 convertis de Noël

Pour finir avec « la magie de Noël », rappelons-nous combien Dieu aime à toucher les cœurs de façon privilégiée dans la nuit de la Nativité, comme cadeau qu’Il se plaît à offrir le jour de son propre anniversaire. En une seule nuit, à la Noël 1886, trois destins vont basculer. Après la Messe de Minuit à la cathédrale de Lisieux, Thérèse Martin, âgée de 13 ans, renonce à son égocentrisme puéril. Quant à l’aven­turier Charles de Foucauld, deux mois après sa conversion en l’église Saint-Augustin à Paris, il exulte dans l’adoration émerveillée de ce Dieu qui se fait homme « dans l’abjection et l’obscurité » et qu’il n’aura de cesse d’imiter. Ce même 25 décembre, le jeune écrivain agnostique Paul Claudel devient soudain catholique en assistant aux vêpres chantées à Notre-Dame de Paris.

La première est devenue « la plus grande sainte des temps modernes » (S. Pie X) et docteur de l’Église ; le deuxième fut déclaré bienheureux en 2005 par le pape Benoît XVI et le sang de son ­martyre ne cesse d’irriguer nos déserts spirituels ; le troisième est l’un des plus grands poètes chrétiens. Maîtres spirituels chacun à sa façon, ils nous racontent eux-mêmes cet instant unique où leur vie a été transformée pour toujours ; ils nous livrent aussi quelques conditions d’une authentique conversion et que favorise le Temps de Noël qui vient de s’ouvrir : accepter de s’agenouiller, se recentrer sur Dieu et Le désirer davantage, nourrir notre flamme intérieure, ne jamais désespérer de la grâce.

Après d’aussi retentissantes conversions, n’est-on pas en droit d’espérer la conversion de notre bien-aimée France ? Croyons-y, chers Amis : la grâce de Noël a su tant de fois retourner les cœurs en un seul instant ! Le Très-Haut qui s’est fait Très-Bas cette nuit-là n’est-Il pas capable de relever la France tombée si bas pour l’élever à sa haute vocation ?

L’amour est ce qui donne du prix aux choses ; la Nativité est elle-même l’œuvre d’amour par excellence parce que dans l’Incarnation se réalise la mission invisible la plus grandiose du Saint-Esprit. C’est pourquoi Mauriac n’a pas eu tort d’écrire que « Noël est la nuit où la charité est née, et qu’aucune révolution ne pourra plus faire de ce monde un monde sans amour »[6]. Qu’en cette nuit de Noël où l’Amour nous est né, soient ravivés notre amour pour l’Enfant-Dieu, notre amour pour la France, notre amour pour son Roi. Sainte fête de Noël à tous !

R.P. Clément de Sainte-Thérèse +





[1] Maurice Vloberg.
[2] S. Grégoire de Tours, Histoire des Francs.
[3] Encyclique Quas primas de Pie XI (1925), § 8.
[4] C’est ainsi que sainte Jeanne d’Arc appelait son Seigneur-Dieu.
[5] Grotius.
[6] Ce billet de François Mauriac, La charité est née, a 80 ans aujourd’hui.

Lettre du Prieur à tous les membres de la Confrérie Royale à l'occasion du début de son priorat :



Confrérie Royale
Le Prieur



Ce 1er décembre 2017,
en la fête du Bienheureux Charles de Foucauld ;
et celle de Saint Eloi.


Ad Te levavi animam meam : Deus meus, in Te confido, non erubescam ;
Neque irrideant me inimici mei : etenim universi qui Te exspectant, non confundentur !
Vers Vous, j'ai élevé mon âme : ô mon Dieu, en Vous je me confie, je ne rougirai point ;
Que mes ennemis ne puissent pas rire de moi : car ceux qui Vous espèrent ne seront point confondus !



Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Frères et Soeurs en la Confrérie Royale,
Chers Amis,

« Honor onus » dit en son admirable concision latine, en bâtissant une sorte de jeu de mots fondé sur l'assonance, un antique adage que le français, avec moins de génie, peut rendre par : l'honneur est une charge.
Désigné par les autres fondateurs de la Confrérie Royale pour en être le nouveau Prieur, je me retrouve donc, depuis le jour de la fête de la Présentation de Notre-Dame au Temple et pour le temps que la divine Providence voudra, à présider à ses destinées et en charge de sa cohésion et de sa croissance en nombre, mais plus encore en ferveur et en grâce « devant Dieu et devant les hommes » (cf. Luc II, 52).
L'acceptation de cette charge, malgré ma misère et mes limites humaines et spirituelles (formule qui n'a rien de rhétorique), ne s'est faite que devant Dieu et dans la recherche du seul intérêt de notre chère Confrérie, tel qu'il m'a été présenté par les autres fondateurs ainsi que par mes propres conseillers spirituels. Aussi, et cela se trouvait déjà mentionné dans le communiqué officialisant ma désignation, n'est-il pas superflu de dire et de redire avec une suppliante insistance, que je me recommande à vos prières afin d'être fidèle en tout aux grâces et lumières de Notre-Seigneur : le dire n'est pas le fait d'une piété convenue, c'est une demande instante que j'adresse à chacun de vous personnellement.
Je tiens en tout premier lieu à remercier chaleureusement Monsieur l'abbé Louis de Saint-Taurin pour les deux années au cours desquelles il a assumé la charge de Grand Prieur de la Confrérie Royale, lui donnant les ferventes impulsions qui lui étaient nécessaires depuis sa fondation, le 25 août 2015.

Je dois ensuite immédiatement préciser que, la sage et admirable organisation de la monarchie capétienne traditionnelle, envers laquelle nous nourrissons une admiration pleinement justifiée, sera le modèle de mon priorat : de la même manière que le Souverain gouverne « en son conseil », vous pouvez être assurés que ce n'est qu'après avoir sollicité l'avis de conseillers sagaces et prudents que je prendrai les décisions concernant la Confrérie Royale.
Il ne saurait s'agir d'ailleurs en aucune manière de la conduire dans des chemins aventureux ou « innovants », mais seulement, en toutes choses, toujours et partout, de maintenir, d'approfondir et d'intensifier son esprit initial, puis d'alimenter la flamme. Rien de plus, mais c'est une tâche de tous les jours qui ne s'exprime pas nécessairement par des œuvres visibles !

Ne vous attendez donc à rien d'autre de ma part qu'à ce que, selon le conseil de l'Apôtre, j'insiste « à temps et à contre-temps » (cf. 2 Tim. IV, 1) pour dire et redire que la Confrérie Royale est avant tout une œuvre de prière, de prières soutenues, fréquentes et persévérantes, offertes à l'intention de l'aîné des Capétiens, de jure notre Roi, qui est aujourd'hui Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou : pour sa personne, pour sa mission, pour sa famille, et par le fait même pour la France, car le Prince est le principe dans lequel se réalisent l'unité et la vocation du Royaume.
Prions ! Prions ! Prions !
Prions encore et toujours pour que notre Prince révéré reçoive toutes les grâces, toutes les inspirations et toutes les lumières surnaturelles qui lui sont nécessaires, et pour qu'il y corresponde pleinement.
Et parce que la prière doit nécessairement être accompagnée de la pénitence et du sacrifice, montrons-nous toujours plus généreux dans ces domaines si peu « à la mode », en nous souvenant que c'est par l'union à la Croix de notre divin Rédempteur que l'on s'associe au salut du monde, au salut des personnes et au salut des sociétés elles-mêmes et des Royaumes.

Les membres de la Confrérie Royale ne doivent pas être des mondains pénétrés d'esprit courtisan et du désir de paraître : ils sont ici pour mener un combat, un combat spirituel, mais - dans l'ordre spirituel - un authentique combat de chouans qui ne négligent rien pour cette cause sacrée : le soutien spirituel du descendant et successeur du Grand Roi que Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même a appelé « le Fils aîné de Mon Sacré-Coeur ».

Or dans un combat, on donne des coups et on en reçoit. Rien d'étonnant dès lors à ce que chacun des membres de cette Confrérie rencontre des oppositions, soit affronté à des contradictions, subisse même quelque forme de persécution psychologique et morale, en attendant peut-être le jour où la persécution deviendra physique et que nous soyons trouvés dignes de verser notre sang « pour le trône et l'autel ».
Ce qui n'est pas le moins cruel, c'est lorsque les incompréhensions et les épreuves de ce type nous sont infligées non point par les ennemis déclarés de la cause pour laquelle nous nous sommes engagés, mais par des personnes qui nous semblent proches par les convictions qu'elles affichent, ainsi que par leur appartenance à la Sainte Eglise et la place qu'elles y occupent, qui eût normalement dû les porter à nous soutenir et encourager. Cela aussi n'a finalement rien que de très normal, si nous nous souvenons que Notre-Seigneur Lui-même n'a pas d'abord été condamné par les mécréants, mais qu'Il a en premier lieu été livré et renié par Ses plus proches, qu'Il a été rejeté par les plus zélés observateurs de la Loi divine et qu'il a été anathématisé par les légitimes représentants de Dieu, pour être ensuite déféré aux païens afin que ce soient eux qui Le mettent à mort !
Souvenons-nous encore que Sainte Jehanne d'Arc, la sainte de la Légitimité, a elle aussi été trahie et vendue par des Français, par des catholiques, et condamnée par des clercs de la Sainte Eglise, avant d'être livrée aux ennemis du Royaume et suppliciée par eux.
Sur les voies authentiques par lesquelles Dieu conduit Ses privilégiés, on rencontre et on rencontrera toujours la Croix, la contradiction, la calomnie, les oppositions et la persécution. Nous le savons, nous ne devons pas en être étonnés ; et parce que nous sommes engagés à la suite de Notre-Seigneur Jésus-Christ, quoi qu'il puisse en coûter à la nature - toujours effrayée à la perspective de la souffrance - , nous l'acceptons, nous le voulons et nous nous y soumettons par amour.

« Ad Te levavi animam meam... : vers Vous, j'ai élevé mon âme : ô mon Dieu, en Vous je me confie, je ne rougirai point ; que mes ennemis ne puissent pas rire de moi : car ceux qui Vous espèrent ne seront point confondus ! » Comme elles sont magnifiques les paroles inspirées du psalmiste que la liturgie de la Sainte Eglise nous fait reprendre à l'introït de ce premier dimanche de l'Avent ! Qu'il est précieux de les méditer, de les ruminer intérieurement et de nous les approprier pour en faire la respiration de notre âme ! Comme Prieur de cette Confrérie Royale j'en fais ma prière pour la Confrérie elle-même, pour chacun de ses membres et pour moi-même aussi dans l'exercice de cette responsabilité terrible et incommensurable.
Malgré tous ceux qui ricanent et voudraient nous faire passer pour de « doux dingues », bons pour l'internement ou la mise au ban de l'Eglise, en raison de l'engagement spirituel « pour Dieu et pour le Roi » qui est le nôtre en la Confrérie Royale, nous gardons indéfectiblement la force de l'espérance surnaturelle et une très ferme confiance dans les promesses de Dieu qui « ne peut ni Se tromper ni nous tromper » (cf. acte de foi), élevant nos âmes vers Dieu, Sauveur de Son peuple, duquel on obtient tout autant qu'on en espère.

« Domine, salvum fac Regem, et exaudi nos in die qua invocaverimus Te ! »


Vôtre, in Corde Iesu & Mariae.


Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,

Prieur.

Ouverture de la cause de béatification de Madame Elisabeth de France

Ce jeudi 30 novembre, le site officiel de l'archidiocèse de Paris publie le décret d'ouverture du procès canonique en vue de la béatification de Madame Elisabeth de France :






Communiqué officiel : Désignation d'un nouveau Prieur pour la Confrérie Royale.

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Le 21 novembre A.D. MMXVII,
Fête de la Présentation de Notre-Dame au Temple

Chers Membres de la Confrérie royale,

Il y a déjà plusieurs semaines, à la demande de ses Supérieurs ecclésiastiques, Monsieur l'abbé de Saint-Taurin a remis sa charge de Prieur – sans toutefois quitter nos rangs – ; le Conseil de la Confrérie, après avoir pris le temps de la prière et de la réflexion, a décidé de confier cette charge au Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur, jusqu’ici Secrétaire de ladite Confrérie.
Cette nomination prend effet ce 21 novembre 2017.

Frère Maximilien-Marie se recommande instamment aux prières de tous les membres de la Confrérie Royale afin de la conduire avec la sagesse, la prudence et le zèle requis.

En cette fête, traditionnellement consacrée en France à la rénovation des promesses du Clergé (ainsi qu'en certaines congrégations au renouvellement des voeux de religion), nous vous demandons aussi avec la plus grande insistance, de prier pour tout le Clergé de France, et plus particulièrement pour les ecclésiastiques qui nous accompagnent : en effet, les ennemis de l’union du Trône et de l’Autel sont nombreux, notamment dans le haut clergé.
De fait, les attaques contre la Confrérie, directes ou insidieuses, sont multiples, fortes et abondantes... et ce n’est qu’un début.
Que l’intention de prière qui nous rassemble ne nous fasse donc pas oublier la communion de prières entre membres et pour cette petite œuvre en général.

Nous sommes en outre heureux de vous annoncer les dates du prochain pèlerinage au Puy pour l’année qui vient, notre troisième : il aura lieu les vendredi 11 et samedi 12 mai 2018. Il y aura possibilité d’arriver dès le jeudi 10, une Messe de l’Ascension étant prévue le soir. Nous vous présenterons prochainement le programme de ce pèlerinage, qui sera de nouveau basé au grand-séminaire du Puy.
Notez dès à présent que les inscriptions devront être enregistrées de façon ferme et définitive à la fin du mois de février 2018.

Pro Rege et Francia,

                                                       Le Conseil de la Confrérie Royale.

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Colin de Vermont : Présentation de la Vierge au Temple
(cathédrale de Versailles)

Εν Τουτω Νικα - In hoc signo vinces !

Εν Τουτω Νικα


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Raphaël : la vision de Constantin (détail) - "Chambre de Constantin" au Vatican

* * *

Lettre aux membres et sympathisants de la Confrérie Royale
- 25 octobre 2017 -

A - Rappel d'un contexte historique complexe.

Affronté aux invasions barbares, l'empereur Dioclétien (qui règne de 284 à 305), estimant que l'Empire devait faire face à trop de menaces pour être défendu par un seul homme, avait mis en place un système de gouvernement nommé Tétrarchie parce que, sans le diviser, il répartissait le pouvoir sur quatre personnages (quatre co-empereurs en quelque sorte).

Dioclétien avait été l'initiateur de l'une des plus cruelles persécutions contre les chrétiens : celle où périrent Saint Maurice et ses très nombreux compagnons de la Légion Thébaine, Sainte Agnès de Rome, Saint Julien de Brioude, Sainte Catherine d'Alexandrie, Saint Vincent de Saragosse, Sainte Eulalie de Mérida, Saint Victor de Marseille, Sainte Foy d'Agen, Saint Georges de Lydda, Sainte Julitte et son jeune enfant Saint Cyr, les papes Saint Marcel et Saint Marcellin, Saint Janvier de Bénévent, Saint Sébastien, ainsi que des milliers d'autres, connus ou inconnus.
L'empereur Galère (règne : 305-311) mit fin à la persécution ordonnée par Dioclétien par un édit de tolérance, l'Edit de Sardique (30 avril 311), qui fut son dernier acte : il mourut en effet 5 jours plus tard (5 mai 311).
La disparition de Galère laisse l'Empire dans une situation de crise profonde : le pouvoir est partagé entre trois empereurs légitimes - tous trois Augustes -, Licinius, Maximin Daïa et Constantin, et un usurpateur, Maxence. 

Tandis que Licinius et Maximin Daia vont entrer en conflit pour le contrôle de la partie orientale de l'Empire, Maxence, qui a usurpé le pouvoir à Rome, déclare la guerre à Constantin, qui a été proclamé Auguste à York par les troupes de son père - Constance Chlore - à la mort de ce dernier.
Quittant la Bretagne (aujourd'hui Grande-Bretagne) et s'étant soumis les Gaules, Constantinentreprend en 312 la conquête de l'Italie.

B - La bataille décisive du Pont Milvius : 28 octobre 312.

L'affrontement n'a lieu que lorsque les troupes de Constantin approchent de Rome.
Maxence, qui dispose des cohortes prétoriennes et des troupes de protection de la ville, sort de Rome à leur rencontre.
Le combat s'engage à une dizaine de kilomètres au nord-est de la cité, au lieu dit "Saxa rubra"(les roches rouges), sur la via Flaminia.
Maxence a choisi de combattre en avant du Pont Milvius, un pont de pierre édifié au-dessus du Tibre : le contrôle de ce pont est en effet stratégique puisqu'il est un point de passage obligé vers Rome.
Les troupes de Constantin sont inférieures en nombre : elles semblent même dépassées par cette supériorité numérique ; mais Constantin agit en tacticien sagace et inspiré.
Les troupes de Maxence sont bientôt acculées dos au Tibre et ne peuvent pas toutes emprunter le pont de pierre. Maxence avait fait construire des ponts de bateaux pour faciliter la traversée de ses troupes mais, dans l'affolement de la retraite, leurs amarres sont rompues : des centaines de soldats et Maxence lui-même se noient.

La victoire de Constantin est totale.
Nous sommes au 28 octobre 312.
Constantin entre à Rome en triomphateur, et il est proclamé unique Auguste romain d'Occident.

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Raphaël : la victoire de Constantin au Pont Milvius (détail) - "Chambre de Constantin" au Vatican

C - La vision de Constantin : « Εν Τουτω Νικα - in hoc signo vinces ! »

Peu de temps avant le commencement de la bataille, Constantin a déclaré qu'il a été gratifié d'une vision : il a vu apparaître dans le ciel le monogramme du Christ, formé de la superposition des deux lettres grecques par lesquelles commence le mot "Christ" : ce sont le "Chi" et le "Rho" qui forment le chrisme.

Selon Lactance (250-325), c'est dans un songe que Constantin a reçu l'injonction de marquer du « signe céleste de Dieu » les boucliers de ses troupes la veille de la bataille qui l'oppose à Maxence.
Eusèbe de Césarée, lui, parle d'une vision à l'état de veille, vision partagée par les soldats de Constantin, et ensuite confirmée dans un songe : selon Eusèbe ce serait semble-t-il la Croix qui aurait été manifestée, accompagnée par ces paroles (vues ou entendues) "Εν Τουτω Νικα", en latin : "In hoc signo vinces, ce qui signifie : par ce signe tu vaincras.

Bien qu'encore païen (comme son père Constance Chlore, il rendait un culte au "Sol invictus", le soleil invaincu), Constantin a obtempéré et a demandé à ses soldats de marquer leurs boucliers du signe céleste, qu'il a fait aussi placer sur ses enseignes : c'est ainsi qu'est apparu le labarum, étendard militaire surmonté du chrisme. 

C'est parce qu'il a obéi à la vision céleste que Constantin a vaincu Maxence : il le sait.
Et cette obéissance, cette victoire et cette prise de conscience vont être lourdes de conséquences pour l'Eglise, pour Rome et pour l'Empire, ainsi que pour le monde entier.

Bien sûr, les historiens modernes sous l'influence du rationalisme, du modernisme et de l'antichristianisme qui se généralise, cherchent à minimiser ces faits : ils essaient de trouver des explications naturelles à la "prétendue" (sic) vision de Constantin tantôt en invoquant certaines conjonctures astrales, tantôt en alléguant d'hypothétiques phénomènes atmosphériques liés à quelque non moins hypothétique éruption volcanique, ou que sais-je encore...
Ces mécréants sont prêts à tout pour nier la Tradition, récuser les miracles et rejeter toute forme de surnaturel !


Pièce de Constantin avec le labarum au verso.jpg

Pièce de monnaie, dite nummus, datée de 327, à l'effigie de Constantin sur le revers de laquelle on voit le labarum surmonté du chrisme (formé par la superposition des lettres grecques "Chi" et "Rho", initiales de "Christos") avec l'inscription "spes publica" (espérance publique) : le labarum est fiché dans un serpent, symbole de l'ennemi.

D - L'Edit de Milan : avril 313.

La conséquence immédiate de la victoire du Pont Milvius le 28 octobre 312, réside, en avril 313, dans ce que l'on appelle communément l'Edit de Milan.
Reprenant et élargissant l'Edit de SardiqueConstantin, en accord avec Licinius, promulgue la liberté de culte pour toutes les religions : il insiste formellement sur le fait que les chrétiens peuvent désormais accomplir librement et publiquement leurs cérémonies et qu'il ne leur est plus imposé de vénérer l'empereur comme un dieu.
De la liberté de fait que leur accordait l'Edit de Sardique, les chrétiens passent à la liberté de droit. C'est ce que les auteurs anciens ont appelé : la paix de l'Eglise.
Les persécutions cessent. L'Eglise paraît au grand jour. Elle peut déployer et développer ses cérémonies, construire des églises et, à travers tout cela, attirer davantage d'âmes.
Les communautés chrétiennes croissent en nombre.

Selon la tradition romaine, Constantin lui-même abandonne les superstitions païennes et se fait baptiser par le pape Saint Sylvestre 1er [alors que certaines traditions orientales prétendent qu'il aurait été baptisé seulement à son lit de mort, le 22 mai 337].

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Raphaël : Constantin est baptisé par Saint Sylvstre (détail) - "Chambre de Constantin" au Vatican.

Constantin va bientôt donner à Saint Sylvestre le palais du Latran et faire construire à côté la cathédrale de Rome : « tête et mère de toutes les églises de la Ville et du monde » (omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput), dont la dédicace (le 9 novembre 324) sera marquée par un miracle renouvelant celui qui s'était produit à Jérusalem lors de la dédicace du Temple par Salomon quelque mille-deux-cent-cinquante ans plus tôt.
Il fait aussi édifier les basiliques de Saint Pierre au Vatican et de Saint Paul sur la voie d'Ostie, au-dessus des tombes des deux Apôtres, ainsi que la basilique de Sainte Croix près du palais de sa mère Sainte Hélène.

Cette dernière, soutenue par son fils, fait entreprendre de grands travaux de prospection en Terre Sainte afin de retrouver les lieux sanctifiés par les événements de la vie du Sauveur : à Nazareth, à Bethléem, à Capharnaüm... etc. et bien sûr à Jérusalem, où l'on retrouve la Croix, le Golgotha et le Saint Sépulcre qui sont alors enchâssés dans une splendide basilique.

Constantin, quittant Rome dont il abandonne l'administration au pape Saint Sylvestre, au lieu où se trouve la bourgade de Byzance, fait édifier la première capitale politique chrétienne : Constantinople (Constantinopolis : la ville de Constantin).
Enfin, en raison des dangers que la doctrine hérétique d'Arius commence à faire peser sur la foi chrétienne, Constantin convoque à Nicée, en 325, le premier concile oecuménique pour que soit précisée et définie la foi droite telle qu'elle a été authentiquement reçue des apôtres.

Une ère nouvelle s'est ouverte pour l'Eglise du Christ.
Les souverains temporels ne sont plus ses bourreaux, mais ils s'enorgueilliront désormais de se mettre à son service.
Soixante-sept ans plus tard, par l'Edit de Thessalonique (27 février/24 novembre 380), l'empereur Saint Théodose 1er le Grand, fera du christianisme la religion officielle de l'Empire et en bannira les cultes païens.

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Raphaël : la donation de Constantin (détail) - "Chambre de Constantin" au Vatican.
Constantin laisse Rome à l'administration du pape Saint Sylvestre avant de s'installer dans sa nouvelle capitale : Constantinople.

E - Des événements anciens mais toujours actuels.

Bien que loin de nous dans le temps, ces faits nous concernent directement toutefois, et même ils demeurent des plus actuels quant à notre vie liturgique et spirituelle.

E1 - Quant à notre vie liturgique :
- E1 a) Parce que notre missel romain classique (je parle donc de la liturgie célébrée selon le rite latin traditionnel, liturgie dite "de Saint Pie V", et non du missel issu de la réforme postconciliaire dans lequel cela - comme beaucoup d'autres choses importantes - a été singulièrement édulcoré) comprend un nombre incalculable de notations, d'allusions, de références... etc. à tous les événements rappelés ci-dessus.
- E1 b) Et parce que l'ordonnancement de la Sainte Messe lui-même, dans son déroulement, est directement lié aux développements et déploiements des cérémonies lorsque l'Eglise, sortant des catacombes, grâce à l'empereur Constantin le Grand, a pu librement s'épanouir dans l'espace public de la cité.

E2 - Quant à notre vie spirituelle :
- E2 a) Parce que ce sont là des racines - nos racines chrétiennes - qui, de la même manière que les racines d'un arbre, assurent la stabilité et l'équilibre de tout ce qui se développe au-dessus et lui apportent également la nourriture et la force ; de la même manière, la pieuse connaissance de ces faits assure notre stabilité et notre équilibre dans la vie selon la foi, en même temps qu'elle nourrit et fortifie nos convictions. Car la Sainte Eglise notre Mère, de par les mystérieux et admirables desseins de la Providence, n'est pas seulement romaine parce que les saints Apôtres Pierre et Paul ont évangélisé Rome et y ont répandu leur sang, mais elle est aussi, et peut-être même davantage, romaine parce que l'empereur Saint Constantin 1er le Grand - "égal aux apôtres" selon la terminologie des Eglises d'Orient -  par son obéissance à la vision céleste, par sa glorieuse victoire au Pont Milvius remportée sous le signe du Christ Sauveur, par sa conversion, par son baptême et par la protection généreuse et féconde qu'il a accordée à l'Eglise, a transformé Rome, lieu où jusqu'alors l'on ne venait que très discrètement se recueillir sur le tombeau des Apôtres, en une capitale spirituelle rayonnant sur tout l'univers, et parce qu'il s'est montré, en actes plus qu'en paroles, l'un des premiers modèles du culte du Christ-Roi, Prince des rois de la terre ("Princeps regum terrae" - Apoc. I, 5).
- E2 b) Par-dessus tout parce que ces événements nous redisent d'une manière grandiose et exaltante que c'est la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est la source et le motif de toutes les véritables victoires.
- E2 c) Enfin, en conséquence, et d'une manière très spéciale pour les membres de cette Confrérie Royale, parce que l'histoire de la victoire et de la conversion de Constantin nous montrent à l'évidence que Dieu, dans Ses miséricordieux desseins sur les peuples et pour leur accorder Ses grâces, a pour instruments privilégiés les Souverains qui sont attentifs à Ses inspirations et mettent leur sceptre au service du règne du Christ : cela nous doit donc stimuler à prier plus instamment pour celui qui est aujourd'hui le représentant légitime du pouvoir légitime voulu par Dieu pour la France, à savoir Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.

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Rome : l'arc de triomphe de Constantin édifié en 315 sur l'ordre du Sénat Romain pour célébrer la victoire de Constantin sur Maxence au Pont Milvius et son accession au pouvoir à Rome.

F - Par la Croix la victoire.

La Croix !
C'est par la Croix que Notre-Seigneur Jésus-Christ a vaincu.
C'est par la Croix que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne.
C'est par la Croix que Notre-Seigneur Jésus-Christ triomphe et  gouverne.
Christus vincit ! Christus regnat ! Christus imperat !
Et Ses disciples aussi.
C'est par la Croix qu'ils ont été rachetés. C'est par la Croix qu'ils vivent de Sa vie et reçoivent Sa grâce. C'est par la Croix qu'ils sont eux-mêmes sanctifiés et qu'ils s'unissent à Son travail de rédemption des âmes. C'est par la Croix qu'ils oeuvrent à la transformation du monde d'ici-bas pour que la cité de la terre soit le plus conforme à la Cité des cieux qu'ils attendent et qu'ils préparent.

Mais la croix n'est lumineuse qu'à distance.
Et son resplendissement est celui de la grâce surnaturelle, pas celui de la gloire humaine.
Si l'on sert le Christ-Roi en s'attachant à Sa Croix, l'on sert aussi les rois serviteurs du Christ-Roi en ne se dérobant pas à cette même Croix, qui fait mal, qui pèse lourdement sur nos épaules, qui nous brise, qui semble nous écraser parfois, qui fait entrer des échardes dans notre chair, qui nous fait saigner, qui nous immobilise par des clous...
Il n'y a cependant pas d'autre voie pour celui qui veut être authentiquement chrétien : « Si quelqu'un veut venir après Moi, qu'il renonce à lui-même et porte sa croix  chaque jour et Me suive » (Luc IX, 23), « Et qui ne porte point sa croix et ne Me suit point, ne peut être Mon disciple » (ibid. XIV, 27).

Nous ne sommes donc pas les membres d'une Confrérie Royale pour briller à nos propres yeux et pour en retirer une gloire et des satisfactions mondaines, mais pour nous attacher encore plus étroitement à la Croix, étant non seulement les serviteurs du Christ au même que titre que tous les chrétiens que Jésus invite à porter Sa Croix derrière Lui, mais étant en outre au service spirituel du lieu-tenant du Christ-Roi pour ce Royaume de France, le Souverain des Lys : Louis XX, auquel revient de droit le titre de "Roi Très Chrétien".

Chers Membres de notre humble Confrérie Royale, soyons toujours plus fidèles et généreux dans l'embrassement volontaire et amoureux de nos croix de chaque jour, dans l'embrassement volontaire et amoureux de la Sainte Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui nous est tendue et proposée à travers les mille et uns petits sacrifices quotidiens, offerts pour Dieu et pour le Roi.
C'est là que réside notre victoire : "Εν Τουτω Νικα - In hoc signo vinces" !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Statue équestre de Constantin par Le Bernin 1670 - péristyle basilique vaticane.jpg
Le Bernin : statue équestre de Saint Constantin dans le péristyle de la basilique vaticane (1670)

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