Lettre du 25

Confrérie de prière

Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie royale

25 juin 2017


         Chers Membres de la Confrérie Royale & Sympathisants,


Dans son admirable Discours sur l’histoire universelle, Bossuet enseigne au dauphin, fils de Louis XIV, que « Dieu ne déclare pas tous les jours ses volontés par ses prophètes touchant les rois et les monarchies qu’Il élève ou qu’Il détruit. Mais l’ayant fait tant de fois dans ces grands empires [de l’Antiquité] dont nous venons de parler, Il nous montre par ces exemples fameux ce qu’Il fait dans tous les autres, et Il apprend aux rois ces deux vérités fondamentales : premièrement, que c’est Lui qui forme les royaumes pour les donner à qui il Lui plaît ; et secondement, qu’Il sait les faire servir, dans les temps et dans l’ordre qu’Il a résolu, aux desseins qu’Il a sur son peuple. C’est, Monseigneur, ce qui doit tenir tous les princes dans une entière dépendance, et les rendre toujours attentifs aux ordres de Dieu, afin de prêter la main à ce qu’Il médite pour sa gloire dans toutes les occasions qu’Il leur en présente »[1].
Avec son regard d’aigle, le grand Évêque de Meaux voit dans l’histoire du genre humain la manifestation de la Providence divine, dans laquelle Dieu intervient pour faire triompher Son plan, et « la vraie science de l’histoire, écrit-il encore, est de remarquer dans chaque temps ces secrètes dispositions qui ont préparé les grands changements et les conjonctures importantes qui les ont fait arriver »[2].

Pourtant, il est intéressant de remarquer que dans l’histoire du peuple hébreu, la royauté fut instaurée pour un motif tout autre que celui de faire régner Dieu parmi « Son peuple » (Jér. 30, 22). Jusque-là, en effet, le Peuple de Dieu était gouverné par des prophètes, comme Moïse ou Samuel, ou encore par des juges que le Seigneur suscitait aux heures critiques de son histoire pour sauver Israël.
Ce type de recours à un intermédiaire royal ne correspond pas entièrement au plan originel de Dieu ; en effet, depuis toujours, Dieu souhaite instaurer avec chaque homme une relation directe permettant à ce dernier de recevoir lumière et force pour chaque jour. Ainsi Moïse s’exclamait-il : « Si seulement tout le peuple du Seigneur était composé de prophètes ! » (Nb 11, 29).

Le prophète Samuel oignant le roi David.

Cependant, les prophètes et les juges recevaient leurs instructions du Seigneur Lui-même et les transmettaient au peuple ; leur rôle était donc au service de l’autorité exercée par Dieu sur Son peuple. Avec la royauté, il en va autrement. L’instauration de la monarchie, ce « péché originel d’Israël » comme on l’a appelé [3], provient de la même cause que le péché originel de l’humanité : le mimétisme. Alors qu’Adam et Ève voulaient devenir « comme des dieux » (Gn 3, 5), les fils d’Israël veulent être « comme les autres nations ». Les anciens d’Israël dirent en effet au prophète Samuel : « Installe-nous un roi pour nous juger comme toutes les nations » (1 Sam. 8, 5). Dieu ne s’y trompe pas : cette volonté d’« être comme » est une manière de Le rejeter, Lui, car elle constitue une alternative trompeuse à l’« être par » Dieu ; c’est pourquoi le Seigneur déclare à Samuel en retour : « Ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est Moi, afin que Je ne règne plus sur eux » (1 Sam. 8, 7).
Pour nous, c’est tout l’inverse : c’est pour faire régner Dieu que nous demandons un roi ! C’est pour ne pas suivre nos moutons contemporains englués dans la démocratie moderne que nous réclamons un roi ! « Da nobis regem », lisions-nous au bréviaire jeudi dernier [4] : Seigneur, donnez-nous ce roi qui nous permette de restaurer Vos droits sur la France, Votre fille bien ingrate ! Mais une fille indigne, quand bien même elle se prostituerait, demeurerait la fille de son père, et c’est cette filiation, souillée mais non pas désavouée, qu’il nous faut faire reconnaître aux yeux de tous.
Dans le récit de l’instauration de la royauté au sein d’Israël, nous voyons que le Seigneur, qui est assez puissant pour faire rejoindre les caprices de ses enfants gâtés à Son plan de Salut, non seulement va accorder le régime réclamé par Son peuple, mais va encore lui envoyer un roi « selon Son Cœur » (Actes 13, 22), en retirant la royauté à Saül pour la confier à David, le roi-prophète. Tel est, selon saint Paul, le témoignage que Dieu rendit au premier roi fidèle de Juda, et ce n’est pas un hasard si c’est de sa postérité que sortira le Messie. Quant à nous, nous fêtons d’ailleurs ces jours-ci le 1030e anniversaire du sacre et couronnement de Hugues Capet, fondateur de la dynastie d’où naîtra le successeur légitime de nos rois de France.

Couronnement du roi Hugues Capet (987)

En ce mois du Sacré-Cœur, c’est ce qu’il nous faut demander dans nos prières : que S.M. le roi de jure Louis XX puisse exercer sa royauté selon le Cœur de Dieu.
En 1689, lorsque Notre-Seigneur Jésus-Christ révéla Son Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie Alacoque, Il lui fit cette demande importante : « Fais savoir au fils aîné de Mon Sacré-Cœur que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de Ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par sa consécration à Mon Cœur adorable. Mon Cœur veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis et de tous ceux de la sainte Église ». Mais Louis XIV ne fit pas droit à cette céleste requête et cent ans jour pour jour après le message du 17 juin 1689 resté sans réponse, le Tiers-État se proclamera Assemblée constituante et emportera la Monarchie française dans le sang et la terreur.
C’est donc par la consécration au Sacré-Cœur que nous viendra le salut de la France, tout comme Notre-Dame de Fatima nous assurait, il y a un siècle, que c’est par la consécration à son Cœur immaculé que la paix serait rendue au monde.
Avec ce charisme prophétique que leur insuffle bien souvent le Souverain Pontificat, les Papes, depuis plus d’un siècle, ont annoncé clairement les bienfaits que nous pourrions attendre d’une telle consécration au Cœur adorable de Jésus, « fruits nombreux et excellents, non seulement pour chacun en particulier, mais pour la société tout entière : religieuse, civile ou familiale » [5] – Notre-Seigneur lui-même a promis en effet à sainte Marguerite-Marie que « tous ceux qui honoreraient Son Cœur seraient comblés d’abondantes grâces célestes » ; mais encore les calamités qui s’abattraient sur nous si nous Le méprisions.
Mosaïque de la voûte de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre édifiée en Vœu national (loi de 1873)
En élevant la fête du Sacré-Cœur que nous solennisons justement aujourd’hui au rang de double de première classe avec octave, le pape Pie XI incitait tous les Catholiques à faire « amende honorable à Notre-Seigneur, dans laquelle toutes nos fautes sont déplorées, et hommage est rendu aux droits violés de notre Roi et de Notre-Seigneur très aimant »[6].
Avant lui, le pape Léon XIII avait consacré le genre humain au Sacré-Cœur. Dans son encyclique Annum sacrum (1899), il expliquait : « Une telle consécration apporte aussi aux États l’espoir d’une situation meilleure, car cet acte de piété peut établir ou raffermir les liens qui unissent naturellement les affaires publiques à Dieu. (…) Il arrive fatalement que les fondements les plus solides du salut public s’écroulent lorsqu’on laisse de côté la religion. Dieu, pour faire subir à ses ennemis le châtiment qu’ils avaient mérité, les a livrés à leurs penchants, de sorte qu’ils s’abandonnent à leurs passions et s’épuisent dans une licence excessive. De là, cette abondance de maux qui depuis longtemps sévissent sur le monde, et qui Nous obligent à demander le secours de Celui qui seul peut les écarter ».

Cet enseignement sera repris par le même Pie XI lorsqu’il instituera la fête liturgique du Christ Roi, afin d’exalter la royauté du Christ sur tout l’Univers et inciter les individus comme les États à proclamer leur soumission à Son règne d’amour, puisqu’Il veut régner par Son Sacré-Cœur. Ainsi écrivait-il dans son encyclique Quas primas : « À l’heure où les hommes et les États sans Dieu, devenus la proie des guerres qu’allument la haine et des discordes intestines, se précipitent à la ruine et à la mort, l’Église de Dieu, continuant à donner au genre humain l’aliment de la vie spirituelle, engendre et élève pour le Christ des générations successives de saints et de saintes ; le Christ, à son tour, ne cesse d’appeler à l’éternelle béatitude de Son royaume céleste ceux en qui Il a reconnu de très fidèles et obéissants sujets de Son royaume terrestre »[7].
Et plus loin : « Les États, à leur tour, apprendront par la célébration annuelle de cette fête que les gouvernants et les magistrats ont l’obligation, aussi bien que les particuliers, de rendre au Christ un culte public et d’obéir à Ses lois. Les chefs de la société civile se rappelleront, de leur côté, le dernier jugement, où le Christ accusera ceux qui L’ont expulsé de la vie publique, mais aussi ceux qui L’ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré, et punira de pareils outrages par les châtiments les plus terribles ; car Sa dignité royale exige que l’État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens dans l’établissement des lois, dans l’administration de la justice, dans la formation intellectuelle et morale de la jeunesse, qui doit respecter la saine doctrine et la pureté des mœurs »[8].

Notre défense et promotion de la royauté, chers Amis, doit en conséquence se réaliser d’abord dans notre propre âme, selon la parole de Notre-Seigneur : « Tout royaume divisé contre lui-même court à sa ruine » (Lc 11, 17). Comment en effet pourrions-nous faire triompher la royauté du Christ dans la société si notre âme n’est pas maîtresse de nos passions, si le père ne commande pas au sein de la famille, si le roi ne règne pas sur ses sujets ? Qu’il me soit permis de vous rappeler notre engagement de sanctifier particulièrement, la grâce aidant, le 25 de chaque mois plus encore que les autres jours, dans le but d’offrir nos efforts, nos peines et nos sacrifices à toutes les intentions de la Confrérie royale. Ce mois-ci, la sainte Messe dominicale et la sainte Communion nous y aideront grandement !

Ici encore le pape Pie XI a des mots percutants : « Si enfin cette puissance embrasse la nature humaine tout entière, poursuit-il dans son encyclique, on doit évidemment conclure quaucune de nos facultés ne peut se soustraire à cette souveraineté. Il faut donc qu’Il [le Sacré-Cœur] règne sur nos intelligences : nous devons croire, avec une complète soumission, d’une adhésion ferme et constante, les vérités révélées et les enseignements du Christ. Il faut qu’Il règne sur nos volontés : nous devons observer les lois et les commandements de Dieu. Il faut qu’Il règne sur nos cœurs : nous devons sacrifier nos affections naturelles et aimer Dieu par-dessus toutes choses et nous attacher à Lui seul. Il faut qu’Il règne sur nos corps et sur nos membres : nous devons les faire servir d’instruments ou, pour emprunter le langage de l’Apôtre saint Paul, ‘‘d’armes de justice offertes à Dieu’’ (Rm 6, 13) pour entretenir la sainteté intérieure de nos âmes. (…) Ainsi nous récolterons les heureux fruits d’une vie conforme aux lois du royaume divin. Reconnus par le Christ pour de bons et fidèles serviteurs de Son royaume terrestre, nous participerons ensuite, avec Lui, à la félicité et à la gloire sans fin de Son royaume céleste »[9].

Voici tracés en quelques lignes notre programme de vie, en un mot notre mission, bien chers Membres ! Demandons à saint Jean-Baptiste, dont nous célébrions la Nativité hier, de faire de nous également des Précurseurs du Christ pour annoncer Son Royaume en travaillant ici-bas à l’établissement de Son règne d’amour par le rétablissement du « fils aîné de Son Sacré-Cœur » !

Le Chancelier +




[1] Bossuet, Discours sur l’histoire universelle (1681), à l’introduction.
[2] Ibid.
[3] Abbé Dominique Janthial, c.e., Devenir enfin soi-même – À la suite des grands hommes du Premier Testament (2016), d’où nous tirons cette analyse vétéro-testamentaire.
[4] 2ème leçon des matines du jeudi de la IIème semaine après la Pentecôte, tiré de 1 Sam. 8, 6.
[5] Pie XI, encyclique Miserentissimus Redemptor sur la réparation que nous devons au Sacré-Cœur de Jésus (1928), § 7.
[6] Ibid., § 6.
[7] Encyclique Quas primas (1925), § 3.
[8] Ibid., § 21.
[9] Ibid., § 22.

Pèlerinage au Puy

Grandes armes de France - grille de Versailles
Les armes de France sur la grille du château de Versailles.

Pèlerinage au Puy des 26 et 27 mai 2017

Conférence du samedi 27 par M. le Secrétaire



Plusieurs personnes ont demandé à Frère Maximilien-Marie le texte de son intervention du samedi matin 27 mai dernier dans le cadre du pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay.  Mais en réalité, il n’y a pas de texte écrit de ce qu’il a dit ce jour-là, il y a seulement des notes dans un plan…
A force d’insistance, avec quelques autres amis, nous avons obtenu de lui qu’il reprenne ces notes pour me donner un texte que je puisse publier. Je suis maintenant en mesure de le faire, mais ce ne sera pas en une seule fois. En effet, pour plus de clarté et force, il y aura trois publications, correspondant aux trois idées maîtresses de l’exposé donné par Frère Maximilien-Marie.
Lully.

Fleur de Lys

Dieu Lui-même est légitimiste !

Lorsque l’on me demande pourquoi je suis légitimiste, et pourquoi, en tant que religieux, je suis si ostensiblement légitimiste, et même prosélyte dans mon légitimisme, j’ai désormais l’habitude de répondre : « Parce que Dieu Lui-même est légitimiste ! »

C’est là une formule à l’emporte-pièce qui résume le fait que la légitimité n’est pas une option facultative, mais qu’être légitimiste aujourd’hui découle d’une manière strictement logique des dispositions de la divine Providence, et donc de la sainte volonté de Dieu.
C’est Dieu Lui-même - « Deus, cujus Providentia in sui dispositione non fallitur : Dieu dont la Providence ne se trompe jamais dans ses dispositions » (collecte du 7ème dimanche après la Pentecôte) – , à travers l’histoire, à travers les événements qu’Il a voulus ou permis, à travers les hommes qu’Il a suscités, éclairés et guidés, qui a fait que la France soit un royaume catholique, qui a fait de la France « le Royaume des Lys », et qui lui a donné ses Lois fondamentales (cf. ici).

A – La France est par essence catholique et royale :

C’est une idée sur laquelle j’insiste et sur laquelle j’insisterai encore et encore, jusqu’à mon dernier souffle sans doute : la France est née de la rencontre et de l’union de deux éléments qui lui sont essentiels – c’est-à-dire qui appartiennent à son essence, à la réalité profonde et substantielle de son être – : la royauté franque et la foi catholique.
Baptême de ClovisC’est la raison pour laquelle le baptême de Clovis est l’événement fondateur de la France : avant le baptême de Clovis, il y a un territoire, qui est la Gaule romaine, en proie à la division, à l’invasion, à la décadence… etc. A partir du baptême de Clovis, sur la base d’une royauté qui est désormais unie à la foi catholique – la foi de Nicée – , il y a véritablement la constitution du Royaume catholique des Francs, la constitution du Royaume de France, la constitution de la France : notre France en même temps et indissociablement catholique et royale.

Certes, il y aura bien des développements, une croissance, une maturation, un épanouissement, comme il y en a pour tout corps vivant ; mais la rencontre, l’alliance, l’union, presque la fusion, de ces deux éléments – la foi catholique et la royauté des Francs – dans les Fonts Baptismaux de Reims, est bien la source de laquelle découle indubitablement toute l’histoire, toutes les caractéristiques, toute la civilisation, toute la culture propre et tout le génie particulier de la France.
Cela est aussi vrai que le fleuve est tout entier dans la source, aussi vrai que l’arbre et ses fruits sont tout entiers dans la graine dont ils sont issus, aussi vrai que l’homme est déjà tout entier dans la première cellule fécondée dans le sein maternel.

B – C’est par vocation divine que la France est, dans son essence, catholique et royale, et la Providence l’a maintes fois confirmé dans l’histoire

Nous savons que toutes les nations ont une vocation propre et unique qui leur est assignée par la divine Providence. Ici, je vous renvoie au sublime et inépuisable discours que prononça, au titre de légat pontifical a latere du pape Pie XI auquel il allait bientôt succéder, Son Eminence Révérendissime le cardinal Eugenio Pacelli, le 13 juillet 1937 dans la chaire de Notre-Dame de Paris (cf. > ici). Nous avons là un texte essentiel et fondamental qu’il convient de lire et de relire, de méditer et d’approfondir car une seule lecture ne peut permettre d’en saisir toutes les richesses et de s’en pénétrer.
Que nous dit le cardinal Pacelli ? Quelle idée maîtresse développe-t-il ? Quelle leçon intemporelle nous donne-t-il et prouve-t-il par les faits ?
Que « (…) les peuples, comme les individus, ont aussi leur vocation providentielle ; comme les individus, ils sont prospères ou misérables, ils rayonnent ou demeurent obscurément stériles, selon qu’ils sont dociles ou rebelles à leur vocation.  » 

Les faits eux-mêmes démontrent, comme je vous le rappelais précédemment, que ce qui a fait la France c’est la rencontre et l’union de la royauté franque et de la foi catholique, et que tant que ces deux éléments ont été préservés, fortifiés et développés, la France a été prospère et rayonnante, pour reprendre les termes du cardinal Pacelli. Les faits eux-mêmes démontrent que dès lors qu’on a voulu mettre fin à la royauté catholique et qu’on a porté atteinte à cette union essentielle de laquelle le Royaume de France était né, nous sommes entrés dans des temps de misère et de stérilité.

Les faits sont les signes et les preuves des dispositions de la Providence de Dieu. Les faits nous montrent la volonté de Dieu à travers des personnages tels que Saint Remi et Sainte Geneviève, Sainte Clotilde et Clovis, Saint Charlemagne et Saint Louis, Sainte Jeanne d’Arc et Louis XVI, pour ne citer que quelques figures suréminentes de notre histoire.
En France, la royauté chrétienne, née dans la fontaine baptismale de Reims où Clovis reçut la grâce, perfectionnée par Saint Charlemagne, conduite à sa perfection par Hugues Capet et ses descendants, sanctifiée par Saint Louis, élevée à un degré de gloire inégalé par le Grand Roi, « fils aîné du Sacré-Coeur », amenée à un degré d’union avec l’Agneau de Dieu qui n’a jamais été égalé dans la personne de Louis XVI et de Louis XVII, a vu ses Lois fondamentales et la valeur absolument unique de son Sacre défendues et confirmées de manière éclatante par la geste inouïe et miraculeuse d’une jeune vierge venue des marches de Lorraine, placée par Dieu à la tête des armées !

Schématiquement, depuis la Noël 496 jusqu’à nos jours, quinze siècles d’histoire de la France nous montrent d’une part qu’il y a eu, malgré des crises et des événements douloureux, treize siècles de croissance organique et de montée en puissance et en gloire sous un seul régime politique : la royauté chrétienne traditionnelle ; et d’autre part que, depuis le reniement de 1789, source de toutes les apostasies sociales et spirituelles, il y a un peu plus de deux siècles d’instabilité et de décadence inéluctable. « Contra factum non fit argumentum », dit l’antique adage juridique : contre les faits, il n’y a pas d’argumentation qui tienne.

C – Etre légitimiste, c’est donc être fidèle aux dispositions de la divine Providence

Parce que la Providence de Dieu s’est exprimée par les faits dans l’établissement de la royauté chrétienne en France et tout au long de son histoire, parce que « les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance » (Rom. XI, 29), parce que « Dieu est fidèle » (1 Cor. I, 9) et parce que « si nous sommes infidèles, Lui reste fidèle car Il ne peut Se renier Lui-même » (2 Tim. II, 13), nous pouvons et même nous devons affirmer que c’est être dans l’obéissance à Dieu, c’est être dans la fidélité à Ses dispositions providentielles que d’être légitimiste, que de conserver et de défendre, que de promouvoir et de se faire l’apôtre de ce que Dieu a voulu pour la France et de la manière dont Il l’a voulu : la monarchie chrétienne traditionnelle, la royauté capétienne de droit divin, avec ses Lois fondamentales qui règlent la succession au trône et qui ont assuré pendant des siècles la stabilité et la prospérité du Royaume de France.

Nous le devons dire et répéter avec d’autant plus de force que ces vérités sont aujourd’hui occultées, déformées et décriées : on ne veut pas parler des interventions de Dieu dans l’histoire ; on ne veut pas parler des châtiments qui découlent, dans la vie des peuples, de leur infidélité à Dieu ; on ne veut pas parler de l’obéissance à Dieu dans la conduite des nations. On veut reléguer la référence à Dieu – réputée facultative – à la seule sphère privée et lui dénier tout « ingérence » dans l’ordre public et social ; on veut substituer à l’obéissance à Dieu, une autonomie complète de « l’homme moderne ».

Reniement de l’homme, tandis que Dieu lui reste fidèle !
Où avons-nous vu, en effet que Dieu aurait renié l’alliance conclue dans les Fonts Baptismaux de Reims ? Où avons-nous vu que Dieu aurait changé d’avis et qu’Il se démentirait désormais de ce qu’Il a voulu pendant treize siècles ? Où avons-nous vu qu’Il se repentirait d’avoir suscité Saint Remi, Clovis, Saint Charlemagne, Saint Louis et Sainte Jeanne d’Arc ? Où est-il écrit que Dieu bénirait la Révolution et les principes maçonniques qui l’ont suscitée ? Où est-il dit que Dieu se plierait aux modes de pensée des hommes et qu’Il accepterait désormais, à rebours de ce qu’Il a montré par Sa Providence à travers d’innombrables faits, des sociétés et des Etats qui refusent de faire référence à Lui ? Où est-il montré que Dieu aurait changé d’idée, serait devenu républicain, serait maintenant partisan de régimes athées, laïcistes et hostiles aux lois qu’Il a données à la nature et voulu voir établir dans les sociétés qui se faisaient honneur de Le servir ?

Le Dieu fidèle « en qui il n’y a ni changement ni ombre de vicissitudes » (Jac. I, 17) ne peut qu’être encore et toujours favorable à ceux qu’Il a voulu et suscité aux origines de la France. Le Dieu fidèle ne peut qu’être légitimiste, aujourd’hui comme hier et pour toujours.

Puisque les Saintes Ecritures nous exhortent sans cesse à être fidèles au Dieu fidèle et nous faire les imitateurs de Dieu, soyons bien certains que nous sommes dans l’imitation de Dieu en étant inébranlablement légitimistes.
- Pourquoi donc êtes-vous légitimiste ?
- Mais parce que Dieu Lui-même est légitimiste !