Citation

"Le meilleur de vos serviteurs est celui qui ne cherche pas à entendre de Vous ce qu'il souhaite, mais à souhaiter ce qu'il a entendu".
Saint Augustin

Légitimité

Du respect des grandeurs d’établissement.


Vous savez bien que, nous autres chats, sommes très attentifs à tout ce que font nos humains de compagnie et nous montrons toujours très vigilants dans l’observation de leur monde, de leurs manières de faire et de se comporter…

L’univers, principalement catholique et légitimiste, dans lequel la divine Providence m’a placé, s’il est relativement préservé n’en comporte pas moins ses fragilités et ses défaillances qui, pour la plupart du temps, sont dues aux influences de la décadence généralisée qui s’étale en ce siècle.

J’avais constaté en particulier, par des observations directes ou par les échos transmis par des personnes amies, combien certains légitimistes – dont l’attachement sincère et profond à la Légitimité ne peut être mis en doute – pouvaient parfois adopter un ton familier pour parler de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, notre Roi de jure

Si je suis absolument ennemi de toute forme de « culte de la personnalité » – ce que la saine révérence due au Souverain légitime n’est pas -, comme aussi de toute forme de politesse qui ne serait qu’un vernis de surface sans authenticité, je le suis tout autant des familiarités. J’aime en particulier à rappeler que, avant la funeste révolution, un sujet respectueux ne désignait même jamais son Souverain par un pronom : il était considéré comme irrespectueux de dire « je l’ai vu »mais il convenait de dire « j’ai vu le Roi » ou « j’ai vu Sa Majesté ». Les saints eux-mêmes ne dérogeaient pas à ces usages, ils s’en montraient au contraire les observateurs d’autant plus scrupuleux qu’ils voyaient toute la profonde réalité spirituelle qui s’y rattache.

Nous nous entretenions de cela avec mon papa-moine, et nous en avons également conféré avec notre excellent ami le Révérend Père Jean-François Thomas, qui partage nos sentiments, et comme il excelle à écrire les choses avec autant d’acuité quant au fond que d’élévation quant à la forme, je lui ai demandé s’il consentait à rédiger un article sur ce sujet.

Qu’il soit chat-leureusement remercié d’avoir accédé à ma demande et de s’en être acquitté avec autant de maestria !
Patte de chat Lully.


Fleur de lys

Louis XIII avec la France et la Navarre - Simon Vouet 1624
Louis XIII en majesté accompagné des figures allégoriques de la France et de la Navarre
(Simon Vouet – 1624)

Fleur de lys

Du respect des grandeurs d’établissement


Une des nombreuses destructions révolutionnaires, – présente aussi dans la Constitution américaine dont les pères maçons partageaient les mêmes convictions que les esprits des Lumières -, est celle de la politesse et du respect qui régissent les relations harmonieuses entre les êtres appartenant à différents groupes dans une même société. La révolution française imposa le tutoiement généralisé et pas seulement l’abandon des titres et des privilèges. Elle toucha ainsi au cœur ce que la langue française possédait de plus subtil et de plus raffiné. Certes, cette crise de folie où désormais tout le monde s’apostrophait par des « citoyen » et des « citoyenne » s’apaisa avec la naissance du premier Empire et surtout l’avènement de la Restauration, mais les peuples de France en demeurèrent profondément marqués, à jamais.

La vague révolutionnaire de mai 1968 reprit les mêmes slogans, les « camarades » remplaçant les « citoyens ». Le désir de faire table rase de toute autorité naturelle ou d’établissement fut identique à celui qui anima les sans-culottes. Depuis cette époque, l’usage du tutoiement universel s’imposa de nouveau, dans toutes les couches sociales, y compris dans l’Eglise où le bas et le haut clergé découvrit soudain les vertus d’une familiarité égalitaire, symptôme de la crise d’autorité qui rongeait le corps tout entier.

Notre héritage est donc lourd et débilitant en ce domaine. Nous avons oublié depuis bien longtemps la sage distinction pascalienne entre grandeurs naturelles et grandeurs d’établissement qu’il serait bien utile de se remémorer :

« Il y a dans le monde deux sortes de grandeurs ; car il y a des grandeurs d’établissement et des grandeurs naturelles. Les grandeurs d’établissement dépendent de la volonté des hommes, qui ont cru avec raison devoir honorer certains états et y attacher certains respects. Les dignités et la noblesse sont de ce genre. En un pays on honore les nobles, en l’autre les roturiers, en celui-ci les aînés, en cet autre les cadets. Pour quoi cela? Parce qu’il a plu aux hommes. La chose était indifférente avant l’établissement: après l’établissement elle devient juste, parce qu’il est injuste de la troubler

Les grandeurs naturelles sont celles qui sont indépendantes de la fantaisie des hommes, parce qu’elles consistent dans des qualités réelles et effectives de l’âme ou du corps, qui rendent l’une ou l’autre plus estimable, comme les sciences, la lumière de l’esprit, la vertu, la santé, la force.

Nous devons quelque chose à l’une et à l’autre de ces grandeurs; mais comme elles sont d’une nature différente, nous leur devons aussi différents respects.

Aux grandeurs d’établissement, nous leur devons des respects d’établissement, c’est-à-dire certaines cérémonies extérieures qui doivent être néanmoins accompagnées, selon la raison, d’une reconnaissance intérieure de la justice de cet ordre, mais qui ne nous font pas concevoir quelque qualité réelle en ceux que nous honorons de cette sorte. Il faut parler aux rois à genoux; il faut se tenir debout dans la chambre des princes. C’est une sottise et une bassesse d’esprit que de leur refuser ces devoirs » 
(Deuxième Discours sur la condition des grands).

Refuser de reconnaître et de respecter les grandeurs d’établissement est donc se condamner à négliger les grandeurs naturelles qui peuvent être présentes en un même homme. Rayer de la carte le respect dû à l’autorité selon son rang est se précipiter dans le chaos et le désordre de relations humaines où tous nagent dans un identique marigot.

Pourquoi donc rappeler ce qui semble couler de source ? Tout simplement parce que nous sommes tous touchés par cette habitude de familiarité dévastatrice, y compris au sein des chapelles catholiques traditionalistes et des Français légitimistes. La goujaterie et le laisser-aller dans les moindres rapports humains sont aujourd’hui monnaie courante. L’enfance et la jeunesse, qui reçoivent peu d’éducation en ce domaine, ne sont pas les seuls à souffrir de cette maladie transmise par leurs parents et par leurs familles. Comment nous adressons-nous à nos aînés, à ceux qui sont revêtus de quelque autorité humaine ou divine ? Que transmettons-nous à ceux qui dépendent de notre exemple et de notre enseignement ? De quelle façon parlons-nous des personnes auxquelles nous avons des devoirs de reconnaissance de grandeurs d’établissement, indépendamment de leurs qualités et de leurs vertus personnelles ? Il est par exemple préférable de parler de tout pape régnant comme du « Saint Père » ou du « Souverain Pontife ». Cette marque de respect n’est point lâcheté ou refus de reconnaître les limites humaines de tel ou tel de ces successeurs de Pierre. Elle permet au contraire, dans un second temps, de réfléchir calmement, sans passion et sans vulgarité, à ce qui mérite analyse ou désaccord.

En ce qui regarde notre manière de parler, en privé ou en public, du Prince légitime dont la république a confisqué le trône, le bilan n’est pas plus glorieux. Pourtant son nom est prononcé par le prêtre dans le Canon de la messe, au sein du silence sacré, après celui du Pape régnant et de l’évêque du lieu. Il est le roi que Dieu nous donne, et cette mission dépasse ses péchés personnels et ses manquements. Ce choix divin mérite respect, en toute occasion, et ne permet aucune familiarité, fût-elle enturbannée du prétexte d’un attachement affectueux. Le Roi n’est appelé par son prénom que dans la liturgie de l’Eglise car tous les baptisés sont égaux dans le cœur de Dieu et qu’elle parle alors au nom du Christ, comme le Christ lui-même s’adressant à ses apôtres par leurs prénoms.
Nous n’avons aucun droit, sous le couvert d’une amitié, d’une proximité, d’une affection, de déroger à ce principe régulant les grandeurs d’établissement.
Parler de « Louis », à plus forte raison de « Loulou », en public ou même dans un cercle restreint, est non seulement de très mauvais goût mais reflète à quel point l’influence de la révolution, qui avait fait du Roi un « Capet », a miné notre bon sens, notre respect des grandeurs et de l’autorité.

La paysannerie française du XVIII° siècle, – usage qui s’est poursuivi d’ailleurs très longtemps dans nos campagnes -, possédait une politesse royale lorsqu’il s’agissait de montrer le respect entre les générations : non seulement les enfants vouvoyaient leurs parents, mais les parents vouvoyaient leurs enfants. Cette noble distance permettait aux plus pauvres de garder la dignité dont ils étaient revêtus comme d’autres Christ.
Les apôtres n’appelèrent jamais Notre Seigneur par son nom, mais toujours par des titres révélant son autorité hors du commun. Dans les humbles tâches partagées par le Christ avec ses disciples, comme lorsqu’ils remontaient les filets ensemble, le Maître demeurait tel et la crainte respectueuse habitait ces futurs pêcheurs d’hommes.

Notre Roi terrestre, même s’il n’est pas couronné et ne siège pas sur son trône, mérite le respect qui lui est dû car il a été choisi par Dieu lui-même. Seul Dieu et son Eglise s’adressent à lui en l’appelant Louis. Puissions-nous retrouver, dans toute sa simplicité et sa pureté, cette politesse française exquise et mesurée qui fit la réputation de notre royaume pendant plusieurs siècles. Elle est un signe, certes très terrestre mais inspiré par le Ciel, de notre attachement à l’autorité de Dieu.

Père Jean-François Thomas s.j.
II° dimanche de Carême - 25 février 2018

Inscriptions pour le pèlerinage du Puy-en-Velay

Pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay, les 11 et 12 mai 2018 : inscrivez-vous !

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Avis très importants :
Merci de les lire avec la plus grande attention
(cela évite ensuite de poser des questions inutiles)

Notre troisième pélerinage annuel au sanctuaire presque bimillénaire du Puy-en-Velay,pour le Roi et la France, a lieu comme annoncé les vendredi et samedi qui suivent la fête de l'Ascension (et il en sera ainsi tous les ans) soit, en 2018, les vendredi 11 et samedi 12 mai.

Les inscriptions sont ouvertes :
Notez bien qu'elles seront closes le samedi 24 mars !

Avant de vous inscrire, veuillez prendre connaissance des éléments suivants :

1) Le pèlerinage commence par la Messe d'ouverture, célébrée le vendredi 11 mai à 11 hdans la chapelle du grand séminaire, et il se clôt après le déjeuner du samedi 12 mai ;

2) Cela signifie qu'il est souhaitable, d'être arrivé et d'avoir procédé à son installation avant cela ;

3) Pour les personnes qui souhaitent loger au grand séminaire : à la demande de l'intendance du séminaire, c'est le secrétariat de la Confrérie Royale qui centralise toutes les inscriptions pour les chambres, ce qui représente pour nous un très gros travail en raison des points suivants :

- 3 a) Les personnes qui viennent de très loin peuvent voyager dans la journée du jeudi de l'Ascension 10 mai : elles sont assurées d'avoir la Sainte Messe de la fête de l'Ascension (célébrée selon le rite latin traditionnel évidemment) en fin d'après-midi.
- 3 b) Cela signifie donc qu'il est possible de loger au grand séminaire dès le jeudi soir 10 mai : en ce cas, bien le noter sur votre bulletin d'inscription pour que nous réservions la chambre qui vous sera destinée, et pour que, si vous le souhaitez, nous vous inscrivions aussi pour le repas du soir au séminaire ;
- 3 c) De la même manière, les personnes qui souhaitent repartir seulement le dimanche 13 mai, peuvent également demander que nous leur réservions la chambre pour la nuit du samedi 12 au dimanche 13 mai, ainsi que, si elles le souhaitent, le dîner du samedi 12 au soir : là encore, il faut bien lire le bulletin d'inscription et nous le signaler ;
- 3 d) Lors de votre inscription, merci de nous bien préciser le type de chambre choisie : chambre à un lit, à deux lits ou trois lits (et pour ces deux derniers cas préciser vos compagnons de chambre), avec WC et douche dans la chambre (ou pas), ainsi que si vous prenez la location de draps et de linge de toilette - pour connaître les catégories de chambre et leurs tarifs voir ici > tarifs 2018 ;
- 3 e) En fonction de tous ces critères, calculez vous-même s'il vous plaît le montant total de votre dû qui doit comprendre : le prix des trois repas du vendredi midi et soir, et du samedi midi (soit 36 euros), auquel vous ajouterez le prix des repas supplémentaires s'il y a lieu (12 € par repas), le prix de la chambre en fonction de la catégorie choisie, sans omettre les 0,40 € de taxe de séjour par personne et par nuit, multiplié par le nombre de nuitées : cela est un peu fastidieux, nous en avons conscience, mais cela nous facilitera grandement la tâche et nous vous en remercions!

4) Les pèlerins sont également invités - s'ils le peuvent - à prendre en charge les frais des ecclésiastiques qui participent au pèlerinage (repas et hébergement), ainsi qu'auxfrais d'organisation (en particulier pour l'utilisation de la chapelle et la location de la salle de conférence, en faisant un don, même minime, à cette intention (voir sur le bulletin).

5) De la même manière, les amis et sympathisants de la Confrérie Royale qui, pour des raisons diverses, ne peuvent être présents physiquement au pèlerinage, peuvent néanmoins aider à son organisation en effectuant un don : ils sont assurés d'avoir part aux fruits de la prière des pélerins présents auprès de Notre-Dame du Puy .

Tout ceci étant bien lu et assimilé, vous avez jusqu'au 24 mars, dernier délai, pour vous inscrire, ici Bulletin d’inscription

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Pèlerinage au Puy 2018

Reliquaire du Saint Mors - la custode

Ô Dieu, dont la Providence a permis que le Saint Mors du premier empereur chrétien, Saint Constantin le Grand, forgé à partir de l’un des Clous sacrés par lesquels Vous fûtes attaché à la Croix, soit recueilli en ce Comtat qui est aujourd’hui terre de France, nous Vous prions de regarder avec miséricorde le Royaume des Lys égaré loin de Vous : daignez Vous souvenir de toutes les grâces, faveurs et promesses que Vous avez accordées à ses peuples, et, par les mérites de Votre bienheureuse Passion dont nous vénérons avec ferveur ici-bas les précieuses reliques, par l’intercession de Notre-Dame, Votre Mère très sainte debout au pied de la Croix, et à la prière de tous les saints de France, ramenez ce Royaume dans les voies de la conversion, de la pénitence et de la fidélité à Vos desseins ; rendez-lui son Souverain légitime, et donnez-lui de marcher dignement sous l’étendard sacré de la Croix.

Que Votre sainte Croix soit sur son front pour y être adorée ; que Votre sainte Croix soit dans ses mains pour les diriger ; que sa couronne soit faite de la Croix, afin que la foi resplendisse ; que son pouvoir découle de la Croix, afin que la vraie puissance gouverne ; afin qu’à sa suite, les peuples de France, soumis à Vous dans leur intelligence comme dans leurs actes, vivent dans le rayonnement de paix et d’amour de Votre divin Coeur !
Ainsi soit-il.

Lettre du 25


Lettre aux membres et amis 
de la Confrérie Royale
pour le 25 février 2018

Le Silence du Roi


Andrea Mantegna Ecce Homo.jpg

Andrea Mantegna : "Ecce Homo"

Entrés dans le désert du Carême, nous accompagnons le Roi des rois dans sa montée vers le sacrifice et vers la gloire. Il est notre modèle pour nous préparer, dans la purification et l'ascèse, à suivre le chemin du Jardin des Olives au Tombeau de la mort et de la Résurrection. Une des grandes leçons spirituelles léguées par Notre Seigneur à ses apôtres et ensuite à tous ses disciples est le silence. Pas n'importe lequel mais celui qui est plénitude, écrin de la Parole divine et de toute parole conforme à la vérité.

Charles Péguy parle admirablement du silence que nous affrontons à chaque fois que nous nous retournons vers notre race. Même les hommes de lignée royale finissent par se heurter à ce silence des aïeux anonymes dont la généalogie remonte jusqu'au commencement du premier jour de la création de l'homme. Il écrit, dans sa Note conjointe : « (…) Cette silencieuse race est le seul écho que nous puissions percevoir du silence premier de la création. Silence de la prière et silence du vœu, silence du repos et silence du travail même, silence du septième jour mais silence des six jours mêmes ; la voix seule de Dieu ; silence de la peine et silence de la mort ; silence de l'oraison ; silence de la contemplation et de l'offrande ; silence de la méditation et du deuil ; silence de la solitude ; silence de la pauvreté ; silence de l 'élévation et de la retombée, dans cet immense parlement du monde moderne l'homme écoute le silence immense de sa race. Pourquoi tout le monde cause-t-il et qu'est-ce qu'on dit ? Pourquoi tout le monde écrit-il, et qu'est-ce qu'on publie ? L'homme se tait. L'homme se replonge dans le silence de sa race et de remontée en remontée il y trouve le dernier prolongement que nous puissions saisir du silence éternel de la création première. »Puissions-nous suivre ce chemin et obéir à ce conseil afin que ce Carême ne soit pas plein de vides. Il ne suffit pas de prier selon les règles, de jeûner selon les préceptes, de donner l'aumône selon l'envie du moment. Tout cela, et les autres sacrifices, demeurera creux, vain et stérile s'il se réalise dans le brouhaha, la cacophonie, la logorrhée du monde moderne qui hait le silence intérieur. Trop de paroles recouvrent désormais la Parole divine, ceci au sein même de l'Eglise, pourtant gardienne et dispensatrice de la Parole divine. Nos silences sont morts. Lorsqu'ils existent, ils sont souvent la marque de notre lâcheté ou de notre incompétence. Or, nous devrions nous laisser imbiber par le silence divin comme des babas en manque de rhum.

Les Saintes Ecritures ne cessent de nous ramener vers le silence intérieur. Les auteurs inspirés, les prophètes attirent l'attention sur ceux qui font un mauvais usage de la parole, qui ne peuvent se taire, qui se perdent en bavardages, radotages, et donc, tôt ou tard, en médisance et en mensonge. Mettre un frein à sa langue est une condition essentielle de la vie de pénitence. Nous avons toujours le désir d'en dire trop, de révéler ce qui ne doit pas l'être, de blesser avec les mots, de laisser traîner des sous-entendus qui détruisent les autres, leur réputation, leur existence. Le monde est rempli de ces bavards qui trouvent fortune en politique, comme journalistes, comme « artistes », comme écrivains, comme ecclésiastiques. La véritable autorité, elle, découle d'un silence fondateur, celui du Christ dans le désert ou dans un lieu retiré pour prier son Père, celui de Notre Seigneur en présence de ceux qui, les mains chargées de pierres, sont prêts à lapider, en face de ses accusateurs et de Pilate qui attendent des paroles alors qu'ils voient en aveugles le Verbe fait chair. Nous nous chargeons de mots comme des ânes, ils sont notre déguisement, notre fuite du silence qui nous terrifie car il nous révélerait notre vrai visage, déformé et grimaçant.

En cultivant le silence, nous pouvons avancer à grands pas dans le combat contre la tricherie et la méchanceté, et découvrir aussi que ce sont les silences qui demeurent lorsque tout le reste a disparu. Ce n'est pas par hasard si le Christ a commencé son pèlerinage terrestre dans le silence de la nuit noire de Bethléem et qu'Il l'a achevé dans le silence du Golgotha. Nul doute que les apôtres, se souvenant de son enseignement, gardèrent aussi au cœur, à l'image de la Sainte Vierge, les silences du Maître lorsqu'Il les regardait avec pitié, avec amour et avec lassitude à cause de leur surdité et de leur vanité. L'être du Seigneur dépasse ce qu'Il a dit et chacune de ses paroles s'est inscrite dans l'écrin du silence originel. Ce pouvoir du silence crée la valeur inestimable des rencontres qui bouleversent notre vie : celle de Notre Seigneur d'abord, dans le silence de notre cœur, mais aussi, par ricochet, celles des rencontres humaines qui sont le sel de l'existence. Maurice Maeterlinck souligne justement, dans Le trésor des humbles : « S'il vous est donné un instant de descendre en votre âme jusqu'aux profondeurs habitées par les anges, ce qu'avant tout vous vous rappellerez d'un être aimé profondément, ce n'est pas les paroles qu'il a dites ou les gestes qu'il a faits, mais les silences que vous avez vécus ensemble ; car c'est la qualité de ces silences qui seule a révélé la qualité de votre amour et de vos âmes ».

Silence de Gethsémani, de l'Ecce Homo, du Golgotha, du Tombeau, et même de la Résurrection : ce qui est le nœud de toute l'histoire des hommes s'est réalisé dans le silence, uniquement habité par les pleurs et les battements d'ailes des anges et des puissances invisibles. Pendant ce temps, tout autour du Christ, ce ne fut que vociférations, insultes, ricanements, hurlements, questions, jugements, lamentations, à l'exception de sa Sainte Mère, enfermée dans la contemplation de ce qui ferraillait ses entrailles et son cœur depuis qu'Elle avait accueilli la Volonté de Dieu. Quelles paroles d'ailleurs nous a-t-Elle laissées ? Elles sont en petit nombre. Elle est la Mère du Silence, Elle qui a porté le Verbe.

Contemplons donc, durant ces semaines liturgiques bouleversantes, le grand silence du Roi des rois. Il est un silence de plénitude et non pas un vide abyssal comme celui des paroles humaines. Là où il se révèle le mieux visiblement est dans le trésor de la sainte liturgie traditionnelle de l'Eglise lorsque le silence sacré enveloppe les fidèles alors que le prêtre offre le sacrifice. Grandeur indépassable de ce silence qui nous élève aussitôt jusqu'aux portes du Paradis. Plus la liturgie est bavarde, plus elle nous éloigne de la Parole faite chair, plus elle tourne le dos au Roi silencieux devant ses juges pour se jeter dans les bras du monde qui tue avec les mots. Plus notre prière est bavarde, plus elle risque de se contempler elle-même dans un miroir et d'être satisfaite de ce qu'elle est. Peu de mots dans le Pater Noster enseigné par Notre Seigneur. Dans sa sagesse millénaire, l'Eglise a toujours su nous éduquer dans cet attachement à la sobriété, à la belle simplicité, au silence habité. Creusons dans cette mine qui recèle tant de trésors. Il est utopique de penser que nous pourrions faire l'économie du silence pour mettre en pratique les commandements divins et pour vivre des Béatitudes. Les saints sont de vivantes figures pour nous prouver que nous serions dans l'erreur. Ils ont tous su mettre un frein à leur langue, écouter le silence et y découvrir les signes venant d'en haut. Imaginerait-on un saint Curé d'Ars passant son temps à bavarder, à réunir autour de lui les journalistes pour commenter les événements du moment et pour donner ses opinions à propos de tout et de n'importe quoi ? Cela aurait passablement abîmé la confiance des pénitents à son égard. Le saint Curé était tout en Dieu dans le silence et les murmures de son confessionnal où il procédait à de grandes lessives de printemps spirituel à longueur de journée.

Avançons à la suite de notre Roi des rois dans le désert silencieux où Il se donne au Père. Nous aurons ainsi part à son Royaume malgré notre indignité. Demeurons au fond du sanctuaire, derrière un pilier, sans oser lever les yeux vers la Miséricorde, tout enfouis dans le silence divin qui nous console et nous relève.

P. Jean-François Thomas s.j.
Mercredi des Cendres
14 février 2018
Henri Charlier Sacré Coeur Enfant Le Barroux dernière oeuvre de l'artiste.jpg

Henri Charlier : Sacré-Coeur enfant
(dernière oeuvre de l'artiste - abbaye Sainte-Madeleine du Barroux)

Citation

« Le pouvoir du chef de famille est une monarchie ».

Aristote

22 février

22 février

Fête de la Chaire de S. Pierre à Antioche

Aucun texte alternatif disponible.

"La chaire (cathedra) de l'apôtre Saint Pierre lors des sept ans de sa primauté à Antioche, conservée dans l'église San Pietro di Castello, à Venise. Ce trône liturgique a été offert au doge de Venise au IXème siècle par le basileus Michel III de Byzance. La partie supérieure du dossier est de manière évidente une stèle funéraire mahométane, mais ce siège, donné au doge par le basileus au milieu du IXe siècle était vénéré déjà depuis longtemps avant cela (et avant que l'islam existât) à Antioche comme la "cathedra Petri" en cette ville".

Citation

"Les troupes [républicaines] entrèrent dans la Ville le 11 février [1798]. C’était la première fois depuis le mémorable sac de 1527 perpétré par les troupes de l’empereur Charles Quint que la Ville Eternelle se trouvait envahie. [...] Le 16 février, les troupes bivouaquèrent sur la place Saint-Pierre et prirent le contrôle de toutes les issues du Vatican. Ils allèrent même jusqu’à hisser le drapeau tricolore sur les palais apostoliquesBerthier institua un gouvernement provisoire composé de sept consuls à la tête desquels il plaça un prêtre apostat nommé Bassal, ancien curé de Versailles. Dès lors, les militaires français multiplièrent les vexations à l’encontre du Souverain Pontife".

Et certains voudraient que l'on considère les couleurs de la Révolution comme emblématiques du Royaume de France !

Tricentenaire


1717 - 25 décembre - 2017
A Noël dernier se célébrait le

Tricentenaire de la naissance de Pie VI


honteusement reconnue par le Saint-Siège au traité de Tolentino 
le 17 février 1798.

Pie VI reçoit l'ordre du Directoire

Départ de Pie VI de Rome le 20 février 1798 - détail


Citation

« L'homme donnera toutes les richesses de sa maison et il croira n'avoir rien donné ». En fait, il n'a rien donné, car il n'a rien, et, dans un autre sens, il a tout donné, car il a donné à l'Etre la seule chose qui lui manque et dont Il ait soif : du néant » (Gustave Thibon).

Citation

"Parmi les très graves conséquences qu’entraîne avec elle cette diabolique stratégie de manipulation avancée des masses, il y a celle de provoquer une fracture sociale pratiquement irrécupérable. Son corollaire le plus nuisible, étant, cependant, la dégradation de la société moyennant l’exaltation des aberrations en tout genre, qui finissent, comme nous l’avons vu, par être assumées et même être considérées comme naturelles" (Luis Segura).


Tout contre-révolutionnaire doit connaître ce principe de la "fenêtre d'Overton", déjà appliqué pour la légalisation du divorce, de la contraception, de l'avortement, de la débauche, de l'homosexualité (avec son corollaire de prétendu "mariage" et adoption d'enfants), de la pédophilie, et de ce qui reste encore aujourd'hui inconcevable... mais pour combien de temps ?


Lien vers l'article :
http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/la-terrible-fenetre-doverton.html


Citation

« Nos adversaires nous ont-ils répondu ? Ont-ils opposé doctrine à doctrine, idéal à idéal ? Ont-ils eu le courage de dresser contre la pensée de la Révolution l’entière pensée catholique qui revendique pour Dieu, pour le Dieu de la révélation chrétienne, le droit non seulement d’inspirer et de guider la société spirituelle, mais de façonner la société civile ? Non, ils se sont dérobés ; ils ont chicané sur des détails d’organisation. Ils n’ont pas affirmé nettement le principe même qui est comme l’âme de l’Eglise ».

Jean Jaurès à l'Assemblée "nationale" en 1905.

Antique Tapestries~Donnine~

Citation

"De l’exemple des Vendéens, nous devons aussi apprendre l’amour du Sacerdoce. C’est parce que leurs « bons prêtres » étaient menacés qu’ils se sont révoltés. Aimez vos prêtres, aimez le sacerdoce ! Vous devez vous poser la question : et moi, suis-je appelé aussi à être prêtre à la suite de tous ces prêtres martyrisés par la Révolution ?".
Cardinal Robert Sarah

Citation

"Apprendre le sens de la générosité et du don gratuit. Vos ancêtres ne se sont pas battus pour leurs intérêts, ils n’avaient rien à gagner. [...] Or, seul l’amour généreux, le don désintéressé de sa vie peut vaincre la haine de Dieu et des hommes, qui est la matrice de toute révolution".
Cardinal Robert Sarah

Danemark

Description de cette image, également commentée ci-après

Mort du prince Henri de Danemark

(1934-2018)

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Le Danermark, le Béarn, l'Aquitaine et le Quercy sont en deuil depuis le 13 février, suite au trépas de S.A.R. le prince-consort du royaume de Danemark, décédé au château de Trebensborg.

R.I.P.

d'un Français monté sur le trône de Danemark

 
 
 
 
 
 
 
 
16. Jean de Laborde de Monpezat (1786 - 1863)
 
 
 
 
 
 
 
8. Aristide de Laborde de Monpezat (1830 - 1888)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
17. Jeanne Judith Ferrier (1797 - 1868)
 
 
 
 
 
 
 
4. Henri de Laborde de Monpezat (1868 - 1929)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
18. Aubin Borde (1797 - 1857)
 
 
 
 
 
 
 
9. Jeanne-Emilie Borde (1835 - 1889)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
19. Jaquette Lacrampe-Couloume (1805 - 1872)
 
 
 
 
 
 
 
2. Comte André de Laborde de Monpezat (1907 - 1998)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
20. Christian Hallberg (1800 - 1872)
 
 
 
 
 
 
 
10. Eugene Hallberg (1839 - 1921)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
21. Marie Schroder (1818 - 1840)
 
 
 
 
 
 
 
5. Henriette Hallberg (1880 - 1973)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
22. Hippolyte Vernhes (1814 - 1888)
 
 
 
 
 
 
 
11. Clara Vernhes (1844 - 1922)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
23. Françoise Emilie Bru (1823 - 1898)
 
 
 
 
 
 
 
1. Prince Henrik de Danemark (1934 - 2018)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
24. Pierre Doursenot (1824 - 1867)
 
 
 
 
 
 
 
12. Jean-Alfred Doursenot (1855 - 1940)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
25. Jeanne Laronze (1828 - 1906)
 
 
 
 
 
 
 
6. Maurice Doursenot (1883 - 1916)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
26. Jean Baptiste Barrière (1827 - 1898)
 
 
 
 
 
 
 
13. Marie-Louise Barrière (1863 - 1941)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
27. Marguerite Raynaud (1826 - 1907)
 
 
 
 
 
 
 
3. Renée Yvonne Doursenot (1908 - 2001)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
28. Pierre Gay (1817 - 1847)
 
 
 
 
 
 
 
14. Leonard Gay (1846 - 1918)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
29. Catherine Bonnet (1819 - ????)
 
 
 
 
 
 
 
7. Marguerite Gay (1883 - 1974)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
30. Annet Laforest (1818 - 1899)
 
 
 
 
 
 
 
15. Marguerite Laforest (1853 - 1921)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
31. Louise Deffarges (1828 - 1891)