Couronne

Trésor des Bourbon-Parme


Dispersion du trésor des Bourbon-Parme











29 septembre

Consécration de la France 

à S. Michel Archange,

Ange gardien du Royaume 

(1912)

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Ô glorieux saint Michel, permettez que nous vous apportions l’hommage de notre reconnaissance, de notre vénération, de notre amour.

Commis par l’Éternel à la garde du droit, vous avez rejeté dans les abîmes Satan et ses suppôts, inclinant votre épée devant le Dieu-fait-Homme et la Vierge qui devait enfanter et devenir la Reine des Anges.

Le peuple élu vous vit à sa tête lorsqu’il errait dans le désert, et vous fûtes, dans son exil, son espoir et sa force.
Sur le berceau de l’Église, héritière de la Synagogue, tendrement vous avez veillé. Votre devise devint sa devise et depuis deux mille ans, rien de grand ne s’est opéré dans son sein en dehors de votre intervention féconde.

Baptisée la première des nations, dans le Sang du Christ, la France vous aima la première. Aussi vous êtes-vous ingénié à faire d’elle, à votre image et à votre exemple, le bon sergent de Dieu. Des champs de Tolbiac aux sommets du Mont Tombe ; des sommets du Mont Tombe aux vallons de Donremy ; des siècles reculés au temps où languit notre vie, vous avez écrit les meilleures pages de notre histoire. Naguère encore dans l’éclat de la piété de votre XIIème centenaire, sur ce coin immaculé de terre française où la foi vous éleva votre temple, le plus merveilleux et le plus célèbre, qui donc n’a reconnu votre si douce intervention ?

Ajoutez encore à vos bienfaits, ô bon et puissant Archange, prenez sous votre garde tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes, nos personnes et nos biens, nos familles et nos paroisses, nos évêques et nos prêtres.

Cette consécration solennelle, nous la voulons nationale, et nous renouvelons, autant qu’il est en nous, le pacte séculaire qui lie la France au Prince des Anges.

Nous vous saluons, nous vous bénissons, nous vous acclamons, mais de grâce, défendez-nous dans le combat!

Les ténèbres du doute et de l’erreur nous envahissent de toutes parts : Archange de lumière, dissipez nos ténèbres! Les volontés fléchissent et les courages chancellent : Archange victorieux, ranimez nos ardeurs et communiquez-nous la flamme qui fait les âmes justes et les peuples vaillants!

Les coeurs s’attachent à la chair et au sang : ô Séraphin sublime, arrachez-nous à la fange et portez-nous à Dieu!

Veillez tout spécialement sur nos foyers, où la foi et l’innocence subissent de si rudes assauts, et commandez à Satan d’y respecter la paix et la vertu.
Ô saint Michel, gardez l’Église et son chef admirable ; sauvez notre patrie bien-aimée, protégez son clergé et ses fidèles, convertissez ses fils égarés.

Que le Coeur Sacré de Jésus, que Marie Immaculée vous envoient vers nous, avec la bienheureuse Jeanne d’Arc ; et que le règne de Dieu s’établisse sur nous et sur le monde à jamais, pour qu’à jamais, ô grand Prévôt du Paradis, nous soyons associés à vos triomphes.
Ainsi soit-il!

Citation

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"Et toujours la même question, qui reste pour moi sans réponse globale : pourquoi le passé, avec si peu de moyens, a-t-il fait tant de beauté, quand notre époque, avec tant de richesse, n'a produit que de la laideur ?"
Jacques Julliard,
in L'Année des fantômes

Saint Michel Archange

Saint Michel Archange

Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie Royale

25 septembre 2018

Dans quelques jours nous célébrerons la fête de saint Michel et de tous les saints Anges, dont il est le Chef ou Archange.
Deuxième Séraphin à la création des Anges, il en devint le premier à la révolte de Lucifer, dont l'orgueilleuse rébellion suscita chez lui ce cri d'indignation : "Qui est comme Dieu", en hébreu Mi kha el ? Qui prétend s'égaler à Dieu ?
Premier Ange, il est le "grand Prince", comme l'appelle le saint prophète daniel, le "Prince de la Milice des Anges", dit un répons de la liturgie, le Chevalier des droits de Dieu, et le principal ennemi du diable, selon saint Bruno. Son rôle dans l'histoire du salut et dans celle de l'Eglise est incommensurable (très souvent mentionné dans la Sainte Ecriture sans être nommé, selon les Pères).
Il fut le "Prince d'Israël", selon saint Daniel, l'Ange gardien du Peuple élu de l'Ancien Testament. Premier des Anges, seul il pouvait être désigné par Dieu comme l'Ange gardien de l'Humanité de Jésus, "afin, dit le Psaume XC du saint Roi David, de le garder en toutes ses Voies". Il devint logiquement dans le Nouveau Testament l'Ange gardien de la Sainte Eglise, nouvel Israël, d'après saint Chrysostome. Il convenait qu'il devînt l'Ange gardien de la France, qui est la nouvelle "tribu de Juda", selon le Pape Grégoire IX ; et il vint préparer sa mission en consacrant avec les saints Anges la cathédrale Notre-Dame du Puy, future protectrice du Royaume, le 11 juillet 225.

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I. Le Patron du Royaume.

 Aux aurores du Royaume saint Michel apparut au saint Roi Clovis 1er le Grand à la bataille de Tolbiac en 496 pour répondre à son appel au secours au "Dieu de Clothilde", il lui prédit la victoire en vertu de la Croix et réduisit l'armée ennemie à la merci de Clovis. Après la bataille Clovis, par reconnaissance (grande vertu royale envers Dieu), lui consacra sa personne et son Royaume. C'est donc chronologiquement le premier saint Patron de la France, il est "le Patron et Prince de l'empire des Gaules", selon les termes de saint Charlemagne.
Saint Michel compléta son intervention en servant de ministre au Saint-Esprit pour apporter, sous la forme d'une Colombe (qui manifestait la troisième Personne de la Très-Sainte Trinité comme au Baptême du Sauveur), la Sainte Ampoule au sacre de Clovis à la Noël 496 à Rheims, comme le dit une antienne du sacre du Roi de France : "par le ministère d'un Ange". Et tous les Rois des trois Races tinrent saint Michel en grand honneur ; saint Charlemagne le mit sur son étendard et fit de sa fête du 29 septembre une fête d'obligation en 813 (jusqu'au concordat de 1801 !).

Eglise de la garenne colombes 95 - apparition st Aubert.JPG

II. Le bastion de Saint Michel.

Pour rendre sa protection perpétuellement visible, saint Michel apparut le 16 octobre 708 à saint Aubert, évêque d'Avranches, pour lui demander "que l'on bâtît une église sous son patronage au sommet du mont Tombe", dit l'office du 16 octobre. Pour vaincre les doutes de l'évêque, à la troisième apparition il lui pressa le crâne avec son doigt sur le côté gauche et y fit un trou, ce qui convainquit l'évêque et son chapitre de la réalité de l'apparition, comme on peut encore le voir sur le crâne du saint en l'église des Saints Gervais et Protais d'Avranches. L'Archange prenait matériellement possession du Royaume en y plaçant son Trône terrestre.
Averti, le Roi Childebert III le juste "voulut s'y rendre en pèlerinage", selon le même office, suivi au cours des siècles par nombre de ses successeurs. Le mont Saint-Michel-au-Péril-de-la-Mer, dont l'église primitive (toujours subsistante sous l'actuelle) fut consacrée par Notre-Seigneur lui-même en présence de saint Michel le 16 octobre 709, est, aux confins de la Normandie et de la Bretagne, face aux tempêtes de l'océan (figure des tempêtes du monde et des démons), le bastion du Prince des Anges face au prince de ce monde pour la protection du Royaume, et l'un des pèlerinages les plus fréquentés de la France et de la Chrétienté : "Immensi tremor oceani" (la terreur de l'immense océan), selon la devise de l'ordre de Saint-Michel.

III. La protection du Royaume.

Dans l'une de ces plus graves tempêtes, alors que la moitié du pays était envahie, le Mont soutint vaillamment un siège de trente-cinq ans (1415-1450), malgré l'abbé, passé à l'ennemi, mais grâce à ses moines, à sa petite garnison et à ses habitants, restés fidèles à saint Michel, car, "tant que dura la monarchie, dit dom Guéranger, l'Archange ne souffrit pas qu'une autre bannière que celle du Roi Très-Chrétien flottât jamais près de la sienne sur ses remparts" (comme au Puy fit Notre-Dame).
L'Archange apparut alors en 1425 à une vierge de treize ans, sainte Jehanne d'Arc, à Domremy, en Barrois mouvant, et peu à peu il lui "raconta la pitié du Royaume de France et comment elle devait aller au secours du Roi".
Lui-même avait reçu mission de la Reine du Puy pour son jubilé de 1429, et il envoya la jeune Pucelle délivrer la ville d'Orléans le 8 mai (en la fête de son Apparition au mont Gargan), puis mener sacrer le Roi Charles VII le Victorieux à Rheims le 17 juillet (pendant l'octave de la Dédicace de la cathédrale Notre-Dame du Puy par saint Michel et les saints Anges).
La sainte envoyé sa mère et les soldats de son escorte gagner le jubilé anicien à sa place et prier l'Archange en l'abbatiale Saint-Michel d'Aiguilhe (consacrée sur son mont le 18 juillet 961) pour le succès de sa mission. Elle-même plaça saint Michel et saint Gabriel sur son étendard. Et à son martyre saint Michel vint prendre sa belle âme.

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En reconnaissance (vertu royale envers Dieu), le Roi Louis XI le Prudent fonda le 1er août 1469 l' "Ordre et aimable Compagnie de Monsieur saint Michel" en "commémoration et honneur de Monsieur saint Michel Archange, premier Chevalier". C'est le plus ancien ordre royal actuellement subsistant, et pour ce motif son collier se trouve au plus près de l'écu royal. Monseigneur le Duc d'Anjou, Chef et Souverain Grand-Maître, et trois chevaliers (dont deux des Ordres du Roi) continuent cette tradition des vertus chevaleresques à l'image du grand Archange et de la fidélité royale sous la protection de l'Ange gardien du Royaume.

IV. La fidélité de saint Michel.

Pendant les périls des guerres de Religion, lors du sacre du Roi Henri IV le Grand à Chartres le 27 février 1594, un jeune enfant vêtu de blanc et resplendissant de lumière demeura auprès du Roi pendant toute la cérémonie comme sainte Jehanne d'Arc au sacre de Charles VII, puis disparut, et l'on pensa que c'était saint Michel (qui avait laissé une trace de pied d'enfant au mont Gargan) : l'Archange était donc toujours fidèle pour protéger le Royaume et "sauver le Roi" (selon le Psaume XIX de saint David). Pensons à prier saint Michel pour le salut du Roi et du Royaume.
Pendant les périls de la Fronde, la Reine Mère Anne d'Autriche, au nom de son fils le Roi Louis XIV le Grand, se tourna vers l'Ange gardien du Royaume et décida en 1652 de consacrer le premier mardi de chaque mois (on honore chaque mardi les saints Anges depuis saint Alcuin au VIIIème siècle) à saint Michel, et d'y faire célébrer une messe en son honneur pour la protection du Royaume, selon la grande tradition royale de la dévotion à saint Michel. Nous pourrions faire célébrer cette messe mensuelle en l'honneur de saint Michel pour le Roi et pour le Royaume.
 Saint Michel apparut en 1751 à la bienheureuse Antoinette d'Astonac, carmélite portugaise (dans un pays capétien), pour lui demander de répandre le chapelet de saint Michel et des neuf chœurs des Anges : quatre Pater en l'honneur de saint Michel, de saint Gabriel, de  saint Rapahël et de notre Ange gardien, puis trois Pater et trois Ave en l'honneur de chacun des neuf chœurs des Anges suivis à chaque fois d'une salutation au chœur concerné. Ce pourrait être une de nos dévotions chaque premier mardi du mois auprès du Chef et des membres de la Milice angélique (munie d'indulgences par le bienheureux Pape Pie IX) pour le Roi et pour le Royaume.
 En 1758 les neuf évêques de Bretagne (comme les neuf chœurs des Anges) instituèrent à la date du 5 janvier, veille de la fête de la Royauté de Jésus-Christ et des saints Rois Mages, une fête en "l'honneur des saints Anges gardiens du Roi et du Royaume", ce dernier étant saint Michel. Même hors de Bretagne ce pourrait être une grande fête en l'honneur de saint Michel et du saint Ange gardien de Louis XX (certainement un grand Ange pour le Roi Très-Chrétien).
Pendant la première Guerre Mondiale Paris fut épargné grâce à un vœu de son archevêque à saint Michel, ce pour quoi il construisit une nouvelle église à saint Michel aux Batignolles. Et l'Archange manifesta encore sa fidèle protection du pays en arrêtant la seconde Guerre Mondiale le 8 mai 1945, en sa fête. Pensons à célébrer les fêtes du saint Ange gardien du Royaume (8 mai Apparition au mont Gargan en 490, 29 décembre Dédicace du mont Gargan par saint Michel en 493 et fête principale de l'Ordre de Saint-Michel, 16 octobre Apparition en 708 et Dédicace par le Sauveur en 709 du mont Tombe, et 5 janvier fête du saint Ange gardine du Royaume). Rappelons-nous que les graves périls et tempêtes actuelles c'est saint Michel, Chevalier du Cœur immaculé de Marie et de la Reine du Puy, qui donnera la victoire ; et qu'il nous dit, selon la poësie de sainte Thérèse de Lisieux :

"Je suis Michel, le gardien de la France,
Grand général au royaume des cieux".

Soixante-deux villes et villages de France, sans compter les hameaux (et combien de sanctuaires et de chapelles d'églises !) lui sont consacrés.
Rappelons-nous qu' "il est spécialement chargé par le Seigneur de nous assister au moment de la mort", selon saint Alphonse, et qu'il est invoqué dans la prière de la recommandation des mourants. Il "vient, dit saint Thomas, au secours des chrétiens, non seulement à l'heure terrible de la mort, mais au jugement particulier", et "Dieu lui a donné, dit saint Bonaventure, de faire pencher la balance en faveur de ses dévoués serviteurs" : "Prévôt du paradis", selon une antienne, il "introduit les âmes dans la sainte lumière" du ciel, selon la messe des Défunts. Puisse-t-il en être ainsi de notre Roi, de notre Reine, de nos petits Princes et Princesse, du plus grand nombre de Français, et de nous-mêmes. Ainsi soit-il.

Abbé Gabriel Eyquin +


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Deux-Siciles

Liquéfaction du sang de S. Janvier,
en présence du roi titulaire des Deux-Siciles

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Ce 19 septembre, comme chaque année, les Napolitains ont entouré les reliques de leur patron, saint Janvier, à l'occasion de sa fête liturgique. S.M. le roi titulaire des Deux-Siciles, Pierre Ier, était présent et a pu vénérer le reliquaire. Le sang contenu dans ce dernier s'est liquéfié, et son volume a considérablement augmenté, ce qui est rare. 

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Ci-dessus, l'on voit Ferdinand Ier en habit de l'Ordre de Saint-Janvier. La médaille de l'ordre était portée suspendue à une bande rouge d'environ un mètre, qui partait de l'épaule droite et finissait sur le flanc gauche, et est composée de croix maltaise émaillée de blanc avec des rayons de soleil rouges et d'or qui s'étendent le long des bras, entourés de quatre lys dorés avec au centre l'image de Saint Janvier en vêtements épiscopaux, sortant d'un nuage d'or.

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Mgr le duc de Calabre s'est ensuite rendu, le 21 septembre, en l'église napolitaine Sainte-Claire où sont enterrés ses ancêtres. Le prince vient en outre de participer à la restauration de l'église saint-Jacques (source).

Discours royal

Louis XX défend à nouveau la famille



"Très investi dans la défense de la famille traditionnelle, Louis XX est naturellement invité au 12e Congrès Mondial de la Famille en Moldavie. En prime, dans son discours, il offre aux Français un magnifique projet : celui de la Monarchie traditionnelle dont il rappelle les valeurs fondées sur la famille". (uclf.org)

Monsieur le Président,
Votre Sainteté, Eminence,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

Tout d’abord soyez remerciés de me donner l’occasion d’intervenir sur le sujet de la famille, à l’ouverture de ce colloque international. Ce sujet m’est cher ainsi qu’à mon épouse. Nous vivons, en effet, dans nos sociétés occidentales, un moment crucial quant au rôle et à la place accordés à l’institution familiale, confrontée à de nombreux assauts. En dressant un état des lieux et en appelant au renouveau qui s’impose, ce congrès international, placé sous la présidence du Président de Moldavie et sous le patronage du Patriarche Kyril, et du Cardinal Parolin marquera donc une étape.

Il faut connaître les manières de résister face aux attaques auxquelles la famille traditionnelle est confrontée. Elles sont multiples : accueil d’une famille nombreuse, prière, action politique, sociale ou juridique, et toujours attention et vigilance permanentes. Il n’est pas exagéré de dire que les familles, dans bien des pays, doivent s’affirmer en résistant aux nombreuses mesures insidieuses qui cherchent à les affaiblir. Des congrès comme celui-ci contribuent à cet esprit de résistance, en facilitant les échanges et les partages de connaissances. Ensemble, il est plus facile de discerner les enjeux et les risques et de réfléchir aux moyens de remédier à cette situation qui, si elle devait continuer, n’amènerait qu’à la ruine de la société, voire à celle de la Civilisation.

La question de la défense de la famille est d’une extrême gravité tant elle touche à l’essentiel. La famille par la transmission naturelle de génération en génération, est intrinsèquement liée à la vie, et l’attaquer mène à des attitudes mortifères. L’une ne peut aller sans l’autre, même si, de nos jours, certains voudraient nous égarer dans d’autres voies telles que la théorie du genre ou les méthodes contre-nature comme la gestation pour autrui, que l’on réduit souvent à ses initiales, GPA, cherchant à cacher l’horreur de la pratique que les mots évoquent. L’avenir ne se trouve pas là. Bien au contraire ! Nier la famille naturelle, c’est nier la vie. Les orateurs vont nous le rappeler.

Parlant en ouverture de ce congrès il m’appartient de poser les problèmes tels que je les vois, et cela sous trois aspects : comme chef de la Maison de Bourbon et successeur des rois de France ; comme chef de famille, comme personne engagée dans la vie sociale.

Tout d’abord en tant que Chef de la Maison de Bourbon, je me trouve héritier d’une famille qui a régné durant plus de 800 ans en France et qui, surtout, comme tous les historiens le reconnaissent, a fait d’un petit domaine un état puissant et rayonnant en Europe et au-delà.

Cette œuvre a été possible parce qu’elle fut celle d’une famille, la famille royale, Ainsi, les lois fondamentales du royaume, la Constitution de l’époque, qui ont permis son développement, étaient à l’origine une loi de famille. Pour le plus grand bien collectif, ces lois organisaient la transmission du pouvoir royal de mâle en mâle par ordre de primogéniture. Elles garantissaient ainsi la stabilité du pouvoir et assuraient une dynastie nationale. Tel est le « miracle capétien ». Loi de famille mais tout autant loi sociale puisqu’elle était basée sur un ordre et qu’il en résultait des hiérarchies naturelles entre les personnes. Si toutes n’avaient pas les mêmes devoirs, toutes devaient concourir au Bien commun. L’aîné des mâles avait le devoir d’assurer la permanence de l’Etat, rôle principal de la fonction royale, mais les autres membres de la famille y concouraient que ce soit en étant héritier de droit, fonction du Dauphin ; en assumant la régence en cas de minorité du titulaire légitime, rôle souvent des mères ou des oncles ; ou en acceptant différentes fonctions pour les princes et princesses pourvus de charges de pouvoir… Cette manière de concevoir le pouvoir des dynasties n’est pas révolue. Dans les familles royales qui subsistent en Europe, dès leur plus jeune âge, les enfants et petits-enfants, les frères et sœurs participent à la fonction royale. Comment ne pas exprimer mieux, par cette pratique, combien le roi et sa famille sont au service de la société.

Au-delà, le roi, Chef de famille, symbolisait aussi l’unité de la société en étant le modèle de toutes les familles. Le lien qui unissait les Français entre eux était, avant tout, un lien de famille allant du plus humble jusqu’au roi. Ainsi loin d’être un objet de droit, chaque français était avant tout un sujet, c’est à dire une personne aux droits inaliénables. Ce lien entre le corps social et la tête manque actuellement. Ce lien organique est peut-être l’élément le plus important que la dynastie, la famille royale, a pu apporter. Ces principes furent compris, vécus et admis dès le grand Louis IX dont l’Eglise a fait un saint à la fin du XIIIe siècle. Ils n’ont pas varié durant des siècles car ils donnaient du sens à la vie en société, cette dernière étant bien plus qu’un ensemble d’individus tenus par des lois et de règlements mais une réelle communauté engagée par un même destin collectif. Voilà pourquoi la France ne fut pas seulement une réussite politique interne, mais avant tout un modèle de civilisation à partager. Et je le dis même pour aujourd’hui alors que notre pays semble parfois oublieux de ses grands principes, au point d’en renier certains, mais, voyez-vous, la force des principes est qu’ils demeurent contre vents et marées. Alors je préfère dire qu’ils sont en sommeil ! Comme l’exprimait déjà le Comte de Chambord, la France, peut renouer, du jour au lendemain avec ce qui demeure la force de la civilisation dont elle est porteuse qui repose sur le bien commun. Fruit du double héritage gréco-romain et chrétien, il passe par le statut donné à l’être humain qui trouve d’abord à s’épanouir au sein de la famille.

Mais je voudrais venir aussi à un second point, si le Chef de la Maison de Bourbon incarne, la famille royale et ses valeurs, il est aussi un chef de famille comme vous tous. Cette famille je la ressens dans mon être, au plus profond de moi. Cette famille ce sont ceux qui m’ont précédé et à qui je dois d’être ce que je suis. Voyez-vous, il n’y a pas un jour où je ne pense à mes aïeux qui m’ont légué une histoire qui parfois me dépasse ; où je ne pense à mon frère trop tôt perdu, à mon Père, mort alors que j’étais trop jeune, à mes grands-parents, à ma chère Grand-Mère décédée il y a quelques mois. D’eux tous, je suis redevable de ce que je suis, petit maillon d’une chaîne immense. Il est absurde de vouloir croire que l’on serait des individus orphelins qui auraient tout à redécouvrir ou à attendre de l’Etat. Bien évidemment si cela s’applique à ceux qui nous ont précédés, cela est encore plus vrai pour ceux qui sont actuellement à mes côtés, chaque jour, chaque instant. Que serais-je sans ma femme, sans mes chers enfants et parmi eux j’inclue le quatrième qui est annoncé pour dans quelques mois, mais qui est déjà une personne au sein de notre famille. Cet aspect spirituel, est au cœur de la famille et fait partie de son mystère. La famille est une entité en elle-même, exactement comme le couple est plus que le mari et la femme. Ainsi s’attaquer à la famille, c’est ruiner l’équilibre naturel, c’est rompre la chaîne des générations qui va des origines du monde à ce qui sera sa fin. Cette dimension de la famille est essentielle et la remettre en cause revient à attaquer les plus grands fondements de la société humaine. Il nous appartient de la défendre, à nous parents.

Nous sommes responsables de cette cellule sociale, lieu de la vraie solidarité et rempart contre la précarité et l’isolement. Cette défense de la famille passe par celle de la vie, de sa conception à la mort naturelle et, au-delà, par le respect dû aux morts qui ne doivent pas devenir des enjeux de pouvoir; elle passe par la transmission des valeurs et notamment par l’éducation qui ne peut se limiter à l’instruction.

Voilà ce qu’il convient d’affirmer et surtout d’assumer malgré les embûches de législations souvent hostiles. Ceux qui attaquent la famille naturelle savent ce qu’ils font. Par la famille ils cherchent à atteindre la société toute entière et ses fondements. C’est ainsi que naissent les totalitarismes. Ce danger est actuel. Malheureusement !

Voyez-vous, et ce sera mon troisième point qui porte sur le rôle social de chacun d’entre nous. Il repose sur l’expérience de l’histoire et sur l’actualité récente. Lorsque certains cherchent à rompre le pacte social, s’ils combattent dans un premier temps ceux qui s’y opposent par les idées ou par les armes, très vite et toujours ils cherchent à briser les familles. Pensons à la Vendée où femmes et enfants étaient tués encore plus que les combattants eux-mêmes et de façons atroces ; souvenons-nous des Arméniens et des politiques génocidaires qui ont suivi et qui, sur bien des points du globe continuent; comme nous l’avons vu il y a encore peu, pour les chrétiens d’Orient. Chaque fois, sous le règne des totalitarismes rouge, brun et maintenant vert, les familles sont inquiétées pour ce qu’elles représentent, chaque fois il y a des séparations forcées, l’emprise sur les enfants pour en faire des enfant-soldats, et des mises en esclavages pour les filles et les femmes. Sur ce point les familles royales ont payé leur écot. Rappelons Louis XVI assassinés avec femme, fils et sœur ; Nicolas II avec femme et enfants.

Cela montre combien la famille malgré toute sa fragilité demeure pour certains l’ennemi principal. Il est donc du devoir de tous et notamment de ceux qui aspirent à des fonctions religieuses, sociales, politiques mais aussi culturelles, de défendre la famille, c’est-à-dire la vie.

Ainsi, pour terminer, après avoir rappelé le lien entre famille royale, famille naturelle et famille sociale, je ferai une proposition : pourquoi ne pas proposer à l’Unesco d’inscrire au patrimoine mondial, le modèle de la famille naturelle traditionnelle, un père, une mère, des enfants, modèle ayant fait largement ses preuves ? Voilà qui insufflerait une réelle dynamique à l’institution familiale en en faisant un modèle aux valeurs irremplaçables pour demain.

Merci de m’avoir écouté et que saint Louis, mon aïeul, le roi aux onze enfants, protège nos familles.

Prince Louis de Bourbon, 
Duc d’Anjou

Vendredi 14 septembre 2018

15 septembre

ND des 7 Douleurs


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Notre-Dame des Douleurs, ayez pitié de nous et des membres de la Sainte Eglise.

14 septembre

Exaltation de la Sainte Croix

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Prions pour que la tombe du Généralissime ne soit pas profanée, et que l'église de la Sainte Croix de la Vallée des Tombés demeure une basilique mineure catholique !

12 septembre

1683-2018
335e anniversaire de la bataille de Vienne

Histoire de la fête du saint Nom de Marie


Description de cette image, également commentée ci-après
12 sep 1683 Victoire de Jean III Sobiesky à Vienne - Jan Mateiuko - Salle Sobiesky Vatican
Jean III Sobiesky, vainqueur des Turcs à Vienne le 12 septembre 1683

Acte de résistance à la barbarie qui envahit tout

« Mon Dieu, je veux de tout mon coeur, de toute mon âme, de tout mon esprit et de toutes mes forces, m’opposer à ce raz de marée de fausses croyances et de moeurs exogènes qui déferle sur le Royaume de France, avec la complicité, active ou tacite, de ceux qui ont usurpé le gouvernement depuis quelque deux siècles et de l’écrasante majorité de ses sujets devenus semblables à de stupides moutons de Panurge.

Mon Dieu, vrai Roi de France – ce Royaume en lequel Vous Vous êtes complu et que Vous avez comblé de tant de grâces de premier ordre, au moyen de sa royauté très chrétienne providentiellement instituée dans les fonts baptismaux de Reims – , accordez-moi, aujourd’hui et chaque jour, tant dans ma vie privée qu’aux regards de tous, de savoir toujours choisir les pensées, les mots, les gestes et les actes qui seront les plus conformes aux exemples de nos Saints et de nos Rois très chrétiens, pour résister aux modes intellectuelles de ce siècle décadent, combattre l’invasion d’une pseudo religion suscitée par l’antéchrist, lutter contre la secte satanique qui dirige la république, mener le combat spirituel et témoigner des merveilles de la civilisation catholique, dussé-je y perdre la vie d’ici-bas, pourvu que je conquière la couronne d’immortalité.  Ainsi soit-il ! »
(prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

Citation

"Constructeurs d'églises, d'hôpitaux, de routes, mais surtout d'écoles, ces "évêques Louis XV" vivaient en union avec leurs chantiers".
Paul Del Perugia, Louis XV

Citation

"Sous Louis XV se dessinait ainsi un type nouveau d'âme épiscopale, non éloignée de celle des évêques-combattants du haut Moyen Age. C'est sur les chantiers de route ou d'usine qu'ils commençaient à paraître".
Paul Del Perugia, Louis XV

Citation

André-Hércule de Fleury, évêque de Fréjus, premier ministre du roi, c. 1730, London, National Gallery of Art."Louis XV voulut des évêques-ouvriers. [...] Les "prélats magnifiques" de l'époque des Lumières appartiennent moins au siècle de Louis XV qu'au règne de Louis XVI. Leur faste ne s'explique nullement par la qualité épiscopale du cardinal de Rohan, du cardinal Loménie de Brienne, de Mgr Champion de Cicé, mais par leur situation personnelle ou la qualité d'un Rohan de Guéménée qui, par sa naissance, tenait à l'éclat. Une confusion habile les présente cependant comme des modèles d' "évêques Louis XV", alors qu'ils n'étaient qu'une exception sous Louis XVI".
Paul Del Perugia, Louis XV.

Cotignac

Notre-Dame montre au Frère Fiacre 
le Dauphin que le Ciel va donner à la France à sa prière (1637).


Louis XIV vient avec sa pieuse mère Anne d'Autriche
à Cotignac rendre grâce pour sa naissance (1660).

5 septembre

1638 - 5 septembre - 2018

380e anniversaire de la naissance de Louis XIV


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Gabriel Blanchard : Allégorie sur la naissance de Louis-Dieudonné.

4 septembre

De la Révérende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié

qui joua un rôle fondamental dans la consécration du Royaume de France à Notre-Dame.


1653 – 4 septembre – 2018
365ème anniversaire du rappel à Dieu
de la
Réverende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié
née Anne de Goulaine

frise avec lys naturel

De la même manière que l’événement fondateur qu’est le Baptême de Clovis – en lequel se fait la naissance du Royaume de France – est entouré d’une pléiade de très grands saints, ainsi aussi cet autre événement majeur de notre histoire qu’est la consécration du Royaume à Notre-Dame par SMTC le Roi Louis XIII (cf. ici) est lui aussi entouré d’une constellation de très grandes âmes, dont la plupart ne sont malheureusement pas assez connues aujourd’hui. 

Nous aurons l’occasion de parler prochainement plus en détail du Révérend Père Joseph de Paris, capucin, né François Le Clerc du Tremblay, un personnage-clef pour le règne de Louis XIII, mais en ce 4 septembre 2018, à l’occasion de l’exact 365ème anniversaire de son rappel à Dieu, le 4 septembre 1653, il faut prioritairement évoquer la figure de l’une de ses filles spirituelles, la Révérende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié, née Anne de Goulaine. Elle est en effet une mystique de tout premier ordre et son influence fut déterminante dans la maturation du Vœu de Louis XIII.

Rde Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié - Anne de Goulaine
La Révérende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié avec son ange gardien

Anne de Goulaine naquit le 20 septembre 1599, au château de Poulmic, édifié sur la presqu’île de Crozon (il n’en reste rien aujourd’hui).
Elle était la troisième fille de Messire Jean de Goulaine, seigneur et baron du Faoüet, cadet du marquis de Goulaine, et de Madame Anne de Ploeuc, sœur du marquis de Tymeur.
Dès son plus jeune âge, Anne fut favorisée de grâces extraordinaires, en particulier la compagnie visible de son saint ange gardien, mais également préscience et lecture dans les âmes…
A plusieurs reprises, elle fut miraculeusement soulagée dans ses maladies et consolée par la visite des saints. En contre partie de ces faveurs célestes, elle subit aussi de manière extraordinaire des vexations et attaques diaboliques.

Ses deux sœurs ainées étant entrées dans la congrégation des Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire que venaient de fonder le Révérend Père Joseph de Paris (du Tremblay) et la Révérende Mère Antoinette de Sainte-Scholastique (née Antoinette d’Orléans-Longueville), ses parents résolurent de la marier. Mais Anne aspirait elle aussi depuis sa plus tendre enfance à la consécration totale et sa détermination inflexible, opposée au dessein de ses parents, fut à l’origine de longues années d’affrontements et de souffrances, chacun campant fermement sur ses positions.

A la mort de son père, qui rend son âme à Dieu revenu à des dispositions plus conformes aux desseins du Ciel sur sa fille, Anne ne peut toutefois pas encore réaliser sa vocation. Si sa mère a renoncé à la marier et lui laisse donner libre cours à sa dévotion, elle est cependant malade et c’est à Anne qu’incombent les responsabilités de gestion et d’administration des domaines familiaux et les devoirs mondains y afférant.
Elle passe alors la plus grande partie de ses nuits en oraison et emploie tout le temps libre que lui laisse sa charge à visiter et soigner les pauvres et les malades du voisinage.
Les vexations et sévices diaboliques s’intensifient, mais les grâces divines augmentent elles aussi : à plusieurs reprises elle est favorisée de visions de Notre-Seigneur ou de Notre-Dame.
Enfin, en 1629, une communauté de Bénédictines du Calvaire s’étant établie à Morlaix – communauté dont l’une de ses sœurs est sous-prieure -, et Madame de Goulaine ayant cédé, Anne peut réaliser sa vocation et entrer au couvent. Cela se fait donc le 4 août 1629 : Anne est âgée de 29 ans et un peu plus de dix mois, âge très avancé pour une entrée en religion à cette époque.
Ayant accompli le postulat canonique, qui est alors de trois mois, elle est admise à la vêture le 4 novembre 1629 et reçoit, en même temps que le saint habit, le nom de Sœur Anne-Marie de Jésus Crucifié.

Pendant son noviciat, Sœur Anne-Marie continue à être favorisée de grâces extraordinaires et à être terriblement attaquée par le démon. Ses supérieures la feront passer par de rigoureuses épreuves pour s’assurer que les voies de la jeune religieuse sont bien de Dieu. Mais force est de constater que « ce trait puissant qui la possédait et l’attirait à la conversation céleste, ne l’empêchait pas d’agir extérieurement et de vaquer aux œuvres de charité et d’obéissance et d’assister à toutes les observances ».
Le Vendredi Saint 29 mars 1630, à midi, en présence de toute la communauté assemblée, Sœur Anne-Marie reçoit les sacrés stigmates. Par la suite, tous les vendredis, ces plaies seront revivifiées.

Normalement, elle eût dû prononcer ses vœux solennels un an après sa prise d’habit, donc en novembre 1630 ; mais informés des phénomènes mystiques hors du commun dont était gratifiée la novice, les supérieurs de Paris avaient exprimé le désir d’examiner eux-mêmes la jeune religieuse avant de l’admettre à la profession solennelle. Finalement, le voyage à Paris ne put avoir lieu comme initialement prévu et la supérieure de Morlaix fut autorisée à recevoir les vœux de Sœur Anne-Marie, à condition que, sitôt après, cette dernière partirait pour la capitale.
Cette profession solennelle eut lieu le 27 juin 1631, qui était cette année-là le vendredi après l’octave de la fête du Très Saint-Sacrement, c’est-à-dire le jour que quelques années plus tard  Notre-Seigneur Lui-même désignera pour qu’y soit célébrée la fête de Son Sacré-Coeur.
Lors de cette profession, dont on peut deviner avec quelle ferveur Sœur Anne-Marie s’y prépara et l’accomplit, eût lieu un nouveau prodige : après avoir prononcé ses vœux devant le Saint-Sacrement exposé, un rayon sortit de la Sainte Hostie et vint se poser dans un cœur qu’elle avait dessiné au-dessous de sa signature, sur l’acte manuscrit de sa profession, y laissant une petite goutte de Sang que l’on peut encore voir aujourd’hui, puisque ce document est conservé (archives du ministère des Affaires étrangères).

Conformément aux ordres reçus, Sœur Anne-Marie de Jésus-Crucifié fut alors envoyée à Paris où elle arriva à la fin du mois d’août et où elle restera jusqu’à la fin de sa vie, c’est-à-dire pendant 22 ans.
Le couvent dans lequel elle a vécu, en bordure du Marais, est aujourd’hui détruit, son souvenir ne subsiste que par le nom d’un boulevard et d’une station de métro : « Filles du Calvaire ».
Le Révérend Père Joseph de Paris (du Tremblay) ne la ménagera pas, tout en étant absolument convaincu du caractère surnaturel divin des voies mystiques dans lesquelles elle avance : mais il est de son devoir de la prémunir contre toute espèce d’illusion, manque d’humilité, complaisance en soi-même et contre tout mouvement de vénération indiscrète. Sous sa direction ferme, Mère Anne-Marie continue à croître dans une union à Dieu toujours plus intense, en humilité et en charité, dans une vie immolée et souffrante, jusqu’au moment de sa sainte mort, survenue le lundi 4 septembre 1653, à quelques jours de son 54ème anniversaire.

Vœu de Louis XIII - Simon Vouet
Vœu de Louis XIII
par Simon Vouet (vers 1633)
Mairie de Neuilly-Saint-Front (Picardie)

Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié et le Vœu de Louis XIII :

Le Révérend Père Joseph de Paris fut surnommé, on s’en souvient, l’ « Eminence grise » : « grise » en raison de la couleur de sa bure délavée de capucin ; « Eminence » en raison du rôle très important qu’il joua auprès du Roi Louis XIII aux côtés de Son Eminence Armand du Plessis cardinal de Richelieu, dont il fut le principal et très sage conseiller.

Les Bénédictines du Calvaire, et tout spécialement celles de Paris qui avaient de fréquents contacts avec leur fondateur, le Père Joseph, étaient donc particulièrement sollicitées pour soutenir de leurs prières et de leurs sacrifices la Personne du Roi, lui obtenir toutes les grâces nécessaires dans l’accomplissement de sa charge, et seconder dans l’invisible la politique du Roi Très Chrétien.

Or les années 1635-1636 furent particulièrement critiques pour le Royaume.
Décidés à dégager la France de l’étau dans lequel la tient dangereusement la Maison de Habsbourg, le Roi et le Cardinal lui ont déclaré la guerre. Si les débuts de la campagne ont été ponctués par de brillants succès, les revers se produisent bientôt et les Espagnols envahissent les provinces septentrionales du Royaume, s’approchant dangereusement de Paris.
Déjà, depuis le début la décennie, l’idée d’un vœu du Souverain à la Vierge s’était fait jour et revenait de manière récurrente : malgré la paix d’Alais (1629) – véritable terme des guerres civiles dites « de religion » – on pouvait craindre à tout moment un sursaut de trahison des sectateurs de la religion prétendue réformée toujours prompts à s’allier avec les ennemis du Royaume. Un Royaume dont l’avenir était incertain du fait de l’absence d’héritier…
Les ferventes supplications de tous les couvents du Royaume sont instamment sollicitées. Le Roi écrit aux évêques pour qu’ils prescrivent et instituent dans tous les diocèses des prières publiques solennelles.

Après la prise de Corbie (15 août 1636), les Espagnols arrivent aux portes de Compiègne : la route de Paris leur est ouverte.
Le Roi qui a imploré d’une manière particulière le secours de la Sainte Mère de Dieu et en gage de ce recours particulier à sa protection a offert une lampe d’argent à Notre-Dame de Paris, reçoit alors communication des révélations particulières qui ont été accordées par Notre-Seigneur Jésus-Christ à Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié.
La moniale assure que Corbie va être reprise mais surtout elle fait porter à la connaissance du pieux monarque les grands desseins de Notre-Seigneur : 
« Je l’aime et l’aimerai s’il Me veut donner son cœur. Pour cela il faut qu’il M’aime plus qu’il ne fait… Il n’est pas né pour lui- même, mais pour Moi et son peuple (…). Je veux aussi qu’il fasse honorer Ma Mère en son royaume en la manière que Je lui ferai connaître. Je rendray son royaume par l’intercession de ma Mère la plus heureuse patrie qui soit sous le ciel ».


Et c’est alors que tout semblait désespéré, alors que le Roi se murait dans sa mélancolie, alors que le Cardinal – devenu l’objet des huées de la foule – semblait perdre confiance en lui-même, alors que des trahisons se tramaient dans l’armée, alors que les Parisiens commençaient à s’enfuit en direction de Chartres ou d’Orléans, qu’un sursaut d’énergie, de patriotisme et de courage se produit : en quelques jours une armée de plus de quarante mille hommes est levée avec laquelle, ayant déjoué de nouveaux complots contre sa personne et évincé les chefs incapables, le Cardinal reconquiert Corbie le 10 novembre de cette même année 1636, conformément aux prophéties de la religieuse.

L’année 1636 s’achève sur des succès militaires et dans l’action de grâces à Dieu.
Louis XIII et le Cardinal savent désormais que l’offrande d’un luminaire d’argent – fut-il somptueux – à Notre-Dame de Paris n’est point suffisant. Plusieurs témoignages nous assurent que Louis XIII consacre de manière privée sa Personne et son Royaume à Notre-Dame dans les premiers mois de l’année 1637 : mais cela non plus n’est pas suffisant.
On conserve, en date d’octobre 1637, plusieurs brouillons sur lesquels on voit, raturé et corrigé de la main du Cardinal un projet de prières publiques pour la consécration du Royaume à la Vierge et des lettres patentes que Sa Majesté présente finalement au Parlement au mois de décembre 1637 : lettres patentes par lesquelles, en vertu de son autorité souveraine, il déclare se mettre personnellement, lui et son royaume, sous la protection de la Très Sainte Vierge Marie.

La suite, on la connaît : le 10 février 1638 le Roi signe et promulgue l’Edit de Saint-Germain et c’est à Abbeville, où il se trouve au milieu de ses armées, que le 15 août 1638 il accomplira lui-même les cérémonies qu’il a prescrites dans tout le Royaume à perpétuité et que nous nous faisons encore aujourd’hui un honneur et un devoir d’accomplir fidèlement tous les 15 août.

La Révérende Mère Anne-Marie de Jésus-Crucifié va demeurer encore 15 ans sur cette terre après que sa « mission publique » a été conduite à sa réalisation : 15 années vécues encore dans d’extraordinaires voies de souffrance et d’amour ; 15 ans, c’est d’ailleurs aussi le temps que Notre-Dame est restée sur cette terre après l’Ascension de son divin Fils dans l’attente de Le rejoindre.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.