Christ-Roi

Acte de consécration du genre humain 

au Sacré-Coeur du Christ Roi.


La prière de consécration du genre humain au Sacré-Coeur a d’abord été promulguée par le Pape Léon XIII en complément de l’encyclique « Annum Sacrum » du 25 mai 1899 dans laquelle il prescrivait que cette consécration devait être faite dans toutes les églises de l’univers catholique à l’occasion d’un triduum solennel célébré à l’occasion de la fête du Sacré-Coeur de Jésus, les 9, 10 et 11 juin suivants. Par la suite , Saint Pie X décréta que cette consécration devait être renouvelée chaque année, devant le Saint Sacrement exposé, à l’occasion de la fête du Sacré-Coeur.

Le 11 décembre 1925, par l’encyclique « Quas Primas », le Pape Pie XI institue la fête du Christ Roiet il prescrit que dorénavant c’est à ce jour – dernier dimanche d’octobre – que sera lu dans toutes les églises cet acte de consécration qui reçoit une nouvelle formulation (celle que nous publions ci-dessous) : « En vertu de notre autorité apostolique, nous instituons la fête du Christ-Roi. Et nous ordonnons qu’elle soit célébrée le dernier dimanche d’octobre, dimanche qui précède immédiatement la fête de tous les saints. Nous ordonnons également que soit renouvelée chaque année et ce même jour de la fête du Christ-Roi la consécration du genre humain au Sacré-Cœur, dont notre prédécesseur de sainte mémoire Pie X avait déjà ordonné le renouvellement annuel… »  Et ce même Pie XI (encyclique « Miserentissimus Redemptor » du 8 mai 1928) accentua le caractère de réparation de la fête du Sacré Coeur en prescrivant ce jour-là en remplacement de l’acte de consécration une « amende honorable » solennelle.

Au moment des réformes promulguées sous les pontificats de Jean XXIII et de Paul VI, la fête du Christ Roi fut déplacée au dernier dimanche de l’année liturgique (voir ce que nous avons écrit sur ce déplacement qui marque aussi un déplacement du sens de la fête ici) et l’acte de consécration du genre humain au Sacré-Coeur est demeuré attaché à cette fête, mais amputé de la partie que nous signalons ci-dessous entre [...].

A la récitation publique de cette prière devant le Très Saint Sacrement exposé, le jour de la fête du Christ-Roi, la Sainte Eglise attache le don d’une indulgence plénière, aux conditions habituelles.

Christ Roi

Très doux Jésus, Rédempteur du genre humain, jetez un regard sur nous qui sommes humblement prosternés devant votre autel. Nous sommes à vous, nous voulons être à vous, et afin de vous être plus fermement unis, voici que chacun d’entre nous se consacre spontanément à votre Sacré Cœur.

Beaucoup ne vous ont jamais connu, beaucoup ont méprisé vos commandements et vous ont renié. Miséricordieux Jésus, ayez pitié des uns et des autres et ramenez-les tous à votre Sacré Cœur.

Seigneur, soyez le roi, non seulement des fidèles qui ne se sont jamais éloignés de vous, mais aussi des enfants prodigues qui vous ont abandonné ; faites qu’ils rentrent bientôt dans la maison paternelle pour qu’ils ne périssent pas de misère et de faim.

Soyez le roi de ceux qui vivent dans l’erreur ou que la discorde a séparés de vous ; ramenez-les au port de la vérité et à l’unité de la foi, afin que bientôt il n’y ait plus qu’un seul troupeau et qu’un seul pasteur.

[Soyez le roi de tous ceux qui sont encore égarés dans les ténèbres de l’idolâtrie ou de l’islamisme, et ne refusez pas de les attirer tous à la lumière de votre royaume.

Regardez enfin avec miséricorde les enfants de ce peuple qui fut jadis votre préféré ; que sur eux aussi descende, mais aujourd’hui en baptême de vie et de Rédemption, le sang qu’autrefois ils appelaient sur leurs têtes.]

Accordez, Seigneur, à votre Eglise une liberté sûre et sans entraves ; accordez à tous les peuples l’ordre et la paix. Faites que d’un pôle du monde à l’autre une seule voix retentisse : « Loué soit le divin Cœur qui nous a acquis le salut! A lui, honneur et gloire dans tous les siècles des siècles! ». Ainsi soit-il. 

Christ Roi

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Dernier dimanche d'octobre

Fête du Christ Roi

"Daignez donner aux rois et princes chrétiens la paix et la vraie concorde, nous Vous en prions, écoutez-nous !" (Litanies des Saints).




V/ Domine salvum fac Regem.
R/ Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te.

V/ Fiat manus Tua super virum Dexterae Tuae.
R/ Et super filium hominis quem confirmasti Tibi.

Oremus.
Quaesumus, omnipotens Deus, ut famulus Tuus Ludovicus Rex noster, qui Tua miseratione suscepit regni gubernacula, virtutum etiam omnium percipiat incrementa quibus decenter ornatus est, et vitiorum monstra devitare, hostes superare, et ad Te, Qui via, veritas et vita es, gratiosus valeat pervenire. Per Christum Dominum nostrum.

Nous Vous prions, ô Dieu tout puissant, pour Votre serviteur notre Roi Louis, qui par Votre miséricorde a reçu le gouvernement de ce Royaume : qu'il reçoive aussi l'accroissement de toutes les vertus par lesquelles, ennobli comme il convient à son état, il évitera la laideur des vices, sera vainqueur des ennemis, et Vous soit assez agréable pour parvenir jusqu'à Vous qui êtes la Voie, la Vérité et la Vie. Nous Vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

V/ Domine salvam fac Reginam.
R/ Et exaudi nos in die qua invocaverimus Te.

V/ Domine exaudi orationem meam.
R/ Et clamor meus ad Te veniat.

Oremus.
Deus, Cui omnis potestas et dignitas famulatur, da huic famulae Tuae Mariae Margaritae Reginae nostrae prosperum suae dignitatis effectum, in qua semper Te timeat, Tibique jugiter placere contendat. Per Christum Dominum nostrum.

Ô Dieu, Que tout pouvoir et toute dignité doit servir, donnez à Votre servante, notre Reine Marie-Marguerite, les conséquences prospères de sa dignité, afin que par elle, elle Vous craigne toujours, et essaie constamment de Vous plaire. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.


Prions avec plus de ferveur pour notre Roi,
Lieutenant sur terre du Roi du Ciel !

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 Vive le Roi !

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Poème

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Marianne est très vieille et court sur ses cent ans,
Et comme dans sa fleur ce fut une gaillarde,
Buvant, aimant, moulue aux nuits de corps de garde,
La voici radoteuse, au poil rare, et sans dents.
La bonne fille, après ce siècle d’accidents,
A déchu dans l’horreur d’une immonde vieillarde
Qui veut qu’on la reluque et non qu’on la regarde,
Lasse, hélas ! d’hommes, mais prête comme au bon temps.
Juvénal y perdrait son latin, Saint-Lazare
Son appareil sans pair et son personnel rare,
à guérir l’hystérique égorgeuse des Rois.
Elle a tout, rogne, teigne… et le reste et la gale !
Qu’on la pende pour voir un peu dinguer en croix
Sa vie horizontale et sa mort verticale !
Paul Verlaine (1881)

Lettre du 25

Lettre aux membres et amis de la Confrérie royale

De la consécration de la France à saint Joseph


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Le mois d’octobre est consacré – qui ne le sait ? – au saint Rosaire de Notre-Dame. Léon XIII n’en a pas moins décidé de lui associer saint Joseph, en imposant de lui adresser ce mois-là, après la récitation du chapelet, la prière du Nous recourons à vous.
« Nous recourons à vous dans notre tribulation, ô bienheureux Joseph ; et, après avoir imploré le secours de votre sainte Épouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage. Par l’affection qui vous a uni à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu ; par l’amour paternel, dont vous avez entouré l’Enfant Jésus, nous vous supplions de regarder avec bonté l’héritage que Jésus-Christ a conquis au prix de Son Sang, et de nous assister de votre puissance et de votre secours dans nos besoins. Protégez, ô très sage gardien de la divine Famille, la race élue de Jésus-Christ. Préservez-nous, ô Père très aimant, de toute souillure d’erreur et de corruption, soyez-nous favorable, ô notre très puissant libérateur. Du haut du ciel, assistez-nous dans le combat que nous livrons à la puissance des ténèbres ; et de même que vous avez arraché autrefois l’Enfant Jésus au péril de la mort, défendez aujourd’hui la Sainte Église de Dieu des embûches de l’ennemi et de toute adversité. Couvrez chacun de nous de votre perpétuelle protection, afin que, à votre exemple, et soutenus par votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir, et obtenir la béatitude éternelle. Ainsi soit-il ».

Notre Prieur eut la charité de me faire remarquer, suite à mon tour de "Lettre du 25", que Louis XIV n'avait pas consacré son royaume à saint Joseph, le baron Pinoteau et lui-même n’en ayant jamais trouvé trace dans les documents de l’époque. Un enquêteur du site Union des Cercles Légitimistes de France – je renvoie évidemment à ce si intéressant et essentiel article signé D.R. – pose la question en ces termes : « Si la consécration a bien été commémorée tous les ans jusqu’à la Révolution cela fait 127 ans multiplié par le nombre de paroisses de France et de Navarre ! Alors, où sont les traces, les correspondances privées, les allusions dans les écrits dans les textes, les dessins, les peintures ? Surtout où est le texte de la consécration ? ».
Aussi ai-je corrigé là-dessus la phrase incriminée, ce qui donne :
"Est-il besoin de rappeler qu’avant que les papes n’honorassent le Père nourricier du Christ de la charge tutélaire de la sainte Église universelle il y a un siècle et demi, Louis XIV, « le fils aîné de Mon Sacré-Cœur » selon les propres termes du Rédempteur, une fois « majeur » de par la mort du cardinal de Mazarin, accomplissait son tout premier acte politique en faisant solenniser dans le Royaume la fête de saint Joseph ?"
C'est en effet à partir du règne du Grand Roi que la fête de saint Joseph commença à être solennisée en France ; la prescription romaine de le faire n'avait pas eu force de loi jusqu'ici, les décisions romaines devant être enregistrées au parlement.

Partons donc, si vous le voulez bien, à la recherche des faits dans cette question qui nous intéresse.

En mars 2009, la revue Stella Maris publia un article intitulé « Louis XIV consacre la France à saint Joseph (le 19 mars 1661) ». Le R.P. Damien-Marie y disait en reprendre « la substance à un ami, Monsieur Christian Gaumy, conservateur de la bibliothèque universitaire de Limoges, qui a eu pour cela la patience d'explorer les montagnes de documents des archives nationales et de la bibliothèque nationale (Département Manuscrits), et qu'honore le profond souci de faire connaître et aimer le saint patron de l'Eglise universelle ; qu'à tous ces titres il soit ici remercié et assuré de ma gratitude ». Dommage que ce conservateur n’ait pas daigné signaler la référence ni publier les documents trouvés... Mais l’auteur assure que « ce fait est connu et rapporté par les historiens du Grand Siècle », alors qu’aucun n’en parle. Et Frère Maximilien-Marie de corriger l’auteur en me précisant : « Le sermon de Bossuet sur saint Joseph de 1661 ne fut pas impromptu ».
Sans savoir si cet article est la vraie source de tous les suivants, nous constatons partout que l’affirmation est depuis tenue pour un fait avéré. 

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Par exemple, en 2015, Mgr Dominique Letourneau publiait avec le R.P. Pascal-Raphaël Ambrogi le Dictionnaire encyclopédique de Marie. Y était écrit :
« Anne d’Autriche et sa fille, Marie-Thérèse d’Espagne, épouse de Louis XIV, obtient du jeune roi qu’il déclare, en accord avec l’épiscopat, saint Joseph patron du royaume, en 1661, la fête étant chômée ».
Cette phrase est lourdement tournée et grossièrement erronée. Tout d’abord, Marie-Thérèse est la belle-fille et non la fille d’Anne d’Autriche. Le reste est équivoque : soit le patronage (à prouver) entraîna le chômage de la fête, soit celle-ci entraîna cela.

Résultat de recherche d'images pour "Benoist Pierre, La bure et le sceptre"Plus étayée, la thèse de doctorat de Benoist Pierre, La bure et le sceptre (2016) sur la congrégation des Feuillants, nous apprend (pp. 386-387) que :
« Anne d’Autriche devenue régente, plaça encore le royaume sous la protection de saint Joseph. A Paris, les Feuillants furent l’une des toutes premières communautés à vénérer l’époux de la Vierge. Grâce aux libéralités de César de Vendôme et de sa femme, Françoise de Lorraine, ils avaient fondé une confrérie et une chapelle dédiées au père de Jésus. Dès 1629, Anne d’Autriche se fit inscrire sur le registre des confrères. Mais la dissidence politique du frère de Louis XIII entraîna la suspension des activités de la « sainte association » pendant plusieurs années. A partir de 1643, la confrérie fut réactivée. […] La ferveur d’Anne d’Autriche pour ce culte ne cessa alors de grandir. En 1654, Louis XIV se fit inscrire avec son frère, le duc d’Anjou, sur le livre de la confrérie. 
Résultat de recherche d'images pour "rassurer et protéger jean delumeau"Le 6 janvier 1661, ce fut au tour de la nouvelle reine, l’infante espagnole Marie-Thérèse, d’y faire son entrée. A cette occasion, Jacques de Sainte-Scolastique ne cacha pas sa joie de voir les puissances (sic) de la terre s’estimer « bienheureux d’avoir ce grand saint pour père et protecteur auprès de Jésus-Christ ». La même année, Louis XIV demanda à l’assemblée du clergé que la fête du 19 mars, correspondant à la Saint-Joseph, fût « chômée et obligatoire, avec interruption de travail et cessation entière dans les affaires pour tout le royaume ».

Résultat de recherche d'images pour "1953 Cahiers de Joséphologie (janvier-juin, vol. I, n° I"citant Jean Delumeau, dans un livre publié en 1989 : Rassurer et protéger – Le sentiment de sécurité dans l’Occident d’autrefois ; Fayard. En fait, ce dernier point était déjà évoqué en 1953 dans l’article « Les origines de la dévotion à saint Joseph » des Cahiers de Joséphologie (janvier-juin, vol. I, n° I) :
                « Louis XIV, lors de l’assemblée du clergé de 1661, manifesta la désir de voir rehausser la fête de saint Joseph. Déférant à la volonté du roi, les évêques déclarèrent que cette fête « serait chômée et obligatoire, avec interruption de travail et cessation entière des affaires par tout le royaume »,
renvoyant cette fois à Lucot (pp. 61-64), que nous allons retrouver.

            En 1844, A. Madrolle avait publié Les magnificences de Marie (Hivert, Paris, p. 233), où il reconnaissant qu’il ne s’agissait pas exactement du même patronage qu’envers Notre-Dame, mais qu’il y ressemblait :
            « La France, que Louis le Juste avait mise sous le patronage spécial de la Mariée modèle, fut comme mise sous celui du Mari de ce genre par Louis le Grand. En effet, Louis XIV expédia une Lettre de cachet au Parlement le 16 mars 1661, par laquelle il lui Mandait que « la fête du Saint Époux de la Vierge fût célébrée dans tout son Royaume, non seulement par la célébration des Offices divins propres à une fête solennelle, mais encore par la cessation du travail ».

En 1870, l’on trouve dans l’ouvrage de l’abbé Lucot, chanoine honoraire de la cathédrale de Châlons, De l’antiquité du culte de saint Joseph dans l’Église universelle et en particulier dans l’Église de Châlons (Châlons, Martin, 1870, pp. 23-24) :
            « Les princes rivalisaient avec les religieux pour faire honorer le grand patriarche. Les décrets de Grégoire XV et d’Urbain VIII n’avaient pas été publiés dans le royaume ; Louis XIV et Marie-Thérèse son épouse supplient le clergé de France, réuni à Paris en 1661, de seconder leur pieux désir de voir célébrer désormais la fête de saint Joseph ; le diocèse de Paris donne l’exemple, que suivront bientôt la plupart des diocèses de France ».

L’année précédente, le 7 juin 1660, jour-même où le jeune Louis accueillait l’infante Marie-Thérèse en vue des épousailles à Saint-Jean-de-Luz, apparaissait à Cotignac en Provence, saint Joseph, à un jeune berger.

« Le 31 janvier 1661, après enquête, Monseigneur Joseph Ondedei, évêque de Fréjus, reconnaît officiellement les apparitions de saint Joseph et en approuve le culte. Cette même année et suite à ces merveilleux événements, le roi Louis XIV consacre la France à saint Joseph, chef de la Sainte Famille. A cette occasion, Bossuet, avec le talent qu’on lui connaît, s’exprimera en ces termes : « Joseph a mérité les plus grands honneurs parce qu’il n’a jamais été touché de l’honneur. L’Eglise n’a rien de plus illustre parce qu’elle n’a rien de plus caché » (source).

            Nous connaissons la suite : « Je rends grâces au roi d’avoir voulu honorer sa sainte mémoire avec une nouvelle solennité. Fasse le Dieu tout puissant que toujours il révèle ainsi la vertu cachée ; mais qu’il ne se contente pas de l’honorer dans le ciel, qu’il la chérisse aussi sur la terre. Qu’à l’exemple des rois pieux, il aille quelquefois la forcer dans sa retraite… Si Votre majesté, Madame, inspire au roi ces sages pensées, elle aura pour sa récompense la félicité ».
            Malheureusement, ce ne fut point à Versailles qu’eurent lieu les honneurs de la Saint-Joseph – l’on sait que Louis XIV ne s’y installera qu’à partir de 1682 ! – ni la prédication de Mgr Bossuet, comme l’affirme le site missel.free en reprenant l’histoire de la fête, mais en la chapelle des Carmélites du faubourg Saint-Jacques. Avant de prendre connaissance de ce qui est écrit, lisons en guise d'introduction historique le bienheureux cardinal Schuster
« Le culte liturgique envers ce grand patriarche prit un développement considérable au XVe siècle, grâce surtout à sainte Brigitte de Suède, à Jean Gerson et à saint Bernardin de Sienne, Le pape franciscain Sixte IV inséra sa mémoire dans le Bréviaire romain avec le rang de fête simple ; Clément IX l’éleva au rite double et Grégoire XV en fit une fête de précepte » (Liber Sacramentorum).
« Innocent VIII l'éleva au rite double, Urbain VIII la rendit obligatoire (1642). Sous le vocable de Prince de la Paix, Ferdinand III proclama patron spécial du royaume de Bohême (1655) saint Joseph que Léopold I° déclara protecteur des Habsbourgs (1677) ; à la demande de Marie-Anne d'Autriche obtint un décret du pape Innocent XI qui plaçait la couronne d'Espagne sous le patronage de saint Joseph (1679) [Par crainte de déplaire à saint Jacques, les espagnols firent révoquer le décret en 1680, mais la Belgique le conserva et même le renouvela après son indépendance]. En France, sous l'influence de Marie-Thérèse d'Autriche, Louis XIV demande aux vicaires généraux de Paris d'établir la fête de saint Joseph [Lettres du 12 mars 1661] pour le 19 mars 1661 où elle est célébrée à Versailles avec éclat [Dans la chapelle magnifiquement ornée, Bossuet fit le panégyrique de saint Joseph : Le Seigneur s'est choisi un homme selon son coeur] ; si la fête est chômée à Paris ce jour-là, on ne la voit pas ainsi mentionnée dans le calendrier de 1680. Clément X l'éleva au rit de II° classe (1670), Clément XI lui composa un nouvel office (1714) et Benoît XIII inséra saint Joseph dans la litanie des saints (1726). Pie IX (1847) déclara saint Joseph patron de l'Eglise universelle (8 décembre 1870), occasion d'une nouvelle fête de rit double de première classe. Léon XIII proposa saint Joseph comme modèle des travailleurs (15 août 1889), Pie X lui donna un octave et approuva les litanies de saint Joseph (18 mars 1909), Benoît XV lui attribua une préface propre (9 avril 1919) et Jean XXIII le fera inscrire au canon de la messe (13 novembre 1962) ».

Dom Pius Parsch précise quant à lui : "La messe et l’office des Heures sont de date récente (l’auteur est le pape Clément XI qui les prescrivit en 1714). Ce qui est typique dans la prière des Heures, c’est la composition systématique propre à cette époque et le parallèle entre Joseph l’Égyptien et saint Joseph".


L'article de l'U.C.L.F., étudiant avant nous la question du 19 mars 1661, retrace en effet cette chronologie :
« Chronologie des événements 
• En 1621, le pape Grégoire XV, usant de son pouvoir spirituel, proclama que la fête de saint Joseph serait fête de précepte pour l’Église universelle. 
• juin 1660, apparition Saint Joseph à Bessillon (Cotignac) à un jeune pâtre, Gaspard. 
• 9 mars 1661, mort de Mazarin. 
• 10 mars, Haut conseil, le Roi gouvernera en personne. 
• 12 mars, par lettres patentes, Louis XIV, usant de son pouvoir temporel, décrète jour chômé dans tout le royaume le jour de la fête de Saint Joseph, le 19 mars. 
• Louis XIV écrit, de Paris, à Messieurs les Vicaires Généraux du cardinal de Retz, archevêque de Paris (ce dernier était à Rome), pour que l’on célèbre la fête de Saint Joseph. 
• 19 mars, le Roi assiste à la messe à la chapelle du Louvre. La Reine-mère écoute le sermon de Bossuet chez les Carmélites de la rue Saint-Jacques. 
La Gazette du 26 mars (n°37 p 283) rapporte que : à l’occasion de la fête de Saint Joseph, le Roi va faire ses dévotions en l’église des Feuillants ».

Voici la lettre envoyée en 1661 par Guy Patin, médecin et épistolier (1601-1672), à André Falconet, et publiée en 1846 (pp. 344-345) :



(lire « 19 mars »).

            « Nous n’étions pas en Semaine sainte. Cette année là le mercredi des cendres se trouvait le 2 mars ; les Rameaux tomberont le 10 avril et Pâques le 17 avril. Nous en étions donc à la troisième semaine de Carême, un samedi » (U.C.L.F.).

L’on trouve précisément dans les Actes de l’Assemblée du clergé de 1660-1661 :
selon la Collection des procès-verbaux des assemblées générales du clergé de France ; Paris, 1770, t. 4, p. 776, Assemblée de 1660-1661. L'évêque de Bazas (de 1646 à 1667) était Mgr Samuel Martineau de Turé.

« ​​L'auteur du ​​Calendrier historique et chronologique de l'Eglise de Paris (Paris, Hérissant, 1747), l'abbé Le Fèvre, donne, au 19 mars, les détails intéressants de l'institution de la fête de saint Joseph » :
« 19 mars. Lettre du Roi pour la fête de saint Joseph en France ; par ordre de Louis XIV, qui expédia une lettre de cachet au Parlement, le 16 mars 1661, par laquelle il lui mandait que la fête du saint Époux de la Vierge fût célébrée dans tout son royaume, non-seulement par la célébration des Offices divins propres à une fête solennelle, mais encore par la cessation du travail. Le Parlement, par son arrêt du 17 mars, ordonna que la fête de saint Joseph serait chômable et obligatoire, avec interruption de travail et cessation entière des affaires par tout le royaume. La fête de S. Joseph fût chommée (sic) dans tous les lieux de son ressort, avec défense au peuple d'ouvrir les boutiques et de vaquer aux œuvres manuelles, et enjoignit aux lieutenans civil et criminel, au procureur du Roi au Châtelet, et aux officiers de police, de tenir la main à l'exécution de l'arrêt. Le Roi fit écrire pareillement au duc de Verneuil, abbé de Saint-Germain-des-Prés, pour faire établir l'observance de cette fête dans les lieux de la dépendance de cette abbaye. La lettre est du 26 mars » (Calendrier historique, etc., page 79).
Toutefois,
« Le diocèse de Reims ne l’adopta point cependant comme fête d’obligation. Le rituel de messire Charles Maurice Le Tellier, publié en 1677, ne le mentionne point parmi les fêtes chômées ; on la célébrait néanmoins comme double de deuxième classe. Dans son bréviaire de 1665, Mgr Vialar lui donne rang parmi les doubles de troisième classe ; les doubles majeurs les ont remplacés ».
L’abbé Lucot précisera cinq ans plus tard, dans son Étude historique sur son culte (1875) : « Même remarque pour Sens, Lyon, Verdun, Périgueux, Chartres, Langres (Rituels, de 1679 à 1694) ». 
« En France, en Espagne, en Allemagne, les princes, par leurs exemples, entraînent les peuples à la vénération et à la confiance envers saint Joseph. Tant d'efforts pour répandre cette dévotion ne restèrent point stériles. Elle pénétrait partout ; la marche en fut rapide ; la Cour, la ville, la province en étaient tout embaumées. Les princes rivalisaient avec les religieux pour faire honorer le grand Patriarche. Bossuet lui consacrait les prémices de son éloquence. Par deux fois, en 1659 et 1661, il célébrait, devant la Reine-mère et sa Cour, Joseph comme le plus saint dépositaire des plus saints trésors, et Joseph le lui rendait en devenant le révélateur du génie de l'illustre évêque. On sait avec quelle pieuse admiration furent entendus ces deux panégyriques. 
Cependant la Cour de France voyait avec peine que les décrets de Grégoire XV et d'Urbain VIII n'avaient pas encore été publiés dans le royaume. En effet, la fête de saint Joseph était obligatoire à Rome, en conséquence de ces décrets (aujourd'hui encore, la fête de saint Joseph y est chômée et un jeûne la précède) ; et précédée d'un jeûne préparatoire, elle s'y célébrait à l'égal des grandes fêtes de l'année ; la France restait en arrière. Louis XIV en avait déjà écrit au Pape. Le roi voulut profiter de l'Assemblée du clergé de France réuni à Paris en 1661, pour faire exécuter des décrets chers à sa piété. Lui et la reine Marie-Thérèse exprimèrent aux évêques leur désir de voir célébrer désormais en France, comme à Rome, la fête de saint Joseph. Le diocèse de Paris donna l'exemple, que suivirent bientôt la plupart des diocèses de France. 
Dans les autres contrées de l'Europe, l'enthousiasme n'était pas moins grand ; l'extension du culte de notre Saint fut aussi rapide. Les Bourbons d'Espagne, émules de ceux de France, la favorisaient dans leurs possessions des Pays-Bas ; la fête de saint Joseph y était célébrée avec une pompe toute royale (un auteur contemporain, le P. Michel Prie, jésuite allemand, a raconté cette solennité dans sa Vie de saint Joseph. Vita S. Josephi, etc., exemplis illustrata à P. Miciiaele Frie S.J., Monachii, 1678, in-18, cap. 21). En 1679, sur les instances de Charles II, roi des Espagnes, le pape Innocent XI confirma par une bulle l'élection faite par ce prince, de saint Joseph comme patron de ses royaumes et de ses domaines. Mais l'illustre famille de Lorraine semblait vouloir encore dépasser toutes les autres, en Allemagne et en Lorraine, dans les témoignages de sa dévotion pour saint Joseph. En 1655, l'empereur d'Allemagne, Ferdinand III, procurait l'introduction solennelle de son culte en Bohême, et le donnait comme patron à ce royaume, sous le titre de protecteur de la paix : Conservator pacis. Vingt ans plus tard, Léopold Ier, son fils, cherchant au milieu des désastres de la guerre un refuge pour lui et son peuple, le trouva dans la protection de saint Joseph ; il lui consacra, en 1675, avec l'approbation de Clément X, l'empire tout entier, et ce fut avec l'appareil des solennités les plus magnifiques : les historiens allemands nous en ont gardé l'intéressant récit. L'année d'après, Maximilien, archevêque de Cologne et prince électeur de l'Empire, donnait aussi à la cité et au diocèse de Liège saint Joseph pour patron spécial. Les peuples d'Allemagne suivaient leurs princes, entraînés par leur piété ; ils voyaient avec plaisir ces princes élever à Joseph des églises, favoriser les confréries en son honneur, donner son nom aux enfants héritiers de leur couronne, et témoigner ainsi qu'ils lui étaient redevables de la conservation de leur race ; comment donc fussent-ils restés eux-mêmes étrangers à de tels sentiments ? comment eussent-ils refusé de s'associer à une dévotion si salutaire et de souscrire à des hommages si mérités ? ».
            Notre enquêteur de l'U.C.L.F. corrige encore les données sur Bossuet :
« En 1657, il prêche devant les évêques réunis pour l’Assemblée du clergé de France ; en 1659, c’est la Reine qui demande à Bossuet de reprendre le premier panégyrique ! Celui-ci s’en plaint d’ailleurs : Elle m’ordonne de rappeler en mon souvenir des idées que le temps avait effacées. Bossuet n’a eut que deux jours pour recueillir ses souvenirs. Pour 1661, il ne peut s’agir que du deuxième panégyrique ».
« Dans ce sermon (deuxième panégyrique) Bossuet annonce son sujet : Comme je me propose aujourd’hui de traiter ces vertus cachées, c’est-à-dire de vous découvrir le cœur du juste Joseph, etc. Il articule son propos sur trois points qu’il énumère peu après : Les vertus mêmes dont je parlerai ne sont ni de la société ni du commerce ; tout est renfermé dans le secret de sa conscience. La simplicité, le détachement, l’amour de la vie cachée sont donc les trois vertus du juste Joseph, que j’ai dessein de vous proposer. L’adresse de son sermon est sans équivoque : « Mes sœurs ». Ce n’est qu’au milieu de la troisième partie qu’il fait référence à la présence de la Reine. La fin de sa conclusion lui est adressée en exhortation : Je rends grâces au Roi d’avoir voulu honorer sa sainte mémoire avec une nouvelle solennité. Fasse le Dieu tout-puissant que toujours il révère ainsi la vertu cachée ; mais qu’il ne se contente pas de l’honorer dans le ciel, qu’il la chérisse aussi sur la terre ; qu’à l’exemple des rois pieux il aille quelquefois la forcer dans sa retraite ; etc. À aucun moment les termes consacré  ; consécration ; patron ne sont dans la bouche de Bossuet ! L’exhortation qu’il adresse à la Reine est de tout faire pour que le jeune Roi reste vertueux à l’image de Saint Joseph. Il est donc difficile de faire un rapport entre cette conclusion et l’évocation de la consécration ! ». 
            Revenons maintenant à la Cour du Roi, vingt ans plus tard, à Versailles cette fois, où le Grand Roi se sera établi. Le très sérieux Alexandre Maral expliquait quant à lui, en 2014, dans La chapelle royale de Versailles sous Louis XIV: cérémonial, liturgie et musique (p. 110) :
« D’après les lettres patentes de 1682 en effet, il était prévu d’exposer le Saint-Sacrement tous les dimanches et jeudis de l’année, ainsi qu’aux fêtes de la Sainte Vierge, de saint Joseph, saint Louis et sainte Thérèse, après la prière du soir de la communauté des Lazaristes ».
            Sans être couronné, saint Joseph était toutefois célébré en 1682 à l’égal des patrons de la Famille royale.
« Il est difficile de croire que le jeune roi qui venait de prendre son envol (10 mars), qui décréta l’officialisation de la fête en rendant le jour férié (12 mars) se soit arrêté dans son élan pour faire une consécration a minima dont on ne trouve aucune trace, aucun texte et aucun témoin cité dans aucune chronique ! N’avait-il pas l’exemple de son père qui fit, pour la consécration à la Vierge, un acte officiel : l’Édit de Saint-Germain qui fut enregistré comme loi du Royaume par le Parlement et ratifié par l’épiscopat et par le peuple français ? » (U.C.L.F.).
Le grand patriarche a donc obtenu du grand Roi la solennité de sa fête, sans recevoir toutefois un patronage en bonne et due forme. Et nos bibliothécaires en ligne de conclure : « Il aurait été bien utile aux légitimistes d’arguer aux détracteurs de Louis XIV — à qui on reproche de n’avoir pas consacré la France au Sacré-Cœur — que le grand roi n’avait pas hésité à consacrer la France à saint Joseph, mais l’honnêteté prime. Aussi nous faut-il conclure à regret, qu’à part la récente consécration à Saint Joseph du diocèse de Toulon-Fréjus — pour laquelle les preuves historiques abondent –, celle de la France par Louis XIV, en 1661, ne relève que de la légende urbaine ».

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            Nous étions donc arrivés à la fin de cette enquête… quand la Providence – comme toujours – nous fit découvrir la solution là où nous ne l’attendions pas ! 
     Deux cent dix ans plus tard, en effet, le 19 mars 1871, lorsque le comte de Chambord, de droit Henri V de France, dans le sillage du grand pape Pie IX, consacra enfin sa Patrie au juste Joseph.
Le Propagateur de la dévotion à saint Joseph (Périsse, Paris/Tournai, 1872, pp. 185-190) relate l’événement, et nous lui laissons bien volontiers la parole.
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Henri de Bourbon consacre sa Personne, sa Maison et sa Patrie à saint Joseph


« D'après des auteurs graves, parmi lesquels nous citerons le docte et pieux Père Faber, la dévotion à saint Joseph fut apportée de l'Orient dans la Provence par Lazare, Marthe et Marie. La pieuse cité d'Avignon fut le berceau d'où elle se répandit en Europe. Gerson, chancelier de l'Université de Paris, fut suscité pour en être le docteur et le théologien, et saint François de Sales pour l'enseigner et la répandre parmi le peuple. Les Carmélites de France, fidèles aux leçons et aux exemples de sainte Thérèse, contribuèrent efficacement à augmenter la confiance des âmes dévotes et fidèles en ce glorieux patriarche. Les écrivains français de la Compagnie de Jésus fournirent dans des ouvrages pieux et savants, de riches matériaux aux panégyristes du virginal Epoux de Marie.
De nos jours, c'est de la France catholique qu'est parti ce mouvement providentiel qui entraîne tous les peuples vers saint Joseph, et dont le consolant résultat a été de faire proclamer par l'auguste Pie IX ce glorieux Patriarche Patron de l'Église universelle. Fidèle aux traditions de ses aïeux (c'est à la demande de Louis XIV que la fête de saint Joseph fut chômée en France), le noble chef de la Maison de France a voulu, pour répondre à l'invitation du souverain Pontife, se consacrer d'une manière solennelle au puissant protecteur des Chrétiens.
Résultat de recherche d'images pour "henri v pie ix"Un de nos amis qui a eu le bonheur d'assister à la consécration de Monseigneur le comte de Chambord et de toute sa Maison au glorieux saint Joseph, protecteur de l'Église universelle, nous transmet la relation suivante dont l'importance exceptionnelle n'échappera à aucun de nos lecteurs.
L'année dernière, pendant la guerre de la France avec l'Allemagne, Monseigneur le comte de Chambord était dans les environs de Genève avec un petit nombre de personnes ; la plupart de ses serviteurs étaient restés à Frohsdorf. Le samedi soir, 18 mars 1871, un serviteur, parti l'avant-veille de Genève, arrivait au château de Frohsdorf, porteur d'un ordre du prince pour son aumônier. Cet ordre adressé au secrétaire intime était exprimé en ces termes : « Faites mes amitiés à M. l'abbé N***, dites-lui qu'il serait bon de faire la consécration de la colonie à saint Joseph, le 19 ». — On appelle la colonie, à Frohsdorf, la petite société de serviteurs et d'amis qui entourent le prince et qui forment à l'extrémité de l'Autriche comme un petit coin de terre française.

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Le lendemain à la grand'messe, M. l'aumônier annonça à ses auditeurs que d'après le désir du prince, la colonie serait consacrée solennellement à saint Joseph, après le Salut qui aurait lieu dans l'après-midi. Tout le monde devait s'y trouver, et en effet personne n'y manqua. Le neveu de Monseigneur le comte de Chambord, S.A.R. le comte de Bardi, frère du duc de Parme [et donc beau-frère du roi de France, celui-là ayant épousé la sœur de celui-ci, NDLR], était présent et représentait tous les autres membres de la famille de Bourbon alors absents. Avec lui était son aide de camp, M. le marquis Malaspies, qui représentait l'Italie ; son précepteur, un vénérable religieux franc-comtois, qui représentait la France ; Madame la vicomtesse de Ch***, dame d'honneur de Madame la comtesse de Chambord, était là au nom de son Auguste Maîtresse. Le Prince était représenté par trois de ses secrétaires, son médecin, son aumônier et tous ses autres serviteurs restés au château. Un vénérable religieux rédemptoriste, confesseur de la Princesse depuis la mort du vénérable abbé Trébuquet, se trouvait là au nom de l'Allemagne catholique. De plus il y avait les Frères de Marie, chargés des écoles de garçons à Frohsdorf, les Sœurs de sainte Chrétienne de Metz, avec leurs pensionnaires et une foule de fidèles du village et des villages environnants. La magnifique chapelle du château, décorée de ses plus beaux ornements, était au grand complet.
Au moment de la consécration, toute l'assistance, pénétrée de la plus vive émotion, tomba à genoux et s'unit de cœur et d'âme au digne aumônier, qui prononça d'une voix forte et pleine de larmes celte touchante consécration au Bienheureux saint Joseph proclamé par l'Auguste Pie IX, patron de l'Église universelle.
Après la cérémonie, cette consécration fut envoyée à Mgr le comte de Chambord, qui daigna l'approuver comme ayant parfaitement rendu toute sa pensée. Depuis lors, quelques copies en ont été faites par des personnes qui assistaient à la fête, et c'est une de ces copies, parfaitement conforme à l'original, que nous reproduisons ici.

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Consécration à saint Joseph.


« Adorable Jésus, Fils unique et bien-aimé du Père avant tous les siècles, devenu dans le temps, par le choix libre de Votre amour, Fils unique et bien-aimé de Marie et Fils adoptif de son virginal époux saint Joseph, permettez que nous profitions de ce moment solennel et mille fois précieux, où entouré de Vos anges, et présent sur cet autel, Vous daignez agréer nos humbles hommages et Vous préparer à nous bénir, pour venir nous placer, comme Vous le fîtes Vous-même, sous la protection spéciale du bienheureux Patriarche votre Tuteur, Votre Guide et Votre Père pendant la première partie de Votre vie mortelle. Déjà bien des fois nous nous sommes donnés à Vous, ô divin Maître. Nous avons eu aussi le bonheur dans diverses circonstances solennelles de nous consacrer spécialement à Votre céleste Mère, en la suppliant de vouloir nous accepter pour enfants.
Aujourd'hui nous voulons compléter notre œuvre et assurer de plus en plus notre persévérance, le salut de nos âmes en les remettant entre les mains de Votre Père nourricier. Nous sommes heureux de confier à saint Joseph nos destinées temporelles et éternelles en même temps que les intérêts sacrés de notre chère Patrie, de nos augustes Princes, de la sainte Église et de son Chef vénéré. Fidèles à Vos divines inspirations, ô divin Rédempteur, nous cherchons un abri contre les coups de Votre justice dans les bras paternels de Celui qui porta et nourrit Votre Enfance. Puissions-nous, selon la mesure de grâce que nous avons reçue, éprouver pour saint Joseph les sentiments d'amour, de vénération, de tendresse et d'affectueuse confiance que Vous lui manifestâtes si souvent par Vos regards, Vos paroles et Vos divines caresses, qui en faisaient ici-bas le plus heureux des hommes. C'est donc pour répondre aux désirs de Votre Cœur filial que nous allons nous consacrer au Protecteur bien-aimé qui vous tînt lieu de père et que Vous appelâtes de ce nom si doux.
Déjà l'Auguste Pontife, Votre vicaire, a jugé opportun de placer l'Église sous le puissant patronage du glorieux saint Joseph. Mais ce n'est pas assez pour nous de cette consécration générale, si nous n'y ajoutions de notre côté la consécration personnelle de Nous-même et de tout ce qui nous est cher. Nous allons donc sous Vos auspices, ô Jésus, et sous les auspices de Votre Mère Immaculée, exprimer au bienheureux Patriarche les sentiments et les désirs que Vous nous inspirez Vous-même.
C'est au nom de tous Vos fidèles serviteurs que nous parlons, au nom des fils de saint Louis et de tous ceux à qui Vous avez fait la grâce de leur servir de cortège, au nom des présents et des absents, au nom des plus élevés comme des plus humbles, au nom des Princes comme des derniers de leurs serviteurs, au nom des Français d'adoption comme des Français de naissance, au nom des jeunes gens et des jeunes filles, des enfants et des vieillards, des prêtres et des séculiers, des âmes consacrées à Dieu dans la vie religieuse et des personnes engagées dans les liens du mariage, au nom des justes et des pécheurs, des parfaits et des imparfaits, au nom de tous, en un mot, car tous nous voulons devenir les clients et les protégés du puissant saint Joseph, comme nous espérons être les vôtres, ô Jésus, et ceux de Votre divine Mère.

Ô chaste Époux de la Mère de Dieu, Père nourricier de son adorable Fils, gardien, conservateur, confident, imitateur et coopérateur de l'Un et de l'autre ! en vue de vos illustres prérogatives, en vue du pouvoir que Dieu vous a accordé sur la terre et dans le ciel, nous vous consacrons aujourd'hui nos cœurs. Nous voulons qu'après les cœurs de Jésus et de Marie, le vôtre soit l'objet constant de nos respects et de nos hommages.
Que ne pouvons-nous, ô grand Saint ! enchaîner tous les cœurs à votre trône ! mais nous n'avons que les nôtres, nous vous les offrons et nous les soumettons à votre empire. Qu'après l'amour et la gloire de Jésus et de Marie, votre gloire et votre amour soient le principe et le germe de toutes nos pensées, de tous nos désirs, de toutes nos paroles et de toutes nos actions !
Jamais cœur ne fut plus enflammé que le vôtre du désir de voir régner l'amour de Jésus et de Marie. Allumez-le dans les nôtres et qu'il les possède, qu'il les pénètre, qu'il les embrase, qu'il les consume ! Nous le désirons, nous vous le demandons. Que ce soit dans les ardeurs sacrées de cet amour et du vôtre que nous rendions le dernier soupir, et que les dernières paroles que prononceront nos lèvres expirantes, soient les saints, les doux, les aimables noms de Jésus, Marie, Joseph.

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Ô bienheureux Joseph, Père nourricier de Jésus, digne époux de Marie, Reine des vierges, nous nous consacrons à votre culte et nous nous donnons tout à vous. Soyez notre Père, notre Protecteur et notre Guide dans les voies du salut ; soyez le Sauveur de notre patrie et le puissant Libérateur de l'Église. Obtenez-nous à tous une grande pureté de corps et d'âme et la grâce de faire à votre exemple toutes nos actions pour la plus grande gloire de Dieu, en union à votre cœur très-pur et aux Cœurs sacrés de Jésus et de Marie. Assistez-nous tous les jours et surtout à l'heure de notre mort. Ainsi-soit-il.
Ô bon saint Joseph, protégez-nous, protégez la sainte Église, protégez notre patrie et la famille de nos rois. Ainsi-soit-il. »

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« Cette consécration, qui avait lieu le 19 mars 1871, a été renouvelée cette année pour la fête de saint Joseph en présence de Leurs Altesses Royales le comte et la comtesse de Chambord et de toute leur suite. La fête n'était pas d'obligation, mais elle fut célébrée avec la pompe des plus grandes solennités et cela sur l'ordre de l'auguste chef de la Maison de France, qui tenait à rendre à saint Joseph toute la gloire que mérite son puissant patronage. Tous les assistants furent édifiés de la piété des Princes qui s'unissaient avec une ferveur touchante aux sentiments exprimés par le ministre de Jésus-Christ, agenouillé devant le saint Tabernacle.
Nous l'avouons sans détour, cette consécration solennelle au glorieux Patriarche, proclamé solennellement par Pie IX, Patron de l'Église universelle, remplit notre cœur d'espérance. Nous voyons dans ces témoignages de la piété d'un Prince, sur la personne duquel reposent tant d'intérêts sacrés, un gage précieux de régénération et de triomphe pour notre chère France.
Que les nouveaux barbares mettent toute leur confiance dans leurs engins meurtriers, dans le nombre et la rapidité de leurs coursiers, hi in curribus et in equis, pour nous, éclairés des plus pures lumières de la foi, nous plaçons notre ferme espérance dans le nom du Seigneur: Nos autem in nomine Domini ».

L’abbé anonyme est très vraisemblablement M. l’abbé Amédée-Alexandre Curé (1838-1905), ordonné prêtre en 1861 au diocèse de Châlons, précepteur du duc de Parme puis aumônier de la famille royale en exil à Frohsdorf, membre du tiers-ordre dominicain à partir de 1878 et camérier d'honneur du pape (1887). Il succéda comme Grand-Aumônier de France au chanoine Stanislas-Barnabé Trébuquet (1796-1868), prêtre du diocèse de Beauvais, chanoine de Beauvais et de Paris, mort le 28 mars 1868, et dont il composa l’éloge funèbre.

En ce 150e anniversaire de la mort du chanoine Trébuquet, et 5e anniversaire de celui de l’abbé Chanut, présentons au Ciel nos prières pour nos Grands-Aumôniers de France qui portaient celles pour nos Princes, et unissons-nous toujours plus nombreux dans cette chaîne de prières pour la sanctification et restauration de Mgr le prince Louis de France, Chef de la Maison de Bourbon et aîné des Capétiens. Que le glorieux saint Joseph protège et accompagne toujours ce « Prince, sur la personne duquel reposent tant d'intérêts sacrés, un gage précieux de régénération et de triomphe pour notre chère France ».

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« Ô bon saint Joseph, protégez-nous, protégez la sainte Église, protégez notre patrie et la famille de nos rois. Ainsi-soit-il ».

Abbé Louis de Saint-Taurin +

Orléans

Baptême de la princesse Jacinthe d'Orléans



Le dernier enfant de LL.AA.RR. le prince et la princesse Jean d'Orléans, S.A.R. la princesse Jacinthe d'Orléans, princesse du sang, a été baptisée en l'église Saint-Pierre de Dreux le 4e jour de sa naissance : bel exemple donné par ses parents, comme le demande le Droit de la Sainte Eglise. Elle fut portée sur les fonts baptismaux par sa marraine, la duchesse douairière de Gramont, venue des Etats-Unis d'Amérique, et son aîné le prince Gaston servit la cérémonie. Etaient présents Monsieur le Prince, duc de Castro, LL.AA.RR. le duc Eudes d'Orléans, représentant son fils Pierre, le duc Charles-Philippe d'Orléans, par son épouse duc consort de Cadaval, la princesse Marie-Immaculée d'Orléans, par son mariage S.A.S. la princesse Gundakar de et du Liechtenstein, la princesse Pierre d'Arenberg et le comte-colonel Hervé de Solages, tous parrains et marraines. Etait également présente la grand-mère paternelle de l'enfant, S.A.R. la duchesse Marie-Thérèse de Wurtemberg.
Notons que la princesse a été baptisée le 13 octobre, jour symbolique du fait de sa patronne Jacinthe de Fatima.


Hanovre

Description de l'image Hannover1837.jpg.

Conversion au catholicisme de la
princesse Alexandra de Hanovre



S.A.R. la princesse Alexandra de Hanovre, âgée de 19 ans et dernière fille du prince Ernest-Auguste, chef de la Maison royale de Hanovre, vient d'abjurer le luthéranisme. Baptisée et élevée dans cette religion, la princesse a toutefois fait ses études en l'Institut catholique de Monaco.
   Sa courageuse décision lui fait abandonner son 444e rang de successible à la Couronne britannique, mais conserver celui de 10e pour la Couronne monégasque.
   C'est une très grande joie pour la Sainte Eglise, mais également plus précisément pour la principauté de Monaco. La mère d'Alexandra, S.A.R. la princesse Caroline de Monaco, avait en effet abjuré le catholicisme pour s'unir civilement au Luthérien Ernest-Auguste. Retour aux sources pour la petite-fille du prince Rainier III, la religion catholique étant d'Etat sur le Rocher.

21 octobre

35 ans de S.M. la Reine


Vive la Reine !



"Qui invenit unam margaritam, vendidit omnia quae habebat, et emit eam" (Matth. XIII, 46).


Des dates à réserver dès à présent :

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Chers membres et sympathisants de la Confrérie Royale,

Voici quelques dates qu'il est important que vous notiez et réserviez dès à présent :

1) 226ème anniversaire de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XVI, lundi 21 janvier 2019 :

L'anniversaire de la mort du Roi-martyr doit bien évidemment être commémoré avec une ferveur toute particulière par TOUS les membres de la Confrérie, et CHACUN doit avoir à cœur de marquer ce jour : il importe donc de ne pas être passif, et de ne pas attendre la mi-janvier pour se poser la question "Que vais-je faire pour commémorer l'anniversaire de la mort du Roi ?"
La Confrérie Royale n'organise pas une unique Sainte Messe de Requiem qui serait en un unique endroit : bien sûr chacun des prêtres membres de la Confrérie célèbre ce jour-là la Messe à la pieuse mémoire du Souverain martyr, mais c'est aussi à CHACUN des membres non prêtres à réfléchir à ce qu'il peut faire pour ce jour là...
- en se renseignant sur les Messes commémoratives qui sont déjà programmées dans sa province et dans les environs de chez soi ;
- en prenant contact avec le Cercle Légitimiste le plus proche (si l'on n'en est pas déjà membre) pour savoir s'il organise quelque chose et - si ce n'est pas le cas - se proposer pour l'institution de cette cérémonie en lien avec ce Cercle ;
- si l'on se trouve dans une province ou région dans laquelle il n'existe actuellement pas de cérémonie commémorative du 21 janvier, en allant trouver le prêtre responsable de sa paroisse, ou de sa chapelle, ou de son prieuré... [ou bien d'une paroisse ou chapelle voisines si l'on essuie un refus de la part du premier], pour retenir dès à présent une célébration commémorative de la mort du Roi, le 21 janvier ou un jour proche de cette date et pour commencer à le faire savoir autour de soi ;
J'insiste très fortement pour que TOUS les membres de la Confrérie aient le souci que ces cérémonies commémoratives se multiplient dans tout le Royaume... et au-delà.

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2) Samedi 9 février 2019 : Pèlerinage à Cotignac.

La Très Sainte Vierge Marie est apparue à Cotignac, en Provence, les 10 et 11 août 1519. L'année 2019 marque donc le cinquième centenaire de cette manifestation de la Mère de Dieu qui a voulu être honorée en ce lieu sous le vocable de Notre-Dame de Grâces.
Messieurs les Chanoines de l'Ordre de Saint-Remi organisent une journée de pèlerinage à Cotignac le samedi 9 février 2019.
Pourquoi à cette date ? Parce que c'est le samedi le plus proche du 10 février, jour où Sa Majesté le Roi Louis XIII promulga l'Edit de Saint-Germain ordonnant la consécration du Royaume de France à Notre-Dame. Et l'on sait combien le sanctuaire de Cotignac est lié aux événements de la naissance du Dauphin Louis-Dieudonné, futur Louis XIV, lequel vint ici en pèlerinage d'action de grâces le 21 février 1660 : au cinquième centenaire de l'apparition de Notre-Dame, nous associons donc aussi le souvenir du pèlerinage du Grand Roi.
Toutes les indications concernant le programme de ce pèlerinage et ses modalités pratiques, seront communiquées en temps opportun, mais il est déjà important que les membres et sympathisants de notre Confrérie Royale retiennent cette date. 

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3) Pèlerinage annuel au Puy-en-Velay 30-31 mai & 1er juin 2019 :

Le pèlerinage annuel au Puy-en-Velay est une institution : il est, à l'heure actuelle, le rassemblement annuel auquel, autant que possible, tous les membres de la Confrérie Royale doivent faire tout leur possible pour participer.
Nous rappelons qu'il a lieu chaque année à l'occasion du "pont" de l'Ascension : en 2019 donc à partir du jeudi de l'Ascension 30 mai après-midi jusqu'au samedi 1er juin en début d'après-midi
Là encore, le programme précis et les modalités pratiques seront communiquées dans les meilleurs délais, mais il importe que ces dates soient déjà notées et réservées dans vos agendas !

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4) La Confrérie Royale s'associe en outre au pèlerinage organisé conjointement par les Cercles Légitimistes du Dauphiné, de la Vicomté de Nîmes et du Vivarais le mercredi 8 mai 2019 :

Le 8 mai est la fête de l'apparition de l'archange Saint Michel au Mont-Gargan, dans le sud de l'Italie.
Ce pèlerinage commun aux trois Cercles Légitimistes voisins du Dauphiné, de la Vicomté de Nîmes et du Vivarais n'est cependant pas réservé à leurs seuls membres et il accueille volontiers tous les sympathisants des provinces avoisinnantes !
Il donnera l'occasion de se rendre à l'abbaye Saint-Michel de Frigolet où l'on ne vénère pas seulement l'archange vainqueur mais aussi Notre-Dame du Bon-Remède dont la chapelle fut somptueusement embellie au XVIIe siècle grâce aux libéralités de Sa Majesté la Reine Anne d'Autriche :

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Abbaye de frigolet : chapelle Notre-Dame du Bon-Remède

Nous nous rendrons ensuite à Tarascon à la Collégiale Royale Sainte-Marthe, sur les pas - entre autres - de Saint remi, de Clovis, de Saint Louis,  de Sainte Brigitte de Suède, de Louis XI, de Saint François de Sales, de Louis XIII, de Louis XIV et de nombreux autres souverains et saints, afin d'y vénérer Sainte Marthe, sœur de Saint Lazare et de Sainte Marie-Magdeleine, dont les précieuses reliques se trouvent ici, mais également pour y découvrir l'extraordinaire trésor de la collégiale qui comporte de très nombreux souvenirs de nos Rois et de nos Princes (Madame Elisabeth et Madame la Duchesse d'Angoulème par exemple).
Encore une fois, les détails du programme et des modalités pratiques seront communiqués en temps utile, mais vous pouvez dès à présent réserver cette date.

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Reliquaire du chef de Sainte Marthe
offert par Sa Majesté le Roi Louis XI