15 août

15 août 2019
Assomption de Notre-Dame

Fête nationale du royaume de France

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A tous les Français, je veux souhaiter une belle fête de l’Assomption.
Que Notre Dame Reine de France et protectrice du royaume selon le vœu fait en 1638 par mon aïeul le roi Louis XIII, veille et protège la France et les Français en ces temps troublés où se perdent tous les repères essentiels !
Prions-la, supplions la d’intercéder pour que la France reste fidèle aux promesses de son baptême !

Louis 

2019 marque le 590e anniversaire de l'épopée de la Pucelle d'Orléans. Voici le sermon donné par M. l'abbé de Saint-Taurin à l'occasion de la fête de sainte Jeanne d'Arc le samedi 1er juin dernier au Puy-en-Velay (l'Ascension tombant le 30 mai, et la Royauté de Marie le 31), en la chapelle des Pénitents blancs près de la cathédrale-basilique.

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Messe de Ste Jeanne d’Arc (samedi 1er juin 2019)


Cher Monsieur le Recteur,
Cher Monsieur le Prieur,
Cher Monsieur le Chanoine,
Chers Messieurs les Abbés
Bien chers Confrères et amis,

En ce 1er samedi du mois, consacré à la dévotion et réparation au Cœur Immaculé de Marie, disons avec Pie XI il y a moins de 100 ans, le 2 mars 1922, dans sa lettre apostolique France, Fille aînée de l’Église
« En ce qui concerne la Pucelle d’Orléans, que Notre prédécesseur a élevée aux suprêmes honneurs des Saints (cela fera un siècle l’an prochain), personne ne peut mettre en doute que ce soit sous les auspices de la Vierge qu’elle ait reçu et rempli mission de sauver la France.
Car d’abord, c’est sous le patronage de Notre-Dame de Bermont, puis sous celui de la Vierge d’Orléans, enfin de la Vierge de Reims, qu’elle entreprit d’un cœur viril, une si grande œuvre, qu’elle demeura sans peur en face des épées dégainées et sans tache au milieu de la licence des camps, qu’elle délivra sa patrie du suprême péril et rétablit le sort de la France. C’est après en avoir reçu le conseil de ses voix célestes qu’elle ajouta sur son glorieux étendard le nom de Marie à celui de Jésus, vrai Roi de France. Montée sur le bûcher, c’est en murmurant au milieu des flammes, en un cri suprême, les noms de Jésus et de Marie, qu’elle s’envola au ciel. Ayant donc éprouvé le secours évident de la Pucelle d’Orléans, que la France reçoive la faveur de cette seconde patronne céleste : c’est ce que réclament le clergé et le peuple, ce qui fut déjà agréable à Notre prédécesseur et qui Nous plaît à Nous-même. […]
En conséquence, Nous prions Dieu, auteur de tous les biens, que, par l’intercession de ces deux célestes patronnes, la Mère de Dieu élevée au ciel et sainte Jeanne d’Arc, vierge, ainsi que des autres saints patrons des lieux et titulaires des églises, tant des diocèses que des missions, la France catholique, ses espérances tendues vers la vraie liberté et son antique dignité, soit vraiment la fille première-née de l’Église romaine ; qu’elle échauffe, garde, développe par la pensée, l’action, l’amour, ses antiques et glorieuses traditions pour le bien de la religion et de la patrie ».
Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X - FSSPX - SSPX - La ... 
Et le pape d’ajouter, comme s’il craignait que quelque force s’y opposât à l’avenir :

« Nous concédons ces privilèges, décidant que les présentes Lettres soient et demeurent toujours fermes, valides et efficaces, qu’elles obtiennent et gardent leurs effets pleins et entiers, qu’elles soient, maintenant et dans l’avenir, pour toute la nation française le gage le plus large des secours célestes, qu’ainsi il en faut juger définitivement, et que soit tenu pour vain dès maintenant et de nul effet pour l’avenir tout ce qui porterait atteinte à ces décisions, du fait de quelque autorité que ce soit, sciemment ou inconsciemment. Nonobstant toutes choses contraires ».
Vénérable Henri-Marie Boudon, Archidiacre du Diocèse d ...
Les plus attentifs parmi vous auront sans doute remarqué que nous célébrons cette année le 590e anniversaire de l’épopée de notre héroïne nationale, sainte Jeanne d’Arc. En 1429, voici que cette demoiselle venue de l’une des dernières enclaves fidèles à son roi, avec le Mont Saint-Michel ; cette jeune fille, donc, envoyée de Dieu et de saint Michel, va de manière proprement inattendue et incroyable surmonter un à un les obstacles qui la séparent du roi, puis de Reims, puis de Paris.

En début d’année, c’étaient les rencontres successives à Chinon, l’examen minutieux de Poitiers. Le 8 mai, c’était l’entrée triomphale dans les rues d’Orléans. Le 18 juin, ce sera la victoire de Patay, et le 17 juillet, le grand sacre de Charles VII le Bien-Servi, dont le Conseil poussera ensuite de plus en plus à la freiner dans ses élans.
A tous nos contemporains bons chrétiens qui nous répètent que la moindre prise de position est un acte politique, et m’appuyant sur le Souverain Pontife qui soutient que toute homélie est en soi un acte politique en quelque sorte, je répondrai que Jehanne dévoile le caractère spécieux de leurs discours.
A les écouter en effet, un Catholique doit être pratiquement un fataliste, se laisser imposer toute sorte de régime par les mauvais, puisque toute autorité vient de Dieu. Adeptes sans le savoir du syndrome de Stockholm, leur solution de facilité – qui non seulement les retient mais bloque tout autour d’eux, puisqu’aucune tête ne doit dépasser –, ils stérilisent toute action catholique, quand ce n’est pas toute réflexion.
Mais notre Dieu est un Droiturier Seigneur, qui nous apprend qu’il y a une Justice, un Droit, une Légitimité. 
Cela, les amoureux de la Sagesse l’ont compris depuis Aristote ; je cite :
« Que l’homme soit un animal politique à un plus haut degré qu’une abeille quelconque ou tout autre animal vivant à l’état grégaire, cela est évident. La nature en effet ne fait rien en vain ; et l’homme, seul de tous les animaux, possède la parole. […] Le discours sert à exprimer l’utile et le nuisible, et par suite aussi, le juste et l’injuste : car c’est le caractère propre de l’homme, par rapport aux animaux, d’être le seul à avoir le sentiment du bien et du mal, du juste et de l’injuste, et des autres notions morales, et c’est la communauté de ces sentiments qui engendre la famille et la cité » (Politique ; I, 2).
Les valeurs morales existent à notre époque comme elles existaient sous Notre-Seigneur, comme elles s’appliquaient de même en 1429. Le roi anglais revendique le trône de France ; on argue même d’une renonciation des Valois à la Couronne à son profit, par le sinistre et invalide traité de Troyes (21 mai 1420) ; il possède par les armes la moitié du pays (Nord et Aquitaine) ; il se fera même prétendument sacrer roi de France par un Anglais à Notre-Dame de Paris, le 17 décembre 1431.

Sans doute entendez-vous nos chers amis s’applatir : par la force des choses (mais surtout des armes), Henri VI est roi, c’est comme cela ; le sacre à la mode anglaise renforce son pouvoir ; les troupes françaises font pâle figure, après un siècle de combats et la défaite d’Azincourt (1415) ; et plusieurs évêques reconnaissent déjà Henri et militent pour sa cause. Parmi eux : Pierre Cauchon. Aucune tête mitrée n’aimerait aujourd’hui se voir comparer à cet indigne juge de notre Pucelle, Régine Pernoud titrant même l’un de ses ouvrages : Jeanne devant les Cauchons ! Et pourtant… Se plier devant la loi du plus fort, aux droits contraires aux traditions françoises, faire montre d’opportunisme n’est pas digne d’un successeur des Apôtres, et nos prélats nous ont par le passé habitués à plus de panache et d’héroïcité : je vous renvoie à saint Martin, Hilaire de Poitiers et son lointain successeur le cardinal Pie, comme à nos pasteurs sous la Révolution.
Mais voilà : les faits sont là ; et pensez : Cauchon fut recteur de l’Université ! Et puis Jeanne a bien été capturée sur le territoire de son diocèse (Beauvais), encore un peu et il passerait presque pour légitime juge. Mais l’historien Jean Favier le prouve « acharné à perdre Jeanne », et même Voltaire – horresco referens – l’appelle « l’indigne évêque, l’indigne Français et l’indigne homme » ; Michelet dit qu’ « il se fit anglais, parla anglais […], se faisant l’agent des Anglais », et Quicherat, pourtant plus modéré, qu’« il ne se révéla dans l’affaire de Jeanne que comme un homme passionné, artificieux, corrompu ». Sans doute sont-ils mus par un jacobinisme qui nous est étranger, mais franchement, quel vrai Français n’a pas de haut-le-cœur en entendant prononcer un tel nom ?
Il ne m'appartient certainement pas de dire si l'évêque Cauchon est damné ou non ; sa dévotion à la Très Sainte Vierge, pour laquelle il fit ensuite édifier la chapelle axiale de la cathédrale de Lisieux, quand il en devint évêque, l'a sans doute sauvé : paix à son âme !
Mais il est des actes d’une petite partie de notre vie qui collent – parfois injustement – à la peau ; et reconnaissez que l’anglophilie continuelle de cet évêque français né à Reims, conseiller actif des rois d’Angleterre, relève – en pleine Guerre de Cent ans – de la haute trahison.
Ce jugement est certes rendu aisé par les siècles ; mais pourtant, dès ces années, Dieu a clairement manifesté Son choix, Son camp, car Il attend de Ses témoins qu’ils prennent parti quand il le faut, notamment pour défendre le droit et la justice. Le fameux « Évêque, c’est par vous que je meurs », résonne encore à nos oreilles, et c’est peut-être, par la bouche de cette Sainte qu’il condamne avec maints stratagèmes, sa propre parole de condamnation. C’est la sentence qu’entendraient nombre d’hommes d’Église aujourd’hui, si la voix de leur conscience n’était pas tout simplement étouffée, dans les innombrables conflits actuels : du silence face à des condamnations iniques de la part des structures de péchés, jusqu’aux « simples » et ordinaires médisances cléricales, qui tuent à petit feu, voire plus directement, lorsqu’elles sont bien acérées. Rien n’est plus honteux que la couardise et la petitesse d’hommes de Dieu qui devraient être Ses prophètes !
Le pape Benoît XVI eut (le 26 janvier 2011) de magnifiques paroles d’analyse de l’inique procès fait à Jehanne, qu’il dit « citée à plusieurs reprises dans le Catéchisme de l’Église catholique » : 
« Quand Jeanne naît, en 1412, il y a un pape et deux antipapes. […] Au début de l’année 1429, Jeanne entame son œuvre de libération […] ». Aux Anglais assiégeant la ville d’Orléans, « sa proposition est une véritable paix entre les deux peuples chrétiens, à la lumière des Noms de Jésus et Marie, mais elle est rejetée, et Jeanne doit s’engager dans la lutte pour la libération de la ville, qui advient le 8 mai ».
Sachons utiliser l’expérience passée, la leçon des erreurs comme des actes héroïques. Les Saints nous conseillent par leurs propres actions ce que nous pouvons faire  hic et nunc : un rappel à l’ordre avant de sévir… et d’utiliser s’il le faut une force raisonnée, selon l’enseignement-même de la doctrine sociale de l’Église.

Et voilà où je voulais en venir : 
« C’est la rencontre dramatique entre cette Sainte et ses juges, qui sont des ecclésiastiques. […] Ces juges sont des théologiens auxquels manquent la charité et l’humilité pour voir chez cette jeune l’action de Dieu. Les paroles de Jésus viennent à l’esprit, selon lesquelles les mystères de Dieu sont révélés à qui possède le cœur des tout-petits, alors qu’ils restent cachés aux sages et aux savants qui n’ont pas d’humilité ». 
Qu’y a-t-il de plus abject qu’un mauvais homme se servant de ses pouvoirs ecclésiastiques ? « Ainsi les juges de Jeanne sont radicalement incapables de la comprendre, de voir la beauté de son âme : ils ne savaient pas qu’ils condamnaient une Sainte », aveuglés qu’ils étaient par leur propre orgueil et leurs passions humaines.

« Environ 25 ans plus tard, le procès de nullité […] se conclut par une sentence solennelle qui déclare nulle sa condamnation (7 juillet 1456)  […] et met en lumière son innocence et sa parfaite fidélité à l’Église. Jeanne d’Arc sera ensuite canonisée par Benoît XV en 1920 » : c’en sera le centenaire l’an prochain, et j’espère d’ores et déjà que nous pourrons en faire le thème du pèlerinage, même si elle répond déjà parfaitement à celui de cette année, puisqu'elle figure en bonne place sur la mosaïque du Sacré-Coeur, à côté de S. Michel et de la France, au choeur de la basilique du Voeu national à Montmartre. 

 
« Que le témoignage lumineux de Ste Jeanne d’Arc, patronne en second de la France avec Ste Thérèse de Lisieux, soit un appel à aimer le Christ, poursuivait le pape, et à vous engager avec foi et détermination au service des autres dans la charité », dont l’une des plus belles manifestations est dans le service de la Cité, la politique.

La guerre de cent ans | histoirendv 




Jeanne n’est pas une pseudo-mystique, une voyante qui nous dit d’elle-même ce qui serait le mieux pour la France : elle s’enracine totalement dans l’âme française, et Dieu prouve qu’Il en fait Son instrument par des miracles. Dans Fides et Ratio, Jean-Paul II luttait contre le fidéisme ; et le concile Vatican I stipulait : 


« Pour que l’hommage de notre foi soit conforme à la raison, Dieu a voulu que les secours intérieurs du Saint-Esprit soient accompagnés de preuves extérieures de Sa Révélation, à savoir des faits divins et surtout les miracles et les prophéties qui, en montrant de manière impressionnante la toute-puissance de Dieu et Sa science sans borne, sont des signes très certains de la Révélation divine, adaptés à l’intelligence de tous » (Dei Filius)
Ces conditions s’accomplissent en Jeanne, qui entérine et déploie ainsi les traditions institutionnelles de la France, face à tous les obstacles qu’elle surmonte audacieusement.

Et le concile suivant de nous dire : 

« Les Chrétiens doivent vivre pour Dieu et le Christ selon les usages de leur pays, pour cultiver vraiment et efficacement en bons citoyens l’amour de la patrie […]. La vie chrétienne sera ajustée au génie et au caractère de chaque culture ; les traditions particulières, avec les qualités propres, éclairées par la lumière de l’évangile, de chaque famille des peuples, seront assumées dans l’unité catholique » (Ad gentes).

Rappelons enfin l’adjuration de saint Pie X aux évêques de France, il y a 100 ans, et qui est le cœur de mon allocution aujourd’hui, fondée sur l’exemple de Ste Jeanne d’Arc :


« L’Église, qui n’a jamais trahi le bonheur du peuple par des alliances compromettantes, n’a pas à se dégager du passé, et il suffit de reprendre, avec le concours des vrais ouvriers de la restauration sociale (que vous devez être, chers membres de la Confrérie Royale),  les organismes brisés par la Révolution, et de les adapter, dans le même esprit chrétien qui les a inspirés, au nouveau milieu créé par l’évolution matérielle de la société contemporaine : car les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires ni novateurs, mais traditionalistes ».
Car Jehanne doit être pour nous, notre Église comme notre pays, un cas d’école !

Cela s’applique à tous les domaines, tant institutionnels que familiaux, car ce sont les sophismes et prétextes sentimentalistes qui conduisent aujourd’hui à reconnaître chef de famille un autre homme que l’époux de la femme et père des enfants. Tout peut être justifié, quand on renonce aux principes ; et c’est malheureusement le cas aujourd’hui dans notre Sainte Église. Le simple fait de demander une clarification sur les principes passe aujourd’hui pour acte de malotru : grand Dieu ! Et face à l’audace des méchants, nous avons l’affreux spectacle de l’autoparalysie des bons, toujours communicative.
Quand saint Pierre tire l’épée du fourreau pour défendre son Seigneur arrêté à Gethsémani, le Christ le rabroue car Il doit parfaire Son Sacrifice. Mais la réaction du premier pape est digne de notre âme française, du « génie catholique et français » dont parlait saint Pie X à nos évêques, puisqu’à l’enseignement de la Passion, notre roi Clovis, premier Fils aîné de l’Église, n’eut pas d’autre réaction, lui qui s’exclama : « Que n’ai-je été là avec mes Francs ! ». Avouez que nous en sommes bien loin aujourd’hui, avec nos nostalgies et velléités…

 
« S’engager personnellement pour la libération de son peuple » : voilà le programme de Jehanne, voilà le vôtre, chers Amis ! Le pape Jean-Paul II, qui nous appelait comme S. Remi à la fidélité aux promesses de notre baptême, en témoigna lui-même dans son propre pays, et c’en fut fini de la dictature communiste il y a 30 ans, pour le bicentenaire de la Révolution, sans qu’il y ait eu besoin de coup férir.
« L’un des aspects les plus originaux de la sainteté de cette jeune fille, poursuivait Benoît XVI, est précisément ce lien entre l’expérience mystique et la mission politique ». Par la fidélité à vos engagements et au triple angélus quotidien, par une vie chrétienne redoublant de ferveur, en prenant au sérieux votre vocation à la sainteté, réformez-vous et changez ce monde. Car de par l’enseignement de l’Ange de l’Annonciation, à la Pologne de 1989, en passant par Ste Jeanne d’Arc, nous savons qu’« à l’homme, c’est impossible ; mais rien n’est impossible à Dieu ».
Ainsi soit-il.




Emblème

Lettre du 25

Lettre mensuelle aux membres
et amis
de la Confrérie Royale

- 25 juillet 2019 -

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Neuvy-Saint-Sépulchre : reliquaire du Précieux Sang de Notre-Seigneur
                                                                                                           

Le Précieux Sang 

Gage de notre salut et de notre Rédemption


Lorsque l’on parle des reliques de la Couronne d’épine, on devrait aussi dire que des reliques du Précieux Sang ont été rapportées par le cardinal Eudes de Châteauroux qui accompagna Saint Louis dans ses voyages en Egypte et en Terre Sainte.
A son retour, en 1254, il rapportait une pierre du Saint Sépulcre et trois gouttes de sang du Christ. Il résidait en Italie car il fut évêque de Tusculum, aux environs de Rome (Frascati). C'est de là, en juillet 1257, qu'il envoya ses reliques en Berry :  
"Voulant honorer, dit-il, autant que nous le pouvons, notre terre d'origine et lui donner une sauvegarde inappréciable contre les ennemis visibles et invisibles.... Nous vous envoyons le Très Précieux Sang de Notre Sauveur par lequel nous avons été rachetés et lavés de nos fautes…." 
Ainsi ces reliques très précieuses, parmi tant d’autres, sont la preuve que la dévotion au Précieux Sang fut toujours présente.
Les âmes véritablement dévotes ont toujours voulues récupérer des reliques qui seront les preuves tangibles de la véracité de l’histoire et de notre Foi. Ainsi nous nous retrouverons avec pas moins de 5 endroits en Europe où la dévotion au Précieux Sang de Notre-Seigneur sera très active, et encore de nos jours, comme par exemple à la Basilique du Saint-Sang à Bruges en Belgique.  
                                    
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Bruges : reliquaire du Saint Sang
                                                                               
Si cela commence avec un commentaire plutôt historique, parlons maintenant de cette dévotion en elle-même.
Comme toutes les autres reliques qui touchent au Christ, elles doivent, au-delà du côté « preuve », nous montrer et nous rappeler ce que ce Sang signifie : Notre Rédemption et le gage de notre Salut, ou même la preuve et le prix de l’amour de Dieu pour les hommes, pour chaque âme.
                                          
Dieu s’est fait homme et a voulu vivre parmi nous afin de montrer son amour pour nous mais aussi afin que nous écoutions de vive voix et suivions aussi le chemin du Salut, le chemin de la Vérité. La Vérité s’est révélée aux hommes et elle va devoir le « payer » par une mort affreuse précédée de la Passion qui semblera sans fin. 
                                                        
La mort de Jésus sur la Croix, fut permise par Dieu depuis toute éternité. Ce n’est pas un hasard des choses ou de l’histoire. La mort du Christ fut prévue et prophétisée. Et ainsi par sa mort et l’effusion de son très précieux sang, Il nous a racheté de nos péchés et de notre statut d’esclave du Mal. 
                                                        
Le Précieux Sang est notre chance, la preuve infinie de l’Amour de Dieu pour nous. 
Après le mois du Sacré-Cœur, le mois de juillet est traditionnellement consacré au Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont la fête solennelle est célébrée le premier jour de ce mois.
Par cette fête, l'Eglise nous rappelle que c'est exclusivement par Lui, et non par le sang des taureaux et des boucs, que nous avons été rachetés. A chaque Saint Sacrifice de la Messe, Notre-Seigneur Jésus-Christ ne cesse de répandre Son Précieux Sang purificateur sur le monde, appelant non la vengeance, mais la Miséricorde du Père.
                                                                     
Le sang fut depuis des siècles le symbole de la purification. Si Dieu demanda que l’on lui sacrifiât des animaux pour apaiser sa colère, ce fut dans tous les cas non pas seulement le sang en lui-même mais l’acte du sacrifice qui faisait plier Dieu dans sa décision de se venger.
Mais sous la nouvelle Loi, le Sang du Christ, de Dieu Lui-même, fut la solution pour apaiser le coeur de Dieu et surtout racheter les âmes du mal dans lequel, depuis le péché originel, elles s’engouffrent quotidiennement. Une seule goutte de ce sang aurait pu suffire pour racheter le monde entier mais Jésus a voulu souffrir la Passion aussi pour nous montrer que nous aussi nous devrons souffrir pour montrer notre volonté de changement, et, de plus, que depuis la chute, bien que le Baptême efface la faute originelle, nous en subirions encore les suites : la peine et la douleur.
                                              
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Je laisse saint Jean Chrysostome nous parler :
« Voulez-vous apprendre la vertu du sang du Christ ? Remontons à ce qui l’a figuré et rappelons-nous sa première image, en puisant aux récits de l’Écriture ancienne. C’était en Égypte, Dieu menaçait les Égyptiens d’une dixième plaie, il avait résolu de faire périr leurs premiers-nés, parce qu’ils retenaient son peuple premier-né. Mais afin que le peuple juif qu’il aimait ne risquât pas d’être frappé avec eux (car ils habitaient tous un même pays), le Seigneur lui indiqua un remède qui devait servir au discernement des Israélites et des Gentils. C’est un exemple admirable et propre à vous faire véritablement connaître la vertu du sang de Jésus-Christ. Les effets de la colère divine étaient attendus, et le messager de la mort allait de maison en maison. Que fait donc Moïse ? « Tuez, dit-il, un agneau d’un an, et de son sang, marquez vos portes ». Que dis-tu, Moïse ? Le sang d’un agneau peut-il donc préserver l’homme doué de raison ? Certainement, nous répond-il ; non parce que c’est du sang, mais parce que le sang du Seigneur y est représenté. » (Sermons)
                                               
Et saint Augustin dans le traité sur Saint Jean :
"L'Evangéliste a employé un mot soigneusement choisi. Il ne dit pas : il frappa son côté, ou, il le blessa, ou toute autre chose, mais : il ouvrit, pour nous dire que s'ouvrait d'une certaine manière la porte de vie d'où jaillirent les sacrements de l'Église, sans lesquels on n'entre pas dans la vie qui est la vraie Vie.
 Ce sang qui a été répandu, l'a été pour la rémission des péchés. Cette eau se mêle au breuvage du salut. Elle nous donne bain et boisson. C'est ce que d'avance annonçait l'ordre donné à Noé d'ouvrir, sur le côté de l'arche, une porte par où pussent passer les animaux qui devaient échapper au déluge, et qui préfiguraient l'Église. C'est en vue du même mystère que la première femme a été faite d'une des côtes de l'homme endormi, et qu'elle fut appelée vie et mère des vivants. C'est qu'elle était la figure d'un grand bien, avant le grand mal de la prévarication. Ici, nous voyons le second Adam, la tête inclinée, s'endormir sur la Croix, pour qu'une épouse lui soit formée par ce Sang et cette eau coulant de son côté, pendant son sommeil.
 O mort qui fait revivre les morts ! Quoi de plus pur que ce Sang ? Quoi de plus salutaire que cette blessure ? »
Ainsi le Précieux Sang n’est pas une simple invention pieuse mais bien un objet réel de notre piété, de par le fait qu’il touche Dieu jusqu’au Coeur, sans jeu de mots. C’est l’objet du Salut et la raison de sa venue sur terre. Le plan de Dieu pour nous tous passe par la purification de l’âme et du coeur et le pardon des péchés et tout cela fut acquis au prix de son Sang. Alors lorsque nous assisterons à la Sainte Messe ou nous recevrons un Sacrement, n’oublions pas que cela fut institué par le Christ pour notre Salut par son divin Sang versé et qui fut le résultat de sa Passion et mort sur la Croix.
                            
 Abbé Hubert Stollsteiner.
                                        
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Lettre du 25

Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie

25 juin 2019

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De la conjuration sans fin

 
L'état présent du monde, de l'Eglise, de notre pays ne manque pas d'attrister nos cœurs et d'obscurcir nos esprits. Comment garder la tête froide, conserver l'espérance, faire grandir la foi lorsque tout semble s'écrouler par pans entiers dans le fracas des rumeurs et des mensonges ? La tentation est de se recroqueviller en de petites chapelles, de cultiver son quant-à-soi, d'entretenir son pessimisme, d'annoncer l'apocalypse tout en demeurant les bras ballants. Pour ne pas sombrer, il faut regarder en arrière, se souvenir de l'histoire, celles qu'ont écrite nos aïeux, pour le meilleur et pour le pire. Car, dans le passé, se trouve la racine du mal moderne. En comprendre les ressorts permet d'être moins désarmé, de repérer l'ennemi, d'échapper à ses stratagèmes et d'organiser la contre-attaque.
                                   
Notre Seigneur ne nous a jamais promis un parcours de santé. Il ne nous a pas annoncé le plaisir à chaque tournant du chemin. Bien au contraire, Il n'a cessé de nous avertir sur ce qui attendait le disciple fidèle : renoncement, croix, rejet, persécution, mort. Pas de quoi enthousiasmer les foules, pas même celles qui se disent aujourd'hui « catholiques » et pour lesquelles la foi se résume à un menu relativiste et personnalisé où la tolérance et le vivre-ensemble prennent plus de place que l'amour de la vérité et l'exercice héroïque de la charité. Il n'a jamais proclamé que la récompense serait donnée en ce monde, et s'Il a bien déclaré que les puissances de l'enfer ne prévaudraient pas contre l'Eglise, Il n'a jamais sous-entendu que cette dernière serait couronnée de lauriers par le monde qui ne pouvait et qui ne peut que la haïr. Comme nous ne sommes pas des Catholiques des âges d’or de l’Église et que nous ne connaissons pas encore de persécution sanglante, nous avons pris l’habitude de nous être installés confortablement dans une foi qui ne dérange guère, qui n’est souvent que la cerise sur le gâteau, ou, pire, la cinquième roue du carrosse. Le moindre effort nous coûte et le mot même de sacrifice nous épouvante et nous dégoûte. Que nous le voulions ou non, nous sommes bien embourbés dans le monde. Un chrétien du XIIIème siècle serait bien surpris de nous découvrir car nous n’avons pas beaucoup de points communs avec lui. Y compris dans les milieux de la « Tradition », les fidèles présentent souvent un vernis qu’ils confondent avec l’essence. Les structures sont faibles, la colonne vertébrale inexistante, tout l’édifice est fragilisé. A la moindre épreuve, voilà que tout s’écroule. Nous nous consumons aussi rapidement que l’étrange incendie de Notre-Dame a dévoré la cathédrale. Pourquoi donc sommes-nous si vulnérables alors que nous avons la prétention de confesser une foi identique à celle de nos pères ?
                        
Nous sommes en grande partie des héritiers inconscients du contenu de l’héritage que nous avons reçu. Tout est pêle-mêle dans le coffret remis entre nos mains, le pire et le meilleur. Nous savons bien que lorsque ces deux-là sont mélangés, le pire finit toujours par l’emporter, d’autant plus que le monde environnant n’aide pas à résister, à réfléchir, à discerner. Alors nous pataugeons comme nous pouvons, esseulés et abandonnés que nous sommes, alors que le phare romain, qui avait brillé pendant deux millénaires, s’essouffle soudain et ne brille plus que par intermittence. Il nous faut comprendre de qui et de quoi nous sommes les héritiers pour pouvoir réagir comme il se doit. Il ne s’agit pas d’être grand clerc et de décortiquer l’histoire pour que la vérité saute aux yeux. Le poète Lamartine écrivait : « Toute civilisation qui ne vient pas de l’idée de Dieu est fausse. Toute civilisation qui n’aboutit pas à l’idée de Dieu est courte. Toute civilisation qui n’est pas pénétrée de l’idée de Dieu est froide et vide. La dernière expression d’une civilisation parfaite, c’est Dieu mieux vu, mieux adoré, mieux servi par les hommes. » Cette vision est certes un peu romantique et les termes mériteraient des éclaircissements et des précisions, mais l’intuition est juste. Depuis que la civilisation n’a plus Dieu comme assise, comme guide et comme but, elle erre et elle s’étiole. Encore faut-il qu’il s’agisse du vrai Dieu, celui révélé par le Christ, et non point une mauvaise et fausse copie, une singerie diabolique, comme les dieux adorés dans les fausses religions. Nous allons dire que nous adorons vraiment Dieu, celui de la Révélation. Cela est possible, mais nous devrions y regarder à deux fois car ce Dieu a été tellement défiguré depuis plusieurs siècles dans notre pays et sur le continent européen. Robespierre lui-même croyait en Dieu et lutta contre l’athéisme révolutionnaire. Mais quel Dieu ? Un mot ne suffit pas à établir la vérité. Si l’objet de l’intelligence est mauvais, le vocabulaire aura beau être pieux, l’ensemble ne sera pas simplement vide mais également néfaste et faux. Beaucoup de personnes parlent aujourd’hui de Dieu, y compris dans les loges maçonniques. Nous ne sommes pas à une époque de vide religieux, mais plutôt de trop-plein qui est du poison. Or, la confusion semée dans les esprits en ce qui concerne Dieu ne date pas d’hier. Elle est ancienne et, comme elle vient du diable, elle a tissé patiemment sa toile, durant des siècles, passant inaperçue très longtemps, puis s’imposant tout à fait. En fait, il existe une conjuration qui a pris racine dès la fin du Moyen Age et qui n’a cessé de prendre de l’embonpoint. Certaines saines réactions l’ont parfois réduite au silence quelque temps, la poussant à un régime amaigrissant, mais, rapidement elle a repris du poids dès que l’occasion s’en présentait. Cette conjuration est celle dirigée contre la religion catholique (pas d’abord le christianisme mais le catholicisme romain). Deux civilisations sont face à face : la catholique, et l’autre qui n’existe qu’en opposition avec la première et toujours sur les ruines de la première car elle est incapable de créer quoi que ce soit par elle-même. Le Malin ne peut rien inventer, rien produire, rien construire. Il singe et il parasite. La civilisation moderne a surgi et n’a survécu, grassement, que comme corps étranger s’incrustant dans un corps sain, la civilisation chrétienne (catholique uniquement, puisque toute l’Europe n’est ce qu’elle est que grâce au travail de l’Église, de ses moines, de ses théologiens, de ses artistes).
                                       
La fin dernière de l’homme est la félicité, comme l’a si bien décrit Bossuet dans ses Méditations sur l’Evangile. Ce bonheur ne se trouve qu’en Dieu, tel est le programme des Béatitudes. L’Église n’a jamais enseigné un autre message, jusqu’à ce qu’elle se laisse séduire par les sirènes de la civilisation moderne qui, elle, affirme que le bonheur est dans la jouissance personnelle. D’un côté, le mérite pour le salut éternel, de l’autre, le plaisir éphémère pour une satisfaction terrestre. Il faut choisir entre les deux. Le problème est que, surtout depuis la Renaissance, puis la secousse de l’hérésie protestante, et encore plus la Révolution fille des Lumières et de la franc-maçonnerie, le message est brouillé au sein de l’Église où tant se sont laissé tromper et ont décidé, d’abord avec le modernisme puis avec le concile Vatican II, de rendre hommage au monde et de déposer les armes. Ce furent les épousailles de la carpe et du lapin. Un tel couple est stérile et celui des deux qui est pur perd son innocence en se livrant à l’autre. 

Le Syllabus de Pie IX a parfaitement souligné ces aberrations et il est plus que jamais d’actualité car il dénonce les erreurs qui ont fructifié à notre époque. Le P. Pierre de Clorivière, jésuite de l’ancienne Compagnie survivant dans le tumulte de la Révolution, écrivait en 1794 dans ses Vues sur l’avenir : 
« Le grand effort de l’enfer, maintenant surtout, tend à séparer l’homme de Jésus-Christ, à le mettre dans l’inimitié de Jésus-Christ. Tous les biens que Dieu a faits à l’homme, c’est en vue de Jésus-Christ qu’Il les a faits. Jésus-Christ est le flambeau du monde. En s’écartant de Lui, les peuples, comme les individus, se replongent dans les ténèbres. Il en sera toujours ainsi. »
Du trouble intellectuel causé par la querelle des universaux à la fin du Moyen-Age, à l’amour immodéré de l’antique et de l’homme à la Renaissance avec Pétrarque, Alberti, Erasme même, à l’hérésie de Luther et de Calvin, aux philosophes des Lumières, Rousseau aussi bien que Voltaire, à l’instauration des loges maçonniques, à la grande Révolution et aux petites qui vont suivre, tout se tient par un fil invisible au début, puis de plus en plus net : la haine du catholicisme et le souhait de le remplacer par une nouvelle religion, au départ encore chrétienne par certains aspects, puis totalement étrangère. Notre religion moderne, héritière de cette conspiration, est le moi, d’ailleurs souvent et de plus en plus indifférencié dans la masse, dans la nasse des moi qui s’additionnent, se confondent mais qui ont la prétention de se suffire à eux-mêmes, d’être maîtres de leur origine et de leur fin. Le bonheur n’est plus réduit qu’à une somme indéfinie, infinie de plaisirs médiocres ou franchement mauvais qui sont déclinés jusqu’à la nausée. L’homme moderne est riche et malheureux. Ce n’est même plus la civilisation moderne, qui comportait en elle des idées chrétiennes devenues débridées, mais une société post-contemporaine composée d’invertébrés déprimés parce que gavés. 

Personne ne peut dire qu’il n’est pas, peu ou prou, tributaire de cette nouvelle manière d’être (ou de ne pas être). Nous sommes tous touchés par le poison ; le seul remède est une vigilance de chaque instant et une exigence envers soi-même qui ne laisse la porte ouverte aux influences pourries. 

Travail titanesque, héroïque ? Plus que cela : travail de la sainteté, c’est-à-dire l’abandon de sa volonté propre à l’oeuvre de la grâce. La seule richesse qui importe est l’homme intérieur. Tout le reste passe et ne laisse aucune trace. Quelle est notre priorité ? Celle de plaire au monde ou celle de vivre déjà de la vie éternelle ? Le choix demande des sacrifices. Le royaume des cieux n’est pas de ce monde, mais nous pouvons vivre ici-bas comme un préambule pour le royaume qui ne passe pas.


P. Jean-François Thomas s.j.
S. François Caracciolo
4 juin 2019
                             

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Le Greco : l'adoration du Saint Nom de Jésus